{"id":14161,"date":"2020-03-03T18:36:41","date_gmt":"2020-03-03T17:36:41","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14161"},"modified":"2025-02-09T16:59:25","modified_gmt":"2025-02-09T15:59:25","slug":"dom-juan-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2020\/03\/dom-juan-2\/","title":{"rendered":"Dom Juan"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dom Juan<\/h2>\n\n\n<p>Texte de Moli\u00e8re \/ Mise en sc\u00e8ne par Les Fondateurs (Julien Basler et Zo\u00e9 Cadotsch) \/ Com\u00e9die de Gen\u00e8ve \/ du 18 f\u00e9vrier au 8 mars 2020 \/ Critique par Luc Bourquin.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jouons \u00e0 Dom Juan<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/luc-bourquin\/\" data-type=\"page\" data-id=\"14155\">Luc Bourquin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14159\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2020\/03\/149181-dom_juan_comedie_magali_dougados-1265.jpg 1180w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Magali Dougados<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans ses derniers soubresauts avant son d\u00e9m\u00e9nagement aux Eaux-Vives, la Com\u00e9die de Gen\u00e8ve revient \u00e0 l\u2019essentiel du genre comique en pr\u00e9sentant un&nbsp;<\/em>Dom Juan<em>&nbsp;qui abandonne perruque et pourpoint pour un blouson et une moustache. Jou\u00e9 \u00e0 quatre, dans une ambiance r\u00e9cr\u00e9ative, cette version mise en sc\u00e8ne par Les Fondateurs rend honneur \u00e0 Moli\u00e8re en actualisant son humour par un jeu d\u00e9cal\u00e9 qui assume pleinement son exag\u00e9ration, et ce sans rien omettre, ou presque, du texte original.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nul besoin de pr\u00e9senter l\u2019incontournable Dom Juan et son ins\u00e9parable Sganarelle. Les aventures du s\u00e9ducteur \u2013 passant d\u2019une conqu\u00eate \u00e0 l\u2019autre, \u00e9chappant aux fr\u00e8res vengeurs de Done Elvire, aux remontrances du p\u00e8re et au fant\u00f4me du Commandeur \u2013 sont depuis longtemps entr\u00e9es au panth\u00e9on du th\u00e9\u00e2tre. La pi\u00e8ce comporte une grande vari\u00e9t\u00e9 de lieux et constitue un v\u00e9ritable d\u00e9fi sc\u00e9nographique. Les Fondateurs, duo form\u00e9 d\u2019un metteur en sc\u00e8ne (Julien Basler) et d\u2019une plasticienne (Zo\u00e9 Cadotsch), r\u00e9solvent ce probl\u00e8me en laissant aux com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s le soin de cr\u00e9er leurs d\u00e9cors.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle commence donc avant le d\u00e9but de l\u2019action puisque les quatre com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, en tenue de ville, apportent sur une sc\u00e8ne vide le d\u00e9cor, \u00e9l\u00e9ment par \u00e9l\u00e9ment. Une b\u00e2che avec du mat\u00e9riel de peinture, un tas de bo\u00eetes en carton, quelques branches et deux fauteuils feront l\u2019affaire. La construction du d\u00e9cor est accompagn\u00e9e de discussions informelles. La com\u00e9die d\u00e9bute sans tambour ni trompette lorsque la com\u00e9dienne interpr\u00e9tant Sganarelle (Aur\u00e9lie Pitrat) se met \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter son texte. Elle est d\u00e8s le d\u00e9but exhort\u00e9e par ses coll\u00e8gues \u00e0 pousser son jeu jusqu\u2019\u00e0 l\u2019exag\u00e9ration, r\u00e9affirmant ainsi le comique du texte et de la situation. Tous ponctuent en effet leurs r\u00e9pliques et celles des autres de commentaires, tant\u00f4t l\u00e9gers tant\u00f4t piquants, sans que leurs remarques ne deviennent envahissantes puisqu\u2019ils sauront s\u2019effacer lors des sc\u00e8nes plus touchantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public regarde alors des com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s qui s\u2019amusent \u00e0 jouer&nbsp;<em>Dom Juan<\/em>, dans une ambiance informelle o\u00f9 le ma\u00eetre libertin (Fran\u00e7ois Herpeux) vante les m\u00e9rites de son mode de vie en rev\u00eatant son costume, et o\u00f9 les paysans (M\u00e9lanie Foulon et Aline Papin) se d\u00e9clarent leur amour en finissant d\u2019installer sur sc\u00e8ne les arbres de la for\u00eat. Assumant un engagement \u00e0 la limite du sur-jeu, \u00e0 l\u2019image des grimaces et contorsions de Fran\u00e7ois Herpeux, les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s recherche manifestement le rire de la salle.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en place des d\u00e9cors se poursuit tout au long de la repr\u00e9sentation et le plateau envahi par le mat\u00e9riel de peinture sert \u00e0 la fois d\u2019atelier de confection et de coulisse lors des nombreuses sc\u00e8nes qui ne mobilisent pas les quatre com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s. Aussi ces derniers ne quittent pas la sc\u00e8ne durant l\u2019heure quarante-cinq de jeu, passant d\u2019un personnage \u00e0 l\u2019autre par le simple ajout d\u2019un foulard ou d\u2019une cape. La recr\u00e9ation constante de l\u2019espace de jeu et l\u2019interpr\u00e9tation au second degr\u00e9 suscitent chez les spectateurs une certaine complicit\u00e9 en effa\u00e7ant la limite entre personnage et interpr\u00e8te. Cet entrem\u00ealement de niveaux de jeu est rendu lisible par un respect scrupuleux du texte (\u00e0 quelques suppressions pr\u00e8s), et les propos actuels des com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s renforcent paradoxalement l\u2019immersion dans une histoire \u00e9crite au XVII<sup>e<\/sup>. La proximit\u00e9 entre la troupe et le public se trouve renforc\u00e9e par l\u2019absence totale de musique et de variation de lumi\u00e8re. Personne ne s\u2019\u00e9tonne de voir une com\u00e9dienne passer du r\u00f4le de Done Elvire \u00e0 celui de son fr\u00e8re par le simple ajout d\u2019une moustache, ou d\u2019en entendre une autre, occup\u00e9e \u00e0 peindre un \u00e9l\u00e9ment du d\u00e9cor, reprendre son coll\u00e8gue sur une faute de liaison. Le comique gestuel, dans la sc\u00e8ne entre Don Juan et le paysan Pierrot est r\u00e9p\u00e9t\u00e9 \u00e0 plusieurs reprises, ironiquement, avant de se conformer aux didascalies de Moli\u00e8re, ce qui le rend d\u2019autant plus efficace. De m\u00eame, lorsque les d\u00e9cors ne sont pas pr\u00eats \u00e0 temps, les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s rejouent le d\u00e9but de la sc\u00e8ne par trois fois, renfor\u00e7ant leur exasp\u00e9ration de r\u00e9p\u00e9tition en r\u00e9p\u00e9tition. On rit des maladresses des com\u00e9diens autant que des d\u00e9fauts des personnages, et les deux heures de spectacle s\u2019envolent avec les rires de la salle.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019absence de marqueur di\u00e9g\u00e9tique clair dans la mise en sc\u00e8ne de Julien Basler et la sc\u00e9nographie de Zo\u00e9 Cadotsch pourrait se contenter de souligner l\u2019intemporalit\u00e9 et l\u2019universalit\u00e9 de l\u2019\u0153uvre. N\u00e9anmoins, la libert\u00e9 d\u2019improvisation et de commentaire laiss\u00e9e aux interpr\u00e8tes en rel\u00e8ve surtout l\u2019actualit\u00e9, \u00e0 l\u2019exemple du com\u00e9dien qui, devant interpr\u00e9ter Don Juan, se balade en cale\u00e7on sur sc\u00e8ne et refuse de jouer avant d\u2019avoir retrouv\u00e9 la moustache du personnage, comme si toute sa virilit\u00e9 d\u00e9pendait de cet accessoire. Cette entr\u00e9e en mati\u00e8re fait office d\u2019avertissement au spectateur : l\u2019arch\u00e9typal coureur de jupon sera trait\u00e9 comme un personnage comique, autant sinon davantage que Sganarelle. Don Juan, malgr\u00e9 ses belles paroles et son courage face au danger, est aussi risible que n\u2019importe quel autre personnage.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>8 mars 2020<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/luc-bourquin\/\" data-type=\"page\" data-id=\"14155\">Luc Bourquin<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/en\/dom-juan\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Moli\u00e8re \/ Mise en sc\u00e8ne par Les Fondateurs (Julien Basler et Zo\u00e9 Cadotsch) \/ Com\u00e9die de Gen\u00e8ve \/ du 18 f\u00e9vrier au 8 mars 2020 \/ Critique par Luc Bourquin.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14162,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38],"tags":[229],"class_list":["post-14161","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","tag-luc-bourquin"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14161","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14161"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14161\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20298,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14161\/revisions\/20298"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14162"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14161"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14161"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14161"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}