{"id":14075,"date":"2019-12-18T23:04:21","date_gmt":"2019-12-18T22:04:21","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14075"},"modified":"2025-02-10T12:13:43","modified_gmt":"2025-02-10T11:13:43","slug":"entretien-avec-emanuelle-delle-piane","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/12\/entretien-avec-emanuelle-delle-piane\/","title":{"rendered":"Entretien avec Emanuelle Delle Piane"},"content":{"rendered":"<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/margaux-farron\/\">Margaux Farron<\/a><\/p>\n<p>Une critique sur le texte de la pi\u00e8ce <em>Patch\u00a0<\/em>\/ D&rsquo;Emanuelle Delle Piane \/ Le 11 novembre 2019 \/ <a href=\"https:\/\/lecourrier.ch\/2019\/06\/23\/patch\/\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<ul>\n<li>\n<figure id=\"attachment_14076\" aria-describedby=\"caption-attachment-14076\" style=\"width: 145px\" class=\"wp-caption alignright\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-14076\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/AVT_Emanuelle-Delle-Piane_5369-145x200.jpg\" alt=\"\" width=\"145\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/AVT_Emanuelle-Delle-Piane_5369-145x200.jpg 145w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/AVT_Emanuelle-Delle-Piane_5369-123x170.jpg 123w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/AVT_Emanuelle-Delle-Piane_5369.jpg 520w\" sizes=\"auto, (max-width: 145px) 100vw, 145px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-14076\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 AVT<\/figcaption><\/figure>\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-admin\/post.php?post=14079&amp;action=edit\">Critique sur <em>Patch<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Via skype, le 11 novembre 2019.<\/p>\n<p><strong>Margaux Farron, pour l\u2019Atelier critique. <\/strong><em>Patch, <\/em>c\u2019est un titre qui claque \u00e0 nos oreilles et qui peut \u00e9voquer plusieurs domaines. Est-ce que vous pourriez nous en dire un peu plus sur ce choix\u00a0?<\/p>\n<p><strong>Emanuelle Delle Piane<\/strong>\u00a0: <em>Patch<\/em> \u00e9voque le Patchwork \u00e9videmment. Mais une \u00ab\u00a0pi\u00e8ce rapport\u00e9e\u00a0\u00bb, ce n&rsquo;est pas seulement un morceau de tissu cousu avec d&rsquo;autres ou qu&rsquo;on coud sur un v\u00eatement pour l&rsquo;am\u00e9liorer ou le r\u00e9parer. Cela d\u00e9signe aussi, en mati\u00e8re de relations familiales, celui ou celle qui adh\u00e8re plus ou moins bien \u00e0 la famille constitu\u00e9e. Ella, mon personnage central, est justement \u00e0 la recherche de sa place au sein de cette famille recompos\u00e9e.<\/p>\n<p>Accessoirement, j\u2019ai aussi choisi ce titre pour \u00e9voquer les patchs que l\u2019on met pour arr\u00eater de fumer ou bien ces patchs d&rsquo;hormones qui distillent lentement des substances dans le corps. Dans ma pi\u00e8ce, je distille \u00e0 petite dose les informations pour que le lecteur d\u00e9couvre peu \u00e0 peu les enjeux de l\u2019histoire.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Une phrase de Dante (\u00ab Au milieu du chemin de notre vie, je me retrouvai dans une for\u00eat obscure \u00bb, <em>Enfer<\/em>, chant I) et une gravure de Gustave Dor\u00e9 pr\u00e9c\u00e8dent le texte. Pourquoi\u00a0ces choix\u00a0?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Les vers de Dante \u00e9voquent pour moi ce moment cl\u00e9 dans un parcours de vie, en g\u00e9n\u00e9ral vers la cinquantaine, o\u00f9 il est n\u00e9cessaire de faire le point, de d\u00e9m\u00ealer les choses autour de soi pour essayer d&rsquo;y voir plus clair. O\u00f9 est-ce que je vais ? D&rsquo;o\u00f9 je viens ? L&rsquo;image de Gustave Dor\u00e9 est embl\u00e9matique de ces questionnements. Le personnage se retourne vers nous et semble chercher un peu de clart\u00e9 dans la for\u00eat obscure. Comme Ella, qui tente de rassembler le puzzle de son histoire familiale pour y trouver un sens.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>La pi\u00e8ce fonctionne sous forme de s\u00e9quences ou de tableaux. Pourquoi avoir choisi cette forme de d\u00e9coupage num\u00e9rot\u00e9e et qui inclut \u00e9galement des indications temporelles (aujourd\u2019hui, hier, demain etc.) ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Je raconte une histoire familiale par petits morceaux et j\u2019ai travaill\u00e9 la pi\u00e8ce en segments, des sc\u00e8nes courtes o\u00f9 s\u2019articulent dans le d\u00e9sordre le pass\u00e9, le pr\u00e9sent et l\u2019avenir. J\u2019avais envie d\u2019\u00e9crire quelque chose de tr\u00e8s diff\u00e9rent de ce que je fais d&rsquo;habitude. Au d\u00e9but de mon parcours, j&rsquo;ai eu parfois tendance \u00e0 trop nourrir le texte et la r\u00e9daction. Avec le temps, on a besoin d\u2019aller \u00e0 l\u2019essentiel. Cette fois j&rsquo;ai voulu \u00e9purer le texte au maximum, le phras\u00e9, la structure. <em>Patch <\/em>c\u2019est aussi pour moi une tentative nouvelle de forme et de style.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Quelle est la conception du temps dans votre pi\u00e8ce ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : La pi\u00e8ce se construit selon cinq indications temporelles : avant-hier, hier, aujourd\u2019hui, demain et apr\u00e8s-demain. <em>Patch, <\/em>c\u2019est un peu le parcours de toute une vie avec ses flashes, ses souvenirs. J\u2019avais envie d\u2019\u00e9voquer l\u2019\u00e9volution temporelle du personnage d\u2019Ella, sans pour autant suivre un parcours chronologique. Comme pour tout un chacun, la vie pr\u00e9sente est aussi faite de ressassements du pass\u00e9 et de projections vers l&rsquo;avenir. Les sc\u00e8nes qui se passent demain et apr\u00e8s-demain, on pourrait dire que c\u2019est un peu de la science-fiction. C\u2019est une forme de projection fantasm\u00e9e dans le futur. M\u00eame si dans la pi\u00e8ce cela va bel et bien finir par se r\u00e9aliser.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Cinq personnages qui se d\u00e9couvrent, se r\u00e9concilient, se ha\u00efssent et qui en fin de compte semblent rester un peu seuls : est-ce que vous d\u00e9cririez votre pi\u00e8ce comme une forme de drame social ou familial ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Oui, on peut parler de drame familial, mais dans cette pi\u00e8ce j\u2019ai surtout voulu parler de la relation p\u00e8re-fille. C\u2019est une histoire de famille mais plus ax\u00e9e sur la paternit\u00e9, sur la recherche d&rsquo;une figure paternelle. C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un homme qui a deux enfants tr\u00e8s diff\u00e9rents et aucun sens de la famille. Donc c\u2019est un drame familial, oui.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Pourquoi choisir la forme th\u00e9\u00e2trale pour parler de ces questions familiales ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Dans le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est le c\u00f4t\u00e9 <em>cash<\/em> qui me plait particuli\u00e8rement. Il n&rsquo;y a pas de description. Tout passe par le dialogue, le comportement physique. Quand je raconte, j\u2019aime \u00eatre <em>cash<\/em>, spontan\u00e9e, directe, pr\u00e9cise\u2026 peut-\u00eatre par peur d\u2019ennuyer le lecteur. Dans mon travail, que ce soit la prose ou le th\u00e9\u00e2tre, j\u2019ai toujours favoris\u00e9 la forme courte, je veux aller droit au but pour dire ce que j\u2019ai \u00e0 dire.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Absence de ponctuation, vocabulaire tr\u00e8s direct, parfois brutal, y-a-t-il une volont\u00e9 de bousculer le lecteur avec le langage ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Oui \u00e9videmment, le choix des mots c\u2019est l\u2019outil de l\u2019auteur. J\u2019ai voulu que les \u00e9changes soient les plus r\u00e9alistes possibles. Je n\u2019aime pas enjoliver.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Le nom des personnages est particulier : leurs sonorit\u00e9s ainsi que leur longueur rappellent le symbolisme enfantin. Qu\u2019y a-t-il derri\u00e8re ce choix ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Je voulais des noms qui sonnent, des noms presque symboliques. Surtout pas des noms qui correspondent \u00e0 Monsieur et Madame tout le monde.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Pourquoi avoir fait dispara\u00eetre le nom des locuteurs avant les r\u00e9pliques d\u00e8s la deuxi\u00e8me sc\u00e8ne ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Il ne fallait pas que les dialogues soient pollu\u00e9s par une forme d&rsquo;\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale convenue. C&rsquo;est ici, \u00e0 mon sens, superflu. Sur sc\u00e8ne les noms des personnages n&rsquo;apparaissent pas. Les personnages parlent et \u00e7a suffit. Pour une fois j\u2019ai essay\u00e9 d\u2019\u00e9purer totalement \u00e0 la fois le contenu et la forme. M\u00eame si les noms ont disparu, on comprend qui parle. Et je trouve que les r\u00e9pliques s&rsquo;entrechoquent mieux ainsi. C\u2019\u00e9tait vraiment la volont\u00e9 d\u2019avoir un style diff\u00e9rent d\u00e8s la lecture.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Ces cinq personnages, c\u2019est aussi cinq histoires, cinq portraits dont les destins se croisent au travers du personnage de Pico. Quel regard posez-vous sur la famille ? Sur votre site Internet, vous parlez notamment de puzzle familial : pourquoi ce mot ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Les personnages se sont connus puis s\u00e9par\u00e9s, ils ont grandi et vieilli chacun de leur c\u00f4t\u00e9. Moi, je remets toutes les pi\u00e8ces ensemble pour essayer d&rsquo;avoir une vision plus globale de leur vie. J\u2019ajoute peu \u00e0 peu une pi\u00e8ce au puzzle.<\/p>\n<p><strong>MF<\/strong> : La famille, c\u2019est un sujet que je trouve assez fascinant, peut-\u00eatre parce que moi-m\u00eame je l\u2019ai v\u00e9cu de mani\u00e8re assez particuli\u00e8re depuis l\u2019enfance. \u00c7a m\u2019a toujours fascin\u00e9e d\u2019observer comment les gens interagissent dans ce microcosme. J\u2019ai beaucoup observ\u00e9 les histoires de famille des autres, puisque moi je n\u2019en avais pas vraiment. La famille, c\u2019est quand m\u00eame ce qui forme l\u2019individu. Tr\u00e8s vite, j\u2019ai essay\u00e9 de comprendre pourquoi les gens agissent comme ci ou comme \u00e7a, comment ils fonctionnent. On peut dire que je proc\u00e8de \u00e0 une forme d\u2019enqu\u00eate familiale autour de mes personnages : d\u2019o\u00f9 est-ce qu\u2019ils viennent, comment ils agissent et r\u00e9agissent et pourquoi.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Trois femmes et D\u00e9mi, qui est homosexuel, font face \u00e0 la toute-puissance de Pico. Y a-t-il une forme de critique face \u00e0 la figure paternelle, ou \u00e0 une certaine forme de masculinit\u00e9\/virilit\u00e9 ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Ce n\u2019est pas une critique g\u00e9n\u00e9rale de la figure masculine. Un personnage n\u2019est jamais blanc ou noir. Par son absence, son exigence et sa fiert\u00e9, Pico a certes fait beaucoup de mal \u00e0 sa famille. Mais j\u2019ai davantage cherch\u00e9 \u00e0 expliquer qui est ce personnage paternel, sans pour autant faire des g\u00e9n\u00e9ralit\u00e9s. Tous les personnages ont du positif et du n\u00e9gatif en eux. En tant qu\u2019auteur, il faut arriver \u00e0 les comprendre. Et pour cr\u00e9er un personnage \u00ab malsain \u00bb on aura m\u00eame tendance \u00e0 davantage le soigner et \u00e0 le travailler pour qu\u2019il soit plus cr\u00e9dible.<\/p>\n<p><strong>MF : <\/strong>Le r\u00eave du show-business, de la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9, de la richesse est quelque chose qui revient souvent pour de nombreux personnages (Pico, Ma, D\u00e9mi). Pourquoi ce r\u00eave de c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 ? Pour vous, quelle est la place de cette utopie dans la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui ?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Pour eux, r\u00e9ussir c\u2019est \u00eatre connus. Ils ont un v\u00e9ritable besoin de reconnaissance. Ils sont \u00e9gocentriques et se croient tous extraordinaires. Il y a l\u00e0 derri\u00e8re une forme de critique de la soci\u00e9t\u00e9 \u00e9videmment. D\u00e9mi, par exemple, correspond parfaitement \u00e0 un pur produit de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation. Il n\u2019existe qu\u2019\u00e0 travers l\u2019apparence, le glamour.<\/p>\n<p><strong>MF :<\/strong><em> Patch <\/em>est une pi\u00e8ce fra\u00eechement \u00e9crite. Lorsque vous \u00e9crivez, voyez-vous des images\u00a0? Des fragments de mise en sc\u00e8ne\u00a0? Si oui, comment avez-vous imagin\u00e9 ce texte sur sc\u00e8ne\u00a0?<\/p>\n<p><strong>EDP<\/strong> : Je pense que la mise en sc\u00e8ne devrait \u00eatre tr\u00e8s sobre. Quand j\u2019\u00e9cris certaines pi\u00e8ces, notamment pour le jeune public, j\u2019imagine parfois de grosses sc\u00e9nographies, mais pour <em>Patch, <\/em>j\u2019ai envie qu\u2019on s\u2019attache \u00e0 un visuel de personnage, que les mots claquent. J\u2019imagine une mise en sc\u00e8ne toute en lumi\u00e8re. A mon avis la lumi\u00e8re pourrait \u00eatre tr\u00e8s efficace pour \u00e9voquer les diff\u00e9rentes temporalit\u00e9s.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Margaux Farron . <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14076,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[223],"class_list":["post-14075","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-margaux-farron"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14075","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14075"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14075\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22757,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14075\/revisions\/22757"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14076"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}