{"id":14044,"date":"2019-12-15T08:42:08","date_gmt":"2019-12-15T07:42:08","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=14044"},"modified":"2025-02-09T17:02:39","modified_gmt":"2025-02-09T16:02:39","slug":"crash-park-la-vie-dune-ile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/12\/crash-park-la-vie-dune-ile\/","title":{"rendered":"Crash Park, la vie d\u2019une \u00eele"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Crash Park, la vie d\u2019une \u00eele<\/h2>\n\n\n\n<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Philippe Quesne \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 11 au 14 d\u00e9cembre 2019 \/ Critiques par No\u00e9 Maggetti et Margaux Farron.<\/p>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Isolement en musique<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\" data-type=\"page\" data-id=\"12778\">No\u00e9 Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14042\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-1536x1024.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark5_creditMartin-Argyroglo-copie.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Martin Argyroglo<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Crash Park, la vie d\u2019une \u00eele<em>, le dernier spectacle de Philippe Quesne pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, est un huis clos portant sur le quotidien des rescap\u00e9s d\u2019un crash d\u2019avion sur une \u00eele d\u00e9serte. Le metteur en sc\u00e8ne construit un r\u00e9cit rel\u00e9guant la parole au second plan au profit d\u2019un travail sur les d\u00e9cors, l\u2019\u00e9clairage et surtout la musique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Avant m\u00eame l\u2019arriv\u00e9e des com\u00e9diennes et com\u00e9diens, le public est accueilli par le son d\u2019un piano m\u00e9canique, situ\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne, lui-m\u00eame encadr\u00e9 par deux \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9vision sur lesquels d\u00e9filent les images de l\u2019int\u00e9rieur d\u2019un avion et de ses passagers. Ce dispositif initial annonce les deux arts qui vont structurer le spectacle&nbsp;: une musique omnipr\u00e9sente coupl\u00e9e \u00e0 des r\u00e9f\u00e9rences constantes \u00e0 l\u2019univers cin\u00e9matographique.&nbsp;<em>Crash Park<\/em>&nbsp;est un spectacle o\u00f9 le verbe se situe au second plan, pour favoriser le d\u00e9veloppement d\u2019un travail de composition musicale qui occupe une place centrale d\u00e8s la premi\u00e8re sc\u00e8ne. Cette derni\u00e8re, consacr\u00e9e au crash d\u2019un a\u00e9roplane sur une \u00eele d\u00e9serte, est soutenue par une musique pleine de percussions et de cordes digne du plus rutilant des&nbsp;<em>blockbusters<\/em>&nbsp;hollywoodiens. Celle-ci rev\u00eat une double fonction&nbsp;: elle facilite d\u2019une part l\u2019entr\u00e9e du spectateur ou de la spectatrice dans la fiction, mais exhibe de l\u2019autre l\u2019artificialit\u00e9 du dispositif, car l\u2019avion est un mod\u00e8le r\u00e9duit promen\u00e9 dans les all\u00e9es lat\u00e9rales de la salle par les com\u00e9diens, ce qui induit un d\u00e9calage comique avec l\u2019immersion que sugg\u00e8re de prime abord l\u2019ambiance musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 peine sortis de l\u2019\u00e9pave apr\u00e8s un atterrissage en catastrophe, les passagers forment soudain un orchestre de percussions en utilisant diff\u00e9rents objets : leur premier r\u00e9flexe face \u00e0 leur isolement est ainsi la mise en m\u00e9lodie du quotidien. Il s\u2019agit de la premi\u00e8re d\u2019une longue s\u00e9rie de s\u00e9quences musicales qui constituent les diff\u00e9rents moments de leur cohabitation sur cette terre vierge. Qu\u2019il s\u2019agisse de chants interpr\u00e9t\u00e9s&nbsp;<em>a cappella&nbsp;<\/em>par les naufrag\u00e9s, d\u2019une&nbsp;<em>rave party<\/em>&nbsp;improvis\u00e9e dans une grotte au son d\u2019une musique \u00e9lectronique, de la pr\u00e9sence de chansons de diff\u00e9rents styles musicaux diffus\u00e9es par les hauts-parleurs encadrant la sc\u00e8ne, c\u2019est l\u2019harmonie musicale qui appara\u00eet au fil du spectacle comme l\u2019\u00e9l\u00e9ment n\u00e9cessaire \u00e0 la survie humaine en milieu hostile.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette ambiance sonore aux plaisantes allures de&nbsp;<em>playlist&nbsp;<\/em>se double d\u2019un travail visuel tout particulier, conf\u00e9rant \u00e0 l\u2019unique d\u00e9cor du spectacle \u2013 un morceau de carcasse d\u2019avion \u00e9chou\u00e9 pr\u00e8s d\u2019une \u00eele de plastique tournant sur elle m\u00eame, le tout pos\u00e9 sur un plateau envahi par plusieurs centim\u00e8tres d\u2019eau \u2013 un aspect hallucin\u00e9. La toile de fond verte, l\u2019\u00e9clairage color\u00e9 et les d\u00e9cors bricol\u00e9s deviennent le cadre id\u00e9al pour l\u2019\u00e9mergence de sayn\u00e8tes souvent muettes rappelant parfois les films de Tati, lorsque plusieurs d\u2019entre elles se d\u00e9roulent simultan\u00e9ment, parfois ceux de Fellini, lorsqu\u2019elles se jouent au rythme d\u2019une musique de fanfare. Le spectacle parodie \u00e9galement le genre du film d\u2019aventure lorsqu\u2019une pieuvre g\u00e9ante vient troubler la tranquillit\u00e9 des insulaires, ou celui de la science-fiction, quand l\u2019\u00eele prend soudain l\u2019apparence d\u2019une soucoupe volante qui tournoie en projetant sur le public des rayons aveuglants de lumi\u00e8re blanche. Outre ce fourmillement de r\u00e9f\u00e9rences au cin\u00e9ma de genre, le spectacle exhibe la biblioth\u00e8que dans laquelle il s\u2019ins\u00e8re&nbsp;: pour se distraire, les passagers de l\u2019avion puis les rescap\u00e9s du crash lisent&nbsp;<em>L\u2019\u00cele myst\u00e9rieuse<\/em>&nbsp;de Jules Verne,&nbsp;<em>Robinson Cruso\u00e9<\/em>&nbsp;de Daniel Defoe ou encore&nbsp;<em>Sa Majest\u00e9 des mouches<\/em>&nbsp;de William Golding.<\/p>\n\n\n\n<p>Ainsi,&nbsp;<em>Crash Park<\/em>&nbsp;est un hommage color\u00e9 et tout en rythme \u00e0 un imaginaire insulaire souvent fantasm\u00e9, qui met au premier plan la musique comme vecteur d\u2019unification des relations humaines tout en mobilisant un nombre impressionnant de r\u00e9f\u00e9rences culturelles qui magnifient le quotidien de la petite communaut\u00e9 qui se forme sous nos yeux au milieu de l\u2019oc\u00e9an. Toutefois, le spectacle peut \u00e9galement se lire comme une fable plus sombre sur le destin de la soci\u00e9t\u00e9 de consommation, contraignant une population \u00e0 cohabiter dans un espace restreint et \u00e0 en perturber l\u2019\u00e9quilibre naturel&nbsp;: la transformation d\u2019une grotte en bo\u00eete de nuit, la victoire sur la pieuvre et la transformation finale de l\u2019\u00eele en vaisseau spatial sont autant d\u2019images de l\u2019impact des soci\u00e9t\u00e9s humaines sur leur environnement, sans cesse modifi\u00e9 pour satisfaire leurs besoins et leurs caprices.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\" data-type=\"page\" data-id=\"12778\">No\u00e9 Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019\u00cele d\u00e9senchant\u00e9e<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/margaux-farron\/\" data-type=\"page\" data-id=\"13708\">Margaux Farron<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\" data-type=\"page\" data-id=\"12778\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"576\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-1024x576.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-14048\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-1024x576.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-300x169.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-250x141.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-768x432.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-1536x864.jpg 1536w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie-624x351.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/12\/CrashPark4_creditMartin-Argyroglo-copie.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Martin Argyroglo<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le collectif Vivarium Studio pr\u00e9sente son nouveau spectacle conceptualis\u00e9 par l\u2019auteur, metteur en sc\u00e8ne et sc\u00e9nographe Philippe Quesne.&nbsp;<\/em>Crash Park, la vie d\u2019une \u00eele&nbsp;<em>propose<\/em>&nbsp;<em>une r\u00e9\u00e9criture contemporaine et audacieuse du topos litt\u00e9raire de l\u2019\u00eele d\u00e9serte. Une plong\u00e9e d\u00e9cal\u00e9e dans un microcosme tropical aux airs de Jules Verne et de Robinson Cruso\u00e9&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Pastichant le traditionnel sc\u00e9nario catastrophe du film de genre, Philippe Quesne met en sc\u00e8ne le crash d\u2019un avion. Les survivants \u00e9chouent sur une \u00eele d\u00e9serte recouverte par une v\u00e9g\u00e9tation tropicale luxuriante et surplomb\u00e9e par un volcan. Condamn\u00e9s \u00e0 demeurer sur cette maigre parcelle de terre, les rescap\u00e9s s\u2019approprient ce territoire et le transforment au gr\u00e9 de leurs d\u00e9sirs. Comme l\u2019indique bien son nom, le collectif Vivarium Studio, con\u00e7oit la sc\u00e8ne comme un microcosme artificiel o\u00f9 \u00e9volue, le temps du spectacle, une petite communaut\u00e9 d\u2019individus. Le spectateur, comme pench\u00e9 au-dessus d\u2019une vitrine, occupe ainsi une place de choix pour observer les dynamiques de la microsoci\u00e9t\u00e9 de&nbsp;<em>Crash Park<\/em>.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans ce spectacle<em>,&nbsp;<\/em>Philippe Quesne effectue quelques variations autour du motif de l\u2019\u00eele d\u00e9serte omnipr\u00e9sent dans la tradition litt\u00e9raire et cin\u00e9matographique occidentale. L\u2019\u00eele est aussi un lieu utopique, un \u00e9crin de naturalit\u00e9 o\u00f9 l\u2019homme revient \u00e0 un \u00e9tat primitif fantasm\u00e9 loin de toute civilisation. En citant Daniel Defoe et Jules Verne, le metteur en sc\u00e8ne inscrit&nbsp;<em>Crash Park&nbsp;<\/em>dans une continuit\u00e9 historique parcourue, au fil du spectacle, par les protagonistes qui enfilent tour \u00e0 tour des habits de fortune compos\u00e9s de feuillages, des robes \u00e0 paillettes tr\u00e8s contemporaines, avant de finir avec des v\u00eatements et des perruques tout droit sortis du XVII<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant,&nbsp;<em>Crash Park&nbsp;<\/em>d\u00e9construit peu \u00e0 peu ce fantasme de naturalit\u00e9. Les survivants s\u2019\u00e9tablissent sur l\u2019\u00eele sans difficult\u00e9 majeure et transforment petit \u00e0 petit cet \u00e9crin de verdure en pur produit industriel. Le d\u00e9cor monumental, qui semble au premier abord tr\u00e8s r\u00e9aliste, est d\u00e9construit au fil du spectacle. La v\u00e9g\u00e9tation est arrach\u00e9e et les parois rocheuses du volcan sont \u00f4t\u00e9es par les com\u00e9diens. La puissante montagne se transforme en bar \u00e0 cocktails, bo\u00eete de nuit \u00e9lectro, sc\u00e8ne musicale, librairie itin\u00e9rante, carrousel de f\u00eate foraine jusqu\u2019\u00e0 ressembler \u00e0 une soucoupe volante&nbsp;\u2013 ou \u00e0 un avion gros porteur. Un d\u00e9cor en toc habilement exploit\u00e9 par le metteur en sc\u00e8ne qui souligne l\u2019hypocrisie \u2013 ou la b\u00eatise \u2013 d\u2019une soci\u00e9t\u00e9 industrialis\u00e9e et artificielle qui r\u00eave de nature et de primitivit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9tranget\u00e9 des comportements est accentu\u00e9e par le jeu des com\u00e9diens dont l\u2019enthousiasme enfantin contraste avec la situation dramatique des personnages. Ces derniers \u00e9voluent comme des pantins euphoriques dont on aurait retir\u00e9 toute capacit\u00e9 r\u00e9flexive et toute profondeur sensible. Ils s\u2019amusent, boivent des cocktails, d\u00e9truisent les ressources primaires sans aucun scrupule mais sans aucune violence. Leur jeu d\u00e9tonnant participe \u00e0 la singularit\u00e9 du spectacle : une fable totalement d\u00e9pourvue de didactisme et de manich\u00e9isme.<\/p>\n\n\n\n<p>Pour conter cette dr\u00f4le d\u2019histoire, le collectif limite au maximum l\u2019utilisation de la parole et fait appel \u00e0 l\u2019expressivit\u00e9 de la musique. Les relations, les activit\u00e9s et les formes de vie qui s\u2019instaurent dans cette microsoci\u00e9t\u00e9 bon enfant sont exprim\u00e9s par le chant et la danse. Le choix d\u2019une playlist r\u00e9solument h\u00e9t\u00e9roclite d\u00e9stabilise les spectateurs, brouille leur perception, les emp\u00eache en tous les cas d\u2019interpr\u00e9ter tragiquement la transformation de l\u2019\u00eele.<\/p>\n\n\n\n<p>Une pi\u00e8ce qui trouble, surprend et fait sourire mais qui touche avec une justesse d\u00e9senchant\u00e9e aux probl\u00e9matiques majeures de notre soci\u00e9t\u00e9 contemporaine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>14 d\u00e9cembre 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/margaux-farron\/\" data-type=\"page\" data-id=\"13708\">Margaux Farron<\/a> <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\" data-type=\"page\" data-id=\"12778\"> <\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/crash-park-la-vie-dune-ile\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Philippe Quesne \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 11 au 14 d\u00e9cembre 2019 \/ Critiques par No\u00e9 Maggetti et Margaux Farron.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":14045,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","_seopress_analysis_target_kw":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[223,205],"class_list":["post-14044","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-margaux-farron","tag-noe-maggetti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14044","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=14044"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14044\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20617,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/14044\/revisions\/20617"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/14045"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=14044"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=14044"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=14044"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}