{"id":13574,"date":"2019-05-13T07:34:09","date_gmt":"2019-05-13T05:34:09","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13574"},"modified":"2025-02-09T17:10:46","modified_gmt":"2025-02-09T16:10:46","slug":"love-is-a-river","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/05\/love-is-a-river\/","title":{"rendered":"Love is a River"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Love is a River<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s\u00a0<em>Platonov<\/em> d\u2019Anton Tchekhov \/ Mise en sc\u00e8ne d\u2019Alexandre Doublet \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 11 mai \/ Critiques par Lucas Lauth et Amina Gudzevic.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un rythme \u00e0 rebours<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 mai 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucas-lauth\/\">Lucas Lauth<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13572\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1311.jpg 1180w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Gr\u00e9gory Batardon<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le metteur en sc\u00e8ne Alexandre Doublet pr\u00e9sente&nbsp;<\/em>Love is a River<em>&nbsp;au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy jusqu\u2019au samedi 11 mai<\/em>.&nbsp;<em>Une occasion de revivre ou de d\u00e9couvrir&nbsp;<\/em>Platonov&nbsp;<em>d\u2019Anton Tchekhov, pens\u00e9 depuis sa fin. On remonte peu \u00e0 peu le temps, plong\u00e9s dans les souvenirs et r\u00e9flexions des personnages. Mouvements, sc\u00e9nographie, musique et lumi\u00e8res questionnent et dilatent ensemble l\u2019instant qui suit la mort de l\u2019antih\u00e9ros.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, un tableau finement compos\u00e9. Un int\u00e9rieur bourgeois, v\u00e9tuste et \u00e9l\u00e9gant, y est repr\u00e9sent\u00e9. Au fond, c\u00f4t\u00e9 cour, une vaste biblioth\u00e8que, et c\u00f4t\u00e9 jardin, une table de chevet, supportant un t\u00e9l\u00e9phone ancien. Au-dessus, un miroir. Coll\u00e9 au mur c\u00f4t\u00e9 cour, un buffet de bois, surmont\u00e9 d\u2019un tourne-disque. Des portraits peints recouvrent le mur du fond alors que celui du c\u00f4t\u00e9 cour expose des fusils et des t\u00eates d\u2019animaux empaill\u00e9s. Une \u00e9trange atmosph\u00e8re se d\u00e9gage pourtant de ce calme plat. La table \u00e0 manger n\u2019est pas desservie et est rest\u00e9e en d\u00e9sordre. Une chaise est renvers\u00e9e dans le fond. Il manque un fusil au r\u00e2telier. Il y a cinq pr\u00e9sences sur sc\u00e8ne. L\u2019une d\u2019elles g\u00eet dans l\u2019eau qui inonde jusqu\u2019\u00e0 une hauteur d\u2019une quinzaine de centim\u00e8tres tout le sol de cet int\u00e9rieur. Le temps semble s\u2019\u00eatre arr\u00eat\u00e9. Que s\u2019est-il pass\u00e9 ? Comment en est-on arriv\u00e9 l\u00e0 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Tout au long du spectacle, nous cherchons des r\u00e9ponses. Nous enqu\u00eatons. Nous partons du cadavre allong\u00e9 sur sc\u00e8ne, celui de Platonov \u2013 ici Alexandre [Doublet] \u2013 et \u00e9coutons les voix int\u00e9rieures, fragmentaires des personnages en vie. Personne ne parle sur sc\u00e8ne. Tout est pr\u00e9enregistr\u00e9 et diffus\u00e9 par les hauts parleurs de la salle. Ceci a pour effet d\u2019int\u00e9rioriser l\u2019ensemble de ces discours. Mises bout-\u00e0-bout, ces bribes d\u2019\u00e9v\u00e9nements v\u00e9cus, de sentiments ressentis, nous permettent de revivre, de nous r\u00e9-imaginer l\u2019\u0153uvre de Tchekhov, r\u00e9\u00e9crite par Alexandre Doublet pour trois femmes et un homme, en plus du d\u00e9funt. Vu que les bouches restent closes face au drame, on tente d\u2019abord d\u2019attribuer les paroles \u00e0 certains personnages, puis on essaie de recr\u00e9er les liens qui existaient entre eux avant ce d\u00e9c\u00e8s. On trouve le fusil dans l\u2019eau. On aimerait savoir qui a tu\u00e9 Platonov.<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps est suspendu, \u00e9tendu, dilat\u00e9. Tous les intervenants de ce spectacle, com\u00e9diens, cr\u00e9ateur du son, r\u00e9gisseur lumi\u00e8re, chor\u00e9graphe et metteur en sc\u00e8ne, travaillent ensemble pour que cet instant tragique, qui ne dure qu\u2019une fraction de seconde mentalement, s\u2019\u00e9tende sur plus d\u2019une heure de spectacle. Les gestes et mouvements des com\u00e9diens sont gracieux, pond\u00e9r\u00e9s, millim\u00e9tr\u00e9s. Rien ne doit faire son sur le plateau, ni cr\u00e9er de mouvement brusque. L\u2019eau du bassin ondule toujours calmement m\u00eame lorsque les com\u00e9diens se d\u00e9placent ou changent de posture. La lumi\u00e8re p\u00e9n\u00e8tre la pi\u00e8ce par faisceaux, \u00e0 travers deux portes vitr\u00e9es. L\u2019\u00e9volution du temps est repr\u00e9sent\u00e9e par l\u2019orientation de cette lumi\u00e8re. Le temps s\u2019arr\u00eate tout \u00e0 fait lorsque les tableaux au mur s\u2019\u00e9clairent de l\u2019arri\u00e8re, en m\u00eame temps qu\u2019une lumi\u00e8re surr\u00e9elle envahit la pi\u00e8ce. Quant \u00e0 la musique, elle fige elle aussi le temps. Les nappes de synth\u00e9tiseurs ou de violons, les basses profondes et les rythmes r\u00e9guliers sugg\u00e8rent cette dilatation temporelle.<\/p>\n\n\n\n<p>Tout est ralenti, \u00e9vocateur et mental. Le spectateur est invit\u00e9 \u00e0 explorer les d\u00e9tails de cet instant&nbsp;: les jeux de reflets sur les murs, les nombreux objets plong\u00e9s dans l\u2019eau, la d\u00e9licatesse suggestive des mouvements. Le temps est \u00e9tendu \u00e0 son maximum. Seul le sens dans lequel \u00e9voluent les personnages semble rappeler celui des aiguilles d\u2019une montre. Ils se d\u00e9placent doucement, toujours autour du d\u00e9funt, axe central de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 mai 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucas-lauth\/\">Lucas Lauth<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Est-ce humain de pi\u00e9tiner comme \u00e7a une vie enti\u00e8re ?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 mai 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amina-gudzevic\/\">Amina Gudzevic<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13575\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/149181-photo_gregory-batardon8d1a1567a.jpg 1180w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Gr\u00e9gory Batardon<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le dernier spectacle d\u2019Alexandre Doublet repr\u00e9sente, une heure durant, les quelques secondes qui surviennent juste apr\u00e8s le meurtre du h\u00e9ros. Alexandre, Platonov contemporain, g\u00eet sur le sol, ou plut\u00f4t baigne dans les quelques centim\u00e8tres d\u2019eau recouvrant la sc\u00e8ne. Il est entour\u00e9 des personnages de la pi\u00e8ce de Tchekhov&nbsp;: sa femme, sa ch\u00e8re amie et ma\u00eetresse Anna Petrovna, son amour d\u2019autrefois Sofia Igorovna et son meilleur ami qui est aussi le mari de Sofia. Une sorte de silence r\u00e8gne sur le plateau, o\u00f9 les com\u00e9diens ne parlent pas&nbsp;: leurs voix enregistr\u00e9es nous racontent Alexandre, ce qu\u2019il a \u00e9t\u00e9, ce qu\u2019il est devenu et ce qui l\u2019a men\u00e9 \u00e0 sa perte. Le temps est suspendu, l\u2019action est ralentie, seuls subsistent les pens\u00e9es et les souvenirs d\u2019un temps qui sera bient\u00f4t d\u00e9j\u00e0 oubli\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Love is a river<\/em>&nbsp;est librement inspir\u00e9 du&nbsp;<em>Platonov<\/em>&nbsp;d\u2019Anton Tchekhov. Trois com\u00e9diennes et deux com\u00e9diens \u00e9voluent dans un d\u00e9cor inspir\u00e9 des indications de la pi\u00e8ce originale : int\u00e9rieur bourgeois au papier peint fleuri et aux armes \u00e0 feu suspendues au mur. Le metteur en sc\u00e8ne a mis, bout \u00e0 bout, des r\u00e9pliques des quatre protagonistes, \u00e9voluant autour du mort, sous forme de monologues. Il n\u2019a conserv\u00e9 que celles qui \u00e9voquent l\u2019absence, ce Platonov qui n\u2019est plus et ce que sa pr\u00e9sence avait transform\u00e9 en eux, du temps de son vivant. Ces phrases deviennent une variation pour l\u2019oreille et permettent d\u2019entrer dans l\u2019esprit et le corps de chacun, de mani\u00e8re chaotique, car dans ces moment-l\u00e0, la pens\u00e9e n\u2019est pas lin\u00e9aire. Cependant, de l\u2019eau leur arrive aux chevilles et l\u00e0, dans cette gigantesque flaque, baigne Alexandre. Un fusil est noy\u00e9 non loin de lui, entre les cadavres flottants de bouteilles vides. Les autres sont immobiles, ou presque, les gestes sont d\u00e9cortiqu\u00e9s et d\u2019une lenteur exag\u00e9r\u00e9e. Le temps est dilat\u00e9&nbsp;; la notion m\u00eame du temps, tel qu\u2019on le conna\u00eet, tel qu\u2019il nous guide et nous structure, se perd. Ils se d\u00e9placent, sans jamais interagir entre eux, d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de ce salon bourgeois o\u00f9 la table est dress\u00e9e et les femmes sont appr\u00eat\u00e9es. Le meurtre a \u00e9t\u00e9 commis&nbsp;: on ne sait pas par qui, mais on comprend, petit \u00e0 petit, pourquoi. Il est permis, au th\u00e9\u00e2tre, de percevoir les ombres, de raconter la mort d\u2019un homme tant aim\u00e9 une fois qu\u2019il n\u2019est plus l\u00e0, qu\u2019il ne r\u00e9pond plus. Alors que les personnages ne se touchent pas et ne se parlent pas, leur voix enregistr\u00e9e, telle la contrainte de leur conscience, nous r\u00e9v\u00e8le leur lien et leurs attentes vis-\u00e0-vis d\u2019Alexandre. Tour \u00e0 tour, ces voix s\u2019adressent \u00e0 ce corps comme pour la derni\u00e8re fois. Elles parlent d\u2019amour, d\u2019amiti\u00e9, de trahison et de violence. Cet instant de choc, plong\u00e9 dans un doux chaos, \u00e9veille les sens et la m\u00e9moire. Les protagonistes sont happ\u00e9s par la r\u00e9alit\u00e9 d\u2019une mani\u00e8re surpuissante face \u00e0 l\u2019irr\u00e9versible, \u00e0 ce moment o\u00f9 l\u2019on comprend que plus rien ne sera plus jamais comme avant. Plusieurs rapports s\u2019installent&nbsp;: celui \u00e0 son propre \u00e9tat de vie, \u00e0 ce que l\u2019on ressent, \u00e0 l\u2019\u00e9cho des mots et \u00e0 un corps mort. Ces voix sont accompagn\u00e9es d\u2019une bande sonore qui, par moment, rappelle les battements du c\u0153ur, la respiration haletante qu\u2019am\u00e8ne la d\u00e9tresse ou le vide d\u2019un instant qui nous a \u00e9chapp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, alors que le temps s\u2019est arr\u00eat\u00e9 sur sc\u00e8ne pour les personnages, la vie semble suivre son cours \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur. On retrouve la temporalit\u00e9 de&nbsp;<em>Platonov&nbsp;<\/em>dans le cycle jour-nuit-jour qui est ici conserv\u00e9. L\u2019ouverture du spectacle est semblable au lever du jour, qui laisse peu \u00e0 peu notre \u0153il s\u2019acclimater \u00e0 la luminosit\u00e9 ambiante. Par un \u00e9clairage lat\u00e9ral, la fen\u00eatre et la porte laissent entrer le jour, avant de sombrer \u00e0 nouveau dans la p\u00e9nombre. C\u2019est finalement, au petit matin, rythm\u00e9e par le chant des oiseaux, que la pi\u00e8ce se cl\u00f4t. On remarquera \u00e9galement l\u2019esth\u00e9tique recherch\u00e9e, raffin\u00e9e et harmonieuse de la sc\u00e9nographie, qui s\u2019oppose violemment au propos du spectacle. Comme si l\u2019horreur du meurtre commis laissait place \u00e0 quelques secondes de beaut\u00e9, quelques secondes de souvenirs&nbsp;: un instant \u00e0 la fois d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9 et lumineux, car profond\u00e9ment humain.<\/p>\n\n\n\n<p>Lorsque chacune des voix s\u2019est exprim\u00e9e, les corps lents retrouvent leur rythme normal. Les personnages se retrouvent, pour la premi\u00e8re fois, ouvrent une bouteille, ne se parlent toujours pas. L\u2019orage gronde dehors, et, pour la premi\u00e8re fois, le silence se brise. C\u2019est, \u00e0 ce moment pr\u00e9cis, que tout se termine. Il devient \u00e9vident que les soixante secondes de la vie des personnages ont dur\u00e9 soixante minutes pour le spectateur. Et qu\u2019une fois leur souffle repris, tout est termin\u00e9, c\u2019est une autre histoire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 mai 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amina-gudzevic\/\">Amina Gudzevic<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/love-is-a-river\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Platonov d\u2019Anton Tchekhov \/ Mise en sc\u00e8ne d\u2019Alexandre Doublet \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 11 mai \/ Critiques par Lucas Lauth et Amina Gudzevic.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13575,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[209,220],"class_list":["post-13574","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-amina-gudzevic","tag-lucas-lauth"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13574","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13574"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13574\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20385,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13574\/revisions\/20385"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13574"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13574"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13574"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}