{"id":13557,"date":"2019-05-08T10:10:51","date_gmt":"2019-05-08T08:10:51","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13557"},"modified":"2025-02-10T12:16:42","modified_gmt":"2025-02-10T11:16:42","slug":"entretien-avec-julien-mages","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/05\/entretien-avec-julien-mages\/","title":{"rendered":"Entretien avec Julien Mages"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignright size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"640\" height=\"427\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/topelement-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13566\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/topelement-1.jpg 640w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/topelement-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/topelement-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/05\/topelement-1-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 640px) 100vw, 640px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Patrick Martin<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n<p>Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/johanna-codourier\/\">Johanna Codourey<\/a><\/p>\n<p>Un entretien autour de la pi\u00e8ce <em>Un si\u00e8cle assassin\u00e9<\/em>\u00a0\/ De Julien Mages \/\u00a0<a href=\"https:\/\/lecourrier.ch\/2018\/08\/05\/un-siecle-assassine\/\">Plus d\u2019infos<\/a><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/05\/parler-de-lhorreur-en-esquissant-un-mince-sourire\/\">Critique du texte de la pi\u00e8ce <em>Un si\u00e8cle assassin\u00e9<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Rencontre avec Julien Mages autour d\u2019un caf\u00e9 \u00e0 la Brasserie de Montbenon le 25 mars 2019.<\/p>\n<p><strong>Johanna Codourey (JC), pour l&rsquo;Atelier critique<\/strong> : Votre pi\u00e8ce se passe dans un camp de concentration. Pourquoi ce contexte ? Avez-vous un lien particulier \u00e0 cette histoire ?<\/p>\n<p><strong>Julien Mages (JM)<\/strong> : Je suis tomb\u00e9 par hasard il y a quelques ann\u00e9es sur un t\u00e9moignage de Simone Veil, une vid\u00e9o, \u00e0 propos des camps. Et puis, fascin\u00e9, j\u2019en ai visionn\u00e9 des centaines depuis maintenant deux ans et c\u2019est de l\u00e0 que m\u2019est venue l\u2019envie d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce dans ce cadre-l\u00e0\u2026 J\u2019ai d\u2019abord \u00e9crit un po\u00e8me et apr\u00e8s, je me suis tourn\u00e9 vers une pi\u00e8ce compl\u00e8te. Il y a pas mal d\u2019\u00e9l\u00e9ments du texte qui sont tir\u00e9s de ces visionnages, notamment l\u2019anecdote du professeur de physique \u00e0 qui l\u2019un des t\u00e9moins redonne son statut social\u2026 J\u2019ai vu justement dans le t\u00e9moignage d\u2019un vieux Polonais qui m\u2019a beaucoup touch\u00e9, que le seul c\u00f4t\u00e9 \u00ab positif \u00bb d\u2019Auschwitz, c\u2019\u00e9taient ces histoires d\u2019amour chez les jeunes encore un peu vaillants entre 17 et 25 ans. C\u2019\u00e9tait un amour platonique puisqu\u2019ils ne pouvaient pas se toucher, mais ces jeunes-l\u00e0 pouvaient avoir une esp\u00e8ce de vie, j\u2019ai trouv\u00e9 \u00e7a formidable et \u00e7a m\u2019a inspir\u00e9 cette pi\u00e8ce. Prendre une histoire d\u2019amour comme th\u00e9matique, c\u2019est nouveau pour moi \u00ad\u2013 il y a toujours une histoire d\u2019amour qui tra\u00eene [dans mes cr\u00e9ations], mais en faire un point central, c\u2019est r\u00e9cent\u2026 Et je me suis inspir\u00e9 de cette femme qui perd son p\u00e8re qui essaye de se donner du courage par l\u2019entremise de l\u2019histoire qu\u2019elle vit avec ce jeune homme. Donc non, \u00e0 proprement parler, pas de lien particulier avec la Shoah, mais avec ces documentaires&#8230; Il y a tout dans ces t\u00e9moignages. Je ne suis pas un sp\u00e9cialiste, mais je peux dire que j\u2019ai vu plus d\u2019une centaine d\u2019heures de vid\u00e9os, je ne me serais pas permis d\u2019\u00e9crire une pi\u00e8ce sur les camps sans en avoir quelque connaissance.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : En lisant votre texte, il m\u2019a un peu \u00e9voqu\u00e9 les \u00e9crits de Charlotte Delbo ou <em>Si c\u2019est un homme<\/em> de Primo L\u00e9vi \u2013 notamment quand vous d\u00e9crivez votre personnage comme \u00ab musulmane \u00bb. Ces auteurs ou d\u2019autres ont-ils \u00e9t\u00e9 des sources d\u2019inspiration pour vous ? Quel est votre rapport \u00e0 cette litt\u00e9rature des camps ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: Apr\u00e8s les documentaires et les t\u00e9moignages vid\u00e9o, je me suis tourn\u00e9 vers la litt\u00e9rature et l\u00e0 encore j\u2019ai lu beaucoup de choses. Du connu et du moins connu, litt\u00e9raire, mais aussi plus p\u00e9dagogique sur l\u2019histoire-m\u00eame comme un <em>Que sais-je\u00a0?<\/em> sur la Shoah, par exemple. Et Primo L\u00e9vi, oui, il fait partie de mes premiers livres sur le sujet, je l\u2019avais d\u00e9j\u00e0 lu \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Mais apr\u00e8s, \u00ab\u00a0musulman\u00a0\u00bb, c\u2019est un terme g\u00e9n\u00e9rique, \u00e7a fait partie de \u00ab\u00a0l\u2019argot des camps\u00a0\u00bb. Et Charlotte Delbo, comme \u00e7a, je ne crois pas. Mais je n\u2019ai pas fini, c\u2019est toujours un sujet qui me fascine.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : Dans votre pr\u00e9ambule, vous mettez l\u2019individu au centre de votre r\u00e9flexion. Que cherchez-vous \u00e0 transmettre exactement ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: Ce que je veux faire passer\u2026 je ne sais pas, je ne sais pas s\u2019il y a vraiment un message. J\u2019ai abandonn\u00e9 tr\u00e8s t\u00f4t l\u2019id\u00e9e de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 message, m\u00eame si je r\u00e9fl\u00e9chis toujours \u00e0 une sorte d\u2019\u00e9chelle de valeurs. Je m\u2019int\u00e9resse ces derniers temps \u00e0 cet ascenseur ou \u00e0 ce toboggan social avec notamment ce professeur de physique. Au milieu de la d\u00e9cadence, ce jeune lui redonne son statut social par la connaissance\u2026 Entre Juifs, ils se redonnaient leur importance d\u2019humains. S\u2019il y a quelque chose d\u2019int\u00e9ressant dans les camps, c\u2019est que c\u2019est une telle machine \u00e0 laver sociale qu\u2019il n\u2019y a plus que le physique animal qui prend de l\u2019importance. Seuls les jeunes vigoureux sont valoris\u00e9s, mais dans l\u2019humanit\u00e9 qu\u2019ils ont entre eux, ils peuvent se redonner leur ancienne \u00ab\u00a0noblesse\u00a0\u00bb \u00e0 travers le souvenir. La m\u00e9moire dans le camp r\u00e9animait les individus. C\u2019est un peu cela que je voulais retranscrire. Comment dans l\u2019ab\u00eeme le plus absolu, on se red\u00e9couvre une humanit\u00e9, et pour moi l\u2019amour est un pilier parmi tant d\u2019autres pour permettre, m\u00eame dans ces tr\u00e9fonds, de rester homme.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : De mani\u00e8re g\u00e9n\u00e9rale, quel est votre rapport au texte ? Et comment proc\u00e9dez-vous, vis-\u00e0-vis du texte, lorsque vous montez une cr\u00e9ation ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: Alors j\u2019\u00e9cris d\u00e9j\u00e0 tout d\u2019abord pour moi, mais, depuis 2013 ou 2014, j\u2019\u00e9cris aussi pas mal pour les autres et c\u2019est depuis cette p\u00e9riode que je suis pass\u00e9 plus du c\u00f4t\u00e9 de l\u2019auteur. Avant, j\u2019\u00e9tais vraiment auteur et metteur en sc\u00e8ne et maintenant je laisse plus de place \u00e0 l\u2019\u00e9crivain. Mais, m\u00eame quand je monte mon texte, je l\u2019\u00e9cris d\u2019abord peu ou prou comme un \u00e9crivain \u00ab\u00a0normal\u00a0\u00bb. J\u2019\u00e9cris d\u2019abord le texte, je me fiche compl\u00e8tement de la mise en sc\u00e8ne, ou de la possibilit\u00e9 de faire ceci ou cela sur sc\u00e8ne, je vais aller jusqu\u2019au bout dans mon d\u00e9lire et apr\u00e8s le metteur en sc\u00e8ne va prendre le relai et va penser \u00e0 la sc\u00e8ne\u2026 Bon apr\u00e8s on ne peut pas s\u2019emp\u00eacher d\u2019y penser un peu, d\u2019avoir le metteur en sc\u00e8ne qui vient mettre le bout de son nez dans l\u2019histoire en cherchant d\u00e9j\u00e0 des r\u00e9ponses ou imaginant telle ou telle r\u00e9alisation, se posant la question de la faisabilit\u00e9 de telle ou telle chose, de la cr\u00e9dibilit\u00e9 de telle r\u00e9plique ou de tel personnage, mais en principe, j\u2019\u00e9cris d\u2019abord la pi\u00e8ce et je me pose la question de la mise en sc\u00e8ne apr\u00e8s. L\u2019auteur doit oublier le metteur en sc\u00e8ne et ensuite le metteur en sc\u00e8ne doit tuer l\u2019auteur\u2026 Parfois j\u2019ai \u00e0 peine fini la premi\u00e8re version de r\u00e9p\u00e9tition que les r\u00e9p\u00e9titions commencent, alors on coupe le texte. Le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est collectif, il faut que l\u2019auteur-metteur en sc\u00e8ne \u00e9coute l\u2019\u00e9quipe, qu\u2019il pose des questions \u00e0 tout le monde \u2013 technique, costumi\u00e8re, vid\u00e9o, musicien, technicien du th\u00e9\u00e2tre. Ces gens-l\u00e0, ils m\u2019apportent \u00e9norm\u00e9ment. Les com\u00e9diens doivent \u00eatre s\u00e9v\u00e8res, ils viennent avec leurs coupes et en principe, je les accepte parce que c\u2019est eux qui m\u00e2chent le texte. Il ne faut pas penser \u00e0 apr\u00e8s, sinon on se contraint et c\u2019est pas bien, la langue vole, l\u2019id\u00e9e vole\u2026 Apr\u00e8s, le th\u00e9\u00e2tre doit se charger de r\u00e9soudre \u00e7a, mais la premi\u00e8re partie de l\u2019\u0153uvre, c\u2019est le po\u00e8me, c\u2019est l\u2019envol\u00e9e.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : Comment imaginez-vous reproduire les diff\u00e9rentes indications temporelles telles que \u00ab un mois plus tard \u00bb, par exemple, qui surviennent au milieu d\u2019une sc\u00e8ne?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: \u00c7a fait partie de l\u2019\u00e9nigme que le metteur en sc\u00e8ne doit r\u00e9soudre. Pour l\u2019int\u00e9r\u00eat de la pi\u00e8ce, il faut, comme disait Vitez, que \u00ab\u00a0la pi\u00e8ce soit une \u00e9nigme pour le metteur en sc\u00e8ne\u00a0\u00bb. On peut faire une ellipse chronologique au th\u00e9\u00e2tre de diff\u00e9rentes mani\u00e8res : soit un panneau, tr\u00e8s brechtien, une vid\u00e9o, une musique, un temps, un changement sur sc\u00e8ne\u00a0: faire tourner le plateau, changer la lumi\u00e8re. \u00c7a peut aussi ne pas se voir et se comprendre par le d\u00e9roul\u00e9 de l\u2019intrigue, mais ce ne sont que des propositions&#8230; Moi, je le ferais probablement \u00e0 travers un passage musical ou m\u00eame avec un com\u00e9dien qui le dirait \u2013 je suis premier candidat \u00e0 la simplicit\u00e9. L\u2019avantage au th\u00e9\u00e2tre c\u2019est que \u00e7a peut se faire de mille mani\u00e8res diff\u00e9rentes\u2026<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : Vous accordez une grande place au silence qui est d\u2019ailleurs exprim\u00e9 de diff\u00e9rentes mani\u00e8res au fil des pages \u2013 points de suspensions, didascalies \u201csilence\u201d ou \u201ctemps\u201d, blancs typographiques. Ces diff\u00e9rentes notations expriment-elles pour vous diff\u00e9rentes sortes de pauses ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: Pour moi, ces suspens font partie du rythme de l\u2019\u00e9criture. C\u2019est peut-\u00eatre plus difficile de se les repr\u00e9senter \u00e0 la lecture, mais je distingue fondamentalement quatre mesures : temps court, temps, temps long, silence. Le silence, c\u2019est quelque chose qui va au-del\u00e0 de la temporalit\u00e9 chronologique, c\u2019est quelque chose de pesant qui sort presque d\u2019un <em>timing<\/em>\u2026 C\u2019est une atmosph\u00e8re qui se \u00ab\u00a0dit\u00a0\u00bb dans le silence, une intensit\u00e9\u00a0: on entend le drame se faire. C\u2019est comme en musique, c\u2019est une note. Et ces silences interviennent \u00e0 des moments cruciaux du r\u00e9cit, comme un point d\u2019orgue \u00e0 la fin d\u2019une phrase musicale. Ils ont une importance particuli\u00e8re\u2026 Les temps sont des rythmes qui s\u2019installent plut\u00f4t\u00a0: \u00ab\u00a0combien de temps je vais mettre pour dire quelque chose\u00a0?\u00a0\u00bb. Ce sont des suspens, de l\u2019ordre du chronologique\u2026 Et les blancs se rattachent plut\u00f4t \u00e0 la po\u00e9sie, au vers libre. Ils n\u2019existent pas forc\u00e9ment dans la parole, mais prennent une importance dans le d\u00e9roul\u00e9 des r\u00e9pliques, de la tirade avec des blocs de mots ou en vers libres.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : Il n\u2019y a \u00e0 proprement parler qu\u2019une toute petite partie en prose dans votre texte, la majeure partie se pr\u00e9sente en vers libres. Pourquoi avoir choisi cette forme-l\u00e0 ? Comment pensez-vous ce rapport entre les parties en prose et les parties en vers libres ? Comment l\u2019envisagez-vous sur sc\u00e8ne ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: C\u2019est pour faire fusionner la po\u00e9sie, qui est mon premier amour, avec le th\u00e9\u00e2tre. J\u2019ai commenc\u00e9 par \u00e9crire des po\u00e8mes. C\u2019est instinctif. C\u2019est important, selon moi, quand on \u00e9crit, de se d\u00e9clarer po\u00e8te. \u00c7a donne un suppl\u00e9ment d\u2019\u00e2me \u00e0 la litt\u00e9rature\u2026 On se pose tout de suite la question de la forme, il faut faire un lien entre esth\u00e9tique du texte, typographie et contenu. C\u2019est tellement important que toute litt\u00e9rature soit po\u00e9tique. Il y a aussi le fait de dire \u00e0 haute voix, qui est important, la po\u00e9sie est faite pour \u00eatre dite, on se la dit d\u2019ailleurs dans notre t\u00eate\u2026 Le vers libre est plus po\u00e9tique que la prose, je trouve, on sort de quelque chose de compl\u00e8tement naturaliste. La langue et la musique prennent beaucoup plus d\u2019importance, on fait rarement de l\u2019humour avec du vers libre. Souvent, je m\u00e9lange ces diff\u00e9rentes mani\u00e8res d\u2019\u00e9crire, aussi avec, par exemple, des petits quatrains. C\u2019est emprunt\u00e9 \u00e0 d\u2019autres auteurs que j\u2019ai beaucoup aim\u00e9, Sarah Kane, Claude R\u00e9gy. Donc en soit, il n\u2019y a pas de prose, dans la pi\u00e8ce, c\u2019est une forme de prose po\u00e9tique\u2026 Apr\u00e8s, pour ce qui est de la sc\u00e8ne, l\u00e0 encore, il y a mille mani\u00e8res d\u2019envisager le rapport \u00ab\u00a0prose\u00a0\u00bb et po\u00e9sie\u00a0: dans une de mes autres pi\u00e8ces [<em>Cette nuit encore jouer les pierres<\/em>], cinq sc\u00e8nes \u00e9taient entrecoup\u00e9es de po\u00e8me et j\u2019ai juste d\u00e9roul\u00e9 les po\u00e8mes au lointain, \u00e7a cr\u00e9ait les ellipses, parfois, ils \u00e9taient aussi dits en m\u00eame temps par les acteurs, parfois en musique, certains \u00e9taient des calligrammes.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : Finalement, pourquoi ce titre ?<\/p>\n<p><strong>JM<\/strong>\u00a0: En fait cet extrait, qui s\u2019appellerait <em>Aux enfants<\/em>, c\u2019est une partie d\u2019un projet \u2013 qui est pour l\u2019instant mis en <em>stand-by<\/em>. Ce serait le d\u00e9but d\u2019un roman-fleuve sur plusieurs d\u00e9cennies qui arrive jusqu\u2019\u00e0 notre \u00e9poque et qui raconterait l\u2019histoire de la descendance de ces deux rescap\u00e9s de camp \u2013 d\u2019un jeune surtout. D\u2019o\u00f9 le titre <em>Un si\u00e8cle assassin\u00e9<\/em> qui sonne assez monumental, comme <em>Les Mis\u00e9rables <\/em>ou <em>La Com\u00e9die humaine<\/em>. Ce serait mon premier roman, j\u2019essaye ! Je suis en train d\u2019essayer de passer \u00e0 la \u00ab\u00a0litt\u00e9rature\u00a0\u00bb, comme quelqu\u2019un m\u2019avait dit, m\u00eame si pour moi le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est d\u00e9j\u00e0 de la litt\u00e9rature, surtout que je suis d\u00e9j\u00e0 \u00e9dit\u00e9\u2026 M\u00eame si en effet, avec le th\u00e9\u00e2tre, souvent la mise en sc\u00e8ne valide en quelque sorte le texte, pas besoin d\u2019\u00eatre \u00e9dit\u00e9 si on est mont\u00e9. Mais c\u2019est un projet en cours, ce texte-l\u00e0, il peut encore \u00eatre modifi\u00e9. Je n\u2019ai pas cherch\u00e9 \u00e0 finir quelque chose.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par\u00a0Johanna Codourey . <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13566,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[222],"class_list":["post-13557","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-johanna-codourey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13557","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13557"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13557\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22761,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13557\/revisions\/22761"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13566"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13557"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13557"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13557"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}