{"id":13490,"date":"2019-05-01T14:19:43","date_gmt":"2019-05-01T12:19:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13490"},"modified":"2025-02-10T12:18:25","modified_gmt":"2025-02-10T11:18:25","slug":"entretien-avec-latifa-djerbi","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/05\/entretien-avec-latifa-djerbi\/","title":{"rendered":"Entretien avec Latifa Djerbi"},"content":{"rendered":"<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<p>Un entretien autour de la pi\u00e8ce <em>La danse des affranchies <\/em>\/ De Latifa Djerbi \/ Le 7 avril 2019 \/ <a href=\"https:\/\/lecourrier.ch\/2018\/06\/24\/la-danse-des-affranchies\/\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_13491\" aria-describedby=\"caption-attachment-13491\" style=\"width: 300px\" class=\"wp-caption alignright\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"wp-image-13491 size-medium\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int-300x198.jpg\" alt=\"\" width=\"300\" height=\"198\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int-300x198.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int-250x165.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int-768x507.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int-624x412.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/sch_web_2018_int.jpg 800w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-13491\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9 Ariane Arlotti<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/05\/conjurer-le-mal\/\">Critique sur <em>La danse des affranchies<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p>Gen\u00e8ve, aux bains des P\u00e2quis.<\/p>\n<p><strong>Julia Cela, pour l&rsquo;Atelier Critique (JC)<\/strong> : En ouverture du texte, dans sa note, Ahmed Madani \u00e9voque trois questions qu\u2019il d\u00e9finit comme essentielles : Qu\u2019est-ce que j\u2019ai \u00e0 dire ? Pourquoi dois-je le dire ? \u00c0 qui ai-je besoin de le dire ? Comment y r\u00e9pondrais-tu apr\u00e8s avoir \u00e9crit cette pi\u00e8ce ?<\/p>\n<p><strong>Latifa Djerbi (LD)<\/strong> : Ce qui m\u2019obs\u00e8de, c\u2019est la qu\u00eate de soi. Tout ce qu\u2019on me propose comme possibilit\u00e9 d\u2019identification ne correspond pas du tout \u00e0 ma r\u00e9alit\u00e9. Il y a, de tous c\u00f4t\u00e9s, des limitations, qu\u2019il s\u2019agisse de pr\u00e9jug\u00e9s sur la femme, sur la femme immigr\u00e9e ou sur la femme artiste. Le fait de cumuler tout \u00e7a et d\u2019avoir cru que dans certains milieux il serait plus facile d\u2019\u00eatre soi, puis de d\u00e9couvrir qu\u2019il n\u2019en est rien, c\u2019est constater qu\u2019en fait, ce n\u2019est que quand on ne fait rien qu\u2019on ne d\u00e9range pas. Amhed m\u2019avait dit que je ne peignais pas une famille arabe cr\u00e9dible. Pourtant c\u2019est ma r\u00e9alit\u00e9. Les gens pas cr\u00e9dibles existent ! C\u2019est ce que j\u2019ai \u00e0 dire. Souvent on constate que si on devait \u00e9crire la vie des gens, on ne croirait pas \u00e0 l\u2019histoire qui en r\u00e9sulterait. La vie des gens est incroyable. Je pense que beaucoup d\u2019\u00eatres sont ou ont des vies non cr\u00e9dibles, finalement. La r\u00e9alit\u00e9 me semble souvent plus complexe qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. Parfois on ne se sent pas le droit d\u2019\u00eatre soi alors que c\u2019est central. Pourquoi est-ce si difficile pour certains d\u2019\u00eatre doux et d\u2019\u00eatre soi ? Voil\u00e0 ce que j\u2019ai \u00e0 dire.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: Pourquoi devais-tu le dire\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong> : Parce que je sens qu\u2019il s\u2019agit d\u2019un \u00e9lan vital. J\u2019esp\u00e8re cr\u00e9er un mouvement pour dire que l\u2019espace d\u2019expression offert par la transposition th\u00e9\u00e2trale appartient \u00e0 tous. La qu\u00eate de soi est essentielle pour tous. On est nombreux \u00e0 venir d\u2019ailleurs, amenant avec nous nos croyances culturelles, nos contradictions et notre lot d\u2019injonctions. C\u2019est une mani\u00e8re de dire que d\u2019autres ont fait le chemin. C\u2019est aussi questionner le fait que pour \u00eatre auteur d\u2019art dramatique il faut avoir fait des \u00e9tudes. J\u2019aime questionner ces soumissions presque invisibles. J\u2019aime l\u2019id\u00e9e de ne pas avoir \u00e0 brimer nos aspirations secr\u00e8tes \u00e0 cause d\u2019une \u00e9lite. Je pense que l\u2019\u00e9criture, et l\u2019art de mani\u00e8re plus globale, est un lieu de rencontre qui doit \u00eatre accueillant qui lance des appels et des signes \u00e0 tous, \u00e9veille un \u00e9lan de vie et d\u2019aspirations. Il s\u2019agit aussi de proposer d\u2019autres mod\u00e8les en lesquels les gens puissent se reconna\u00eetre \u2013 ou pas, d\u2019ailleurs. C\u2019est s\u2019exprimer en son nom pour \u00e9viter que d\u2019autres parlent \u00e0 notre place. Les femmes arabes et de mani\u00e8re plus large chaque \u00eatre est assez grand pour s\u2019exprimer par lui m\u00eame.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: \u00c0 qui as-tu besoin de le dire\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong> :\u00a0 \u00c0 un maximum de gens, tr\u00e8s diff\u00e9rents. J\u2019essaie toujours de diversifier mes publics. J\u2019aime bien faire venir au th\u00e9\u00e2tre aussi des gens qui ne partagent pas mes points de vue car au th\u00e9\u00e2tre j\u2019essaie qu\u2019on se relie par l\u2019exp\u00e9rience vivante et le partage concret, pas par des id\u00e9es et croyances qui nous divisent\u2026 Le th\u00e9\u00e2tre est un art subtil qui a la possibilit\u00e9 de questionner et d\u2019unir.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: La pi\u00e8ce est d\u00e9finie comme une tragi-com\u00e9die. Quelle est, pour toi, la valeur de cette inscription g\u00e9n\u00e9rique ?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: C\u2019est vrai que c\u2019est assez difficile \u00e0 classer comme genre. En fait, j\u2019aime beaucoup cr\u00e9er une distance par le rire. C\u2019est quelque chose qui m\u2019a \u00e9t\u00e9 transmis. C\u2019est cet humour particulier des r\u00e9gions et des gens qui ont souffert, cela stimule en plus de la r\u00e9silience un certain sens de l\u2019autod\u00e9rision et de la r\u00e9plique. En faisant la mise en lecture pour la premi\u00e8re fois \u00e0 Saint-Gervais, on s\u2019est rendu compte que c\u2019\u00e9tait plus dr\u00f4le qu\u2019on ne le pensait. Il y a un angle qui s\u2019impose de lui-m\u00eame. Mais au d\u00e9part je ne m\u2019\u00e9tais pas imagin\u00e9e faire une pi\u00e8ce dr\u00f4le. Je voulais parler de choses qui me traversent. Au final, c\u2019est une forme de pudeur que de mettre en place cette distance par l\u2019autod\u00e9rision. Mais l\u2019angle choisi est plus une mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde. Il s\u2019agit de r\u00e9fl\u00e9chir o\u00f9 placer cette mani\u00e8re d\u2019\u00eatre au monde. On ne peut pas dire que le texte est une com\u00e9die. Si je voulais le faire programmer dans un th\u00e9\u00e2tre avec des com\u00e9dies \u00e0 l\u2019affiche je n\u2019aurais aucune chance. Ce n\u2019est pas vraiment une trag\u00e9die non plus, notamment \u00e0 cause de la langue. C\u2019est donc le terme le plus proche de la vibration du texte, mais je trouve qu\u2019il n\u2019est m\u00eame pas adapt\u00e9. Il faudrait inventer un autre mot.<\/p>\n<p><strong>JC\u00a0<\/strong>: Quelle place occupe l\u2019autod\u00e9rision\u00a0dans l\u2019\u00e9criture ?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: L\u2019\u00e9criture et le jeu se compl\u00e8tent pour moi. L\u2019humour et l\u2019autod\u00e9rision peuvent manquer dans les milieux du th\u00e9\u00e2tre. L\u2019humour et l\u2019humilit\u00e9 ont la m\u00eame source\u00a0; sans humour, je pense qu\u2019il est facile de\u00a0 monter en orgueil. L\u2019humour est selon moi un bon\u00a0 moyen de rester dans une certaine forme d\u2019humilit\u00e9 salvatrice. L\u2019autod\u00e9rision permet aussi de d\u00e9samorcer la dimension souffrante de certains personnages. L\u2019humour ins\u00e8re de la conscience, qui cr\u00e9e une distance. Je trouve que le rire est une marque d\u2019esprit.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: Quelle place occupe la question de la langue et de son traitement dans la pi\u00e8ce\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD\u00a0<\/strong>: C\u2019\u00e9tait difficile \u00e0 g\u00e9rer. C\u2019est quelque chose d\u2019important pour moi. C\u2019est Fabrice Melquiot qui m\u2019a fait r\u00e9aliser que l\u2019histoire \u00e9tait crue et que c\u2019\u00e9tait ainsi qu\u2019il fallait la dire. Du c\u00f4t\u00e9 de mon \u00e9diteur, en revanche, cet aspect a un peu choqu\u00e9 par la vulgarit\u00e9 de certaines expression comme \u00ab\u00a0Tu sais ce qu\u2019il te faudrait\u00a0? Une bite dans le cul\u00a0\u00bb. La vulgarit\u00e9 ne na\u00eet pas des mots mais de l\u2019intention. J\u2019ai tenu bon et ai refus\u00e9 la proposition d\u2019adoucir la langue. Le monde me semble parfois si vulgaire, surtout en ce moment, que j\u2019ai \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s surprise que certains comit\u00e9s de lecture reprochent cela au texte. Je trouve \u00e7a assez hypocrite ! La \u00ab\u00a0vulgarit\u00e9\u00a0\u00bb provocatrice de Le\u00efla dans la pi\u00e8ce est intentionnelle. Elle veut choquer et elle a l\u2019air d\u2019y parvenir. Pour moi, user d\u2019expressions crues est avant tout un moyen de diff\u00e9rencier les langages de chaque personnage et d\u2019amener une atmosph\u00e8re cash au propos. L\u2019aspect positif, c\u2019est que le texte est politiquement irr\u00e9cup\u00e9rable. C\u2019est aussi dire que ce type d\u2019\u00e9criture qui sur sc\u00e8ne a eu un si bel accueil tient peut-\u00eatre au fait qu\u2019il est plein de vie, un peu comme travers\u00e9 par une \u00e9nergie adolescente. C\u2019est aussi par la langue que passe l\u2019\u00e9lan vital de la pi\u00e8ce.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: Comment d\u00e9finirais-tu le statut de tes personnages\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: Le plus compliqu\u00e9, c\u2019\u00e9tait d\u2019entrer en empathie avec chaque personnage. J\u2019ai essay\u00e9 de leur donner une complexit\u00e9 et une humanit\u00e9, dans leur r\u00e9alit\u00e9 \u00e9motionnelle. J\u2019avais envie de travailler des singularit\u00e9s plut\u00f4t que des arch\u00e9types. Il fallait les regarder d\u2019en haut et de l\u2019int\u00e9rieur en m\u00eame temps, et les comprendre depuis dedans.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong> : J\u2019ai \u00e9t\u00e9 frapp\u00e9e par la complexit\u00e9 des personnages f\u00e9minins, qui, dans leur positionnement, manifestent des attitudes et des opinions tr\u00e8s vari\u00e9es. Je pense notamment \u00e0 deux r\u00e9pliques du personnage de Dounia \u00a0: \u00ab T\u2019es rentr\u00e9e dans le moule, un objet de d\u00e9sir pour m\u00e2le en chaleur \u00bb adress\u00e9e \u00e0 Le\u00efla et \u00ab\u00a0 Infantilis\u00e9e, format\u00e9e par la mentalit\u00e9 d\u2019ici, une machine \u00e0 pondre \u00bb adress\u00e9e \u00e0 la m\u00e8re. Y a-t-il une place pour le f\u00e9minin hors de ces deux p\u00f4les ?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: C\u2019est vrai qu\u2019ils sont plus complexes. Il faudrait que je travaille \u00e0 donner plus d\u2019\u00e9paisseur aux personnages masculins. Mais c\u2019est vrai que les personnages f\u00e9minins sont plus denses. Je suis all\u00e9e \u00e9crire en Tunisie pendant un temps, au moment o\u00f9 les militantes que j\u2019ai rencontr\u00e9es travaillaient \u00e0 l\u2019abolition d\u2019une loi autorisant un violeur \u00e0 \u00e9pouser la victime. J\u2019ai eu un choc en les rencontrant, ce qui d\u00e9cale un peu la pi\u00e8ce. C\u2019est Nour qui devient l\u2019h\u00e9ro\u00efne par moment. C\u2019est un personnage qui concilie vraiment ces aspects. Il y a des gens qui arrivent \u00e0 \u00eatre qui ils sont dans un contexte social scl\u00e9ros\u00e9. En plus de \u00e7a ils se mettent au service des autres. Le personnage de Nour, effectivement, synth\u00e9tise tout. Finalement c\u2019est la seule qui agit, qui n\u2019est pas en r\u00e9action aux injonctions.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: Comment as-tu trait\u00e9 la mati\u00e8re autobiographique\u00a0\u00e0 l\u2019origine de la pi\u00e8ce\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong> : Je me suis demand\u00e9e comment d\u00e9passer le cadre autofictionnel. Tout est parti de la volont\u00e9 de dire d\u2019o\u00f9 je viens, de parler de mon p\u00e8re et de parler de questions qui me traversent. On part toujours d\u2019exp\u00e9riences \u00e9motionnelles qu\u2019on transpose. Ensuite, il s\u2019est agi d\u2019\u00e9crire au-del\u00e0 de soi, d\u2019o\u00f9 la pr\u00e9sence du personnage de Nour par exemple. C\u2019\u00e9tait important de dire \u00ab ce n\u2019est pas moi \u00bb. J\u2019ai puis\u00e9 dans des choses que j\u2019ai v\u00e9cues, dont je me suis distanci\u00e9e ensuite. Je suis partie d\u2019une n\u00e9cessit\u00e9 d\u2019exprimer, de me faire le medium de quelque chose de plus grand qui doit sortir. C\u2019est gr\u00e2ce \u00e0 la bourse \u00ab Textes en sc\u00e8nes \u00bb que j\u2019ai pu me plonger dans la r\u00e9daction, en m\u2019inspirant de choses proches tout en allant au-del\u00e0. C\u2019est une fiction, mais les enjeux et les questionnements \u00e9motionnels sont branch\u00e9s \u00e0 des sentiments que moi ou mes proches traversons.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: A la fin de la pi\u00e8ce, le personnage de Dounia dit \u00e0 son propos que \u00ab\u00a0c\u2019est l\u2019asile psychiatrique ou l\u2019\u00e9criture. Je pr\u00e9f\u00e8re la deuxi\u00e8me option\u00a0\u00bb. Pourquoi faire de Dounia un personnage \u00e9crivain\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: C\u2019\u00e9tait une mani\u00e8re de dire que ces personnages sont vivants, qu\u2019ils existent. Ce qu\u2019on a \u00e0 exprimer doit sortir. Il y a des choses qu\u2019on doit donner, qu\u2019on ne doit pas garder en soi. Il faut faire sortir ce qui bouillonne. Dans le silence, tout devient tr\u00e8s lourd. La sexualit\u00e9 f\u00e9minine fait partie de ces choses-l\u00e0, par exemple. Le fait de l\u2019exprimer permet de r\u00e9\u00e9quilibrer nos conceptions, de conjurer le mal. C\u2019est dire ce que des g\u00e9n\u00e9rations de femmes \u00e0 genoux n\u2019ont jamais pu dire. C\u2019est une n\u00e9cessit\u00e9 qui nous d\u00e9passe et qui permet de pointer tout ce qui continue de nous limiter.<\/p>\n<p><strong>JC<\/strong>\u00a0: \u00ab\u00a0Je suis comme tout le monde j\u2019aime pas les Arabes\u00a0\u00bb. Que porte cette phrase\u00a0?<\/p>\n<p><strong>LD<\/strong>\u00a0: Cette phrase est pleine d\u2019autod\u00e9rision. C\u2019est un moyen d\u2019exprimer la dualit\u00e9 int\u00e9rieure et le rejet de soi. Quand on grandit dans un environnement o\u00f9 nos origines sont stigmatis\u00e9es et\/ou d\u00e9valoris\u00e9es et qu\u2019on est une\u00a0femme,\u00a0on peut int\u00e9grer le rejet et la peur de son propre \u00ab\u00a0groupe\u00a0\u00bb. C\u2019est le cas du personnage de Dounia. J\u2019aime que mes personnages osent dire des choses intimes sans masque, l\u00e0 o\u00f9 il y a de la complexit\u00e9 \u2026 Et des questions ouvertes.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Julia Cela . <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13491,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[155],"class_list":["post-13490","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-julia-cela"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13490","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13490"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13490\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22764,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13490\/revisions\/22764"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13491"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13490"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13490"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13490"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}