{"id":13476,"date":"2019-04-18T16:54:22","date_gmt":"2019-04-18T14:54:22","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13476"},"modified":"2025-02-09T17:21:54","modified_gmt":"2025-02-09T16:21:54","slug":"retour-a-reims","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/04\/retour-a-reims\/","title":{"rendered":"Retour \u00e0 Reims"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Retour \u00e0 Reims<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s le texte de Didier Eribon \/ Mise en sc\u00e8ne de Thomas Ostermeier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 28 mai au 15 juin 2019 \/ Critiques par Amina Gudzevic et Julia Cela.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Hier et aujourd\u2019hui<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 juin 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amina-gudzevic\/\">Amina Gudzevic<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"448\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/rar1_i_0.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13474\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/rar1_i_0.jpg 681w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/rar1_i_0-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/rar1_i_0-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/rar1_i_0-624x411.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilda Olmi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans un studio d\u2019enregistrement, une com\u00e9dienne pr\u00eate sa voix \u00e0 la r\u00e9alisation d\u2019un film documentaire bas\u00e9 sur \u00ab&nbsp;l\u2019essai d\u2019auto-analyse&nbsp;\u00bb de Didier Eribon&nbsp;:&nbsp;<\/em>Retour \u00e0 Reims<em>. Un \u00e9cran projette les images de ce documentaire. Dans cet espace immuable, les trois com\u00e9diens \u00e9voluent au rythme des prises de son qui, finalement, effacent la fronti\u00e8re entre le pass\u00e9 et le pr\u00e9sent, lorsque leurs propres r\u00e9cits se m\u00ealent \u00e0 la prose de Didier Eribon.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Retour \u00e0 Reims<\/em>, Thomas Ostermeier actualise la pens\u00e9e de Didier Eribon en la confrontant directement au contexte politique et social d\u2019aujourd\u2019hui. Dans un studio d\u2019enregistrement, dont les canap\u00e9s en velours vert et la moquette rappellent les ann\u00e9es septante, Catherine, une com\u00e9dienne, s\u2019installe devant un micro se trouvant au milieu de la sc\u00e8ne. Dans la cabine d\u2019enregistrement, install\u00e9e au fond, \u00e0 cour, se trouvent Paul, le r\u00e9alisateur du documentaire et Tony, le propri\u00e9taire du studio. Les prises sont interrompues \u00e0 de nombreuses reprises, soit par les indications de Paul, soit par une r\u00e9action de Catherine portant sur certains choix effectu\u00e9s par le r\u00e9alisateur. Dans son livre, Dider Eribon narre ses retrouvailles avec sa famille et sa ville natale, qu\u2019il a quitt\u00e9es lorsqu\u2019il est parti construire une carri\u00e8re d\u2019intellectuel \u00e0 Paris, trente ans auparavant. Il avait ainsi laiss\u00e9 derri\u00e8re lui non seulement son village natal et son homophobie ambiante, mais encore et surtout un p\u00e8re, issu de la classe ouvri\u00e8re, qu\u2019il n\u2019a \u00ab&nbsp;jamais aim\u00e9&nbsp;\u00bb.&nbsp; En se confrontant \u00e0 son pass\u00e9, Didier Eribon \u00e9rige une r\u00e9flexion autour de la soci\u00e9t\u00e9 d\u2019aujourd\u2019hui&nbsp;: le foss\u00e9 entre les classes sociales et, en particulier, la classe ouvri\u00e8re qui, auparavant communiste, se rallie aujourd\u2019hui \u00e0 l\u2019extr\u00eame droite et au Front National.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fur et \u00e0 mesure que le doublage avance, les interactions entre Catherine et Paul se font de plus en plus fr\u00e9quentes. Ils se questionnent \u00e0 tour de r\u00f4le au sujet de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle on \u00e9volue actuellement. Th\u00e9orie du complot, gilets jaunes, infiltration de l\u2019extr\u00eame droite dans les manifestations, des multinationales ayant une influence consid\u00e9rable sur la politique, lutte de pouvoir et lutte de classes sont autant de th\u00e8mes abord\u00e9s sur la sc\u00e8ne, en \u00e9cho \u00e0 la vid\u00e9o. Cette mise en sc\u00e8ne entrem\u00eale le jeu aux images film\u00e9es. L\u2019alternance des deux dispositifs offre au spectateur de se distancer de l\u2019\u0153uvre de Didier Eribon, dont la place est pourtant centrale dans ce spectacle. Tout en nous livrant plusieurs extraits du livre, la mise en sc\u00e8ne offre au public un espace de r\u00e9flexion commun sur l\u2019\u00e9volution de la classe ouvri\u00e8re jusqu\u2019\u00e0 aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>En parall\u00e8le des confessions de Didier Eribon, se glissent en effet, peu \u00e0 peu, celles des com\u00e9diens. Catherine, Paul et Tony questionnent leur rapport \u00e0 l\u2019art et le rapport de l\u2019art au monde. Par exemple, ce documentaire est-il un acte suffisamment engag\u00e9 ? Paul et Catherine se demandent \u00e9galement s\u2019il ne faudrait pas en faire \u00ab&nbsp;plus&nbsp;\u00bb avant qu\u2019il ne soit trop tard. La question de la dignit\u00e9 et du devoir de m\u00e9moire, \u00e0 propos des soldats africains ayant particip\u00e9 \u00e0 la Lib\u00e9ration de la France, clos le spectacle par l\u2019intervention de Tony, dont le grand-p\u00e8re faisait partie des soldats envoy\u00e9s au front combattre aupr\u00e8s des troupes fran\u00e7aises lors de la Seconde Guerre mondiale. Suite au ph\u00e9nom\u00e8ne de blanchiment des troupes \u2014 de Gaulle, qui ne souhaitait pas associer les hommes noirs \u00e0 la Lib\u00e9ration, a fait retirer des d\u00e9fil\u00e9s les \u00ab&nbsp;Tirailleurs S\u00e9n\u00e9galais&nbsp;\u00bb pour les remplacer par de jeunes soldats blancs \u2014, un besoin de reconnaissance&nbsp; de cette \u00ab&nbsp;force noire&nbsp;\u00bb demeure.<\/p>\n\n\n\n<p>Thomas Ostermeier m\u00eale habilement politique, enjeux artistiques et sociaux dans un spectacle aux allures de sitcom&nbsp;: r\u00e9currence du lieu, diction parfois exag\u00e9r\u00e9e et humour r\u00e9p\u00e9titif. En nous confrontant au pass\u00e9, le metteur en sc\u00e8ne questionne le pr\u00e9sent et l\u2019Histoire en devenir. Cette forme de th\u00e9\u00e2tre documentaire nous emm\u00e8ne \u00e0 la fois dans la m\u00e9moire de chacun et dans la m\u00e9moire de toutes et tous.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 juin 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amina-gudzevic\/\">Amina Gudzevic<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Radote l\u2019int\u00e9gration, je les attends depuis trois g\u00e9n\u00e9rations<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 juin 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13649\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/06\/Vidy_Ostermeier_RetourAReims_PhotoMathildaOlmi_The\u0301a\u0302tre-Vidy-Lausanne08_HD.jpg 1798w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mathilda Olmi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans un studio d\u2019enregistrement, Catherine pr\u00eate sa voix \u00e0 un film &nbsp;documentaire dont le texte est celui de&nbsp;<\/em>Retour \u00e0 Reims,&nbsp;<em>du sociologue Didier Eribon. Peu \u00e0 peu, l\u2019enregistrement est interrompu par les commentaires des trois personnages pr\u00e9sents sur sc\u00e8ne. Au fil de la repr\u00e9sentation, la glose prend le dessus sur le texte qu\u2019il faut enregistrer et l\u2019analyse se d\u00e9place du film au studio.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong><em>&nbsp;<\/em><\/strong>Sur sc\u00e8ne, un studio d\u2019enregistrement aux proportions impressionnantes. Deux personnages entrent dans la cabine en fond de sc\u00e8ne et repartent aussit\u00f4t, pour \u00ab&nbsp;aller prendre un caf\u00e9&nbsp;\u00bb. Apr\u00e8s quelques secondes, une femme entre \u00e0 son tour et s\u2019avance jusqu\u2019\u00e0 la petite station dot\u00e9e d\u2019un micro au centre de la sc\u00e8ne. Elle sort un livre de son sac. C\u2019est&nbsp;<em>Retour \u00e0 Reims&nbsp;<\/em>de Didier Eribon, \u00e0 la couverture jaune criarde de la collection Champs, chez Flammarion. Elle trouve une brochure papier devant elle, et commence \u00e0 la lire, pour elle. On ne comprend pas tout. Elle est interrompue par le retour de Paul et Tony. Les trois personnages se saluent. Ils s\u2019installent, et le voyant indiquant \u00ab&nbsp;Enregistrement&nbsp;\u00bb, install\u00e9 au sommet de la cabine vire au rouge.<\/p>\n\n\n\n<p>Catherine (Ir\u00e8ne Jacob) commence \u00e0 lire les extraits du texte de Didier Eribon que contient la brochure. En fond de sc\u00e8ne, sur un \u00e9cran accroch\u00e9 haut dans le d\u00e9cor, est projet\u00e9 un film de nature documentaire, montrant des images d\u2019une banlieue de Reims. Dans la voix de la com\u00e9dienne, faisant ici office de voix&nbsp;<em>off<\/em>, on entend comme un effet de friture aux notes un peu pass\u00e9es, qui \u00e9voque vaguement la t\u00e9l\u00e9vision dans ses premi\u00e8res ann\u00e9es. Ses graves grincent, il y a peu de souffle dans ses voyelles. Elle lit de mani\u00e8re r\u00e9guli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s de longues minutes, elle s\u2019interrompt brusquement. Le voyant \u00ab&nbsp;Enregistrement&nbsp;\u00bb s\u2019\u00e9teint et Paul, le r\u00e9alisateur, sort de la cabine. Les deux personnages s\u2019entretiennent au sujet d\u2019un passage que Paul avait d\u00e9cid\u00e9 de couper. Catherine y voit une forme de censure, Paul s\u2019offusque sans en avoir l\u2019air. Dans le conflit, le texte d\u2019Eribon, soudain, prend vie, plus encore que dans les images que montrait le film. Il s\u2019agit de se saisir de la question de la fracture sociale, directement et par le dialogue. Qu\u2019est-ce que la domination&nbsp;? Corollaire d\u2019un syst\u00e8me vou\u00e9 \u00e0 instituer le m\u00e9pris de classe comme cons\u00e9quence de la r\u00e9ussite des autres&nbsp;? Malin g\u00e9nie \u00e0 l\u2019\u0153uvre dans les classes dirigeantes depuis des si\u00e8cles&nbsp;? L\u2019enregistrement et la diffusion du film reprennent, mais les questions soulev\u00e9es par Catherine et Paul demeurent, en r\u00e9sonance avec les images, tant et si bien que les personnages d\u00e9cident de s\u2019interrompre et de reprendre l\u2019enregistrement la semaine suivante.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la seconde moiti\u00e9 du spectacle, les trois m\u00eames personnages se retrouvent. Avant de commencer l\u2019enregistrement, Tony fait \u00e0 Catherine et Paul une petite d\u00e9monstration de rap. Dans son texte on retrouve tous les traits du discours de la fracture sociale, que contenait le documentaire, en puissance. Simplement, ici tout est plus franc et la puissance de son propos laisse des traces qui soulignent de mani\u00e8re r\u00e9troactive certains aspects du film doubl\u00e9 par Catherine.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019enregistrement se poursuit, les discussions reprennent, mais cette fois-ci Tony prend part \u00e0 la conversation. Les m\u00e9canismes de domination s\u2019incarnent. Tony raconte l\u2019histoire de son grand-p\u00e8re, tirailleur lors de la Seconde Guerre mondiale. Le documentaire laisse place au t\u00e9moignage, transportant la repr\u00e9sentation dans une autre dimension du discours sociologique. La repr\u00e9sentation se cl\u00f4t sur un dernier morceau de Tony.<\/p>\n\n\n\n<p>La copr\u00e9sence de diff\u00e9rents dispositifs cherchant \u00e0 produire un discours sur les ph\u00e9nom\u00e8nes de domination au sein d\u2019un m\u00eame spectacle permet de confronter directement les spectateurs aux diff\u00e9rents effets de ces discours. Lorsque le personnage de Catherine, lit, on \u00e9coute attentivement. Le ton monocorde du personnage lorsqu\u2019il enregistre semble cependant pointer la l\u00e9g\u00e8re d\u00e9su\u00e9tude du m\u00e9dium choisi. C\u2019est quand le propos s\u2019incarne qu\u2019il nous traverse v\u00e9ritablement, qu\u2019il nous atteint. Le plus direct et le plus concret des dispositifs reste, en effet, celui qui esth\u00e9tise le discours social&nbsp;: le rap. La confrontation de ces deux discours semble donc pointer le fait que leur impact d\u00e9pend de leur contexte d\u2019\u00e9nonciation et de r\u00e9ception, affirmant ainsi l\u2019actualit\u00e9 et la pertinence du genre musical du rap.<\/p>\n\n\n\n<p>La superposition de ces dispositifs permet, par ailleurs, de faire en sorte que les discours s\u2019additionnent ; d\u2019abord le commentaire, la musique et, pour finir, le t\u00e9moignage en direct. Ce fonctionnement cr\u00e9e des effets de r\u00e9sonance permettant d\u2019entrer en contact avec le discours de Didier Eribon par diverses portes d\u2019entr\u00e9es, quel que soit notre capital culturel. Parce que le discours sur la fracture sociale n\u2019appartient pas qu\u2019\u00e0 l\u2019\u00e9lite culturelle capable de la conceptualiser&nbsp;: il appartient \u00e0 ceux qui la voient, qui la vivent et qui la chantent.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>15 juin 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/retour-a-reims-1\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s le texte de Didier Eribon \/ Mise en sc\u00e8ne de Thomas Ostermeier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 28 mai au 15 juin 2019 \/ Critiques par Amina Gudzevic et Julia Cela.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13477,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[209,155],"class_list":["post-13476","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-amina-gudzevic","tag-julia-cela"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13476","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13476"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13476\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20489,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13476\/revisions\/20489"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13477"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13476"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13476"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13476"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}