{"id":13436,"date":"2019-04-16T09:34:48","date_gmt":"2019-04-16T07:34:48","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13436"},"modified":"2025-02-09T17:22:33","modified_gmt":"2025-02-09T16:22:33","slug":"summer-break","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/04\/summer-break\/","title":{"rendered":"Summer Break"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Summer Break<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s <em>Le Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em> de William Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne de Natacha Koutchoumov \/ Th\u00e9\u00e2tre les Halles \/ du 3 au 7 avril 2019 \/ Critique par Ivan Garcia.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Cauchemar angoissant<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>\u00a07 avril 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"680\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-1024x680.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13434\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-1024x680.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-768x510.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757-624x414.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/10-Summer-Break-\u00a9-Magali-Dougados_4-1140x757.jpg 1140w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Magali Dougados<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Noire et angoissante, cette transposition du&nbsp;<\/em>Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9&nbsp;<em>met en sc\u00e8ne quatre com\u00e9diens qui, lors d\u2019une audition, interpr\u00e8tent la fameuse sc\u00e8ne de la nuit dans la for\u00eat. De la f\u00e9\u00e9rie du songe au cauchemar horrifique, il n\u2019y a qu\u2019un pas\u2026 Et c\u2019est celui qu\u2019a d\u00e9cid\u00e9 de faire Natacha Koutchoumov. \u00c2mes sensibles, faites attention!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Faire du texte onirique de Shakespeare une trag\u00e9die aux airs de film d\u2019horreur, il fallait oser&nbsp;! Mais, apr\u00e8s tout, pourquoi pas&nbsp;? Avec&nbsp;<em>Summer Break<\/em>, le public assiste \u00e0 une audition th\u00e9\u00e2trale. Sur sc\u00e8ne, quatre com\u00e9diens postulent pour obtenir un r\u00f4le dans une mise en sc\u00e8ne du&nbsp;<em>Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9<\/em>. Plus la tension se fait sentir et plus les liens deviennent intenses&nbsp;; retenus au casting, les duos form\u00e9s r\u00e9v\u00e8lent d\u00e9j\u00e0 la configuration du film d\u2019horreur qui va se jouer. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, les com\u00e9diens qui incarneront H\u00e9l\u00e9na et D\u00e9m\u00e9trius&nbsp;: ce dernier, plus petit que sa partenaire, semble complex\u00e9 par sa taille ce qui le rend risible, m\u00eame lorsqu\u2019il tente d\u2019inspirer peur et terreur. A l\u2019inverse, H\u00e9l\u00e9na inspire la crainte \u2013 tr\u00e8s ais\u00e9ment \u2013 par sa gestuelle et son regard vide. Son obsession pour D\u00e9m\u00e9trius&nbsp;qui, dans le texte original, rend la protagoniste charmante, est ici transform\u00e9e en une pathologie digne d\u2019un thriller. De l\u2019autre c\u00f4t\u00e9, l\u2019interpr\u00e8te de Lysandre, avec ses airs de Matt Damon, a tout pour plaire. Et cela se d\u00e9roule comme pr\u00e9vu&nbsp;: la petite com\u00e9dienne incarnant Hermia tombe, rapidement, sous son charme et ils s\u2019amusent \u00e0 r\u00e9p\u00e9ter, devant ce diable de jury exigeant, la sc\u00e8ne du baiser. Mais leur passion va devenir destructrice\u2026 A la fin de ladite sc\u00e8ne, un grand rideau en cellophane opaque \u2013 semblable \u00e0 ceux qu\u2019utilise Rom\u00e9o Castellucci \u2013 vient s\u00e9parer la com\u00e9dienne du reste du plateau, abaissant le rideau sur le songe, qui devient cauchemar.<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce quatuor, il y a, du c\u00f4t\u00e9 du public, un jury invisible \u00e0 nos yeux. Il s\u2019exprime, notamment, par le biais de la musique, qui met les artistes \u00e0 rude \u00e9preuve. En changeant peu \u00e0 peu de style, elle contribue \u00e0 rendre l\u2019atmosph\u00e8re pesante et stressante&nbsp;; on passe d\u2019une musique \u00e9lectronique grin\u00e7ante \u00e0 des notes de m\u00e9tallophone \u2013 rappelant une bo\u00eete \u00e0 musique \u2013 qui envahit l\u2019esprit et, encore plus, l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur le plateau sont suspendus trois grands \u00e9crans en plastique&nbsp;; l\u2019un \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne, les deux autres au fond, \u00e0 cour et \u00e0 jardin. Quelques rang\u00e9es de chaises orange sont dispers\u00e9es sur sc\u00e8ne. Cela rend visible le dispositif de la pi\u00e8ce, la mise en ab\u00eeme au sein de laquelle des com\u00e9diens jouent une pi\u00e8ce de Shakespeare. Mais l\u2019utilisation de ces \u00e9crans en plastique derri\u00e8re lesquels se placent souvent les com\u00e9diens, nous donne aussi la sensation que ces derniers sont flous, voire fantomatiques et r\u00e9duit notre champ de vision, ce qui rel\u00e8ve d\u2019une esth\u00e9tique de films d\u2019horreur comme celle du&nbsp;<em>&nbsp;Blairwitch Project<\/em>&nbsp;ou de&nbsp;<em>L\u2019Exorciste<\/em>. Mais &nbsp;c\u2019est aussi la mani\u00e8re dont l\u2019intrigue de la pi\u00e8ce de Shakespeare est r\u00e9interpr\u00e9t\u00e9e qui fait de la com\u00e9die un film d\u2019horreur de s\u00e9rie B.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons-le, dans le texte d\u2019origine, Hermia s\u2019endort, en compagnie de Lysandre, dans la for\u00eat ; c\u2019est ce moment pr\u00e9cis que la metteure en sc\u00e8ne choisit pour faire basculer le registre de la pi\u00e8ce. Le songe d\u2019Hermia est transform\u00e9 en un terrible cauchemar&nbsp;; le plateau devient obscur, Hermia d\u00e9lire et, myst\u00e9rieusement, des personnages apparaissent et disparaissent, entre deux flashs de lumi\u00e8re, derri\u00e8re les \u00e9crans. Parmi ceux-ci, un homme, avec une t\u00eate d\u2019\u00e2ne, r\u00e9f\u00e9rence au personnage de Bottom, qui se livre \u00e0 quelques galipettes en compagnie d\u2019H\u00e9l\u00e9na et d\u2019autres personnages. On pense au film&nbsp;<em>Boogeyman<\/em>, dans lequel la cr\u00e9ature mal\u00e9fique poss\u00e8de la propri\u00e9t\u00e9 d\u2019appara\u00eetre et de dispara\u00eetre \u00e0 tout instant. A d\u2019autres moments, la mise en sc\u00e8ne devient&nbsp;<em>gore<\/em>&nbsp;et montre du sang et des blessures&nbsp;; D\u00e9m\u00e9trius et Lysandre se mutilent afin de prouver leur amour \u00e0 Hermia, et H\u00e9l\u00e9na finira par s\u2019arracher les cheveux. La violence physique s\u2019exerce aussi envers autrui&nbsp;: D\u00e9m\u00e9trius \u2013 dans le r\u00eave \u2013 gifle Hermia par deux fois et celle-ci finit par saigner. A noter que, la plupart du temps, la souffrance sc\u00e9nique est montr\u00e9e par des pantomimes muettes, \u00e0 la mani\u00e8re des films de possession d\u00e9moniaque ou du&nbsp;<em>Sleepy Hollow&nbsp;<\/em>de Tim Burton. En combinant \u00e9crans, pantomimes et apparitions spectrales, le spectateur se trouve face \u00e0 des visions \u00e9ph\u00e9m\u00e8res qui lui inspirent de la crainte et de la peur.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Summer Break&nbsp;<\/em>intimide son public. L\u2019esth\u00e9tique d\u00e9ploy\u00e9e par Natacha Koutchoumov le place face \u00e0 un \u00e9trange dilemme, entre l\u2019adh\u00e9sion et la r\u00e9pulsion&nbsp;; c\u2019est ce qui fait le charme du spectacle&nbsp;: faire de cette fable bien connue et de l\u2019univers l\u00e9ger de Shakespeare un cauchemar angoissant suscite, \u00e0 la mani\u00e8re de la trag\u00e9die aristot\u00e9licienne,&nbsp; \u00e0 la fois crainte et piti\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>&nbsp;7 avril 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tlh-sierre.ch\/evenements\/summer-break\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Le Songe d\u2019une nuit d\u2019\u00e9t\u00e9 de William Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne de Natacha Koutchoumov \/ Th\u00e9\u00e2tre les Halles \/ du 3 au 7 avril 2019 \/ Critique par Ivan Garcia.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13437,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,14],"tags":[176],"class_list":["post-13436","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-les-halles","tag-ivan-garcia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13436","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13436"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13436\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20494,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13436\/revisions\/20494"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13437"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13436"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13436"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13436"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}