{"id":13172,"date":"2019-02-02T15:05:03","date_gmt":"2019-02-02T14:05:03","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13172"},"modified":"2025-02-09T17:28:02","modified_gmt":"2025-02-09T16:28:02","slug":"le-journal-danne-frank","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2019\/02\/le-journal-danne-frank\/","title":{"rendered":"Le Journal d&rsquo;Anne Frank"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Le Journal d&rsquo;Anne Frank<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s les textes d\u2019Anne Frank \/ Mise en sc\u00e8ne de Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 24 janvier au 10 f\u00e9vrier 2019 \/\u00a0 Critiques par Thibault Hugentobler et Sarah Juilland.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Bien \u00e0 toi<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 f\u00e9vrier 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thibault-hugentobler\/\">Thibault Hugentobler<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"644\" height=\"409\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/491980.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13170\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/491980.jpg 644w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/491980-250x159.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/491980-300x191.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/491980-624x396.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 644px) 100vw, 644px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Julien James Auzan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le Th\u00e9\u00e2tre des Osses pr\u00e9sente jusqu\u2019au 10 f\u00e9vrier une adaptation du&nbsp;<\/em>Journal d\u2019Anne Frank<em>, entreprise p\u00e9rilleuse \u00e0 la vue de la notori\u00e9t\u00e9 de ce texte<\/em>.&nbsp;<em>La troupe parie tout de m\u00eame sur la fra\u00eecheur innocente et pourtant terriblement lucide d\u2019une \u0153uvre troublante. C\u2019est donc avec fureur et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 que les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, sans alt\u00e9rer le contenu du&nbsp;<\/em>Journal<em>, livrent une interpr\u00e9tation questionnant \u00e0 la fois la m\u00e9moire de la Shoah, sa transmission et les nouvelles formes de barbarie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Et [la] vainqueur[e], d\u00e9j\u00e0 vaincu[e], seul[e] au milieu de son silence.&nbsp;\u00bb<br><em>Antigone<\/em>, Jean Anouilh<\/p>\n\n\n\n<p>Trois jeunes d\u00e9barquent sur sc\u00e8ne et se disputent autour d\u2019un journal, puis, petit \u00e0 petit, prennent en charge le lourd poids de son contenu. Il ne sera pas question de raconter l\u2019histoire d\u2019Anne Frank, mais de lui donner une voix. La jeune adolescente pr\u00e9sente les protagonistes et distribue les r\u00f4les, expose le contexte \u00e0 l\u2019aide d\u2019un r\u00e9troprojecteur avant de se lancer dans l\u2019\u00e9criture de son&nbsp;<em>Journal<\/em>. Adressant ses r\u00e9flexions \u00e0 Kitty, interlocutrice fictive, Anne t\u00e9moigne d\u2019une adolescence vol\u00e9e, ou du moins red\u00e9finie dans le microcosme qu\u2019est l\u2019annexe, cette cachette qui abrite sa famille et d\u2019autres clandestin\u00b7e\u00b7s. Le spectacle donne aussi \u00e0 voir la s\u0153ur d\u2019Anne, Margot, ainsi qu\u2019un autre adolescent, Peter van Daan. Les trois personnages \u00e9voluent pendant deux ann\u00e9es, de 1942 \u00e0 1944, avant leur arrestation et leur d\u00e9portation, r\u00e9v\u00e9lant leur d\u00e9sir d\u2019un monde d\u00e9nu\u00e9 de toute cruaut\u00e9, en gardant la \u00ab&nbsp;t\u00eate haute&nbsp;\u00bb, cherchant \u00e0 vivre plut\u00f4t qu\u2019\u00e0 survivre, entre amours naissants et agacements adolescents.<\/p>\n\n\n\n<p>Connaissant la fin in\u00e9luctable d\u2019Anne Frank, le public ne peut retenir ses larmes, comme il ne peut \u00e9viter que les gorges se serrent. Seulement, loin de proposer une trag\u00e9die larmoyante, la troupe nous invite \u00e0 rire entre un \u00e9pisode de patinage aux airs de Twister et une s\u00e9ance de d\u00e9guisement flirtant avec le cin\u00e9ma muet, sur une sc\u00e8ne o\u00f9 m\u00eame le d\u00e9cor aust\u00e8re et imposant, reproduisant le confinement de l\u2019annexe, semble \u00eatre au bord de l\u2019explosion sous la pression des all\u00e9es et venues pleines de vie de chacun\u00b7e. Ceci se ressent particuli\u00e8rement dans le jeu de Judith Goudal qui conf\u00e8re au personnage d\u2019Anne Frank une vivacit\u00e9 et une fureur de vivre malgr\u00e9 l\u2019occupation nazie. La com\u00e9dienne jongle entre l\u2019innocence d\u2019une jeune adolescente et sa profonde intelligence. Elle porte ainsi un discours plein d\u2019espoir, sans anticipation, \u00ab&nbsp;pariant sur la vie&nbsp;\u00bb, mais souligne aussi des questionnements souvent pass\u00e9s sous silence lorsqu\u2019on \u00e9voque Anne Frank, comme la curiosit\u00e9 sexuelle, la place de la femme, la masculinit\u00e9 ou encore l\u2019absurdit\u00e9 d\u2019un monde tourn\u00e9 vers une course \u00e0 l\u2019armement annihilant les efforts humanistes. L\u2019adaptation aurait pu se diriger vers un seul en sc\u00e8ne, mais le choix de recourir \u00e0 trois jeunes protagonistes conf\u00e8re \u00e0 l\u2019histoire une imm\u00e9diatet\u00e9 et une universalit\u00e9. Ainsi, Laurie Comtesse (Margot) et Yann Philipona (Peter) permettent de r\u00e9partir le poids de cette fable et de confronter plus intens\u00e9ment les humains \u00e0 leurs contradictions, hier comme aujourd\u2019hui.<\/p>\n\n\n\n<p>Car il est bien \u00e9videmment question ici de m\u00e9moire et de post\u00e9rit\u00e9. M\u00eame si le&nbsp;<em>Journal d\u2019Anne Frank<\/em>, ou du moins son autrice, est connu de tou\u00b7te\u00b7s, il est n\u00e9cessaire de continuer \u00e0 entretenir le souvenir de la barbarie. Pour que cette derni\u00e8re ne disparaisse pas dans les m\u00e9andres de l\u2019Histoire, \u00e0 une \u00e9poque o\u00f9, selon un rapport sid\u00e9rant de l\u2019IFOP publi\u00e9 fin 2018, l\u2019ignorance des nouvelles g\u00e9n\u00e9rations des g\u00e9nocides du si\u00e8cle dernier comme l\u2019Holocauste est grandissante. Pour que nous ne puissions pas d\u00e9tourner le regard, pour que nous nous prot\u00e9gions de nous-m\u00eames et d\u2019un possible avenir reproduisant les actes pass\u00e9s. Ainsi, cette adaptation adopte une double dimension&nbsp;: se souvenir et confronter.<\/p>\n\n\n\n<p>Se souvenir d\u2019Anne Frank, des promesses d\u2019avenir radieux et des r\u00e9flexions brillantes de son&nbsp;<em>Journal<\/em>, de sa vie et de celles de tou\u00b7te\u00b7s les oubli\u00e9\u00b7e\u00b7s, de tou\u00b7te\u00b7s celles et ceux qui furent priv\u00e9\u00b7e\u00b7s de voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Confronter le public aux sch\u00e9mas trop vite reproduits face \u00e0 une crise migratoire qui se dirige de jours en jours vers un massacre silencieux. Dans&nbsp;<em>Jusque dans vos bras<\/em>, pr\u00e9sent\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy en novembre dernier, Les Chiens de Navarre proposaient une s\u00e9quence dans laquelle la travers\u00e9e de la sc\u00e8ne par les com\u00e9dien\u00b7ne\u00b7s, sur un canot, d\u00e9pendait de celles et ceux qui se l\u00e8veraient de leur si\u00e8ge. Cette sc\u00e8ne renvoyait \u00e0 la travers\u00e9e de la M\u00e9diterran\u00e9e, sur des embarcations de fortune, par des migrant\u00b7e\u00b7s, face \u00e0 une Europe enfonc\u00e9e dans son inaction et son mutisme. Dans&nbsp;<em>Le Journal d\u2019Anne Frank<\/em>, la mise en sc\u00e8ne de Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \u00e9veille les consciences en mettant plut\u00f4t l\u2019accent sur la po\u00e9sie juv\u00e9nile, sans r\u00e9duire sa violence sous-jacente. Et c\u2019est ainsi que le pari est remport\u00e9. Avec brio.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 f\u00e9vrier 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thibault-hugentobler\/\">Thibault Hugentobler<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Voix int\u00e9rieures<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 f\u00e9vrier 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sarah-juilland\/\">Sarah Juilland<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-1024x683.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13167\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-1024x683.jpeg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-250x167.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-300x200.jpeg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-768x512.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_-624x416.jpeg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/02\/10176858.image_.jpeg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Julien James Auzan<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Quoique bouleversant,&nbsp;<\/em>Le Journal d\u2019Anne Frank<em>&nbsp;ne se r\u00e9duit pas \u00e0 un t\u00e9moignage tragique sur un pan sombre de l\u2019Histoire&nbsp;: c\u2019est aussi, et surtout, le r\u00e9cit de \u00ab&nbsp;l\u2019aventure dangereuse [\u2026] romantique et int\u00e9ressante&nbsp;\u00bb (<\/em>Le Journal d\u2019Anne Frank<em>) d\u2019une adolescente inspir\u00e9e et inspirante. Sur la toile de fond obscure de la Shoah et de la vie clandestine, l\u2019adaptation de Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier au Th\u00e9\u00e2tre des Osses sugg\u00e8re l\u2019adolescence plus que la guerre, le rire et la po\u00e9sie plus que le d\u00e9sespoir et le path\u00e9tique. Confiant les pages du journal aux voix complices et solidaires de trois adolescents, la mise en sc\u00e8ne souligne l\u2019universalit\u00e9 et l\u2019atemporalit\u00e9 du message d\u2019Anne&nbsp;: sa voix semble en contenir tant d\u2019autres.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au centre de l\u2019espace sc\u00e9nique se dresse une construction blanche, pareille \u00e0 des pages de journal, ne demandant qu\u2019\u00e0 \u00eatre habill\u00e9es de mots. La structure \u00e9voque l\u2019Annexe \u2013 lieu de vie des clandestins \u2013 sans chercher \u00e0 la reproduire de fa\u00e7on r\u00e9aliste. Dans un recoin, sous un escalier, des ombres de mains se disputent un myst\u00e9rieux objet. Un calepin est projet\u00e9 sur le devant de la sc\u00e8ne&nbsp;; \u00e0 sa suite d\u00e9boulent des jeunes gens enjou\u00e9s et impatients. Lisant de brefs passages chacun \u00e0 leur tour, ils entrent progressivement dans la peau des protagonistes du journal&nbsp;: Anne Frank, Margot Frank et Peter Van Daan, les trois adolescents de l\u2019Annexe. Les com\u00e9diens r\u00e9activent l\u2019histoire de la famille Frank-Van Daan et appellent \u00e0 se souvenir de la condition des Juifs durant la Seconde Guerre mondiale. Ce geste symbolise le devoir de m\u00e9moire et de transmission qui incombe \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration o\u00f9 s\u2019\u00e9teignent les derniers t\u00e9moins des atrocit\u00e9s nazies. Durant le spectacle, les trois adolescents se partagent le r\u00e9cit d\u2019Anne Frank, pr\u00eatant leur voix \u00e0 ses pens\u00e9es et leur corps \u00e0 son entourage. Les adultes ne se manifestent qu\u2019en tant que fond sonore, m\u00ealant bavardages et injonctions&nbsp;: l\u2019attention se porte sur la jeunesse, ses id\u00e9aux et son regard \u00e0 la fois lucide et empli d\u2019esp\u00e9rances sur le monde. Le dispositif sc\u00e9nique fonctionne comme une m\u00e9taphore, transmettant les caract\u00e9ristiques de la vie clandestine&nbsp;: l\u2019exigu\u00eft\u00e9 des lieux, le sentiment constant d\u2019oppression et la promiscuit\u00e9. N\u00e9anmoins, le d\u00e9cor rev\u00eat \u00e9galement une dimension ludique&nbsp;: ses fa\u00e7ades vierges se parent r\u00e9guli\u00e8rement de dessins ou \u00e9critures projet\u00e9s par les jeunes gens \u00e0 l\u2019aide d\u2019un r\u00e9troprojecteur et ses murs amovibles, trappes et chati\u00e8re insufflent un air comique \u00e0 leurs d\u00e9placements. La richesse sc\u00e9nographique \u2013 v\u00e9ritable \u00ab&nbsp;patte&nbsp;\u00bb de la Cie Pasquier-Rossier exploit\u00e9e dans des mises en sc\u00e8ne ant\u00e9rieures, telles que&nbsp;<em>Le Loup des sables<\/em>&nbsp;en 2018 qui fusionnait th\u00e9\u00e2tre et animation vid\u00e9o \u2013 estompe les barri\u00e8res entre r\u00e9el et imaginaire, tout en infusant une dimension imag\u00e9e et po\u00e9tique au spectacle. Lumi\u00e8res et musiques classiques sont aussi convoqu\u00e9es, afin d\u2019accompagner les \u00e9motions des protagonistes&nbsp;: angoisses, joies, craintes, rage de vivre.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019actualisation, par l\u2019interm\u00e9diaire du th\u00e9\u00e2tre, du monument historique et litt\u00e9raire que repr\u00e9sente&nbsp;<em>Le Journal d\u2019Anne Frank<\/em>&nbsp;met en exergue la cyclicit\u00e9 de l\u2019histoire, la n\u00e9cessit\u00e9 du travail de m\u00e9moire et le r\u00f4le d\u2019une jeunesse qui s\u2019appr\u00eate \u00e0 \u00e9crire les pages de l\u2019histoire \u00e0 venir. Les r\u00e9flexions d\u2019Anne Frank, concernant la guerre, les clandestins, le statut de la femme dans la soci\u00e9t\u00e9 et l\u2019oppression, r\u00e9sonnent avec force dans l\u2019actualit\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Pourquoi d\u00e9pense-t-on chaque jour des millions pour la guerre et pas un sou pour la m\u00e9decine, pour les artistes, pour les pauvres&nbsp;? Pourquoi les gens doivent-ils souffrir la faim tandis que dans d\u2019autres parties du monde une nourriture surabondante pourrit sur place&nbsp;? Oh, pourquoi les hommes sont-ils si fous&nbsp;?&nbsp;\u00bb (<em>Le Journal d\u2019Anne Frank<\/em>). Les mots \u2013 et maux \u2013 de la jeune femme font encore sens au regard des probl\u00e9matiques contemporaines. Anne Frank se fait porte-parole de la jeunesse, synonyme d\u2019avenir, et d\u00e9livre un message d\u2019humanit\u00e9 atemporel et m\u00e9morable&nbsp;: \u00ab&nbsp;En attendant, je dois garder mes pens\u00e9es \u00e0 l\u2019abri, qui sait, peut-\u00eatre trouveront-elles une application dans les temps \u00e0 venir&nbsp;!&nbsp;\u00bb (<em>Le Journal d\u2019Anne Frank<\/em>).<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 la gravit\u00e9 de la situation des clandestins \u2013 rappel\u00e9e par de cruelles irruptions de r\u00e9alit\u00e9, telles que bombardements et bruits d\u2019avions \u2013, le spectacle de Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier est&nbsp;<em>vivant<\/em>. C\u2019est avec beaucoup d\u2019humour, de po\u00e9sie et de l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 que les com\u00e9diens voyagent dans l\u2019univers cr\u00e9atif et romantique d\u2019Anne Frank. Au-del\u00e0 de l\u2019angoisse et du danger, le r\u00e9cit est aussi celui d\u2019une adolescente en prise avec les probl\u00e8mes de son \u00e2ge&nbsp;: conflits familiaux, pubert\u00e9, questionnements sur la sexualit\u00e9, histoires d\u2019amour. Le d\u00e9calage entre la verdeur d\u2019Anne Frank et l\u2019horreur de la guerre fait osciller entre \u00e9clats de rire et serrements de c\u0153ur. La pi\u00e8ce est vivante \u00e0 la fois par l\u2019humour et la gait\u00e9 du monde int\u00e9rieur de la jeune femme, mais aussi par la pertinence et l\u2019actualit\u00e9 de son message. Transcendant les ans et la mort, les paroles d\u2019Anne Frank trouvent leur \u00e9cho dans toutes les voix, jeunes ou non, qui embrassent un espoir de paix, de justice et d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 f\u00e9vrier 2019<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sarah-juilland\/\">Sarah Juilland<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/saison-18-19\/le-journal-danne-frank\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s les textes d\u2019Anne Frank \/ Mise en sc\u00e8ne de Genevi\u00e8ve Pasquier et Nicolas Rossier \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 24 janvier au 10 f\u00e9vrier 2019 \/\u00a0 Critiques par Thibault Hugentobler et Sarah Juilland. <\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13173,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[200,203],"class_list":["post-13172","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-sarah-juilland","tag-thibault-hugentobler"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13172","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13172"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13172\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20571,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13172\/revisions\/20571"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13173"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13172"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13172"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13172"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}