{"id":13083,"date":"2018-12-12T09:52:58","date_gmt":"2018-12-12T08:52:58","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13083"},"modified":"2025-02-09T17:29:39","modified_gmt":"2025-02-09T16:29:39","slug":"jusque-dans-vos-bras","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/12\/jusque-dans-vos-bras\/","title":{"rendered":"Jusque dans vos bras"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Jusque dans vos bras<\/h2>\n\n\n<p>Texte issu d\u2019improvisations des acteurs \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean-Christophe Meurisse \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 27 au 30 novembre 2018 \/\u00a0 Critique par Sacha Toupance.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Pour \u201cun public de crevards\u201d<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 novembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sacha-toupance\/\">Sacha Toupance<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"686\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-1024x686.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13081\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-1024x686.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-250x168.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-768x515.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o-624x418.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/37521596_1768474579896374_1462996247634771968_o.jpg 1791w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Loll Willems<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Jusque dans vos bras<em>&nbsp;joue sur le terrain du subversif. Enrag\u00e9s par l\u2019\u00e9nergie du moment pr\u00e9sent et port\u00e9s par l\u2019improvisation, les Chiens de Navarre se nourrissent de l\u2019actualit\u00e9 politique fran\u00e7aise et aboient sur ses plus grandes absurdit\u00e9s. Dans des concerts de rires, les acteurs font \u00e9clater d\u00e9cors et vraisemblance, sans jamais s\u2019embarrasser d\u2019une quelconque limite.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Jusque dans vos bras<\/em>&nbsp;est la huiti\u00e8me cr\u00e9ation des Chiens de Navarre, une compagnie en mouvement depuis onze ans maintenant. C\u2019est avec une v\u00e9ritable rage qu\u2019ils prennent possession du Th\u00e9\u00e2tre de Vidy, et il n\u2019est pas question pour le public de rester \u00e0 distance. Le contrat est \u00e9tabli d\u00e8s le d\u00e9part, lorsque l\u2019un des acteurs surgit de la brume pour adresser au public une sorte d\u2019avant-propos. Tr\u00e8s vite, le spectateur se trouve malmen\u00e9 par un humour ac\u00e9r\u00e9 auquel il fait bien de s\u2019acclimater au plus vite, car tout le spectacle mise sur une interaction constante avec le public.<\/p>\n\n\n\n<p>La repr\u00e9sentation s\u2019ouvre sur une s\u00e9quence inaugurale grandiose. La sc\u00e8ne \u2013 une vaste pelouse naturelle \u2013 est investie par un rassemblement fun\u00e9raire. Une jeune femme, d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment accroch\u00e9e \u00e0 un cercueil sur lequel g\u00eet un fier drapeau fran\u00e7ais, hurle \u00e0 s\u2019en d\u00e9chirer la voix. Sur les c\u00e9l\u00e8bres notes des Beatles,&nbsp;<em>All we need is Love<\/em>, le cort\u00e8ge fun\u00e8bre sombre dans une fureur g\u00e9n\u00e9rale. Tous prennent part \u00e0 une rixe f\u00e9roce.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est le d\u00e9but d\u2019un encha\u00eenement&nbsp;<em>rock and roll<\/em>&nbsp;de petites sc\u00e8nes qui prennent place sur cette m\u00eame pelouse, dans des d\u00e9cors sans cesse remodel\u00e9s et bien souvent explos\u00e9s. L\u2019obsc\u00e8ne ne tarde pas \u00e0 s\u2019imposer, que ce soit au premier plan ou, dans la premi\u00e8re sc\u00e8ne, par les acrobaties vulgaires d\u2019un homme nu en arri\u00e8re-plan. Une multiplicit\u00e9 de sc\u00e8nes qui, sans \u00eatre agenc\u00e9es en une histoire, sont toutes plac\u00e9es sous la th\u00e9matique de l\u2019identit\u00e9. C\u2019est d\u2019une actualit\u00e9 br\u00fblante que se revendiquent les Chiens, dans un cocktail explosif de r\u00e9f\u00e9rences historiques et de clins d\u2019\u0153il \u00e0 l\u2019actualit\u00e9. Qu\u2019est-ce que la France&nbsp;? Quelles sont ses incarnations&nbsp;? Qu\u2019est-ce que cela signifie,&nbsp;<em>\u00eatre fran\u00e7ais&nbsp;<\/em>? Pour faire l\u2019introspection de cette identit\u00e9 fran\u00e7aise sont invoqu\u00e9es de multiples figures folkloriques, travesties, ridiculis\u00e9es, modernis\u00e9es, dans un m\u00e9lange absurde et anachronique. De Marie-Antoinette \u00e0 (Brahim) de Gaulle, en passant par Ob\u00e9lix et Jeanne d\u2019Arc, le vraisemblable n\u2019est jamais une contrainte. Par les codes du&nbsp;<em>stand-up<\/em>, \u00e0 travers des dialogues loufoques et un usage ma\u00eetris\u00e9 de la satire sociale, le rire ne cesse d\u2019\u00eatre sollicit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Si ce rire est parfois strictement tributaire d\u2019un d\u00e9guisement ou d\u2019une absurdit\u00e9 \u00e9vidente, il est aussi souvent satirique. Des moments issus de la vie quotidienne sont l\u2019occasion de portraits, dans lesquels nous reconnaissons de tristes v\u00e9rit\u00e9s \u2013 du moins pendant les premi\u00e8res minutes. Car comme l\u2019annon\u00e7ait la premi\u00e8re sc\u00e8ne, tout est vou\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9clatement et \u00e0 l\u2019absurde. Le discours politique ne manque pas de s\u2019insinuer dans chaque parole et dans chaque geste, sans jamais parvenir \u00e0 gagner une quelconque cr\u00e9dibilit\u00e9. On rit du \u00ab&nbsp;veut bien faire&nbsp;\u00bb comme du plus radical je-m\u2019en-foutiste. Des discours absurdement enrag\u00e9s aux litanies ridicules, des bonnes actions aux paroles d\u00e9plac\u00e9es, on rit de l\u2019humain qui tente de produire du sens dans cette \u00ab&nbsp;\u00e9poque particuli\u00e8re&nbsp;\u00bb. L\u2019identit\u00e9 n\u2019appara\u00eet alors que comme une construction, subjective et constamment mise \u00e0 mal.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle est le r\u00e9sultat d\u2019un travail d\u2019improvisation o\u00f9 rien ne semble fig\u00e9. Les acteurs se nourrissent sans cesse d\u2019une \u00e9nergie nouvelle, ce qui rend chaque instant \u00e9minemment \u00e9lectrique. La caricature triomphe avec une sinistre justesse. L\u2019improvisation lui donne un naturel d\u00e9concertant. Elle permet \u00e9galement au comique d\u2019\u00e9pouser le contexte de la repr\u00e9sentation par des railleries ici bien pens\u00e9es sur la ville de Lausanne et sur le peuple suisse.&nbsp;<em>Jusque dans vos bras<\/em>&nbsp;nous fait la promesse d\u2019une \u00e9ternelle actualit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>30 novembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/sacha-toupance\/\">Sacha Toupance<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/jusque-dans-vos-bras\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte issu d\u2019improvisations des acteurs \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean-Christophe Meurisse \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 27 au 30 novembre 2018 \/\u00a0 Critique par Sacha Toupance.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13084,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[206],"class_list":["post-13083","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-sacha-toupance"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13083","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13083"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13083\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20600,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13083\/revisions\/20600"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13084"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13083"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13083"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13083"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}