{"id":13069,"date":"2018-12-05T16:03:53","date_gmt":"2018-12-05T15:03:53","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13069"},"modified":"2025-02-09T17:29:52","modified_gmt":"2025-02-09T16:29:52","slug":"maelstrom","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/12\/maelstrom\/","title":{"rendered":"Maelstr\u00f6m"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Maelstr\u00f6m<\/h2>\n\n\n<p>Texte de Fabrice Melquiot \/ Mise en sc\u00e8ne de Pascale Daniel-Lacombe \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \/ du 29 novembre au 2 d\u00e9cembre 2018 \/ Critiques par No\u00e9 Maggetti et Jade Lambelet.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Complainte adolescente<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\">No\u00e9 Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-1024x682.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13067\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0109-WEB-1.jpg 2000w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Xavier Cantat<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le th\u00e9\u00e2tre pour la jeunesse Am Stram Gram accueille un spectacle cr\u00e9\u00e9 au Festival&nbsp;<\/em>off<em>&nbsp;d\u2019Avignon 2018 par l\u2019auteur Fabrice Melquiot et la metteure en sc\u00e8ne Pascale Daniel-Lacombe.&nbsp;<\/em>Maelstr\u00f6m<em>&nbsp;est une pi\u00e8ce explicitement destin\u00e9e \u00e0 un public adolescent, qui se pr\u00e9sente comme le monologue int\u00e9rieur d\u2019une jeune fille malentendante de quatorze ans, en proie \u00e0 un tourbillon d\u2019\u00e9motions propre \u00e0 son \u00e2ge.&nbsp;<\/em><em>Le dispositif sc\u00e9nique, qui vise l\u2019immersion des spectateurs dans la subjectivit\u00e9 du personnage, semble parfois malheureusement constituer en lui-m\u00eame sa propre fin<\/em><em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Seule sur sc\u00e8ne, l\u2019actrice Marion Lambert incarne Vera, une adolescente atteinte de surdit\u00e9. Elle se tient dans un abribus, sorte de cage de verre qui semble l\u2019isoler du monde, et son monologue int\u00e9rieur, plein de rage, parvient au spectateur par le biais de casques audio, fournis \u00e0 l\u2019entr\u00e9e de la salle. Les casques plongent par ailleurs le public dans une ambiance sonore, v\u00e9hiculant les bruits de la route, le souffle du vent, puis l\u2019orage, et parfois de la musique \u00e0 vis\u00e9e empathique, suppos\u00e9e soutenir le discours de la jeune fille. Celui-ci est un patchwork de r\u00e9flexions h\u00e9t\u00e9roclites portant sur son rapport au monde, \u00e0 sa famille, \u00e0 son quotidien, en tant que personne atteinte de handicap.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors qu\u2019elle exprime sa col\u00e8re et ses doutes, Vera aper\u00e7oit soudain une ambulance, qu\u2019elle ne peut s\u2019emp\u00eacher de suivre, ses mouvements \u00e9tant soutenus par des d\u00e9cors amovibles qui s\u2019imbriquent les uns dans les autres et qui bougent avec elle, tir\u00e9s par des c\u00e2bles. Ainsi, par le d\u00e9placement des d\u00e9cors, l\u2019abribus peut devenir, au fil de la pi\u00e8ce, un hall d\u2019h\u00f4pital, une chambre \u00e0 coucher, un quai de gare ou une cour de r\u00e9cr\u00e9ation. Une fois parvenue \u00e0 l\u2019h\u00f4pital, Vera d\u00e9couvre que la femme qui se trouvait dans le v\u00e9hicule n\u2019est autre qu\u2019elle-m\u00eame, des ann\u00e9es plus tard&nbsp;: son monologue se transforme ainsi en une forme d\u2019adresse \u00e0 son Moi futur.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte du spectacle manque de coh\u00e9rence&nbsp;: en voulant traiter p\u00eale-m\u00eale un nombre impressionnant de th\u00e9matiques li\u00e9es \u00e0 l\u2019adolescence et au handicap, il n\u2019en approfondit r\u00e9ellement aucune. Tout d\u2019abord, la surdit\u00e9 de la jeune fille semble n\u2019\u00eatre qu\u2019un pr\u00e9texte pour parler des tourmentes adolescentes, du harc\u00e8lement scolaire au chagrin d\u2019amour, en passant par les conflits avec les parents. Cependant, comme ces probl\u00e9matiques sont tout de m\u00eame reli\u00e9es au handicap dont Vera est atteinte, qui est souvent point\u00e9 par la jeune fille comme \u00e9tant la cause de ses malheurs, le processus d\u2019identification devient particuli\u00e8rement compliqu\u00e9&nbsp;: les probl\u00e8mes de la jeune fille sont ceux de tous les adolescents, mais comme elle les explique par son handicap, le spectateur ne sait pas \u00e0 quel titre il est suppos\u00e9 s\u2019identifier \u00e0 elle. En r\u00e9sulte une forme de mise \u00e0 distance, l\u00e0 o\u00f9 le dispositif sc\u00e9nique visait \u00e0 cr\u00e9er une immersion totale. Par ailleurs, la pi\u00e8ce mobilise diff\u00e9rentes r\u00e9f\u00e9rences historiques \u2013 qui donnent lieu par exemple \u00e0 l\u2019indignation de Vera lorsqu\u2019elle d\u00e9couvre que les nazis st\u00e9rilisaient les personnes atteintes de handicap ou \u00e0 ses larmes suite \u00e0 la lecture d\u2019une lettre de \u00ab&nbsp;Poilu&nbsp;\u00bb \u2013 sans que celles-ci soient suffisamment d\u00e9velopp\u00e9es pour d\u00e9passer le statut d\u2019anecdote et r\u00e9ellement \u00e9toffer le spectacle. Ainsi, la logique du \u00ab&nbsp;maelstr\u00f6m&nbsp;\u00bb, du tourbillon de paroles h\u00e9t\u00e9rog\u00e8nes, produit plut\u00f4t une frustration, qui contribue \u00e0 maintenir la distance avec l\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, le dispositif sc\u00e9nique reposant sur le port de casques audio, qui, comme les d\u00e9cors mobiles variant au gr\u00e9 des perceptions de Vera, cherche \u00e0 immerger le spectateur dans la subjectivit\u00e9 de la protagoniste, n\u2019appara\u00eet pas en d\u00e9finitive comme n\u00e9cessaire, car l\u2019effet d\u2019immersion n\u2019est pas plus important que si le son avait \u00e9t\u00e9 diffus\u00e9 par des hauts-parleurs. On peut m\u00eame d\u00e9plorer que, du fait de son dispositif principalement sonore, le spectacle soit inaccessible pour un.e \u00e9ventuel.le spectateur.trice qui souffrirait r\u00e9ellement de surdit\u00e9. Ce choix paradoxal tend \u00e0 renforcer l\u2019impression que ce th\u00e8me de la surdit\u00e9 n\u2019est qu\u2019un pr\u00e9texte pour tenter de donner du relief \u00e0 des r\u00e9flexions adolescentes somme toute relativement banales.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin, la mise en sc\u00e8ne souffre de l\u2019in\u00e9vitable comparaison avec l\u2019une de ses influences \u00e9videntes, le spectacle&nbsp;<em>Seuls<\/em>&nbsp;de Wajdi Mouawad, notamment jou\u00e9 au Th\u00e9\u00e2tre de Vidy au printemps 2017. En effet, le fait que le texte soit port\u00e9 par une com\u00e9dienne seule sur sc\u00e8ne qui donne \u00e0 entendre le monologue int\u00e9rieur de son personnage, la mobilit\u00e9 des d\u00e9cors ainsi que le fait que la protagoniste \u00e9crive \u00e0 plusieurs reprises sur des plaques transparentes int\u00e9gr\u00e9es au d\u00e9cor sont autant d\u2019\u00e9l\u00e9ments qui font imm\u00e9diatement songer \u00e0 la pi\u00e8ce du dramaturge libano-qu\u00e9b\u00e9cois. Or, l\u00e0 o\u00f9 le monologue teint\u00e9 d\u2019autofiction de celui-ci tenait le public en haleine pendant pr\u00e8s de deux heures, la br\u00e8ve complainte adolescente de Vera, qui en semble une imitation timide, agace plus qu\u2019elle n\u2019\u00e9meut.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/noe-maggetti\/\">No\u00e9 Maggetti<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 trop pleurer, nous n\u2019avons pas vu le train passer<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jade-lambelet\/\">Jade Lambelet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13075\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Maelstr\u00f6m0001-web-1-1200x800.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Xavier Cantat<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Premier volet du triptyque de Pascale Daniel-Lacombe,&nbsp;<\/em>Maelstr\u00f6m<em>&nbsp;esquisse un tableau sur l\u2019adolescence encadr\u00e9 par une r\u00e9flexion plus globale sur notre rapport au temps et au monde. Seule sur le quai d\u2019une gare, Vera, \u00e0 tout juste quatorze ans, crie au monde les temp\u00eates et les mar\u00e9es qui habitent son c\u0153ur. Atteinte de surdit\u00e9, la jeune fille se d\u00e9charge dans un monologue dramatique des sentiments de solitude, d\u2019incompr\u00e9hension et de douleur qui accompagnent son handicap et sa premi\u00e8re rupture amoureuse.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Depuis plusieurs ann\u00e9es, La Compagnie du Th\u00e9\u00e2tre du Rivage dirig\u00e9e par Pascale Daniel-Lacombe concentre ses activit\u00e9s sur les passages entre les diff\u00e9rents \u00e2ges et stades de la vie humaine. Le projet artistique, baptis\u00e9&nbsp;<em>Dasein (\u00catre l\u00e0)&nbsp;<\/em>d\u2019apr\u00e8s le concept heidegg\u00e9rien, se propose d\u2019interroger la fa\u00e7on dont, \u00e0 des \u00e2ges diff\u00e9rents, nous envisageons la temporalit\u00e9 pass\u00e9e, pr\u00e9sente et future de notre existence. Partant d\u2019une collecte de t\u00e9moignages divers sur la question du temps, la metteure en sc\u00e8ne se tourne vers l\u2019auteur dramatique Fabrice Melquiot \u00e0 qui elle commande le texte de son spectacle. Ce dernier isole sur sc\u00e8ne une jeune adolescente en proie aux affres de sa condition familiale, amoureuse et corporelle. Dans sa mise en sc\u00e8ne, Pascale Daniel-Lacombe propose \u00e0 son public une exp\u00e9rience auditive qui se veut immersive et compl\u00e8te par le biais de casques retranscrivant le monologue de l\u2019actrice sur un fond sonore et musical.<\/p>\n\n\n\n<p>La connivence avec le spectateur est cherch\u00e9e d\u00e8s son arriv\u00e9e dans la salle par une diffusion sonore reproduisant le d\u00e9cor urbain d\u2019une gare. Le vacarme des klaxons des automobiles et du passage des trains brusque l\u2019oreille du public qui prend place dans les gradins. Puis un signal lumineux nous invite \u00e0 porter notre casque au travers duquel les paroles de Vera (interpr\u00e9t\u00e9e par Marion Lambert) nous sont insuffl\u00e9es sans distance, comme celles d\u2019un monologue int\u00e9rieur. Ainsi, le dispositif auditif a pour effet de renforcer l\u2019identification au personnage. Sur sc\u00e8ne, nous retrouvons le d\u00e9cor d\u2019un vestibule de gare dont la structure mobile \u2013 par le biais de rails qui fa\u00e7onnent le d\u00e9cor autant qu\u2019ils soutiennent son articulation \u2013 glisse pour se transformer en d\u2019autres lieux dans lesquels d\u00e9ambule la jeune fille. Bien que cette prison de verre qui l\u2019enferme soit subtilement imagin\u00e9e, elle ne circonscrit pas compl\u00e8tement les mouvements de Vera dans l\u2019espace&nbsp;: le dispositif, parce qu\u2019il manque de syst\u00e9maticit\u00e9, s\u2019apparente plut\u00f4t \u00e0 un subterfuge attrayant sans soutenir v\u00e9ritablement l\u2019architecture discursive de la pi\u00e8ce. Le choix des musiques qui tapissent en fond les diff\u00e9rentes probl\u00e9matiques soulev\u00e9es par le monologue de Vera (piano lent et dramatique pour les moments de tristesse, vrombissement grave et inqui\u00e9tant pour l\u2019\u00e9vocation des crimes nazis, rock\u2019n\u2019roll \u00e9clatant et enjou\u00e9 pour les pulsions de r\u00e9bellion) parach\u00e8ve, par sa redondance, le basculement de celui-ci vers un tragique plat, vecteur de lourds clich\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans son exploration de la temporalit\u00e9, la pi\u00e8ce esquisse une multitude de trames narratives : le pr\u00e9sent br\u00fblant de la rupture amoureuse&nbsp;; la permanence des souffrances li\u00e9es \u00e0 la situation de handicap et \u00e0 la structure familiale bris\u00e9e en l\u2019absence cruelle du p\u00e8re ; l\u2019effroi que suscite un futur menac\u00e9 par le terrorisme&nbsp;ou un pass\u00e9 meurtri par les crimes de deux guerres. Toutefois, ces intrigues qui ne sont reli\u00e9es que l\u00e2chement entre elles se perdent dans un \u00e9cart entre des \u00e9chelles individuelles et collectives et leurs potentialit\u00e9s ne sont exploit\u00e9es que maigrement l\u00e0 o\u00f9 elles auraient gagn\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00eatre pleinement mais en nombre restreint. On comprend mal si le d\u00e9sespoir et la rage qu\u2019exprime Vera sont les r\u00e9sultats d\u2019un sentiment d\u2019incompr\u00e9hension et de solitude adolescent \u2013 auquel cas la pi\u00e8ce v\u00e9hiculerait des lieux communs \u00e0 propos de l\u2019adolescence en la figurant comme une exp\u00e9rience pesante et languissante \u2013 ou si ces souffrances sont provoqu\u00e9es par sa surdit\u00e9. Dans ce dernier cas, cet unique \u00e9clairage sur la situation de handicap pourrait \u00eatre jug\u00e9 r\u00e9ducteur. Quant \u00e0 la probl\u00e9matique historique des victimes des guerres et de l\u2019empathie profonde de la jeune fille \u00e0 leur \u00e9gard, elle est malheureusement noy\u00e9e dans des larmoiements et des g\u00e9missements vulgaires \u00e0 la lecture d\u2019une lettre d\u2019un poilu.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s lors, quel est le message que veut faire passer&nbsp;<em>Maelstr\u00f6m<\/em>&nbsp;au jeune public auquel le spectacle s\u2019adresse&nbsp;? Certes, l\u2019adolescence est un moment de lourds questionnements existentiels mais elle n\u2019est pas que drame et d\u00e9sespoir (ce que la pi\u00e8ce et le spectacle semblent dire tout du long et par le biais des images de la femme \u00e0 l\u2019h\u00f4pital et de Vera en \u00e9quilibre sur les rails du train) pas plus que ne devrait l\u2019\u00eatre d\u2019ailleurs un handicap. Si l\u2019impulsion et les r\u00e9flexions \u00e0 l\u2019origine de la cr\u00e9ation annon\u00e7aient une exp\u00e9rience riche et \u00e9clectique,&nbsp;<em>Maelstr\u00f6m&nbsp;<\/em>passe \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de la force et de la grandeur po\u00e9tique de son sujet en abandonnant sa dimension tragique dans un path\u00e9tique st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>2 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jade-lambelet\/\">Jade Lambelet<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.amstramgram.ch\/projects\/maelstrom\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Fabrice Melquiot \/ Mise en sc\u00e8ne de Pascale Daniel-Lacombe \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \/ du 29 novembre au 2 d\u00e9cembre 2018 \/ Critiques par No\u00e9 Maggetti et Jade Lambelet.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13070,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,143],"tags":[202,205],"class_list":["post-13069","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-am-stram-gram-geneve","tag-jade-lambelet","tag-noe-maggetti"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13069","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13069"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13069\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20607,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13069\/revisions\/20607"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13070"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13069"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13069"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13069"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}