{"id":13062,"date":"2018-12-05T11:54:39","date_gmt":"2018-12-05T10:54:39","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=13062"},"modified":"2025-02-09T17:30:05","modified_gmt":"2025-02-09T16:30:05","slug":"bernarda","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/12\/bernarda\/","title":{"rendered":"Bernarda"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Bernarda<\/h2>\n\n\n<p>Texte de Federico Garcia Lorca \/ Mise en sc\u00e8ne de Giulia Belet \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 30 novembre au 16 d\u00e9cembre 2018 \/ Critiques par Julie Heger et Ivan Garcia.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Tendues comme un fil<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-heger\/\">Julie Heger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"675\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-1024x675.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-13060\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-1024x675.png 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-250x165.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-300x198.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-768x506.png 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12-624x412.png 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/12\/Capture-d\u2019\u00e9cran-2018-12-05-\u00e0-11.49.12.png 1486w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Loris Gomboso<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Leur p\u00e8re est mort. Afin de respecter les traditions, Adela et sa s\u0153ur se pr\u00e9parent \u00e0 huit ans de deuil, huit ans qu\u2019elles passeront entre les quatre murs de leur foyer, n\u2019ayant plus que la couture, les comm\u00e9rages et elles-m\u00eames pour se tenir compagnie.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>&nbsp;<\/em>Les deux com\u00e9diennes nous accueillent dans un silence religieux. V\u00eatues de noir et de perles, elles nous remercient, \u00e9mues, d\u2019\u00eatre venus si nombreux assister \u00e0 l\u2019enterrement de leur p\u00e8re. \u00c0 droite de la sc\u00e8ne, un musicien les accompagne d\u2019une m\u00e9lodie empreinte de douleur. Rapidement, les deux femmes annoncent vouloir honorer la m\u00e9moire de leur p\u00e8re en chantant sa chanson favorite :&nbsp;<em>I like it like that&nbsp;<\/em>de Pete Rodriguez. Cette premi\u00e8re sc\u00e8ne plonge le spectateur dans l\u2019univers paradoxal de la pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s l\u2019enterrement, Adela et sa s\u0153ur s\u2019enferment chez elles. L\u2019espace sc\u00e9nique, repr\u00e9sentant une habitation aust\u00e8re \u2013 on peut y voir des portraits de la Vierge, de J\u00e9sus, des cierges \u2013 a la particularit\u00e9 d\u2019\u00eatre tress\u00e9. De larges ficelles noires traversent la pi\u00e8ce de part en part. Elles retiennent parfois les com\u00e9diennes qui se retrouvent presque immobilis\u00e9es, dans cette enclave qui repr\u00e9sente ce deuil traditionnel et impos\u00e9 de huit ans.<\/p>\n\n\n\n<p>Adela a vingt ans. Elle ne sera lib\u00e9r\u00e9e de cette prison de conventions qu\u2019\u00e0 vingt-huit ans. Mais Adela est amoureuse du plus bel homme du village. Pour elle, hors de question de passer sa jeunesse enferm\u00e9e et chaste. Sa s\u0153ur semble \u00eatre une fusion de Bernarda, Magdalena, Amelia et Martirio du texte original \u00e9crit par Frederico Garci Lorca. La metteuse en sc\u00e8ne Giula Belet, en d\u00e9cidant de combiner quatre personnages en un, propose une adaptation innovante, qui complexifie ce nouveau personnage et sa relation avec Adela. Ainsi, Amalia t\u00e9moigne d\u2019une foi sans limite pour le respect des m\u0153urs et consid\u00e8re, du reste, \u00eatre trop laide pour qu\u2019on la marie. Ces huit ann\u00e9es de deuil paraissent l\u2019arranger. Elle est am\u00e8re et nourrit une jalousie pour la beaut\u00e9 de sa s\u0153ur.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adaptation du texte se concentre sur le d\u00e9sir d\u2019\u00e9mancipation de ces femmes, et sur leur passion. Adela refuse de se soumettre aux coutumes de sa famille, r\u00eave de quitter la maison, et souhaite, plus que tout, go\u00fbter \u00e0 la chair, vivre l\u2019amour pleinement, embrasser son \u00e2ge, s\u2019embraser pour un homme. Elle veut satisfaire la flamme de vie qui la consume. Lors d\u2019un monologue poussant la passion \u00e0 son maximum, elle laisse pousser ce cri qui la d\u00e9vore. Sa s\u0153ur, jalouse et aigrie, profite du contexte pour la contenir, la surveiller et lui interdire de vivre comme elle l\u2019entend. Lors d\u2019apart\u00e9s ponctuels, la s\u0153ur d\u2019Adela avoue se sentir elle-m\u00eame vieillie, condamn\u00e9e \u00e0 l\u2019ennui et \u00e0 la chastet\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces deux personnages complexes, s\u2019\u00e9claircissant au fur et \u00e0 mesure des confidences sur leur enfance v\u00e9cue au c\u00f4t\u00e9 d\u2019un p\u00e8re tyrannique et distant, s\u2019\u00e9crasent et s\u2019\u00e9touffent mutuellement dans leurs frustrations personnelles et partag\u00e9es. Un malaise se cr\u00e9e dans la pi\u00e8ce, alors m\u00eame que l\u2019on remarque que les ficelles se multiplient sur sc\u00e8ne, les paralysent de plus en plus, se tendant aussi toujours plus, marquant la tension entre les protagonistes et engendrant une animosit\u00e9 violente.<\/p>\n\n\n\n<p>Pourtant, touchant \u00e0 son paroxysme, la pi\u00e8ce s\u2019arr\u00eate subitement sans r\u00e9el point final. Dans le texte de Garcia Lorca, Adela se suicide. Ici, elle quitte l\u2019espace sc\u00e9nique, laissant la fin ouverte On peut le regretter&nbsp;: ce suicide aurait pu sublimer la d\u00e9tresse visible de ces deux s\u0153urs enferm\u00e9es et interdites, et on peine \u00e0 comprendre ce qui motive ici sa suppression.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julie-heger\/\">Julie Heger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Lorca \u00e0 la moulinette<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"500\" height=\"333\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/BELET-Giulia-BERNARDA.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-13430\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/BELET-Giulia-BERNARDA.jpg 500w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/BELET-Giulia-BERNARDA-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2019\/04\/BELET-Giulia-BERNARDA-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 500px) 100vw, 500px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Loris Gomboso<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Amour et tradition&nbsp;: c\u2019est sur ces deux th\u00e9matiques que se d\u00e9veloppe l\u2019intrigue de&nbsp;<\/em>Bernarda.&nbsp;<em>En interrogeant les m\u0153urs li\u00e9es \u00e0 l\u2019amour, au deuil et \u00e0 la fid\u00e9lit\u00e9, Giulia Belet pr\u00e9sente une adaptation de la pi\u00e8ce de Garcia Lorca dont le spectateur peine \u00e0 saisir la coh\u00e9rence. La transposition de l\u2019\u0153uvre originale dans un cadre contemporain se fait aux frais de grandes coupures, &nbsp;et laisse le spectateur sur sa faim.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019histoire d\u2019un enterrement et de ses cons\u00e9quences&nbsp;: le deuil et l\u2019impossibilit\u00e9 de l\u2019amour. Mais c\u2019est aussi l\u2019histoire d\u2019une communaut\u00e9 villageoise et de ses m\u0153urs, ses rumeurs et ses fa\u00e7ons d\u2019\u00eatre. Adela et Amelia sont deux s\u0153urs. Elles viennent de perdre leur p\u00e8re et d\u00e9butent un deuil aust\u00e8re de huit ans. Tandis qu\u2019Angustias (\u00ables angoisses\u00bb en espagnol), leur cousine laide et vieille, va \u00e9pouser Jos\u00e9 Romano, dont Adela est amoureuse. En \u00e9purant le nombre de personnages par rapport au drame original (\u00e9crit en 1936 par Federico Garcia Lorca et publi\u00e9 de mani\u00e8re posthume en 1945), Giula Belet place la focale sur les personnages d\u2019Adela et Amelia. Celles-ci, en perp\u00e9tuel dialogue, s\u2019interrogent sur l\u2019amour, la tradition et leur communaut\u00e9 villageoise rurale. Tandis que l\u2019une est parfaitement conforme \u00e0 ce qu\u2019on attend d\u2019elle dans ce milieu, l\u2019autre est r\u00e9volt\u00e9e et a soif de s\u2019extraire de ce cadre \u00e9touffant. Tout au long de la repr\u00e9sentation, il y a donc deux points de vues f\u00e9minins qui se confrontent dans une joute verbale. Un musicien fait par ailleurs de br\u00e8ves apparitions en jouant du saxophone ou du clavier \u00e9lectronique, petite touche de musique qui calme les esprits.<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9duisant le nombre de personnages par rapport \u00e0 la pi\u00e8ce originale, Giula Belet a \u00e9galement reconfigur\u00e9 les r\u00f4les et les interactions. Si dans l\u2019\u0153uvre de Lorca, ce ne sont pas moins de cinq s\u0153urs qui poss\u00e8dent chacune des traits de personnalit\u00e9s distincts, cette mise en sc\u00e8ne nous en livre uniquement deux, Angustias devenant une cousine. D\u00e9tail important&nbsp;: la pi\u00e8ce de Lorca s\u2019intitule&nbsp;<em>La casa de Bernarda Alba<\/em>, tandis que l\u2019adaptation de Giula Belet porte le titre de&nbsp;<em>Bernarda<\/em>. Mais cette curieuse Bernarda, la m\u00e8re des protagonistes, n\u2019est jamais mentionn\u00e9e ou rendue visible, l\u2019attention du spectateur est uniquement attir\u00e9e sur cette lutte sororicide. La mise en sc\u00e8ne fait coexister un d\u00e9cor \u00e9voquant un int\u00e9rieur ancien (meubles, images bibliques, bougies) et des \u00e9l\u00e9ments contemporains comme des chansons en anglais ou un dispositif de fils noirs envahissant tout le plateau. Ces fils peuvent \u00eatre consid\u00e9r\u00e9s comme des indicateurs de l\u2019enlisement des protagonistes. L\u2019une, Amalia, s\u2019enferme dans son deuil et l\u2019autre, Adela, s\u2019enlise dans sa passion. Cela se traduit, notamment, par une sc\u00e8ne particuli\u00e8rement mouvement\u00e9e o\u00f9 Adela, \u00e9touff\u00e9e par cette vie asc\u00e9tique, commence \u00e0 s\u2019agiter et \u00e0 danser fr\u00e9n\u00e9tiquement en hurlant et en se heurtant aux fils. Amalia, horrifi\u00e9e par ce d\u00e9cha\u00eenement de pulsions, tentant de l\u2019arr\u00eater sans succ\u00e8s, se fait malmener par sa s\u0153ur et s\u2019enroule entre les liens.<\/p>\n\n\n\n<p>Le cadre de la repr\u00e9sentation est un d\u00e9cor chaleureux et familial. L\u2019ensemble de la repr\u00e9sentation se passe dans la maison des deux s\u0153urs qui, soumise aux jeux de lumi\u00e8re, est tour-\u00e0-tour plac\u00e9e dans l\u2019obscurit\u00e9 (pour souligner ses c\u00f4t\u00e9s sombres) et dans la lumi\u00e8re (pour connoter les aspects positifs). Un subtil m\u00e9lange venant soutenir le dialogisme entre les deux protagonistes, l\u2019une r\u00e9solument tourn\u00e9e vers l\u2019int\u00e9rieur \u2013 la maison, sa place dans la communaut\u00e9 \u2013 et l\u2019autre vers l\u2019ext\u00e9rieur (la rue, l\u2019inconnu, hors des cases).<\/p>\n\n\n\n<p>Malgr\u00e9 l\u2019\u00e9nergie \u00e9manant des com\u00e9diennes, l\u2019adaptation peine \u00e0 convaincre. L\u2019univers dans lequel nous entra\u00eene la metteuse en sc\u00e8ne reste peu caract\u00e9ris\u00e9 et le spectacle manque de dynamisme. Bien que la dur\u00e9e de la repr\u00e9sentation soit courte \u2013 environ une heure \u2013 le rythme en est lent, et les pauses m\u00e9lodiques, viennent briser le sentiment d\u2019immersion que l\u2019on peine \u00e0 construire. D\u2019autre part, la fin du spectacle est incoh\u00e9rente. Dans la pi\u00e8ce de Lorca, le suicide d\u2019une des deux protagonistes marque la fin du drame. Or, dans l\u2019adaptation, la fin, plut\u00f4t sanglante, est remplac\u00e9e par un d\u00e9part d\u2019Adela vers un lieu inconnu. Ce d\u00e9coupage proc\u00e8de peut-\u00eatre d\u2019une volont\u00e9 de garder une lueur d\u2019espoir mais l\u2019univers \u00e9tant si sombre \u00e0 la base, cela suscite plus l\u2019incompr\u00e9hension du spectateur. Bon nombre de spectateurs ne r\u00e9alisent d\u2019ailleurs pas, au moment de cette sc\u00e8ne, que la pi\u00e8ce s\u2019ach\u00e8ve.<\/p>\n\n\n\n<p>Reconnaissons tout de m\u00eame que certains passages r\u00e9ussissent \u00e0 entra\u00eener le spectateur dans la fable. L\u2019un des moments forts de la repr\u00e9sentation, la longue d\u00e9claration passionn\u00e9e d\u2019Adela, en r\u00e9ponse \u00e0 sa s\u0153ur, qui lui demande si elle aime vraiment Jos\u00e9 Romano, suscite l\u2019\u00e9motion. C\u2019est en se tordant que la com\u00e9dienne parvient \u00e0 d\u00e9clamer, \u00e0 l\u2019aide d\u2019un vocabulaire riche en m\u00e9taphores sanguinaires et expressions violentes (\u00abJe veux lui arracher la peau et la mettre sur la mienne\u00bb, \u00abJe le veux tellement que je veux le griffer\u00bb,\u2026) son amour pour cet homme et finit par conclure puissamment avec plusieurs \u00abJe te veux\u00bb. Etrangement, c\u2019est probablement lorsque la mise en sc\u00e8ne se rapproche le plus du \u00abstyle Lorca\u00bb que celle-ci fait mouche.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 d\u00e9cembre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacle\/269\/bernarda\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Federico Garcia Lorca \/ Mise en sc\u00e8ne de Giulia Belet \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 30 novembre au 16 d\u00e9cembre 2018 \/ Critiques par Julie Heger et Ivan Garcia.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":13063,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[176,214],"class_list":["post-13062","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-ivan-garcia","tag-julie-heger"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=13062"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13062\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20611,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/13062\/revisions\/20611"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/13063"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=13062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=13062"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=13062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}