{"id":12876,"date":"2018-10-15T17:30:04","date_gmt":"2018-10-15T15:30:04","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12876"},"modified":"2025-02-09T17:32:37","modified_gmt":"2025-02-09T16:32:37","slug":"all-can-be-softer","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/10\/all-can-be-softer\/","title":{"rendered":"All can be softer"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">All can be softer<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne de Ren\u00e9e Van Trier \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \/ du 06 au 07 octobre 2018 \/ Critique par Oc\u00e9ane Forster. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 octobre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\"><span style=\"font-size: 1rem\">Par <\/span><a style=\"font-size: 1rem\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/oceane-forster\/\">Oc\u00e9ane Forster<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c9tranget\u00e9 et transm\u00e9dialit\u00e9<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"640\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-1024x640.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12873\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-1024x640.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-250x156.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-300x188.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-768x480.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse-624x390.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/All_Can_Be_Softer_0073_Photographer_Saara_Autere_Madhouse.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Saara Autere<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Son parcours est impressionnant. L\u2019artiste polym\u00e9diale Ren\u00e9e Van Trier s\u2019est produite partout, a expos\u00e9, jou\u00e9 chant\u00e9 \u00e0 Amsterdam, Rotterdam, Paris, Los Angeles, Xiamen, Berlin, Lausanne, et ce soir-l\u00e0, \u00e0 Gen\u00e8ve, au Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais. Sa derni\u00e8re cr\u00e9ation, performance surprenante et inclassable, propose un aper\u00e7u des possibilit\u00e9s infinies qu\u2019offre le m\u00e9lange des arts port\u00e9s, sans hi\u00e9rarchie, \u00e0 la sc\u00e8ne.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019arriv\u00e9e des spectateurs, une silhouette sombre est d\u00e9j\u00e0 l\u00e0, dans le lointain, sur le plateau nu. Elle offre son dos au public, qui se tient dans la lumi\u00e8re. Lorsque la salle s\u2019obscurcit, un ovale projet\u00e9 sur le mur du fond entoure le corps menu de la performeuse. Comme un ovule sombre, il se d\u00e9forme, se r\u00e9tracte et s\u2019\u00e9tend. &nbsp;Un vacarme assourdissant fait trembler les chairs, celles qui entourent la bouche particuli\u00e8rement, les parois du nez, et des tympans. Deux spectatrices se bouchent les oreilles.&nbsp; Plus tard elles quitteront la salle.<\/p>\n\n\n\n<p>Le public \u00e9tait averti&nbsp;: il fallait \u00eatre intr\u00e9pide pour vouloir se laisser embarquer dans le spectacle d\u00e9lirant mystico-punk propos\u00e9 par Ren\u00e9e Van Trier. En effet, si l\u2019originalit\u00e9 et l\u2019excentricit\u00e9 qui a d\u00e9ferl\u00e9 sur le plateau en a subjugu\u00e9 plus d\u2019un, d\u2019autres sont rest\u00e9s tr\u00e8s perplexes face \u00e0 la proposition.<\/p>\n\n\n\n<p>La performeuse, farfadet mutin et anarchiste, prend, sur sc\u00e8ne, toutes les libert\u00e9s. Qu\u2019il soit masqu\u00e9 par une ombre de la projection, ou qu\u2019elle tourne le dos au public comme un Jim Morrison miniature, la plupart du temps son visage reste myst\u00e9rieux, entrevu seulement. Mais ce n\u2019est pas par g\u00eane. Sous les yeux du public elle semble cr\u00e9er sa chor\u00e9graphie, v\u00e9rifier son effet. Avec une certaine jubilation elle s\u2019offre un moment d\u2019exhibition, comme on danserait devant son miroir, comme si elle ne se pr\u00e9occupait du public que ponctuellement.<\/p>\n\n\n\n<p>En ombre chinoise elle se regarde grandir, \u00e9voluer, se rapetisser\u2026 Le travail sur sa propre corporalit\u00e9 se devine, elle est comme froiss\u00e9e, tous les muscles tendus pour ramener les membres au petit. Chercher ainsi \u00e0 n\u2019occuper qu\u2019une toute petite fraction de l\u2019espace. Les gestes aussi sont petits, ils avancent avec le son, mais ch\u00e9tifs, tremblants. Comme si le corps \u00e9tait vieux, aussi vieux, quoique que ces univers n\u2019aient rien \u00e0 voir, que celui des s\u0153urs de la&nbsp;<em>Scortecata<\/em>&nbsp;de Emma Dante, dont la pr\u00e9cision du travail de corps marque aussi par sa minutie. Dans ces usages du corps de l\u2019acteur, il y a de l\u2019acrobatique dans la fragilit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Et puis elle grandit, explose. Sa voix aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>La performance, ultra-contemporaine, m\u00eale art num\u00e9rique, peinture, chor\u00e9graphie, et comporte pour seul texte des chants aux paroles r\u00e9p\u00e9titives.<\/p>\n\n\n\n<p>Autant dans les mus\u00e9es que dans les salles de spectacle, la transm\u00e9dialit\u00e9 semble constituer une formidable possibilit\u00e9 de proposer une exp\u00e9rience englobante qui rappelle un certain fantasme&nbsp;\u00ab&nbsp;d\u2019art total&nbsp;\u00bb. Des artistes comme Massimo Furlan, proposant des repr\u00e9sentations\/installations tels que&nbsp;<em>Apr\u00e8s la fin, les congr\u00e8s<\/em>&nbsp;\u2013 lieu de r\u00e9cits puis de silences sc\u00e9nographi\u00e9s \u2013 et des installations\/performances comme&nbsp;<em>Fortuna<\/em>&nbsp;\u2013 o\u00f9 le spectateur d\u00e9ambule entre les com\u00e9diens \u2013 font usage, eux aussi de la jonction de plusieurs paradigmes de repr\u00e9sentation.<\/p>\n\n\n\n<p>La richesse qui d\u00e9coule de cette recherche artistique \u00e9largie, qui se propose de casser les petites cases des fili\u00e8res d\u2019acad\u00e9mie, est un r\u00e9gal pour le spectateur amateur d\u2019art contemporain (et donc de th\u00e9\u00e2tre contemporain, si nous gommons ici la distinction). Ce dernier aura le bonheur d\u2019entrevoir de nombreuses inspirations dans le visuel et la partition sonore de&nbsp;<em>All can be softer<\/em>. La voix rappelle par moment celle de Bj\u00f6rk, dont la bizarrerie fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019univers de l\u2019artiste, ou peut-\u00eatre quelque chose de Wanda Jackson, m\u00eal\u00e9e \u00e0 Patty Waters\u2026 Projet\u00e9, un fond dessin\u00e9 en quelques traits d\u2019apparence enfantins, sur lequel ces mots sont inscrits \u00ab&nbsp;<em>Will you buy me a castel&nbsp;? \/ How big&nbsp;?&nbsp;<\/em>\u00bb, renvoie aux travaux de Basquiat, une animation donne \u00e0 voir la coupe d\u2019un \u0153il comme dans&nbsp;<em>Un chien andalou<\/em>&nbsp;de Luis Bu\u00f1uel\u2026 Sans doute un \u0153il averti saura encore voir bien plus de r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette pi\u00e8ce-performance qui peut avoir des allures autot\u00e9lique est le lieu d\u2019une recherche ancr\u00e9e dans la culture visuelle contemporaine et d\u2019un plaisir du faire. Plaisir qui, dans l\u2019id\u00e9al, d\u00e9teint et atteint le public, si celui-ci se pr\u00eate au jeu.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 octobre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\"><span style=\"font-size: 1rem\">Par <\/span><a style=\"font-size: 1rem\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/oceane-forster\/\">Oc\u00e9ane Forster<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/saintgervais.ch\/spectacle\/all-can-be-softer\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Ren\u00e9e Van Trier \/ Th\u00e9\u00e2tre Saint-Gervais \/ du 06 au 07 octobre 2018 \/ Critique par Oc\u00e9ane Forster.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":12884,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,8,38],"tags":[208],"class_list":["post-12876","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-maison-saint-gervais","category-spectacle","tag-oceane-forster"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12876","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12876"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12876\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20646,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12876\/revisions\/20646"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12884"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12876"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12876"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12876"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}