{"id":12848,"date":"2018-10-15T11:28:46","date_gmt":"2018-10-15T09:28:46","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12848"},"modified":"2025-02-09T17:33:05","modified_gmt":"2025-02-09T16:33:05","slug":"mais-qui-sont-ces-gens","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/10\/mais-qui-sont-ces-gens\/","title":{"rendered":"Mais qui sont ces gens ?"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Mais qui sont ces gens ?<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Marion Pulver \/ Mise en sc\u00e8ne de Julien George \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ du 5 au 21 octobre 2018 \/ Critique par Oc\u00e9ane Forster. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 octobre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/oceane-forster\/\">Oc\u00e9ane Forster<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">A quitt\u00e9 le groupe&#8230;<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"553\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-1024x553.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12846\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-1024x553.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-250x135.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-300x162.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-768x415.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG-624x337.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/10\/page_spectacleMQSCG.jpg 1920w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Carole Parodi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans l\u2019esprit du vaudeville,&nbsp;<\/em>Mais qui sont ces gens&nbsp;?&nbsp;<em>est une pi\u00e8ce command\u00e9e \u00e0 Manon Pulver par le metteur en sc\u00e8ne Julien George pour cinq com\u00e9diens de L\u2019Autre Cie. Cinq amis qui se connaissent depuis toujours y renouvellent leur tradition : se retrouver une ann\u00e9e sur deux au nouvel an pour balayer ensemble l\u2019ann\u00e9e \u00e9coul\u00e9e. Mais cette fois-ci, sous l\u2019\u0153il unique et poussi\u00e9reux du vieux t\u00e9l\u00e9phone \u00e0 cadran, les nouvelles technologies vont semer le trouble parmi les coupes de champagne.<\/em>&nbsp;<em>Dans la lumi\u00e8re blafarde des \u00e9crans de t\u00e9l\u00e9phones portables, les d\u00e9fauts semblent s\u2019enlaidir \u00e0 tel point qu\u2019une mise \u00e0 jour s\u2019impose \u00e0 leur amiti\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne de Julien George s\u2019inscrit dans la tradition d\u2019un th\u00e9\u00e2tre au premier degr\u00e9, qui ne se r\u00e9fl\u00e9chit pas en tant que tel, o\u00f9 le d\u00e9cor a une fonction purement r\u00e9aliste, posant clairement le cadre du jeu. Les acteurs sont la plupart du temps en copr\u00e9sence sur le plateau. Leurs caract\u00e8res sont lin\u00e9aires, explicit\u00e9s par un jeu qui converge avec le texte. L\u2019h\u00e9ritier cynique, la joviale amie de toujours, le coiffeur d\u00e9tach\u00e9, le com\u00e9dien n\u00e9vros\u00e9, la th\u00e9rapeute v\u00e9gane, enferm\u00e9s dans un bouillon de non-dits et de comptes \u00e0 r\u00e9gler&nbsp;: la recette est connue, reste \u00e0 savoir si elle peut encore fonctionner.<\/p>\n\n\n\n<p>La sc\u00e9nographie pose le d\u00e9cor d\u2019un salon dans une maison confortable, isol\u00e9e dans la campagne. Au fur et \u00e0 mesure qu\u2019ils arrivent, les personnages se pr\u00e9sentent au public dans un apart\u00e9 marqu\u00e9 d\u2019une douche de lumi\u00e8re, dispositif explicitement artificiel qui sera le seul de la repr\u00e9sentation \u00e0 briser l\u2019illusion du quatri\u00e8me mur. La probl\u00e9matique que le dramaturge et le metteur en sc\u00e8ne souhaitent explorer est claire : les t\u00e9l\u00e9phones portables sont les nouveaux garants de l\u2019intimit\u00e9, qui, parfois honteuse, ne se partage pas avec les amis, m\u00eame proches. La libert\u00e9 et la discr\u00e9tion qu\u2019ils permettent font de chacun un dissimulateur, et donc un suspect potentiel. D\u00e8s lors, que se passe-t-il quand, dans la louable intention de r\u00e9tablir le contact non-num\u00e9rique entre amis, cette intimit\u00e9 se retrouve sur la sellette&nbsp;? Si nous connaissions tout de nos proches, les aimerions-nous quand m\u00eame&nbsp;? La transparence franche est-elle un facteur d\u2019amiti\u00e9 ou faut-il privil\u00e9gier une biens\u00e9ance qui garantit l\u2019harmonie, au p\u00e9ril de l\u2019hypocrisie&nbsp;voire du mensonge&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Le choix du style d\u2019\u00e9criture et du type de repr\u00e9sentation s\u2019\u00e9claire en lisant le constat que fait Manon Pulver : \u00ab&nbsp;Dans la tradition du th\u00e9\u00e2tre de boulevard, les amants se cachent dans les placards. Aujourd\u2019hui force est de constater que c\u2019est d\u00e9sormais \u00e0 nos portables qu\u2019il revient d\u2019h\u00e9berger nos secrets.&nbsp;\u00bb Pourtant m\u00eame si l\u2019id\u00e9e de faire des t\u00e9l\u00e9phones portables l\u2019\u00e9quivalent contemporain des placards d\u2019antan \u2013 omnipr\u00e9sents dans les vaudevilles \u2013 semble novatrice, il flotte comme un sentiment de d\u00e9j\u00e0-vu.<\/p>\n\n\n\n<p>Quelque part entre&nbsp;<em>le D\u00eener de Con<\/em>&nbsp;(par ailleurs explicitement cit\u00e9 dans la pi\u00e8ce) et&nbsp;<em>Le Pr\u00e9nom&nbsp;<\/em>(dont le succ\u00e8s sur la toile est encore incandescent), ce huis-clos ne donne pas vraiment dans l\u2019in\u00e9dit. On y retrouve le sch\u00e9ma d\u2019une joyeuse r\u00e9union qui vire \u00e0 la dispute \u00e0 cause de la d\u00e9couverte d\u2019une relation amoureuse controvers\u00e9e. De plus, la mise en jeu qui, comme dans ce type de cin\u00e9ma fran\u00e7ais, donne \u00e0 voir des d\u00e9placements et une \u00e9nonciation qui se veulent naturelles, ne d\u00e9marque pas fondamentalement ce spectacle d\u2019un autre.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est plut\u00f4t en tant qu\u2019elle cherche \u00e0 faire passer un moment plaisant et distrayant que cette cr\u00e9ation d\u00e9ploie le mieux ses qualit\u00e9s. Ce spectacle, par des textes dr\u00f4les \u00e0 la fois dans l\u2019\u00e9vocation du quotidien technologique que nous vivons (Whatsapp, Wifi, et autre vocabulaire contemporain) et dans la cr\u00e9ation de types comiques, fait rire de bon c\u0153ur. Mais ce qui fonctionne, amuse, et enthousiasme dans le th\u00e9\u00e2tre de boulevard, c\u2019est aussi et surtout le jeu des com\u00e9diens. Ici, ils sont cinq sur sc\u00e8ne, Laurent Deshusses, Etienne Fague, Camille Figuereo, Mariama Sylla et Julien Tsongas. Leur connivence manifeste, que revendique la compagnie L\u2019Autre Cie, vient certainement du fait que, selon leur propre formule, elle \u00ab cultive un certain esprit de troupe et entretient un compagnonnage fort et durable avec plusieurs artistes et collaborateurs \u00e0 travers ses diff\u00e9rents projets \u00bb. Ils ont leur personnage dans la carne. Devant le public, ils se livrent \u00e0 un virtuose match de ping pong verbal. Les r\u00e9pliques s\u2019encha\u00eenent avec la fluidit\u00e9 et le d\u00e9sordre d\u2019une conversation quotidienne entre amis, et garantissent l\u2019\u00e9nergie et la tension de la repr\u00e9sentation. Le rythme endiabl\u00e9 et le r\u00e9pondant d\u2019une troupe qui se conna\u00eet bien et a plaisir \u00e0 jouer ensemble&nbsp;: tout cela a de quoi rendre quiconque all\u00e8gre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 octobre 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/oceane-forster\/\">Oc\u00e9ane Forster<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreduloup.ch\/portfolio-item\/mais-qui-sont-ces-gens\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Marion Pulver \/ Mise en sc\u00e8ne de Julien George \/ Th\u00e9\u00e2tre du Loup \/ du 5 au 21 octobre 2018 \/ Critique par Oc\u00e9ane Forster.<\/p>\n","protected":false},"author":1001835,"featured_media":12849,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,6],"tags":[208],"class_list":["post-12848","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-loup","tag-oceane-forster"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12848","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001835"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12848"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12848\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20651,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12848\/revisions\/20651"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12849"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12848"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12848"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12848"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}