{"id":1279,"date":"2013-11-29T16:36:25","date_gmt":"2013-11-29T15:36:25","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=1279"},"modified":"2025-02-10T14:00:43","modified_gmt":"2025-02-10T13:00:43","slug":"double","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2013\/11\/double\/","title":{"rendered":"La Double Mort de l&rsquo;Horloger"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La Double Mort de l&rsquo;Horloger<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">d&rsquo;apr\u00e8s \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th \/ mise en sc\u00e8ne Andr\u00e9 Engel \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carrouge \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 26 novembre au 7 d\u00e9cembre 2013 \/ Critique par Cecilia Galindo. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 novembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L&rsquo;horloger meurt (toujours) deux fois<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"926\" height=\"619\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/11\/Sans-titre.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-21787\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/11\/Sans-titre.jpg 926w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/11\/Sans-titre-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/11\/Sans-titre-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2013\/11\/Sans-titre-768x513.jpg 768w\" sizes=\"auto, (max-width: 926px) 100vw, 926px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Marc Vanappelghem<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><strong><em>Deux pi\u00e8ces, deux meurtres et deux suicides&nbsp;: dans ce diptyque macabre propos\u00e9 par le metteur en sc\u00e8ne fran\u00e7ais Andr\u00e9 Engel et repr\u00e9sent\u00e9 jusqu\u2019au 7 d\u00e9cembre au Th\u00e9\u00e2tre de Carouge, les spectateurs sont les t\u00e9moins silencieux de grands et petits crimes. Une impression de d\u00e9j\u00e0 vu&nbsp;? Rien d\u2019alarmant, ce spectacle est une invitation \u00e0 voir double.<\/em><\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Dans une musique inqui\u00e9tante \u00e0 la tonalit\u00e9 sombre d\u2019un vieux polar, le public s\u2019appr\u00eate \u00e0 d\u00e9couvrir l\u2019histoire d\u2019un meurtre, racont\u00e9e deux fois, dans deux versions qui s\u2019\u00e9loignent et se rejoignent \u00e0 la fois. Au premier coup d\u2019\u0153il, le d\u00e9cor est ambigu&nbsp;: on ne sait si ces fa\u00e7ades grises sont int\u00e9rieures ou ext\u00e9rieures. Le mobilier indique pourtant, si l\u2019on y regarde de plus pr\u00e8s, que nous ne sommes pas encore dans la rue des Maures mais dans le salon d\u2019une maison familiale. Les pi\u00e8ces du d\u00e9cor se d\u00e9font ensuite, tournent, roulent sur la sc\u00e8ne et sont imbriqu\u00e9es diff\u00e9remment les unes dans les autres&nbsp;: le lieu change sous nos yeux. Des images des entrailles d\u2019une horloge sont projet\u00e9es sur les parois mouvantes. Bient\u00f4t, quelqu\u2019un va mourir. Tic-tac. Tic-tac.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Deux meurtres pour le prix d\u2019un<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p><em>Meurtre dans la rue des Maures<\/em> (1923) et <em>L\u2019Inconnue de la Seine<\/em> (1933) sont deux pi\u00e8ces du dramaturge austro-hongrois \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th qu\u2019Andr\u00e9 Engel, pour cette troisi\u00e8me rencontre avec l\u2019auteur (il avait d\u00e9j\u00e0 mont\u00e9 <em>L\u00e9gendes de la for\u00eat viennoise<\/em> en 1992 \u00e0 Bobigny et <em>Le Jugement Dernier<\/em> de 2003-2004 \u00e0 l\u2019Od\u00e9on-Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Europe) a choisi de pr\u00e9senter conjointement afin de mettre en relief leurs \u00e9chos et points communs. Dans la premi\u00e8re, un homme bascule dans la folie apr\u00e8s avoir assassin\u00e9 sans pr\u00e9m\u00e9ditation un horloger auquel il a d\u00e9rob\u00e9 la marchandise pr\u00e9cieuse. La police, alert\u00e9e par les prostitu\u00e9es du quartier, se lance assez rapidement \u00e0 la poursuite du meurtrier, et celui-ci pr\u00e9f\u00e9rera se faire justice lui-m\u00eame en se pendant dans sa maison natale, cercle familial o\u00f9 il n\u2019a plus sa place. Dans la seconde pi\u00e8ce, un homme dont l\u2019espoir d\u2019un futur confortable vient de voler en \u00e9clats s\u2019associe \u00e0 deux truands afin de cambrioler durant la nuit un magasin d\u2019horlogerie. Mais le larcin m\u00e8ne au meurtre lorsque l\u2019horloger surprend les voleurs. Heureusement, une inconnue au sourire myst\u00e9rieux, unique t\u00e9moin du crime, prot\u00e9gera le coupable en lui offrant un alibi.<\/p>\n\n\n\n<p>Le principal lien entre ces deux textes, on l\u2019aura devin\u00e9, est le pauvre horloger, dont la mort violente est \u00e0 deux reprises le pivot central autour duquel gravitent les actions des diff\u00e9rents personnages. Le metteur en sc\u00e8ne prend d\u2019ailleurs soin de mettre en avant ce personnage fant\u00f4me qui n\u2019est qu\u2019un passant dans le texte original. Figure malicieuse, remarquablement interpr\u00e9t\u00e9e par Yann Collette, l\u2019horloger Simon Kohn fait plus d\u2019une apparition, hantant l\u2019immeuble et les rues, dans la premi\u00e8re comme dans la deuxi\u00e8me pi\u00e8ce. Dans <em>L\u2019Inconnue de la Seine<\/em>, Engel situe les personnages dans le Paris des ann\u00e9es 30 de mani\u00e8re explicite (alors que les didascalies indiquent que la pi\u00e8ce se passe dans une grande ville travers\u00e9e par un fleuve, pas n\u00e9cessairement \u00e0 Paris) et donne un nom \u00e0 celui qu\u2019 \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th appelait g\u00e9n\u00e9riquement l\u2019Horloger&nbsp;: c\u2019est le m\u00eame nom que l\u2019horloger de la rue des Maures, mais transpos\u00e9 \u00e0 la fran\u00e7aise. Ainsi, Kohn devient Cohen dans cette atmosph\u00e8re parisienne. Le nom est prononc\u00e9 par Th\u00e9odore, un autre personnage interpr\u00e9t\u00e9 par Yann Collette, dont le b\u00e9ret, le v\u00e9lo et l\u2019attitude guillerette rappellent vivement le Bourvil de <em>La Travers\u00e9e de Paris<\/em>. L\u2019horloger n\u2019est pas uniquement un horloger. Il a une identit\u00e9 propre, un nom, une pr\u00e9sence.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>L\u2019Histoire en marche<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Andr\u00e9 Engel souligne en outre l\u2019\u00e9volution historique qui se dessine en filigrane entre les deux pi\u00e8ces. \u00ab&nbsp;Bien qu\u2019il ne soit pas dans notre intention de monter une pi\u00e8ce historique, cette dimension existe bien \u00bb, explique le metteur en sc\u00e8ne. Durant les dix ans qui s\u00e9parent l\u2019\u00e9criture des deux pi\u00e8ces, le nazisme est mont\u00e9 en puissance&nbsp;; Hitler acc\u00e8de au pouvoir en 1933&nbsp;: Engel \u00e9voque cette ascension effrayante \u00e0 travers un interm\u00e8de radiophonique qui m\u00eale chanson et discours politiques de l\u2019\u00e9poque. La voix du F\u00fchrer, gr\u00e9sillante, se fait entendre juste avant le d\u00e9but de la seconde pi\u00e8ce. Nous sommes en 1933, et s\u2019appeler Cohen rend la vie moins facile.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La Double Mort de l\u2019horloger<\/em>, en r\u00e9unissant deux textes d\u2019\u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, d\u00e9nonce \u00e0 travers le sort d\u2019un homme, tu\u00e9 deux fois sans raison, le caract\u00e8re r\u00e9p\u00e9titif des l\u00e2chet\u00e9s de l\u2019humain. Les com\u00e9diens sont convaincants dans leurs r\u00f4les multiples, la sc\u00e9nographie mobile est intelligente par son aspect double et les deux histoires, malgr\u00e9 quelques longueurs, parviennent \u00e0 captiver l\u2019oreille et le regard. Qui n\u2019a jamais \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9 par le r\u00e9cit d\u2019un fait divers ?<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>26 novembre 2013<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a title=\"Cecilia Galindo\" href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/cecilia-galindo\/\">Cecilia Galindo<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>d&rsquo;apr\u00e8s \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th \/ mise en sc\u00e8ne Andr\u00e9 Engel \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carrouge \u00e0 Gen\u00e8ve \/ du 26 novembre au 7 d\u00e9cembre 2013 \/ Critique par Cecilia Galindo.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":21787,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[37],"class_list":["post-1279","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-cecilia-galindo"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1279","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=1279"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1279\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21788,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/1279\/revisions\/21788"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/21787"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=1279"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=1279"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=1279"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}