{"id":12637,"date":"2018-04-28T18:59:57","date_gmt":"2018-04-28T16:59:57","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12637"},"modified":"2025-02-09T17:38:20","modified_gmt":"2025-02-09T16:38:20","slug":"big-crunch","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/04\/big-crunch\/","title":{"rendered":"Big Crunch"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Big Crunch<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Renaud Delay &amp; Daniel Vuataz \/ Mise en sc\u00e8ne de Fr\u00e9d\u00e9ric Ozier \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 20 au 29 avril 2018 \/ Critique par Lucien Zuchuat. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucien-zuchuat\/\"> Lucien Zuchuat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Des \u00e9toiles de passage<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"1000\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12632\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1.jpeg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1-170x170.jpeg 170w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1-200x200.jpeg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1-768x768.jpeg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/1000x-1-624x624.jpeg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@ Cie Silence in the studio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Pour sa deuxi\u00e8me cr\u00e9ation la Cie&nbsp;<\/em>Silence in the Studio&nbsp;<em>propose&nbsp;<\/em>Big Crunch<em>, une com\u00e9die musicale douce-am\u00e8re qui, de rire en larmes, se moque tendrement des travers et des anxi\u00e9t\u00e9s d\u2019une g\u00e9n\u00e9ration peut-\u00eatre pas plus perdue qu\u2019une autre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le&nbsp;<em>Big crunch<\/em>, en cosmologie, est une des fins possibles de notre Univers, pr\u00e9voyant le ramassement et le broiement final de toute mati\u00e8re sous l\u2019effet de la gravitation. Son exact oppos\u00e9 th\u00e9orique, le&nbsp;<em>Big Freeze<\/em>, pr\u00e9dit que la force d\u2019expansion l\u2019emportera sur la force gravitationnelle et que l\u2019Univers s\u2019\u00e9tendra \u00e0 l\u2019infini avant de mourir dans un froid sid\u00e9ral.<br>Une force qui rapproche, donc, et qui consume&nbsp;; une autre qui \u00e9loigne et qui fige.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sous ce patronage cosmique que la compagnie vaudoise&nbsp;<em>Silence in the Studio<\/em>&nbsp;inscrit sa nouvelle cr\u00e9ation, une com\u00e9die musicale de poche sur le mode enlev\u00e9 et elliptique du&nbsp;<em>showcase,&nbsp;<\/em>ce condens\u00e9 cr\u00e9atif servant de maquette aux artistes. On y suit les destins crois\u00e9s&nbsp;de quatre amis&nbsp;: un geek stellaire, une midinette se r\u00eavant en Marion Cotillard, un baroudeur plus minable que boh\u00e8me et une obs\u00e9d\u00e9e du contr\u00f4le rong\u00e9e par le surmoi parental. On a vingt ans et la t\u00eate pleine de r\u00eaves. On se jure de se revoir, bien s\u00fbr, de garder contact. Mais c\u2019est sans compter sur la distance et le temps, dieux Moloch insensibles qui avalent toutes les promesses, celles cri\u00e9es \u00e0 la vol\u00e9e dans le volcan d\u2019un bar comme celles que l\u2019on se murmure \u00e0 soi seul dans le silence d\u2019une nuit.<\/p>\n\n\n\n<p>On imagine sans peine&nbsp;: les forces immenses qui affectent les astres accablent aussi les hommes. Eloignement, d\u00e9ception, fuites et fourvoiements, rapprochement&nbsp;enfin : car le destin des quatre personnages est li\u00e9. Ils se retrouveront dix ans plus tard, mais les choses auront \u00e9videmment bien chang\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme un folioscope g\u00e9ant,&nbsp;<em>Big Crunch&nbsp;<\/em>se raconte d\u2019abord par la succession haletante d\u2019images. L\u2019ellipse r\u00e8gne en ma\u00eetre&nbsp;dans ce chass\u00e9-crois\u00e9 de sc\u00e8nes variant \u00e0 l\u2019envi les modes narratifs : deux pans de biblioth\u00e8que et un&nbsp;<em>stender<\/em>&nbsp;figurent tant\u00f4t un bar, tant\u00f4t un bureau, puis une chambre, un Starbuck\u2019s,\u2026 Le th\u00e9\u00e2tre (re)devient ce lieu fantastique o\u00f9 un rien peut figurer tous les lieux. Dans ce bal stroboscopique r\u00e9gl\u00e9 \u00e0 la seconde, les com\u00e9diens, a\u00e9riens, survolt\u00e9s, sautent d\u2019un bout \u00e0 l\u2019autre de la sc\u00e8ne, encha\u00eenant sans peine les registres : comique et enjou\u00e9 dans l\u2019encha\u00eenement piquant des premi\u00e8res r\u00e9pliques, le jeu se fait plus grave et int\u00e9rieur \u00e0 mesure que le spectacle avance, s\u2019assombrit et qu\u2019il faut reprendre, en contrepoint, un th\u00e8me mineur d\u00e9chirant. Car oui, tout cela se passe en chansons et la musique de Renaud Delay structure le r\u00e9cit de basses jazz sautillantes ou d\u2019arp\u00e8ges suaves \u00e0 la Disney.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est que les r\u00e9f\u00e9rences \u00e0 la&nbsp;<em>pop culture<\/em>&nbsp;sont omnipr\u00e9sentes&nbsp;: anglicismes plus ou moins heureux (\u00ab&nbsp;Je t\u2019ai&nbsp;<em>search\u00e9&nbsp;<\/em>sur Google&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;D\u2019acc\u2019,&nbsp;<em>big up<\/em>, les gens se&nbsp;<em>smackent<\/em>&nbsp;\u00bb), renvois \u00e0&nbsp;<em>Facebook, Tinder<\/em>, Cotillard, Trump, mais aussi \u00e0 des r\u00e9alit\u00e9s quotidiennes plus sombres, plus complexes comme la d\u00e9pression, l\u2019avortement, le ch\u00f4mage.&nbsp;<em>Big crunch&nbsp;<\/em>est un miroir bris\u00e9 que l\u2019on tend en creux \u00e0 une g\u00e9n\u00e9ration. Car sous le&nbsp;<em>show<\/em>, sous l\u2019humour p\u00e9tillant qui annihile le kitsch affleurant par moment (\u00ab&nbsp;Qui r\u00e9alisera ses r\u00eaves&nbsp;? Qui a bu mon gin to\u2019&nbsp;?&nbsp;\u00bb), le texte de Daniel Vuataz interroge nos doutes existentiels, les anxi\u00e9t\u00e9s qui nous assaillent aux tournants de nos vies&nbsp;: quid de nos amours quand nos parents, au m\u00eame \u00e2ge, \u00e9tait d\u00e9j\u00e0 mari\u00e9s&nbsp;? a-t-on le droit de ne pas aimer le sexe&nbsp;? et comment l\u2019expliquer&nbsp;? que valent nos r\u00eaves, nos ambitions, si le corps nous trahit&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>En r\u00e9alit\u00e9, la force gravitationnelle qui nous semble si famili\u00e8re reste un myst\u00e8re physique&nbsp;: en vain, les scientifiques ont cherch\u00e9 une particule, le graviton, qui puisse prouver son existence mat\u00e9rielle au niveau atomique. D\u2019o\u00f9 vient cette force qui rapproche les \u00eatres&nbsp;? La structure profonde des lois qui r\u00e9gissent l\u2019harmonie de notre cosmos nous est simplement inconnue. Et l\u00e0 o\u00f9 est le myst\u00e8re na\u00eet la po\u00e9sie.<\/p>\n\n\n\n<p>Un soir, les quatre amis se retrouvent&nbsp;chez Lise : Marc, frustr\u00e9 de ne pouvoir reconqu\u00e9rir Nao, est parti trop t\u00f4t. Lise l\u2019a suivi dans la cage d\u2019escaliers pr\u00e9textant l\u2019achat de cigarettes. Pour oublier l\u2019\u00e9chec de la soir\u00e9e, Will, l\u2019astrophysicien, se d\u00e9cide \u00e0 parler de son projet de recherche \u00e0 Nao et son nouvel ami&nbsp;: la salle se recouvre d\u2019\u00e9toiles, d\u2019un tourbillon de galaxies et de tra\u00een\u00e9es gazeuses. Un vertige me saisit&nbsp;: \u00ab&nbsp;Dans l\u2019absurdit\u00e9 absolue d\u2019une existence finie, la taille compte peu \u00bb, me dis-je. \u00ab&nbsp;L\u2019Univers lui aussi mourra. Pourquoi nos petits drames compteraient-ils moins qu\u2019un crash d\u2019ast\u00e9ro\u00efdes&nbsp;?&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucien-zuchuat\/\"> Lucien Zuchuat<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacle\/203\/big-crunch\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Renaud Delay &amp; Daniel Vuataz \/ Mise en sc\u00e8ne de Fr\u00e9d\u00e9ric Ozier \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 20 au 29 avril 2018 \/ Critique par Lucien Zuchuat.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12641,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[197],"class_list":["post-12637","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-lucien-zuchuat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12637","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12637"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12637\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20681,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12637\/revisions\/20681"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12641"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12637"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12637"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12637"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}