{"id":12621,"date":"2018-04-24T19:06:38","date_gmt":"2018-04-24T17:06:38","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12621"},"modified":"2025-02-09T17:38:46","modified_gmt":"2025-02-09T16:38:46","slug":"nous-les-heros","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/04\/nous-les-heros\/","title":{"rendered":"Nous, les h\u00e9ros"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Nous, les h\u00e9ros<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Jean-Luc Lagarce \/\u00a0Mise en sc\u00e8ne de Robert Sandoz \/ TPR (La Chaux-de-Fonds) \/ du 18 au 20 avril 2018 \/ Critiques par Louis Vodoz et Roberta Alberico. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/louis-vodoz\/\">Louis Vodoz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 la d\u00e9rive<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"600\" height=\"450\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/3.NouslesH\u00e9ros\u00a9GuillaumePerret-600x450.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12618\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/3.NouslesH\u00e9ros\u00a9GuillaumePerret-600x450.jpg 600w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/3.NouslesH\u00e9ros\u00a9GuillaumePerret-600x450-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/3.NouslesH\u00e9ros\u00a9GuillaumePerret-600x450-267x200.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 600px) 100vw, 600px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@ Guillaume Perret<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00c0 partir de la pi\u00e8ce&nbsp;<\/em>Nous, les h\u00e9ros<em>&nbsp;de Jean-Luc Lagarce, Robert Sandoz construit un univers aux accents burlesques&nbsp;; un humour clownesque, quelques acrobaties et des farandoles musicales rappellent l\u2019imaginaire forain<\/em>.<em>&nbsp;Dans une ville dont on ne dit pas le nom, au bord d\u2019un pr\u00e9cipice qu\u2019on ne nomme pas, on suit une troupe de th\u00e9\u00e2tre itin\u00e9rante \u00e0 la sortie d\u2019une repr\u00e9sentation, pendant un repas de fian\u00e7ailles. Le spectacle oscille entre un ton bouffon, auquel il ne s\u2019abandonne jamais compl\u00e8tement<\/em>,<em>&nbsp;et des teintes plus tragiques.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est pas pour les provinciaux, les rustres&nbsp;!&nbsp;\u00bb Dans sa robe blanche de dentelle, l\u2019une des membres de la troupe, se f\u00e2che, p\u00e9rore. Des pauvres au th\u00e9\u00e2tre, non mais&nbsp;! Pire encore&nbsp;: des pauvres qui font du th\u00e9\u00e2tre, quelle horreur&nbsp;! La sc\u00e8ne, c\u2019est un monde \u00e0 part, pour les \u00e2mes sup\u00e9rieures, plus \u00e9lev\u00e9es, celles qui comprennent. Un autre personnage d\u00e9tonne, par sa tenue, plus d\u00e9couverte, plus pauvre&nbsp;; par son masque de singe, par sa gestuelle ample et saccad\u00e9e&nbsp;; par sa diction vive et puissante&nbsp;; par ses bonds et cabrioles, par ses coups dans l\u2019air et sur le parterre. Ce personnage, pr\u00e9sent\u00e9 comme un avatar de la figure du bouffon du roi, tente d\u2019amener \u00e0 ses coll\u00e8gues une corporalit\u00e9 dansante et bruyante. Leurs mani\u00e8res de jouer, leurs costumes r\u00e9v\u00e8lent deux conceptions du th\u00e9\u00e2tre antagonistes&nbsp;: le tragique qui vise \u00e0 faire surgir le Beau&nbsp;pour une \u00e9lite restreinte ; le comique carnavalesque qui cherche \u00e0 renverser l\u2019ordre \u00e9tabli par le rire et le bruit, accessible \u00e0 tous. Ils s\u2019\u00e9nervent&nbsp;; chacun essaie d\u2019imposer sa fa\u00e7on de jouer \u00e0 la troupe. La mise en sc\u00e8ne de Robert Sandoz s\u2019\u00e9chafaude sur la tension entre ces deux registres, entre la d\u00e9rision de la condition humaine et son exaltation, entre un esprit de r\u00e9signation et de r\u00e9volution. Le choix des costumes marque une autre ambivalence&nbsp;: certains se r\u00e9f\u00e8rent aux ann\u00e9es 1930, alors que d\u2019autres renvoient distinctement aux ann\u00e9es 1970. Que Robert Sandoz a-t-il voulu exprimer avec ces temporalit\u00e9s discordantes&nbsp;? Que l\u2019histoire se r\u00e9p\u00e8te&nbsp;? S\u2019agit-il de clins d\u2019\u0153il \u00e0 ses sources d\u2019inspiration ? Un questionnement sur la mani\u00e8re de trouver sa place \u2013 &nbsp;son style \u2013 &nbsp;dans l\u2019instabilit\u00e9 g\u00e9n\u00e9ralis\u00e9e&nbsp;? Difficile de trancher&nbsp;: un peu d\u00e9sorient\u00e9, le spectateur vogue entre ces r\u00e9f\u00e9rences.<\/p>\n\n\n\n<p>Remplie jusqu\u2019\u00e0 ras-bord de dissensions internes, l\u2019assembl\u00e9e de com\u00e9diens est au bord du pr\u00e9cipice&nbsp;: l\u2019homme qui la dirigeait est d\u00e9c\u00e9d\u00e9&nbsp;; Raban, son fils, doit lui succ\u00e9der. Il doit aussi \u00e9pouser Jos\u00e9phine, alors qu\u2019il est rong\u00e9 par son d\u00e9sir pour une autre des actrices du groupe. Par-del\u00e0 la troupe, le gouffre est plus profond, c\u2019est celui d\u2019un monde, un monde qui chanc\u00e8le dans les abimes d\u2019un mal&nbsp;: la guerre vient d\u2019\u00e9clater. Comment faire du th\u00e9\u00e2tre lorsque par la fen\u00eatre on ne voit que du noir ? Comment se marier ou plus simplement tendre vers un projet commun lorsque l\u2019on ne sait pas de quelle couleur sera le r\u00e9veil&nbsp;? Comment tenir debout quand tout s\u2019en va&nbsp;? Est-ce qu\u2019il faut partir ou rester&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 l\u2019image des lumi\u00e8res qui se tamisent, le comique s\u2019\u00e9teint peu \u00e0 peu, la voix des personnages devient plus grave. Les chansons et les rondes de saltimbanques se meurent, c\u2019est maintenant des chants \u00e0 voix nues, profonds et d\u00e9chirants. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 le point de friction entre le comique et le tragique&nbsp;; chacun \u00e0 leur mani\u00e8re, ils tentent de mettre les personnages \u00e0 nu, de faire tomber leur parures pour les d\u00e9voiler dans leurs faiblesses. Les farces s\u2019effacent et laissent place \u00e0 des r\u00e8glements de compte&nbsp;: il n\u2019y aura pas beaucoup de miel dans la lune. Le groupe implose, s\u2019entred\u00e9chire&nbsp;: on renvoie l\u2019un des auteurs parce qu\u2019il est \u00ab&nbsp;socialiste&nbsp;\u00bb, l\u2019aim\u00e9e de Raban s\u2019en va, lui reprochant dans un sombre t\u00eate-\u00e0-t\u00eate de ne pas avoir assum\u00e9 son amour. Chacun quitte les planches de son c\u00f4t\u00e9, malheureux. Il n\u2019y a plus que trois personnages, qui s\u2019en vont avec le d\u00e9cor empaquet\u00e9 en forme de caravane&nbsp;: c\u2019est leur th\u00e9\u00e2tre, qui devient une roulote. Ils partent en silence, charriant la meule du th\u00e9\u00e2tre et de leur existence \u00e0 bout de bas, comme ces tziganes qui battent la terre esp\u00e9rant que la poussi\u00e8re qu\u2019ils soul\u00e8vent les am\u00e8nera vers des cieux moins orageux.<\/p>\n\n\n\n<p>Comme les univers bouffons et gitans s\u2019entrem\u00ealent, comme la temporalit\u00e9 est ind\u00e9cise, comme le comique et le tragique permutent sans cesse, on peine parfois \u00e0 comprendre o\u00f9 le metteur en sc\u00e8ne veut nous emmener. Toutefois, il a le m\u00e9rite de proposer une palette de mani\u00e8re de jouer diversifi\u00e9e&nbsp;; le texte est mat\u00e9riau pour des exercices de style. Si la question de la condition de possibilit\u00e9 du th\u00e9\u00e2tre a tout son int\u00e9r\u00eat, cette probl\u00e9matique est maintenant dat\u00e9e et largement explor\u00e9e&nbsp;: par quelques choix plus pr\u00e9cis\u00e9ment ancr\u00e9s, on aurait peut-\u00eatre pu sortir de la prison autor\u00e9f\u00e9rentielle.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/louis-vodoz\/\">Louis Vodoz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/roberta-alberico\/\">Roberta Alberico<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le pass\u00e9 d&rsquo;une illusion<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"351\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-1.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12614\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-1.jpeg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-1-250x141.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-1-300x169.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">@ Guillaume Perret<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le TPR relaie ce mois d\u2019avril le succ\u00e8s toujours croissant du th\u00e9\u00e2tre de Lagarce, plus de vingt ans apr\u00e8s sa mort, en proposant une mise en sc\u00e8ne de&nbsp;<\/em>Nous, les h\u00e9ros&nbsp;<em>par Robert Sandoz et la compagnie L\u2019Outil de la ressemblance<\/em>.&nbsp;<em>Dans ce texte empli d\u2019humour et de questionnements existentiels, une troupe de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 la d\u00e9rive cherche \u00e0 construire son univers dans un monde o\u00f9 les autorit\u00e9s et les sch\u00e9mas sociaux traditionnels \u00e9chouent \u00e0 proposer une r\u00e9ponse \u00e0 la question du bonheur.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de Jean-Luc Lagarce&nbsp;met en sc\u00e8ne une troupe de th\u00e9\u00e2tre familiale \u00e0 la d\u00e9rive depuis la mort du \u201cp\u00e8re\u201d. La \u201cm\u00e8re\u201d se voit donc contrainte de diriger la troupe et d\u2019assumer le r\u00f4le du d\u00e9funt avec inconfort.&nbsp;La mort du p\u00e8re, de l\u2019autorit\u00e9, du patriarche \u2013 les lectures all\u00e9goriques peuvent \u00eatre nombreuses \u2013 ouvre une br\u00e8che, une possibilit\u00e9 pour tous les personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u2019occasion pour chacun d\u2019entre eux de se r\u00e9inventer, mais cette re-cr\u00e9ation de soi semble plus difficile qu\u2019il n\u2019y para\u00eet. La m\u00e8re, embarrass\u00e9e par la posture qu\u2019elle doit endosser devient trop autoritaire et \u00e9touffe les autres membres de sa famille :&nbsp;le grand-p\u00e8re, qui a un&nbsp;pass\u00e9 th\u00e9\u00e2tral&nbsp;illustre&nbsp;se voit mis \u00e0 l\u2019\u00e9cart, Jos\u00e9phine (la fille) est forc\u00e9e par sa m\u00e8re de croire en son avenir d\u2019actrice alors qu\u2019elle-m\u00eame finit par comprendre qu\u2019elle n\u2019a pas r\u00e9ellement de talent.<\/p>\n\n\n\n<p>Les personnages de&nbsp;<em>Nous les h\u00e9ros&nbsp;<\/em>semblent irr\u00e9m\u00e9diablement seuls, m\u00eame lorsqu\u2019ils \u00e9changent. Chacun des protagonistes de la troupe est comme pi\u00e9g\u00e9 dans sa propre vision du monde, relativement incompatible avec celle des autres et, d\u2019ailleurs, beaucoup de dialogues paraissent avant tout des fragments de monologues entrecoup\u00e9s. Sans v\u00e9ritable \u00e9change, chacun \u00e9voque sa vision du th\u00e9\u00e2tre ainsi que ses esp\u00e9rances, qui seront syst\u00e9matiquement d\u00e9\u00e7ues. M\u00eame ce qu\u2019ils ont en commun les divise. Ils r\u00eavent tous en effet d\u2019une vie meilleure, projettent un ailleurs qui serait une \u00e9chappatoire \u00e0 leur vie de troupe, et le spectacle le fait particuli\u00e8rement ressentir dans une sc\u00e8ne o\u00f9, les yeux braqu\u00e9s sur le public, chaque personnage \u00e9voque la ville o\u00f9 il r\u00eaverait de s\u2019installer&nbsp;: le fils sent qu\u2019il r\u00e9ussira \u00e0 Berlin, l\u2019auteur sait qu\u2019il ne sera compris qu\u2019\u00e0 Varsovie, l\u2019actrice r\u00eave de s\u2019installer \u00e0 Lepizig, la m\u00e8re voudrait voir sa troupe tourner ailleurs que dans une ville de province\u2026 L\u2019ancienne actrice c\u00e9l\u00e8bre et son mari jouent avec ces amateurs dans l\u2019attente d\u2019une meilleure opportunit\u00e9, l\u2019auteur socialiste attend lui aussi une autre occasion de briller, le fils r\u00eave de rejoindre une troupe contemporaine&nbsp;; tous sont de passage mais se retrouvent finalement enclav\u00e9s dans le pr\u00e9sent par la puissance de leur nostalgie.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce tourne donc autour de l\u2019id\u00e9e d\u2019une sortie impossible de la stagnation dans laquelle sont les protagonistes. Mariage, festivit\u00e9s, banquet, costumes outrageants, normes de politesse exag\u00e9r\u00e9es&nbsp;: cette stase prend la forme du confort bourgeois. Une situation qui a son tragique&nbsp;: le jeune fianc\u00e9 est d\u00e9truit parce qu\u2019il n\u2019a pas le courage de vivre sa passion pour sa ma\u00eetresse, avoue \u00e0 la jeune fianc\u00e9e qu\u2019il ne l\u2019aimera sans doute jamais, cette derni\u00e8re concluant l\u2019\u00e9change en statuant qu\u2019il devra donc essayer de ne pas la rendre trop malheureuse, puisqu\u2019ils seront in\u00e9vitablement malheureux. L\u2019absence de choix et la soumission au consensus participent de l\u2019enlisement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019all\u00e9gorie soci\u00e9tale co\u00efncide avec un propos sur le th\u00e9\u00e2tre lui-m\u00eame, propos que la mise en sc\u00e8ne retranscrit dans une sc\u00e8ne en construction permanente. Lumi\u00e8res, d\u00e9cors et accessoires sont constamment manipul\u00e9s par les acteurs qui semblent chercher d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment \u00e0 organiser l\u2019espace de leur existence. La pi\u00e8ce s\u2019ouvre sur une sortie de sc\u00e8ne, dans laquelle les com\u00e9diens fictifs se d\u00e9maquillent et enl\u00e8vent leurs costumes. Leur quotidien se construit donc sur le plateau lorsque nous les observons abandonner ce qui faisait leurs r\u00f4les. Derri\u00e8re les costumes d\u2019\u00e9poque apparait une esth\u00e9tique des ann\u00e9es 1960 particuli\u00e8rement fertile pour les questions d\u2019autorit\u00e9s patriarcales, familiales et conformistes qui traversent la troupe. L\u2019occasion, donc, d\u2019esquisser des espaces qui cherchent \u00e0 s\u2019organiser mais ne r\u00e9ussissent pas \u00e0 trouver un principe de coh\u00e9sion interne. Cette tentative finira par \u00e9chouer en m\u00eame temps que la f\u00eate du mariage bourgeois et se terminera sur une vision sisyph\u00e9enne de la m\u00e8re tractant comme un animal l\u2019ensemble du d\u00e9cor au bout d\u2019une corde&nbsp;: comme condamn\u00e9e \u00e0 refabriquer perp\u00e9tuellement son univers.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>18 avril 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/roberta-alberico\/\">Roberta Alberico<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/spectacle2017_2018\/nous-les-heros\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Jean-Luc Lagarce \/\u00a0Mise en sc\u00e8ne de Robert Sandoz \/ TPR (La Chaux-de-Fonds) \/ du 18 au 20 avril 2018 \/ Critiques par Louis Vodoz et Roberta Alberico.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12614,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[201,190],"class_list":["post-12621","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-louis-vodoz","tag-roberta-alberico"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12621","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12621"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12621\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20685,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12621\/revisions\/20685"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12614"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12621"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12621"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12621"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}