{"id":12601,"date":"2018-04-18T15:34:22","date_gmt":"2018-04-18T13:34:22","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12601"},"modified":"2025-02-09T17:39:14","modified_gmt":"2025-02-09T16:39:14","slug":"automne","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/04\/automne\/","title":{"rendered":"Automne"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Automne<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Julien Mages \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean-Yves Ruf \/ Th\u00e9\u00e2tre la Grange de Dorigny \/ du 12 au 15 avril 2017 \/ Critiques par Sarah Juilland et Coralie Gil. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sarah-juilland\/\">Sarah Juilland<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La valse des sentiments<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"512\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-1024x512.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12595\" style=\"width:399px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-1024x512.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-250x125.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-300x150.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-768x384.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne-624x312.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/10.03-11h-Automne.jpg 1280w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vicky Althaus<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec&nbsp;<\/em>Automne<em>, Julien Mages fait pleurer dans nos c\u0153urs. C\u2019est l\u2019histoire de l\u2019un de ces vieux couples \u2013 comme on en croise si souvent sans vraiment les remarquer \u2013, arriv\u00e9 une heure trop t\u00f4t au th\u00e9\u00e2tre pour assister aux&nbsp;<\/em>L\u00e9gendes de la for\u00eat viennoise<em>&nbsp;d\u2019\u00d6d\u00f6n von Horvath. Ce temps d\u2019attente devient l\u2019occasion d\u2019une derni\u00e8re valse effr\u00e9n\u00e9e, o\u00f9 se m\u00ealent et s\u2019agitent reproches et remords, mais aussi complicit\u00e9 et amour. La mise en abyme cr\u00e9\u00e9e par le dispositif sc\u00e9nique exacerbe le sentiment de proximit\u00e9 \u00e0 l\u2019\u00e9gard du drame existentiel qui se joue&nbsp;: la vieillesse. Le couple fonctionne comme un miroir et nous incite \u00e0 penser \u2013 et \u00e0 panser \u2013 les th\u00e8mes universels du temps qui passe, de la d\u00e9cr\u00e9pitude et de la mort. La plume de Julien Mages, mise en sc\u00e8ne par Jean-Yves Ruf, livre un v\u00e9ritable mariage de forces antagonistes : douceur et amertume, joie et m\u00e9lancolie, l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et trag\u00e9die. Cette pi\u00e8ce fait rire, pleurer, puis laisse gorge serr\u00e9e et sourire aux l\u00e8vres.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Attention \u00e0 ne pas se tromper de place ce soir-l\u00e0 en p\u00e9n\u00e9trant dans le foyer de la Grange de Dorigny. Les quelques si\u00e8ges confortables en velours rouge, semblables \u00e0 ceux que l\u2019on trouve dans les vieux cin\u00e9mas, sont \u00e0 l\u2019usage des acteurs&nbsp;: Yvette Th\u00e9raulaz et Jacques Michel. C\u2019est donc en face, sur les banquettes grises, que le public prend place. Dans un d\u00e9cor minimaliste et \u00e9pur\u00e9, garni de ces seuls fauteuils couleur vermeille, notre couple automnal d\u00e9barque tranquillement c\u00f4t\u00e9 jardin&nbsp;: \u00ab&nbsp;Les places sont num\u00e9rot\u00e9es&nbsp;? \u2013 Non&nbsp;\u00bb. Monsieur et Madame s\u2019installent paisiblement et nous font face. C\u2019est alors un silence interminable qui baigne la Grange, engendrant rires \u00e9touff\u00e9s, quintes de toux et reniflements parmi les spectateurs. On se demande si cela va durer pendant toute la repr\u00e9sentation. Mais la glace ne tardera pas \u00e0 \u00eatre bris\u00e9e et \u00e0 nous voler au visage.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s le premier coup d\u2019\u0153il, la tension entre les deux personnages est visible. Lui, affubl\u00e9 d\u2019un veston en velours beige et d\u2019un pullover moutarde, se d\u00e9cline parfaitement dans l\u2019imaginaire automnal qui donne son titre \u00e0 la pi\u00e8ce. Elle, v\u00eatue d\u2019une blouse en soie blanche, d\u2019une veste d\u2019un bleu glacial et d\u2019un pantalon marine, \u00e9voque un hiver qui la gagne peu \u00e0 peu. Sourire farceur en coin, petits regards adress\u00e9s \u00e0 sa partenaire, enfonc\u00e9 dans son si\u00e8ge, Lui est l\u2019arch\u00e9type du bon vieux bonhomme, philat\u00e9liste et amoureux de son petit \u00ab&nbsp;Villette&nbsp;\u00bb qu\u2019il boit \u00ab&nbsp;sous la tonnelle&nbsp;\u00bb. Mains jointes, jambes crois\u00e9es et sourire fig\u00e9, \u00ab&nbsp;Madame la prof&nbsp;\u00bb est quant \u00e0 elle une amatrice d\u2019art, d\u00e9sabus\u00e9e et cynique, qui semble prendre un plaisir cruel \u00e0 d\u00e9nigrer son \u00e9poux. Ces deux \u00ab&nbsp;forces d\u2019oppositions&nbsp;\u00bb \u2013 selon l\u2019expression de Julien Mages \u2013&nbsp; vont alors s\u2019embarquer dans une valse aigre et douce \u00e0 la fois, d\u00e9compos\u00e9e en trois temps&nbsp;: les souvenirs, les regrets et la maladie de l\u2019oubli. Silences, \u00e9changes cinglants et r\u00e9v\u00e9lations vont alors rythmer notre&nbsp;<em>Automne<\/em>, de sorte que l\u2019on pourrait rester l\u00e0, \u00e0 les regarder, toute la nuit durant.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce sont les souvenirs d\u2019une enfance suisse et paysanne \u2013 Il se souvient si bien de l\u2019odeur des foins fraichement coup\u00e9s \u2013 qui font surface en premier. C\u2019est ensuite au tour de la vie de couple et de famille de compara\u00eetre au tribunal des regrets. Faisant l\u2019effet d\u2019un coup de tonnerre, un premier aveu \u00e9clate&nbsp;: Elle n\u2019a jamais aim\u00e9 ses enfants \u2013 ce fils \u00ab&nbsp;fade, gras et stupide&nbsp;\u00bb, cette fille narcissique et croqueuse d\u2019hommes \u2013, ni la vie construite avec Lui. Peu de temps apr\u00e8s cette confession, un autre secret, d\u00e9chirant, est d\u00e9voil\u00e9 : Elle va bient\u00f4t tout oublier, et mourir. Tout comme leurs nombreux amis d\u00e9j\u00e0 partis\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Exposant \u00e0 nos yeux ces deux vies lass\u00e9es, et pourtant entrelac\u00e9es pour l\u2019\u00e9ternit\u00e9,&nbsp;<em>Automne<\/em>&nbsp;nous rend sensibles \u00e0 la fragilit\u00e9 et \u00e0 la fugacit\u00e9 de la vie, qui, comme Elle le dit, \u00ab&nbsp;passe aussi vite qu\u2019un long weekend&nbsp;\u00bb. \u00c0 la mani\u00e8re du dramaturge et cin\u00e9aste Ingmar Bergman, dont il revendique l\u2019inspiration, Julien Mages nous confronte aux th\u00e9matiques existentielles de la maladie, de la mort et de l\u2019oubli mais \u00e9galement \u00e0 l\u2019isolement et \u00e0 la solitude dont nos a\u00efeux sont les victimes. Sur le banc de touche des EMS, les personnes \u00e2g\u00e9es sont d\u00e9laiss\u00e9es par une soci\u00e9t\u00e9 qui pr\u00f4ne la performance, l\u2019efficacit\u00e9 et la rapidit\u00e9 : \u00ab&nbsp;le monde nous oublie, alors je ne suis pas m\u00e9contente d\u2019oublier le monde en retour&nbsp;\u00bb. La valse rend son dernier souffle avant de s\u2019\u00e9vanouir dans l\u2019obscurit\u00e9&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li>Alors, tu vas mourir\u00a0?<\/li>\n\n\n\n<li>Oui.<\/li>\n\n\n\n<li>Je t\u2019aime.<\/li>\n\n\n\n<li>Oh.<\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p>C\u2019est le c\u0153ur serr\u00e9 et \u00e9mus que nous quittons nos banquettes grises, pour dispara\u00eetre, nous aussi, dans la p\u00e9nombre de cette soir\u00e9e d\u2019avril. Sur le chemin de la maison, ces quelques vers de Paul Verlaine r\u00e9sonnent doucement \u00e0 nos oreilles et bercent nos pens\u00e9es&nbsp;:<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Les sanglots longs<br>Des violons<br>De l\u2019automne<br>Blessent mon c\u0153ur<br>D\u2019une langueur<br>Monotone.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/sarah-juilland\/\">Sarah Juilland<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/coralie-gil\/\">Coralie Gil<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Une valse \u00e0 mille temps<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"624\" height=\"351\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624.jpeg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12592\" style=\"width:399px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624.jpeg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-250x141.jpeg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/04\/624-300x169.jpeg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 624px) 100vw, 624px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Vicky Althaus<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Un couple \u00e2g\u00e9, une heure et demie d\u2019avance au th\u00e9\u00e2tre. L\u2019occasion de lire le programme, de s\u2019interroger sur le titre du spectacle, de faire surgir les souvenirs, en un dialogue rendu \u00e9trange par l\u2019habitude de se voir tous les jours depuis cinquante ans, ponctu\u00e9 de silences et d\u2019inattention. Ne pas savoir quoi dire fait surgir la parole. Tout \u00e0 coup, il faut tout se confier.&nbsp;<\/em>Automne<em>&nbsp;de Julien Mages, mis en sc\u00e8ne par Jean-Yves Ruf, provoque un subtil m\u00e9lange d\u2019\u00e9motions.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p class=\"has-text-align-right\"><em>&nbsp;<\/em><em>Les feuilles mortes se ramassent \u00e0 la pelle,<\/em><em><br>Tu vois je n\u2019ai pas oubli\u00e9.<br>Les feuilles mortes se ramassent \u00e0 la pelle,<br>Les souvenirs et les regrets aussi,<br>Et le vent du nord les emporte,<br>Dans la nuit froide de l\u2019oubli.<br><\/em>Jacques Pr\u00e9vert<\/p>\n\n\n\n<p>Une valse soudaine. Valse de Vienne, dans\u00e9e par le vieux couple subitement rajeuni d\u2019une trentaine d\u2019ann\u00e9es. Valse \u00e0 mille temps, brusquement arr\u00eat\u00e9e&nbsp;: la femme, triste tout \u00e0 coup, va se rasseoir. Immobilise la danse et l\u2019\u00e9veil des souvenirs d\u2019antan. Temps mort. La vie doit reprendre son cours au pr\u00e9sent, des choses importantes doivent \u00eatre dites avant le trop tard, avant le d\u00e9but du spectacle, avant le d\u00e9but de la fin : l\u2019oubli.<\/p>\n\n\n\n<p>Le texte de Julien Mages, mis en sc\u00e8ne par Jean-Yves Ruf, valse lui aussi entre des instants de pure po\u00e9sie, li\u00e9s au pass\u00e9, le temps des foins et de la Villette sur la terrasse, et le concret du moment pr\u00e9sent, dans un langage direct et quotidien, souvent dr\u00f4le parce qu\u2019en d\u00e9calage avec le registre po\u00e9tique. \u00ab&nbsp;Ce qui m\u2019attriste, Paul, c\u2019est d\u2019oublier le nom des canards&nbsp;\u00bb, dit la femme \u00e0 son mari. Le texte parfois rappelle Proust et Pr\u00e9vert dans l\u2019\u00e9vocation des souvenirs, tandis qu\u2019\u00e0 d\u2019autres moments, le dialogue se fait piquant. Yvette Th\u00e9raulaz et Jacques Michel livrent les mots avec simplicit\u00e9, ils r\u00e9ussissent \u00e0 dire et faire entendre cette alternance de styles avec beaucoup de naturel, sans jamais rendre le texte trop lyrique. M\u00eame embarqu\u00e9s dans le registre du souvenir, m\u00eame r\u00eavassant au pass\u00e9, ils \u00e9mettent une parole concr\u00e8te, qui sonne toujours juste. Souvent, leurs regards ne se croisent pas, si ce n\u2019est pendant la valse, ou au moment de l\u2019aveu de l\u2019oubli \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur sc\u00e8ne, des si\u00e8ges rouge vif. Si\u00e8ges de th\u00e9\u00e2tre dispos\u00e9s en rang irr\u00e9guliers. Ici&nbsp;: trois si\u00e8ges et un espace. L\u00e0&nbsp;: quatre ou deux si\u00e8ges, un espace, du vide. Leur couleur contraste avec celle, vieillie des costumes bleus et jaune p\u00e2le des deux personnages. Cela donne le sentiment d\u2019une permanence du th\u00e9\u00e2tre, dont la couleur reste intacte tandis que se succ\u00e8dent les vies, ternissent les teintes. La femme demande \u00e0 son mari, apr\u00e8s lui avoir annonc\u00e9 qu\u2019elle perdra bient\u00f4t la m\u00e9moire, de continuer \u00e0 aller au th\u00e9\u00e2tre, m\u00eame seul. Comme habitude vitale, le th\u00e9\u00e2tre, n\u00e9cessaire dans l\u2019\u00e9quilibre de ce vieux couple, doit \u00eatre maintenu, m\u00eame dans ce futur proche o\u00f9 l\u2019un des deux viendra \u00e0 manquer. Le vide irr\u00e9gulier entre certains si\u00e8ges fait lui aussi \u00e9cho au silence qui surgit \u00e0 certains moments de la pi\u00e8ce. Vide plein. Ce couple de personnes \u00e2g\u00e9es, venu voir&nbsp;<em>L\u00e9gendes de la for\u00eat viennoise<\/em>&nbsp;de \u00d6d\u00f6n von Horv\u00e1th, est en avance et attend, tout d\u2019abord, en silence. Alors, le \u00ab&nbsp;vrai&nbsp;\u00bb spectateur, juste en face, toussote, g\u00ean\u00e9&nbsp;: \u00ab&nbsp;Tu penses que \u00e7a va \u00eatre tout du long comme \u00e7a&nbsp;?&nbsp;\u00bb chuchote-t-il. Les deux c\u00f4t\u00e9s, s\u00e9par\u00e9s par un quatri\u00e8me mur pareil \u00e0 un miroir invisible, se font face, les deux c\u00f4t\u00e9s attendent que le spectacle commence, que la parole reprenne. Quand le couple attend, sans sujet de conversation, le public rit : il vient de vivre la m\u00eame chose. Quand le couple \u00e9voque Stratz ou le forum Meyrin, le spectateur, familier de ces noms, sourit. Quand leur spectacle commence, le n\u00f4tre se termine.<br>Monotone.\u00a0\u00bb<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/coralie-gil\/\">Coralie Gil<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/event\/automne\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Julien Mages \/ Mise en sc\u00e8ne de Jean-Yves Ruf \/ Th\u00e9\u00e2tre la Grange de Dorigny \/ du 12 au 15 avril 2017 \/ Critiques par Sarah Juilland et Coralie Gil.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12592,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[193,200],"class_list":["post-12601","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-coralie-gil","tag-sarah-juilland"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12601","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12601"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12601\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20689,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12601\/revisions\/20689"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12592"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12601"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12601"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12601"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}