{"id":12466,"date":"2018-03-16T14:15:01","date_gmt":"2018-03-16T13:15:01","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12466"},"modified":"2025-02-09T17:41:10","modified_gmt":"2025-02-09T16:41:10","slug":"clash-of-gods","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/03\/clash-of-gods\/","title":{"rendered":"Clash of Gods"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Clash of Gods<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">\u00c9crit et mis en sc\u00e8ne par Christophe Jaquet et Thomas Burkhalter \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic, dans le cadre du festival Programme commun 2018 \/ du 13 au 28 mars 2018 \/ Critiques par Amalia D\u00e9vaud et Ivan Garcia. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amalia-devaud\/\">Amalia D\u00e9vaud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Profitez de la vue\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"743\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-1024x743.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12474\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-1024x743.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-234x170.jpg 234w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-276x200.jpg 276w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-768x557.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt-624x453.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/ausshnitt.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Thomas Burkhalter<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Une femme enceinte se d\u00e9place \u00e0 quatre pattes, mini-jupe et petite culotte apparente. Un homme-crabe traverse le plateau de ses membres raccourcis et abattus. Du haut de leur estrade, les puissances d\u2019un Olympe m\u00e9taphorique jubilent&nbsp;: elles r\u00e8gnent sur les mortels, \u00e0 l\u2019image des metteurs en sc\u00e8ne sur les com\u00e9diens. Leurs cinq marionnettes sont scandaleuses, d\u00e9cadentes et nous propulsent au c\u0153ur d\u2019un affrontement id\u00e9ologique mettant en sc\u00e8ne un dieu \u2013 incarn\u00e9 par Christophe Jaquet \u2013 qui d\u00e9nonce l\u2019ali\u00e9nation contemporaine, et un autre \u2013 jou\u00e9 par Thomas Burkhalter \u2013 qui se r\u00e9jouit de l\u2019\u00e9tat du monde actuel. Nous voil\u00e0 pr\u00e9venus&nbsp;: \u00ab&nbsp;Welcome to the Clash of Gods&nbsp;\u00bb.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019esth\u00e9tique choisie par Christophe Jaquet et Thomas Burkhalter est celle de l\u2019\u00e9clatement, inscrivant d\u2019embl\u00e9e le spectacle dans une pratique th\u00e9\u00e2trale contemporaine caract\u00e9ris\u00e9e par le jeu sur la parcellisation de l\u2019espace sc\u00e9nique, les effets de collages visuels et sonores cr\u00e9\u00e9s par vid\u00e9o et DJ set, et la performance physique des com\u00e9diens.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous entrons dans la salle sous le regard fixe de deux hommes v\u00eatus de blanc, v\u00e9ritable \u0153il panoptique selon les plans d\u2019un Jeremy Bentham. Pas de doute, nous sommes \u00e9pi\u00e9s. Mais par qui&nbsp;? On le comprendra ensuite&nbsp;: par tous ceux qui entretiennent la logique capitaliste du profit et qui, autant par sadisme que par app\u00e2t du gain, contr\u00f4lent le corps et les d\u00e9sirs de chacun. Le propos se dessine \u00e0 grands coups de musique commerciale assourdissante&nbsp;; il s\u2019agit, semble-t-il, de l\u2019essoufflement de la cr\u00e9ation contemporaine, du mutisme de la jeunesse et de la perte d\u2019originalit\u00e9 du secteur de l\u2019industrie musicale.<\/p>\n\n\n\n<p>Faisant de la musique la mati\u00e8re principale de leur spectacle, les deux metteurs en sc\u00e8ne investissent un champ qui leur est familier&nbsp;: Christophe Jaquet, parall\u00e8lement \u00e0 son activit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale, est membre du collectif de musique Velma,&nbsp;tandis que Thomas Burkhalter exerce principalement comme ethnomusicologue, journaliste et r\u00e9dacteur en chef de la plateforme musicale Norient.com. Toutefois, leur propos d\u00e9passe ici le cadre de l\u2019industrie musicale pour &nbsp;mettre en lumi\u00e8re d\u2019autres enjeux soci\u00e9taux, tels la solitude engendr\u00e9e par les r\u00e9seaux sociaux, l\u2019omnipr\u00e9sence visuelle du sexe comme moteur de la consommation et l\u2019effondrement des valeurs morales.<\/p>\n\n\n\n<p>A ce foisonnement th\u00e9matique r\u00e9pond une sc\u00e9nographie qui n\u2019offre aucune \u00e9chappatoire aux cinq com\u00e9diens&nbsp;: ils changent de costumes sous les yeux des spectateurs, exposant \u00e0 la vie comme sur les r\u00e9seaux sociaux leurs moindres faits et gestes. Vient s\u2019ajouter \u00e0 cette mise \u00e0 nu symbolique la multiplication de leurs identit\u00e9s ou \u2013 par corollaire \u2013 leur absence d\u2019identit\u00e9 v\u00e9ritable, que soulignent la multiplicit\u00e9 et la diversit\u00e9 des masques et des accessoires. Le jeu des com\u00e9diens, incluant la danse, est proche d\u2019une conception artaudienne du th\u00e9\u00e2tre&nbsp;: entre vitalit\u00e9 et sensations, un d\u00e9sengorgement du texte pour laisser place \u00e0 la transe.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019adresse faite aux spectateurs par un jeune musicien, issu du milieu hip-hop, offre l\u2019espoir d\u2019une r\u00e9conciliation entre talent et industrie musicale&nbsp;: figure de l\u2019artiste autodidacte et id\u00e9al, il cherche, curieux, une nouvelle fa\u00e7on d\u2019habiter son corps et sa culture en refusant les injonctions \u00e9conomiques. Les mots de la sociologue Jenny F. Mbaye, dont les travaux sur l\u2019\u00e9conomie culturelle d\u2019Afrique du Sud ont inspir\u00e9 Christophe Jaquet et Thomas Burkhalter, r\u00e9sonnent alors sur le plateau et prennent tout leur sens : \u00ab&nbsp;En quoi consisterait le voyage d\u2019un homme blanc privil\u00e9gi\u00e9. Je crois que votre r\u00f4le ne peut \u00eatre qu\u2019humble. Asseyez-vous \u00e0 l\u2019arri\u00e8re et sentez-vous privil\u00e9gi\u00e9 d\u2019occuper la banquette arri\u00e8re. Profitez de la vue [\u2026]&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/amalia-devaud\/\">Amalia D\u00e9vaud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00ab\u00a0Profitez de la vue\u00a0\u00bb<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"728\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-1024x728.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12464\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-1024x728.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-239x170.jpg 239w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-281x200.jpg 281w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-768x546.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna-624x444.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/Ernestyna.jpg 1500w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Thomas Burkhalter<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>A un soir de l\u2019ouverture du&nbsp;<\/em>Programme commun<em>, l\u2019Arsenic sort le grand jeu avec&nbsp;<\/em>Clash of gods<em>. Les cr\u00e9ateurs Christophe Jacquet et Thomas Burkhalter pr\u00e9sentent un spectacle qui sollicite les sens o\u00f9 la musique tient la premi\u00e8re place. Entre effets de lumi\u00e8res, musique \u00e9lectronique et affrontements verbaux, ce spectacle interroge le pouvoir de la musique et ses usages dans un monde o\u00f9 elle est pr\u00e9sente quasiment \u00e0 chaque instant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>En cette fra\u00eeche soir\u00e9e de mars, c\u2019est salle comble \u00e0 l\u2019Arsenic. La sc\u00e8ne est am\u00e9nag\u00e9e en ce qui pourrait ressembler \u00e0 un vaste squat&nbsp;: peintures, pneus, barri\u00e8res, tags, dessins et au centre, une sc\u00e8ne-passerelle. Ce soir, c\u2019est&nbsp;<em>special party&nbsp;<\/em>!<\/p>\n\n\n\n<p>De part et d\u2019autre de ce d\u00e9cor festif, deux \u00e9normes pneus sont suspendus dans les airs. Sur chacun d\u2019eux se trouve un personnage v\u00eatu de blanc. A gauche, l\u2019homme a un look de cow-boy avec un chapeau. A droite, un homme plus jeune avec un style plus d\u00e9contract\u00e9 et une chemise \u00e0 manches courtes. Apr\u00e8s une ouverture faussement calme, le maelstr\u00f6m est lanc\u00e9: un clash de DJs. \u00ab&nbsp;Welcome to the clash of gods&nbsp;!&nbsp;\u00bb&nbsp;: l\u2019affrontement d\u00e9bute. Attaqu\u00e9 de toutes parts, le spectateur fait appel \u00e0 tous ses sens&nbsp;\u00e0 la fois, au c\u0153ur d\u2019un d\u00e9luge de musique, de mouvements, de vid\u00e9os, de fum\u00e9e et de vibrations. Vid\u00e9os-clips projet\u00e9s sur un \u00e9cran g\u00e9ant, musique \u00e9lectronique changeante et un peu de fum\u00e9e&nbsp;: c\u2019est l\u2019atmosph\u00e8re du monde de la nuit au milieu d\u2019un ouragan \u00e9lectronique.<\/p>\n\n\n\n<p>Les deux personnages v\u00eatus de blancs s\u2019expriment comme s\u2019ils \u00e9taient des dieux. Chacun revendiquant une vision particuli\u00e8re du monde et de la musique, ils s\u2019affrontent dans un duel enflamm\u00e9. Les cinq autres com\u00e9diens incarnent successivement leurs id\u00e9es, r\u00e9agissant aux diff\u00e9rents types de musique et passant d\u2019un leader \u00e0 l\u2019autre. Parfois, ils semblent adh\u00e9rer aux id\u00e9aux du dieu-cow-boy&nbsp;; d\u2019autres fois, ils prennent parti pour le dieu-cr\u00e9ateur-r\u00e9volutionnaire. A chaque fois, ils changent \u00e0 vue de costumes. On les verra tour \u00e0 tour en tenues de nouvel an chinois, en musiciens m\u00e9di\u00e9vaux sur une musique qui semble tout droit sortie des harmonies musicales de Pierre Attaignant, avec des \u00e9ventails ou encore en danseurs de techno. Dans&nbsp;<em>Clash of gods<\/em>, celui qui donne la musique a le pouvoir. On pense aussi aux&nbsp;<em>Chroniques de la d\u00e9rive<\/em>&nbsp;<em>douce<\/em>&nbsp;de Dany Laferri\u00e8re<em>,&nbsp;<\/em>o\u00f9 le protagoniste, dans une discoth\u00e8que, compare le DJ \u00e0 un dictateur totalitaire. Sur le&nbsp;<em>dancefloor<\/em>, le&nbsp;<em>disc jockey<\/em>&nbsp;agit comme un myst\u00e9rieux d\u00e9miurge capable de contr\u00f4ler et manipuler les personnes enivr\u00e9es par le&nbsp;<em>flow<\/em>&nbsp;qu\u2019il produit. Dans&nbsp;<em>Clash of gods<\/em>, les choses ne sont pas si claires que cela. Par l\u2019explosion d\u2019effets techniques, les dialogues fragmentaires et les manipulations des com\u00e9diens, les spectateurs sont pourtant eux aussi amen\u00e9s \u00e0 s\u2019interroger aussi sur le pouvoir de la musique, qui ici cr\u00e9e du lien social mais le d\u00e9truit aussi.<\/p>\n\n\n\n<p>Quant aux deux dieux, ils ont effectivement des visions bien diff\u00e9rentes de l\u2019activit\u00e9 musicale. Le premier se pr\u00e9sente comme le garant d\u2019une certaine \u00e9thique de la musique, reprochant notamment \u00e0 son rival d\u2019utiliser des bruits de bombes pour effectuer ses compositions. Quant \u00e0 l\u2019autre, assis en face de sa table de mixage et son ordinateur, il semblerait qu\u2019il d\u00e9fende une sorte de syncr\u00e9tisme musical o\u00f9 les influences africaines viendraient compl\u00e9ter les inspirations europ\u00e9ennes. Bien que les motivations du second dieu soient opaques, oscillant entre mixeur plut\u00f4t sympathique et gourou m\u00e9galomane, sa performance le rendra un peu attachant et ce malgr\u00e9 la construction fragment\u00e9e du spectacle qui ne se pr\u00eate pas a priori \u00e0 ce genre d\u2019\u00e9lan envers les personnages.&nbsp;<em>Clash of gods<\/em>&nbsp;montre que sous la musique, il y a aussi du discours politique sous-jacent. Ainsi, lors d\u2019une allocution sur les bombes, le spectateur entend et visualise le discours d\u2019un citoyen pakistanais dont la ville est souvent sujette aux attaques. A un autre moment, une autre voix narre l\u2019arriv\u00e9e massive de populations africaines qui viendraient r\u00e9volutionner notre musique occidentale. Entre musique, propos de la voix-off et spectacle, le lien peut souvent toutefois \u00eatre difficilement saisissable.<\/p>\n\n\n\n<p>Faisant \u00e9cho \u00e0 cette intrigue fragmentaire, l\u2019un des moments les plus amusants de ce spectacle est l\u2019\u00e9trange et sympathique \u00ab&nbsp;dialogue&nbsp;\u00bb entre une t\u00eate d\u2019\u00e9l\u00e9phant rose, un personnage type&nbsp;<em>\u00ab&nbsp;Monsieur-Madame<\/em>&nbsp;\u00bb et une goutte d\u2019eau. Les trois personnages s\u2019interrogent, dans la langue de Shakespeare, sur leur place au sein de ce vaste fleuve d\u00e9sorganis\u00e9 qu\u2019est la repr\u00e9sentation, un peu comme s\u2019ils montraient le d\u00e9sarroi des spectateurs. Pauvres enfants perdus dans un univers technique et adulte, ils essaient de trouver un point d\u2019accroche dans le flux techno-lumineux. Le \u00ab&nbsp;colinguisme&nbsp;\u00bb, qui traverse tout le spectacle (la plupart du temps en anglais), peut \u00eatre compris comme symptomatique d\u2019un milieu musical divis\u00e9. Sur la sc\u00e8ne internationale, l\u2019Anglais semble \u00eatre la langue de r\u00e9f\u00e9rence standard. Les deux metteurs en sc\u00e8ne, venus de Suisse al\u00e9manique, incarnent un \u00e9trange m\u00e9lange d\u2019influences entre l\u2019Anglais, le Fran\u00e7ais et l\u2019Allemand et les mettent aussi \u00e0 profit dans ce spectacle en croisant les langues et les musiques.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019affrontement entre la mise en forme rationnelle et la singularit\u00e9 cr\u00e9atrice d\u2019une part, l\u2019instinct originaire et le d\u00e9bordement de l\u2019autre a quelque chose de nietzsch\u00e9en. Entre les pulsions esth\u00e9tiques apollinienne et dionysiaque de ce clash des g\u00e9ants, au-del\u00e0 des deux visions musicales, ce sont des id\u00e9ologies qui s\u2019opposent. \u00ab&nbsp;A l\u2019\u00e8re de sa reproductibilit\u00e9 technique&nbsp;\u00bb, la musique doit s\u2019interroger sur ses propres fondements et sa mani\u00e8re d\u2019\u00eatre&nbsp;: peut-on tout mixer&nbsp;? Peut-on tout reproduire&nbsp;? Que puis-je \u00e9couter&nbsp;? Sans pr\u00e9tendre trancher entre l\u2019un ou l\u2019autre p\u00f4le,&nbsp;<em>Clash of gods<\/em>&nbsp;sollicite, comme le font rarement les spectacles, les capacit\u00e9s sensorielles des spectateurs et leur cr\u00e9ativit\u00e9 face \u00e0 une intrigue \u00e9clat\u00e9e. Sans ligne narrative claire, le spectacle joue sur cette pl\u00e9thore d\u2019effets sonores et lumineux pour inviter le public \u00e0 se laisser emporter dans le tourbillon.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mars 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/christophe-jaquet-thomas-burkhalter-ch\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>\u00c9crit et mis en sc\u00e8ne par Christophe Jaquet et Thomas Burkhalter \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic, dans le cadre du festival Programme commun 2018 \/ du 13 au 28 mars 2018 \/ Critiques par Amalia D\u00e9vaud et Ivan Garcia.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12464,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[198,176],"class_list":["post-12466","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-amalia-devaud","tag-ivan-garcia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12466","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12466"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12466\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20707,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12466\/revisions\/20707"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12464"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12466"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12466"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12466"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}