{"id":12438,"date":"2018-03-02T16:43:55","date_gmt":"2018-03-02T15:43:55","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12438"},"modified":"2025-02-09T17:41:36","modified_gmt":"2025-02-09T16:41:36","slug":"mon-histoire-vraie-1","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/03\/mon-histoire-vraie-1\/","title":{"rendered":"Mon histoire vraie 1 &#8211; Sara"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Mon histoire vraie 1 &#8211; Sara<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et et mise en sc\u00e8ne de Ludovic Chazaud \/ Compagnie Jeanne F\u00f6hn \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 27 f\u00e9vrier au 4 mars 2018 \/ Critique par Fanny Utiger. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 f\u00e9vrier 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/fanny-utiger\/\">Fanny Utiger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Il s&rsquo;est pass\u00e9 quelque chose<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12436\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/03\/5DIV9924.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Fabrice Ducrest<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Mon Histoire vraie<em>&nbsp;ne l\u2019est pas tout \u00e0 fait. On ne sait plus vraiment, elle a chang\u00e9 en quelques points. Il faudra pourtant bien la dire, mais comment&nbsp;? Qui la racontera&nbsp;? M\u00eame de cela, on n\u2019est pas vraiment s\u00fbr. D\u2019une fa\u00e7on ou d\u2019une autre, il faudra toutefois l\u2019affronter, quitte \u00e0 s\u2019\u00e9carter un peu de la v\u00e9rit\u00e9.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu veux pas monter un Feydeau, plut\u00f4t&nbsp;?&nbsp;\u00bb, lance Sara \u00e0 son ami metteur en sc\u00e8ne, qui souhaite porter au th\u00e9\u00e2tre l\u2019un de leurs souvenirs. Un vaudeville e\u00fbt certes fourni un sujet bien moins d\u00e9licat. Dans cette pi\u00e8ce \u00e9crite par Ludovic Chazaud, qui tente d\u2019aborder un douloureux pass\u00e9, des souvenirs entrem\u00eal\u00e9s de doutes voient leurs failles combl\u00e9es \u00e7\u00e0 et l\u00e0 par l\u2019imagination, recours d\u2019une conscience \u00e0 qui la m\u00e9moire joue des tours. Face \u00e0 l\u2019insondable v\u00e9rit\u00e9 d\u2019une histoire embarrassante, ce qui fut un jour une r\u00e9alit\u00e9 n\u2019a alors au pr\u00e9sent d\u2019autre issue que la fiction et la r\u00e9invention d\u2019un dialogue qui rejoue la gen\u00e8se m\u00eame du geste de raconter.<\/p>\n\n\n\n<p>Ils ne sont que trois \u00e0 jouer, voire deux et demi \u2013 en retrait, pr\u00e8s du plateau, attend le metteur en sc\u00e8ne, qui intervient ponctuellement, incarnant son propre r\u00f4le. Le truchement de leur r\u00e9cit fait pourtant entendre une multitude de voix. On croirait \u00e0 un roman parl\u00e9, tant, sans cesse, les discours se rapportent, s\u2019alternent, se coupent. Ils s\u2019ench\u00e2ssent, m\u00eame, approfondissant la narration de niveaux en niveaux, soutenus par la pr\u00e9cision du jeu des acteurs, qui portent un texte complexe \u2013 dans sa forme comme dans son th\u00e8me \u2013 sur un plateau dont l\u2019artificialit\u00e9 th\u00e9\u00e2trale assum\u00e9e souligne le r\u00e9alisme. Le spectacle est aussi doux-amer que des souvenirs adolescents, entre le charme de certains instants et la douleur de beaucoup d\u2019autres. Les paroles et les m\u00e9moires s\u2019y rencontrent, s\u2019y entrechoquent dans l\u2019\u00e9vocation d\u2019une farce cruelle ayant tourn\u00e9 au drame, une vingtaine d\u2019ann\u00e9es plus t\u00f4t. Les voix qui l\u2019\u00e9voquent maintiennent le c\u0153ur de l\u2019\u00e9v\u00e9nement dans une telle n\u00e9buleuse que le doute plane. On en sait juste assez pour imaginer le pire.<\/p>\n\n\n\n<p>Les enchev\u00eatrements de points de vue brouillent continuellement les pistes. Sur les bases d\u2019un contrat qui m\u00eale r\u00e9alit\u00e9 et invention, toute la pi\u00e8ce \u00e9volue dans un entre-deux constant, du pass\u00e9 au futur, de l\u2019enfance \u00e0 la vie d\u2019adulte (au milieu de celles-ci l\u2019adolescence, interm\u00e9diaire absolu), entre la Suisse et la France, entre la sc\u00e8ne et le hors-sc\u00e8ne\u2026 Et de la position de victime \u00e0 celle de bourreau. Mais ce rapport-ci est in\u00e9gal. La victime n\u2019est g\u00e9n\u00e9ralement pr\u00e9sente qu\u2019au travers des paroles de ceux qui la firent souffrir, et s\u2019ils la citent il y a de grandes chances qu\u2019ils s\u2019interrompent. Pourtant, sa figure reste centrale, la pi\u00e8ce gravite autour d\u2019elle, dans les m\u00e9andres de la culpabilit\u00e9 de ceux qui ont \u00ab&nbsp;ruin\u00e9 sa vie&nbsp;\u00bb. Le flou qui r\u00e8gne en ma\u00eetre pourrait alors bien \u00eatre celui de leur d\u00e9ni.<\/p>\n\n\n\n<p>Si le sujet est grave, le ton quant \u00e0 lui ne l\u2019est pas. L\u2019ambiance ferait presque songer \u00e0 du Vincent Delerm, doux, dr\u00f4le, et grave, certes, mais souvent l\u2019air de rien. Les incursions de l\u2019auteur-metteur en sc\u00e8ne \u00e0 l\u2019or\u00e9e de la pi\u00e8ce ou lorsqu\u2019il se manifeste \u00e0 la premi\u00e8re personne, ont d\u2019ailleurs une malicieuse candeur \u00e9trangement proche de celle de ce chanteur. L\u2019habillage musical ne fait qu\u2019entretenir la co\u00efncidence. Le rapprochement s\u2019arr\u00eate toutefois lorsque l\u2019on interroge la nature de la nostalgie ici mise en sc\u00e8ne. Car on ne peut parler de nostalgie pour un temps de machinations adolescentes qui d\u00e9g\u00e9n\u00e9r\u00e8rent jusqu\u2019\u00e0 l\u2019agression sexuelle. La culpabilit\u00e9 affecte m\u00eame le souvenir des bons moments. Le recul lui donne l\u2019occasion de se renforcer.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019\u00e9l\u00e9ment d\u00e9clencheur de l\u2019exploration de cette&nbsp;<em>histoire vraie<\/em>&nbsp;est si l\u2019on en croit son metteur en sc\u00e8ne la rencontre d\u2019un amour pass\u00e9, Sara. Ce n\u2019est pas le seul. La peur que la v\u00e9ritable&nbsp;<em>histoire<\/em>&nbsp;dans ce qu\u2019elle a de pire se reproduise plane aussi au-dessus de la pi\u00e8ce. La naissance d\u2019une fille la cristallise. In\u00e9vitablement, elle grandira, c\u00f4toiera des adolescents. On craint qu\u2019elle ait \u00e0 les affronter, souffrir de la m\u00e9chancet\u00e9 dont ils sont capables, de violences qu\u2019elle subirait sp\u00e9cifiquement parce qu\u2019elle aura eu le malheur d\u2019\u00eatre une fille. Raconter ce qui se passa en 1997 se pr\u00e9sente comme une mani\u00e8re d\u2019affronter cette peur et de tenter de conjurer le sort. Mais l\u2019appr\u00e9hension ne peut que subsister. \u00ab&nbsp;Est-ce qu\u2019on choisit d\u2019\u00eatre un bourreau&nbsp;?&nbsp;\u00bb Certainement plus que d\u2019\u00eatre une victime. Cette jeune femme \u00e0 venir aura-t-elle le choix&nbsp;? Cette&nbsp;<em>histoire<\/em>&nbsp;lui \u00e9vitera peut-\u00eatre d\u2019appartenir au premier camp. Reste l\u2019espoir que rien ne la pousse dans le second.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>27 f\u00e9vrier 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/fanny-utiger\/\">Fanny Utiger<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/event\/mon-histoire-vraie-1\/?instance_id=30\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et et mise en sc\u00e8ne de Ludovic Chazaud \/ Compagnie Jeanne F\u00f6hn \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 27 f\u00e9vrier au 4 mars 2018 \/ Critique par Fanny Utiger.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12436,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[156],"class_list":["post-12438","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-fanny-utiger"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12438","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12438"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12438\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20711,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12438\/revisions\/20711"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12436"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12438"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12438"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12438"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}