{"id":12308,"date":"2018-01-12T14:29:51","date_gmt":"2018-01-12T13:29:51","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12308"},"modified":"2025-02-14T10:57:42","modified_gmt":"2025-02-14T09:57:42","slug":"ecritures-dramatiques-contemporaines-partenariat-avec-le-courrier-2","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/ecritures-dramatiques-contemporaines-partenariat-avec-le-courrier-2\/","title":{"rendered":"Ecritures dramatiques contemporaines \/ Partenariat avec Le Courrier"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Ecritures dramatiques contemporaines \/ Partenariat avec Le Courrier<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Pi\u00e8ce de Julie Gilbert \/ Compte-rendu par Thomas Flahaut . <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>\u00c9t\u00e9 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thomas-flahaut\/\">Thomas Flahaut<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p>Une critique sur le texte de la pi\u00e8ce:<br><em>Lettre au dealer de ma rue<\/em>&nbsp;\/ De Julie Gilbert \/ Pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e en mars 2017<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-julie-gilbert\/\">Entretien avec Julie Gilbert<\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/lettre-au-dealer-de-ma-rue\/\">Extrait du texte de la pi\u00e8ce&nbsp;<em>Lettre au dealer de ma rue<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Fen\u00eatre sur rue<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" decoding=\"async\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/Photo-Julie-\u00a9-LE-DUCK-300x250-2.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-20722\" style=\"width:300px\" \/><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans&nbsp;<\/em>Lettre au dealer de ma rue,&nbsp;<em>Julie Gilbert s\u2019adresse aux dealers africains qui se relaient en bas de son immeuble et tente d\u2019ausculter, par les moyens du monologue, son regard d\u2019Occidentale.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Lettre au dealer de ma rue,&nbsp;<\/em>un \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb s\u2019adresse \u00e0 un \u00ab&nbsp;tu&nbsp;\u00bb. \u00ab&nbsp;Je&nbsp;\u00bb est une femme occidentale. Elle s\u2019adresse \u00e0 un dealer, un homme noir, dont elle ne sait pas s\u2019il est \u00ab&nbsp;toujours le m\u00eame ou un autre&nbsp;\u00bb. Au bas de son immeuble, les dealers se relaient, veillent sur la rue. La femme s\u2019adresse \u00e0 cette pr\u00e9sence ind\u00e9finie, multiple. Le \u00ab&nbsp;je&nbsp;\u00bb se dessine en interrogeant, en imaginant l\u2019autre mais ne l\u2019approche jamais, ne lui donne pas la parole. Dans ce dispositif centr\u00e9 autour de l\u2019adresse, par ce choix de mettre en sc\u00e8ne des personnages d\u2019\u00e9trangers, de dealers, Kolt\u00e8s semble planer au dessus du texte. Mais \u00e0 la proximit\u00e9 entre le dealer et le client de&nbsp;<em>Dans la solitude des champs de coton<\/em>, r\u00e9pond la distance avec laquelle Julie Gilbert traite la situation. Et dans cette distance maintenue avec la figure du dealer se joue pour la femme qui parle quelque chose de politique. Elle explore ce qui la s\u00e9pare de cet homme, ne se m\u00e9nage pas en interrogeant son regard d\u2019occidentale, \u00e9duqu\u00e9 \u00e0 ne pas voir, ne pas reconna\u00eetre un homme comme celui qui est en bas de chez elle.<\/p>\n\n\n\n<p>Cinq ans apr\u00e8s&nbsp;<em>Outrage ordinaire<\/em>, Julie Gilbert s\u2019empare \u00e0 nouveau du th\u00e8me de la migration, utilise le th\u00e9\u00e2tre pour interroger le sort r\u00e9serv\u00e9 aux \u00e9trangers dans nos soci\u00e9t\u00e9s. Le monologue ne s\u2019\u00e9tend pas sur plus d\u2019une centaine de vers. Tr\u00e8s courts, ils se succ\u00e8dent rapidement, jouant sur les ph\u00e9nom\u00e8nes de r\u00e9p\u00e9tition, comme si la pens\u00e9e, la parole s\u2019\u00e9laborait sous nos yeux. En ces quelques pages, le monologue passe de l\u2019\u00e9tonnement face \u00e0 la situation du quartier des P\u00e2quis, \u00e0 Gen\u00e8ve, o\u00f9 enfants et dealers partagent le m\u00eame espace \u2014 la cour d\u2019\u00e9cole \u2014, \u00e0 l\u2019\u00e9vocation d\u2019une forme d\u2019utopie. L\u2019Occidentale et le dealer qui repr\u00e9sente tous les dealers, qui a \u00e9t\u00e9 \u00e9lu par eux, se rencontrent lors d\u2019une assembl\u00e9e de quartier. L\u2019objet de cette r\u00e9union est l\u2019installation de cam\u00e9ras de vid\u00e9o-surveillance. Pour contrer l\u2019obsession s\u00e9curitaire de la municipalit\u00e9, une alliance se cr\u00e9e entre r\u00e9sidents et dealers. Une alliance&nbsp;<em>a priori<\/em>&nbsp;improbable. La justesse politique de cet \u00e9v\u00e8nement au centre du monologue prend \u00e0 contrepied la tendance de notre \u00e9poque. Accorder aux immigr\u00e9s clandestins une capacit\u00e9 \u00e0 s\u2019exprimer sur la vie de la communaut\u00e9, les r\u00e8gles qui la r\u00e9gissent, son devenir, leur donner le droit de faire de la politique, c\u2019est leur donner la plus \u00e9l\u00e9mentaire des dignit\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Lettre au dealer de ma rue,&nbsp;<\/em>Julie Gilbert m\u00e8ne ainsi une recherche po\u00e9tique et politique dans laquelle la forme monologu\u00e9e est utilis\u00e9e afin de s\u2019adresser au monde, tenter de d\u00e9noncer le cours des choses et d\u2019appeler \u00e0 inventer de nouvelles fa\u00e7on de nous organiser collectivement. Le monologue est ici une forme d\u2019adresse tr\u00e8s directe, \u00e0 l\u2019instar des dazibaos de la Chine communiste, ces affiches d\u00e9non\u00e7ant hommes et pratiques qui recouvraient tous les murs durant la r\u00e9volution culturelle. Les figures de la monologueuse et de l\u2019auteure tendent \u00e0 se confondre, si bien que l\u2019on pourrait se demander si ce texte, plut\u00f4t mod\u00e9r\u00e9, plut\u00f4t sage, n\u2019a pas d\u2019abord \u00e9t\u00e9 r\u00eav\u00e9 plus offensif par son auteure, plus proche, peut-\u00eatre, d\u2019une tradition th\u00e9\u00e2trale perdue, d\u00e9su\u00e8te, celle de&nbsp;<em>l\u2019agit prop,&nbsp;<\/em>dont elle emprunte un certain imaginaire contestataire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>\u00c9t\u00e9 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thomas-flahaut\/\">Thomas Flahaut<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/m.lecourrier.ch\/150399\/julie_gilbert_monologue_pour_un_dealer_de_ma_rue\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacl<\/a>e<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pi\u00e8ce de Julie Gilbert \/ Compte-rendu par Thomas Flahaut . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":20164,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[192],"class_list":["post-12308","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-thomas-flahaut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12308","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12308"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12308\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22876,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12308\/revisions\/22876"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/20164"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12308"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12308"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12308"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}