{"id":12213,"date":"2018-01-12T09:40:35","date_gmt":"2018-01-12T08:40:35","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12213"},"modified":"2025-02-10T12:20:47","modified_gmt":"2025-02-10T11:20:47","slug":"entretien-avec-mali-van-valenberg","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-mali-van-valenberg\/","title":{"rendered":"Entretien avec Mali Van Valenberg"},"content":{"rendered":"<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<p>Un entretien autour de la pi\u00e8ce <em>Barom\u00e8tre<\/em> \/ De Mali Van Valenberg \/ Le 24 novembre 2017 \/\u00a0<a href=\"https:\/\/www.lecourrier.ch\/152694\/mali_van_valenberg_barometre\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_12157\" aria-describedby=\"caption-attachment-12157\" style=\"width: 192px\" class=\"wp-caption alignright\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-12157\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-180x200.jpg\" alt=\"\" width=\"192\" height=\"213\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-180x200.jpg 180w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-153x170.jpg 153w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12157\" class=\"wp-caption-text\">Mali Van Valenberg<\/figcaption><\/figure>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/il-te-va-bien-mon-sourire\/\">Critique sur<em> Barom\u00e8tre<\/em><\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/barometre\/\">Texte de la pi\u00e8ce <em>Barom\u00e8tre<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left\"><em><br \/>\nC\u2019est \u00e0 Sion, le 24 novembre, que nous avons recontr\u00e9 Mali Van Valenberg.<\/em><\/p>\n<p><strong>Basile Seppey, pour l\u2019Atelier critique (BS)<\/strong> : En guise d\u2019introduction, est-ce que tu pourrais revenir un peu sur tes d\u00e9buts au th\u00e9\u00e2tre et ta formation ?<\/p>\n<p><strong>Mali Van Valenberg (MVV)<\/strong> : J\u2019ai commenc\u00e9 assez tard, vers vingt ans. Au d\u00e9but, je faisais de la musique, de la percussion. Je suis entr\u00e9e \u00e0 la HEM \u00e0 Gen\u00e8ve mais le Conservatoire ne me convenait pas, j\u2019\u00e9tais coup\u00e9e de mes instincts. Je crois que j\u2019abordais la musique de mani\u00e8re trop th\u00e9orique et ext\u00e9rieure. Et puis je n\u2019\u00e9tais pas suffisamment passionn\u00e9e ni dou\u00e9e pour faire face \u00e0 la pression et la concurrence du Conservatoire. A la solitude aussi. \u00a0En fait, j\u2019ai besoin de travailler \u00e0 plusieurs, de me confronter aux \u00e9nergies des autres, pour que \u00e7a circule. Parall\u00e8lement \u00e0 mes \u00e9tudes musicales, j\u2019ai commenc\u00e9 le th\u00e9\u00e2tre en classe pr\u00e9professionnelle \u00e0 Gen\u00e8ve. De toute \u00e9vidence, j\u2019y respirais mieux et je trouvais l\u00e0 quelque chose qui me manquait en musique. J\u2019ai alors quitt\u00e9 le Conservatoire pour suivre une formation de com\u00e9dienne \u00e0 Paris. D\u2019abord au Studio puis au CFA d\u2019Asni\u00e8res. Le CFA est une formation en alternance\u00a0: on y joue pour des compagnies professionnelles, tout en suivant par p\u00e9riode des stages avec diff\u00e9rents intervenants. Cela permet d\u2019\u00eatre sur le terrain tout en \u00e9tant encore dans le cadre d\u2019une \u00e9cole. On peut \u00e9galement se faire une exp\u00e9rience \u00e0 travers des stages\u00a0dans plusieurs corps de m\u00e9tier li\u00e9s \u00e0 la sc\u00e8ne : assistanat, lumi\u00e8re, son, costumes, p\u00e9dagogie\u2026 Quand on s\u2019occupe de sa compagnie, on est souvent amen\u00e9 \u00e0 g\u00e9rer plusieurs choses en m\u00eame temps\u00a0: la mise en sc\u00e8ne, le jeu, mais aussi l\u2019administration, parfois la r\u00e9gie, la direction technique\u2026 Et le CFA d\u2019Asni\u00e8res a \u00e9t\u00e9 tr\u00e8s formateur dans ce sens.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Et comment s\u2019est fait le retour en Suisse ?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Je suis rest\u00e9e \u00e0 Paris quelques ann\u00e9es pour jouer car certains spectacles sur lesquels j\u2019avais \u00e9t\u00e9 engag\u00e9e comme apprentie tournaient en France. \u00a0Et puis j\u2019ai pass\u00e9 un casting pour un long m\u00e9trage que j\u2019ai tourn\u00e9 en Suisse : <em>Ma nouvelle H\u00e9lo\u00efse<\/em>, de Francis Reusser. Quelques mois plus tard, Fran\u00e7ois Marin m\u2019a distribu\u00e9e dans son spectacle <em>2H14<\/em>, de David Paquet. Par la suite j\u2019ai eu d\u2019autres propositions ici, donc mon retour en Suisse s\u2019est fait de mani\u00e8re assez naturelle.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Et maintenant\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Il y a trois ans, j\u2019ai mont\u00e9 une compagnie th\u00e9\u00e2trale en Valais\u00a0: <em>Jusqu\u2019\u00e0 m\u2019y fondre<\/em>. \u00a0Nous avons cr\u00e9\u00e9 trois spectacles\u00a0: <em>Le vieux juif blonde<\/em> d\u2019Amanda Sthers, <em>Showroom<\/em> de Suzanne Joubert et <em>Semelle au vent<\/em>. Nous pr\u00e9parons \u00e9galement le spectacle d\u2019\u00e9t\u00e9 en plein air de la ville de Sion et un Midi Th\u00e9\u00e2tre pour la saison prochaine. Parall\u00e8lement, je continue de jouer pour d\u2019autres metteurs en sc\u00e8ne et me nourris d\u2019autres univers. C\u2019est une chance inou\u00efe de pouvoir \u00e0 la fois suivre ses propres envies et porter celles des autres.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : \u00catre com\u00e9dienne et auteure\u00a0: comment est-ce que tu vois ces deux pratiques\u00a0? \u00a0<em>Semelle au vent<\/em> \u00e9tait ton adaptation d\u2019un conte d\u2019Andersen et tu jouais aussi dans la pi\u00e8ce. Comment est-ce que tu concilies les deux gestes\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Je suis avant tout com\u00e9dienne. L\u2019\u00e9criture, j\u2019y suis venue par hasard. J\u2019avais \u00e9crit une premi\u00e8re pi\u00e8ce courte dans le cadre d\u2019un concours inter-Conservatoires \u00e0 Paris qui avait \u00e9t\u00e9 s\u00e9lectionn\u00e9e et jou\u00e9e au th\u00e9\u00e2tre du Rond-Point. <em>Semelle au vent<\/em> est ma premi\u00e8re pi\u00e8ce \u00e9dit\u00e9e (Lansman Editeur). J\u2019avais envie de cr\u00e9er un spectacle tout public, dans lequel diff\u00e9rentes g\u00e9n\u00e9rations peuvent trouver \u00e0 r\u00eaver ensemble. C\u2019est l\u00e0 que je me suis lanc\u00e9e dans une tr\u00e8s libre adaptation du <em>Compagnon de route<\/em> d\u2019Andersen. J\u2019ai confi\u00e9 la mise en sc\u00e8ne du spectacle \u00e0 Olivier Werner. Nous avons commenc\u00e9 par une premi\u00e8re session de r\u00e9p\u00e9titions en juin, au cours de laquelle j\u2019ai entendu mon texte jou\u00e9 par d\u2019autres com\u00e9diens pour la premi\u00e8re fois. Une premi\u00e8re semaine de chantier qui m\u2019a permis de prendre du recul par rapport \u00e0 mon texte et de l\u2019affiner. A ce moment-l\u00e0, je ne pouvais pas encore quitter ma casquette d\u2019auteure pour me plonger dans le jeu car quelque chose n\u2019\u00e9tait pas encore abouti sur le plan de l\u2019\u00e9criture. J\u2019ai retravaill\u00e9 la pi\u00e8ce durant l\u2019\u00e9t\u00e9. Et puis nous avons repris les r\u00e9p\u00e9titions fin ao\u00fbt avec la derni\u00e8re version du texte, celle qui allait \u00eatre publi\u00e9e. C\u2019est l\u00e0 seulement que j\u2019ai pu me concentrer sur le jeu. Aujourd\u2019hui je suis com\u00e9dienne sur le projet, comme si l\u2019\u00e9criture de la pi\u00e8ce ne m\u2019appartenait plus. Elle est d\u00e9sormais une mati\u00e8re \u00e0 jouer pour tous.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Pourrais-tu revenir un peu sur le projet <em>Barom\u00e8tre<\/em>, que tu as aussi \u00e9crit et jou\u00e9, sur ce qui t\u2019as inter\u00e9ss\u00e9e dans cette mati\u00e8re-l\u00e0\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : J\u2019ai particip\u00e9 \u00e0 un spectacle d\u00e9ambulatoire dans les jardins de l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Mal\u00e9voz \u00e0 Monthey, comme com\u00e9dienne. Nous \u00e9tions cinq interpr\u00e8tes et chacun devait prendre en charge une station de dix minutes, \u00e0 laquelle s\u2019arr\u00eataient des groupes de spectateurs. A Mal\u00e9voz se trouve un centre culturel qui dispose d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, de salles d\u2019expositions et de logements pour les artistes en r\u00e9sidence. On y c\u00f4toie des patients, des visiteurs, des m\u00e9decins, des artistes, parfois m\u00eame des connaissances qui se retrouvent hospitalis\u00e9es\u2026 Il y a quelque chose de troublant dans ce m\u00e9lange, la fronti\u00e8re est t\u00e9nue entre les patients et les gens de l\u2019ext\u00e9rieur. A chaque rencontre, on cherche sans le vouloir \u00e0 identifier \u00e0 qui l\u2019on s\u2019adresse. Le lieu m\u00eame de l\u2019h\u00f4pital conditionne le regard \u00e0 notre insu et d\u00e9place in\u00e9vitablement les rapports. En \u00e9crivant <em>Barom\u00e8tre<\/em>, c\u2019est sur cette fronti\u00e8re-l\u00e0 que je voulais travailler. Si demain je suis hospitalis\u00e9e, qu\u2019est-ce qui se d\u00e9place dans le regard de l\u2019autre, et d\u00e9j\u00e0 dans le mien\u00a0?<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Dans cette petite forme, il y a une sorte de pr\u00e9pond\u00e9rance de la parole. Les actions, les d\u00e9placements ne sont pas de l\u2019ordre de la didascalie mais plut\u00f4t du discours. La premi\u00e8re didascalie d\u00e9crit l\u2019espace et la tenue vestimentaire. Sinon tout le reste est assum\u00e9 par la parole\u2026<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Oui, tout est verbalis\u00e9. Dans <em>Barom\u00e8tre<\/em>, celle qui prend la parole met des mots sur tout ce qui lui passe par la t\u00eate. Elle dit tout haut ce qu\u2019elle observe, ce qu\u2019elle fait, ce qu\u2019elle pense que les autres pensent de ce qu\u2019elle dit\u2026 Sa parole engendre d\u2019autres paroles et alimente son inqui\u00e9tude.<br \/>\nC\u2019est ce qui arrive parfois, ce besoin que l\u2019on a de formuler pour se rassurer, se mettre en ordre alors que paradoxalement c\u2019est le contraire qui se produit. Il y a quelque chose de vertigineux dans le fait de vouloir tout verbaliser.<br \/>\nDans <em>Barom\u00e8tre<\/em>, celle qui parle est seule parmi les autres. Il est difficile de savoir quand elle se parle \u00e0 elle-m\u00eame et quand elle s\u2019adresse aux autres r\u00e9ellement. Comme il est difficile de savoir quelle est sa part de projection dans le regard des autres.<br \/>\nApr\u00e8s, ce texte a aussi \u00e9t\u00e9 con\u00e7u dans un contexte particulier, pour un moment de th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 j\u2019allais \u00eatre seule et sans technique, le seul espace que j\u2019avais \u00e0 disposition \u00e9tant ce jardin de l\u2019h\u00f4pital o\u00f9 je devais jouer.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Ce langage, dans ton texte, s\u2019engendre de mani\u00e8re tr\u00e8s fluide et naturelle, avec des glissements de sens d\u2019une phrase \u00e0 l\u2019autre, par rapport \u00e0 un mot qui revient. Il y a une sorte de jeu avec la langue.<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : J\u2019ai un rapport assez musical \u00e0 l\u2019\u00e9criture. G\u00e9n\u00e9ralement j\u2019\u00e9cris \u00e0 voix haute, j\u2019ai besoin d\u2019entendre la partition. Dans <em>Barom\u00e8tre<\/em>, la r\u00e9p\u00e9tition et la d\u00e9clinaison des motifs induisent un rythme et donnent corps \u00e0 une pens\u00e9e en mouvement.<br \/>\nC\u2019est un rapport \u00e0 l\u2019\u00e9criture presque physique et acoustique, je dirais. Je valide par les mots une cadence que j\u2019entends et qui me convient, de mani\u00e8re organique. Peut-\u00eatre que cela a \u00e0 voir avec mon travail de com\u00e9dienne.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Comment la repr\u00e9sentation de cette petite forme s\u2019est-elle d\u00e9roul\u00e9e concr\u00e8tement\u00a0? Si j\u2019ai bien compris, le public \u00e9tait compos\u00e9 de patients et de visiteurs\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : La d\u00e9ambulation \u00e9tait ouverte \u00e0 tous\u00a0: patients, soignants ou visiteurs. On jouait environ cinq fois d\u2019affil\u00e9e, pour de petits groupes de spectateurs qui passaient de station en station. J\u2019avais choisi de m\u2019installer \u00e0 une table de pique-nique qui se trouvait dans le parc et j\u2019accueillais les spectateurs \u00e0 ma table, dans un rapport tr\u00e8s direct. Quand on se retrouve \u00e0 parler \u00e0 des gens dans une telle promiscuit\u00e9, sans la protection des codes du th\u00e9\u00e2tre, cela engendre une vraie porosit\u00e9 entre les personnes qui t\u2019\u00e9coutent et toi-m\u00eame. Il m\u2019est rarement arriv\u00e9 de pouvoir dire mon texte tel que je l\u2019avais \u00e9crit, car il suscitait en direct des r\u00e9actions que je souhaitais prendre en compte. Ceux \u00e0 qui je m\u2019adressais prenaient parfois la parole, prenant au vol les interrogations du personnage.<br \/>\nL\u2019ambigu\u00eft\u00e9 du lieu de l\u2019h\u00f4pital comme espace de repr\u00e9sentation et l\u2019ambigu\u00eft\u00e9 de cette prise de parole ont provoqu\u00e9 des r\u00e9actions assez diverses, parfois de la g\u00eane, des rires, souvent de l\u2019empathie\u2026<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Les fronti\u00e8res entre spectateurs et com\u00e9diens \u00e9taient donc assez poreuses. Quel rapport as-tu, toi, avec les spectateurs en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Moi j\u2019aime bien que cette fronti\u00e8re entre le com\u00e9dien et le spectateur soit perm\u00e9able. J\u2019aime me laisser atteindre par ce qui peut venir de la salle. On parle rarement de l\u2019\u00e9nergie transmise par les spectateurs, mais elle est essentielle pour le com\u00e9dien quand il joue. Evidemment \u00e7a peut \u00eatre \u00e0 double tranchant, car les r\u00e9actions du public ne sont pas toujours porteuses. Mais se laisser atteindre par l\u2019\u00e9nergie des autres, quelle qu\u2019elle soit, est pour moi tr\u00e8s important. A la base de toutes repr\u00e9sentations, il y a cet \u00e9change intime, entre humains. Fouiller l\u2019humain et ses d\u00e9calages\u00a0: j\u2019aime faire ce m\u00e9tier comme \u00e7a. Faire r\u00e9sonner les failles chez les gens.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Tu viens de recevoir le prix d\u2019encouragement culturel du Valais. Qu\u2019est-ce que cela repr\u00e9sente pour toi ?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Pour moi c\u2019\u00e9tait un prix \u00e9tonnant, inattendu. Pourquoi\u00a0moi\u00a0? On n\u2019est jamais seul \u00e0 mener quelque chose dans ce m\u00e9tier, alors ce prix d\u2019encouragement je le partage volontiers avec ceux qui m\u2019entourent dans le travail.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Mais cela t\u2019encourage\u00a0? te fait plaisir\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Ce qui est important pour moi, c\u2019est ce suivi de l\u2019Etat du Valais. Ils sont attentifs \u00e0 l\u2019\u00e9volution du travail de leurs artistes, de leur parcours. C\u2019est un soutien pr\u00e9cieux et porteur, qui n\u2019est pas que financier.<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Toi qui as eu l\u2019occasion de jouer dans beaucoup d\u2019endroits, que penses-tu de la sc\u00e8ne th\u00e9\u00e2trale romande et valaisanne\u00a0? Comment vis-tu le fait de jouer en Valais et en Suisse romande\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : J\u2019ai fond\u00e9 ma compagnie en Valais, parce que je viens d\u2019ici. Je suis arriv\u00e9e avec mon projet au Petith\u00e9\u00e2tre de Sion, \u00a0Micha\u00ebl Abbet m\u2019a donn\u00e9 ma chance en s\u2019engageant \u00e0 produire mon premier spectacle. Il a \u00e9t\u00e9 \u00e9galement soutenu financi\u00e8rement, notamment par l\u2019Etat du Valais et la ville de Sierre, ce qui est une aubaine pour une premi\u00e8re cr\u00e9ation.<br \/>\nQuant aux diff\u00e9rences entre le fait de jouer en Valais ou ailleurs, je n\u2019en vois pas vraiment. J\u2019ai peut-\u00eatre l\u2019impression qu\u2019en Valais, les spectateurs n\u2019ont pas vraiment d\u2019<em>a priori<\/em> sur ce qu\u2019ils vont voir, ils restent assez ouverts \u00e0 tous types de propositions, sans se retrancher derri\u00e8re de pr\u00e9tendues r\u00e9f\u00e9rences. Je les sens curieux. En tout cas ceux qui se d\u00e9placent pour nous voir\u00a0!<\/p>\n<p><strong>BS<\/strong> : Et quel int\u00e9r\u00eat vois-tu au th\u00e9\u00e2tre en g\u00e9n\u00e9ral\u00a0?<\/p>\n<p><strong>MVV<\/strong> : Le th\u00e9\u00e2tre est un des derniers lieux o\u00f9 les gens se rassemblent pour ressentir des \u00e9motions ensemble. Un lieu tr\u00e8s utopique, donc, qui repose sur le collectif. C\u2019est ce qui fait sa force et sa beaut\u00e9. Pour moi c\u2019est d\u00e9j\u00e0 d\u2019une importance folle, de pouvoir se regrouper, se rassembler.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Basile Seppey . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12157,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[177],"class_list":["post-12213","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-basile-seppey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12213","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12213"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12213\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22769,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12213\/revisions\/22769"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12213"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12213"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12213"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}