{"id":12209,"date":"2018-01-12T09:23:27","date_gmt":"2018-01-12T08:23:27","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12209"},"modified":"2025-02-14T10:53:37","modified_gmt":"2025-02-14T09:53:37","slug":"il-te-va-bien-mon-sourire","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/il-te-va-bien-mon-sourire\/","title":{"rendered":"\u00ab\u00a0Il te va bien mon sourire\u00a0\u00bb"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Pi\u00e8ce de Mali Van Valenberg \/ Compte-rendu par Basile Seppey . <\/p><\/div>\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-mali-van-valenberg\/\">Entretien avec Mali Van Valenberg<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/barometre\/\">Texte de la pi\u00e8ce <em><em>Barom\u00e8tre<\/em><\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<figure id=\"attachment_12157\" aria-describedby=\"caption-attachment-12157\" style=\"width: 192px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\" wp-image-12157\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-180x200.jpg\" alt=\"\" width=\"192\" height=\"213\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-180x200.jpg 180w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1-153x170.jpg 153w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/mali_1-1.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 192px) 100vw, 192px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12157\" class=\"wp-caption-text\">Mali Van Valenberg<\/figcaption><\/figure>\n<p>Barom\u00e8tre<em> a \u00e9t\u00e9 publi\u00e9 dans <\/em>Le Courrier <em>du lundi 04 septembre 2017. Ce texte, republi\u00e9 ici, a \u00e9t\u00e9 produit dans le cadre d\u2019une r\u00e9sidence artistique de l\u2019auteure com\u00e9dienne \u00e0 l\u2019h\u00f4pital psychiatrique de Mal\u00e9voz. Elle y explore le rapport \u00e0 la norme et \u00e0 l\u2019alt\u00e9rit\u00e9.<\/em><\/p>\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un monologue qu\u2019une femme adresse \u00e0 une autre. Dans la didascalie liminaire, certaines indications de d\u00e9cors et de costumes sugg\u00e8rent la terrasse ou le jardin d\u2019une institution sanitaire. Les deux femmes se ressemblent. Elles sont v\u00eatues de mani\u00e8re identique et gravitent toutes deux entre les \u00ab\u00a0visiteurs\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0robes \u00e0 fleurs\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0visit\u00e9s\u00a0\u00bb en \u00ab\u00a0pyjamas\u00a0\u00bb. Des \u00ab\u00a0blouses\u00a0\u00bb \u00e9voquent le personnel soignant. Le texte semble questionner les tensions qui peuvent survenir lors d\u2019une rencontre dans un tel contexte entre deux personnes qui se connaissent, entre le \u00ab\u00a0blanc malade\u00a0\u00bb et les \u00ab\u00a0couleurs qui se la p\u00e8tent\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Si ce cadre invite \u00e0 la distinction entre \u00ab\u00a0visiteur\u00a0\u00bb et \u00ab\u00a0visit\u00e9\u00a0\u00bb, Mali Van Valenberg prend le parti de brouiller les pistes sur le plan de l\u2019\u00e9nonciation. La didascalie est assum\u00e9e par l\u2019une des deux femmes, tandis que le monologue qui suit est port\u00e9 par l\u2019autre personnage. Cette seconde femme tend \u00e0 s\u2019objectiver dans son discours, si bien qu\u2019on en vient \u00e0 se demander si c\u2019est d\u2019elle ou de son interlocutrice qu\u2019elle parle. Elle reprend mot \u00e0 mot certaines formulations de la didascalie, comme si elle savait ce que l\u2019autre avait dit, comme si elles ne faisaient qu\u2019une. Des remarques comme \u00ab\u00a0J\u2019essaie de nous convaincre\u00a0\u00bb ou \u00ab\u00a0il te va bien mon sourire\u00a0\u00bb diffusent aussi ce sentiment de flottement.<\/p>\n<p>On ne saura jamais laquelle est l\u2019intern\u00e9e, laquelle la visiteuse, si tant est qu\u2019il y en ait une. \u00c0 cet \u00e9gard le texte, avec beaucoup de finesse, donne voix \u00e0 une sorte de folie ordinaire, \u00e0 laquelle tout le monde s\u2019adonne plus ou moins intens\u00e9ment. La langue en est f\u00e9brile, elle donne le vertige en cherchant \u00e0 tout dire, mais n\u2019est jamais caricaturale\u00a0: la folie reste suppos\u00e9e.<\/p>\n<p>Il y a pourtant, entre elles, quelque chose \u00ab\u00a0qui n\u2019est pas d\u2019accord, quelque chose qui fait qu\u2019on n\u2019est pas tout \u00e0 fait \u00e0 l\u2019aise\u00a0\u00bb. Il semblerait que ce malaise soit d\u00fb surtout au cadre de leur rencontre\u00a0: \u00ab\u00a0tout ce blanc entre nous, \u00e7a d\u00e9cale forc\u00e9ment\u00a0\u00bb. Le barom\u00e8tre, ici, est l\u2019instrument capable de trancher entre les gens \u00e0 \u00ab\u00a0robe \u00e0 fleurs \u00bb et ceux qui doivent porter des \u00ab\u00a0pyjamas\u00bb\u00a0: il indique le taux d\u2019internabilit\u00e9\u00a0.<\/p>\n<p>Si la th\u00e9matique de l\u2019internement est difficile, l\u2019humour qui accompagne la mise en sc\u00e8ne de la folie d\u00e9dramatise. Il se d\u00e9cline parfois sur une modalit\u00e9 proche de celle du jeu de mot\u00a0comme lorsque \u00ab\u00a0incontinente\u00a0\u00bb am\u00e8ne \u00ab\u00a0continent\u00a0\u00bb et fonctionne un peu comme une soupape de d\u00e9compression.<\/p>\n<p>Avec <em>Barom\u00e8tre,<\/em> Mali Van Valenberg signe un texte courageux tant dans le sujet abord\u00e9 que dans son traitement de l\u2019\u00e9nonciation. On y est d\u2019abord bouscul\u00e9, on cherche des jalons, des bribes d\u2019histoires auxquelles se raccrocher. Puis les choses se mettent en place. Avec une \u00e9conomie de moyens dans la parole et peu d\u2019indices r\u00e9f\u00e9rentiels, on fait n\u00f4tre la voix de cette femme.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pi\u00e8ce de Mali Van Valenberg \/ Compte-rendu par Basile Seppey . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12157,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[177],"class_list":["post-12209","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-basile-seppey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12209","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12209"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12209\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22872,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12209\/revisions\/22872"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12157"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12209"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12209"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12209"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}