{"id":12198,"date":"2018-01-12T09:30:21","date_gmt":"2018-01-12T08:30:21","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12198"},"modified":"2025-02-14T10:51:57","modified_gmt":"2025-02-14T09:51:57","slug":"moliere-heros-tragique","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/moliere-heros-tragique\/","title":{"rendered":"Moli\u00e8re, h\u00e9ros tragique"},"content":{"rendered":"<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Pi\u00e8ce de Dominique Ziegler \/ Compte-rendu par Coralie Gil . <\/p><\/div>\n\n<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/coralie-gil\/\">Coralie Gil<\/a><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-dominique-ziegler\/\">Entretien avec Dominique Ziegler<\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/ombres-sur-moliere-extrait\/\">Extrait du texte de la pi\u00e8ce <em><em>Ombres sur Moli\u00e8re<\/em><\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<figure id=\"attachment_12151\" aria-describedby=\"caption-attachment-12151\" style=\"width: 200px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-12151\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/dominique-ziegler-6\u00a9-guillaume-megevand-1-500x500-200x200.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/dominique-ziegler-6\u00a9-guillaume-megevand-1-500x500-200x200.jpg 200w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/dominique-ziegler-6\u00a9-guillaume-megevand-1-500x500-170x170.jpg 170w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/dominique-ziegler-6\u00a9-guillaume-megevand-1-500x500.jpg 500w\" sizes=\"auto, (max-width: 200px) 100vw, 200px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12151\" class=\"wp-caption-text\">Dominique Ziegler<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Dans son texte <\/em>Ombres sur Moli\u00e8re<em>, Dominique Ziegler d\u00e9crit l\u2019intemporelle relation de l\u2019artiste avec le pouvoir en s\u2019int\u00e9ressant \u00e0 l\u2019affaire <\/em>Tartuffe<em>. Un hommage \u00e0 Moli\u00e8re et au th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/p>\n<p><strong>\u00ab\u00a0L\u2019action se d\u00e9roule dans une salle de th\u00e9\u00e2tre au\u00a0ch\u00e2teau de Versailles, en chantier.\u00a0\u00bb <\/strong><\/p>\n<p>Cette premi\u00e8re et quasi-unique didascalie du texte (les autres sont tr\u00e8s br\u00e8ves, elles indiquent les humeurs, les entr\u00e9es, les sorties des personnages) en dit d\u00e9j\u00e0 long sur l\u2019intrigue de la pi\u00e8ce. Moli\u00e8re croit poss\u00e9der sa libert\u00e9 d\u2019artiste, comme on poss\u00e8derait un ch\u00e2teau aux fondations solides, r\u00e9sistant au temps et prot\u00e9g\u00e9 des ennemis. Il se m\u00e9prend\u00a0: sa libert\u00e9 est \u00ab\u00a0en chantier\u00a0\u00bb, \u00e0 l\u2019image de la \u00ab\u00a0salle de th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb qui lui est pr\u00eat\u00e9e. Il outrepasse cette libert\u00e9 en \u00e9crivant <em>Tartuffe<\/em>; alors son monde s\u2019effrite, voire s\u2019effondre.<\/p>\n<p>Quand il s\u2019attaque aux faux-d\u00e9vots, \u00e0 l\u2019hypocrisie et plus largement \u00e0 l\u2019Eglise, Moli\u00e8re se trouve confront\u00e9 \u00e0 de vives r\u00e9actions, des menaces de ruine et de mort et m\u00eame le roi, son suppos\u00e9 protecteur, cesse de le soutenir. La libert\u00e9 de l\u2019artiste n\u2019est jamais totale. Pour que l\u2019\u0153uvre puisse \u00eatre lue, diffus\u00e9e ou jou\u00e9e, elle doit \u00eatre tacitement en accord avec les valeurs de la soci\u00e9t\u00e9. La probl\u00e9matique a encore une forte r\u00e9sonnance aujourd\u2019hui.<\/p>\n<p>Le lecteur plonge dans la vie de Moli\u00e8re, mise en abyme par Ziegler dans une pi\u00e8ce moli\u00e9resque. Le langage versifi\u00e9 l\u2019est \u00e0 la mani\u00e8re du dix-septi\u00e8me si\u00e8cle. L\u2019hypocrisie r\u00e9gnante et les promesses non-tenues dont font preuve les personnages dans la vie de Moli\u00e8re pr\u00e9sent\u00e9e ici rejoignent le sujet interdit du <em>Tartuffe. <\/em>Et tout se d\u00e9roule dans cette \u00ab\u00a0salle de th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb m\u00eame si les r\u00e9p\u00e9titions tardent \u00e0 commencer\u00a0dans ce \u00ab th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p>Hommage au th\u00e9\u00e2tre, ici, mais aussi hommage \u00e0 Moli\u00e8re lui-m\u00eame. Ziegler le donne \u00e0 voir comme col\u00e9rique et r\u00e9volt\u00e9, \u00e0 l\u2019image de certains personnages de ses pi\u00e8ces. Il est le metteur en sc\u00e8ne de <em>L\u2019Impromptu de Versailles<\/em> quand il s\u2019emporte contre ses com\u00e9diens, Alceste quand il a besoin de solitude pour \u00e9crire, Arnolphe de <em>L\u2019Ecole des Femmes <\/em>quand il \u00e9pouse la jeune Armande. Les pi\u00e8ces de Moli\u00e8re sont utilis\u00e9es comme des indices d\u2019un autoportrait. Ziegler y lit une autod\u00e9rision du dramaturge et en fait dans sa propre pi\u00e8ce un personnage \u00e0 la fois dr\u00f4le et attachant. Il est aussi Orgon, Moli\u00e8re se laisse en effet s\u00e9duire par son roi que tout d\u00e9signe implicitement pour \u00eatre le Tartuffe de l\u2019histoire racont\u00e9e par Ziegler.<\/p>\n<p>Moli\u00e8re attire la sympathie des spectateurs de th\u00e9\u00e2tre. Il est un mythe, un personnage fondateur de la tradition th\u00e9\u00e2trale fran\u00e7aise, aur\u00e9ol\u00e9 de son statut de classique, l\u2019anc\u00eatre lointain pour lequel tout le monde a un certain respect. Quand Dominique Ziegler en fait son personnage principal et le transforme en h\u00e9ros tragique, cela ne peut qu\u2019\u00e9mouvoir. Le format court de la pi\u00e8ce r\u00e9sume plusieurs ann\u00e9es en quelques actes. Les \u00e9v\u00e9nements s\u2019encha\u00eenent tr\u00e8s vite et le mauvais sort s\u2019accumule sur le malheureux. Il se fait beaucoup d\u2019ennemis, se retrouve seul contre tous et perd un enfant dans ce cours laps de temps. On se trouve face \u00e0 un martyr qui s\u2019est battu pour sa cause autant qu\u2019il lui \u00e9tait possible. Moli\u00e8re, pour Ziegler, est un militant politique acharn\u00e9. L\u2019int\u00e9r\u00eat de ce texte est de nous rendre contemporains de Moli\u00e8re par un autre biais que celui de ses pi\u00e8ces, en inventant l\u2019image d\u2019un artiste dans son \u00e9poque.<\/p>\n<p>Au lieu de mettre en sc\u00e8ne une adaptation de <em>Tartuffe<\/em>, Ziegler choisit d\u2019\u00e9crire sur Moli\u00e8re lui-m\u00eame, sur un certain combat qu\u2019il a eu \u00e0 mener dans sa vie. Ce qui int\u00e9resse Ziegler, c\u2019est l\u2019artiste et sa lutte au nom de la libert\u00e9. Cette libert\u00e9, id\u00e9alis\u00e9e, est fragile. Elle doit sans cesse \u00eatre reconquise.<\/p>","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Pi\u00e8ce de Dominique Ziegler \/ Compte-rendu par Coralie Gil . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12151,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38],"tags":[193],"class_list":["post-12198","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","tag-coralie-gil"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12198","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12198"}],"version-history":[{"count":4,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12198\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22868,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12198\/revisions\/22868"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12151"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12198"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12198"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12198"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}