{"id":12193,"date":"2018-01-12T09:48:47","date_gmt":"2018-01-12T08:48:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12193"},"modified":"2025-02-14T10:57:17","modified_gmt":"2025-02-14T09:57:17","slug":"entretien-avec-julie-gilbert","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-julie-gilbert\/","title":{"rendered":"Entretien avec Julie Gilbert"},"content":{"rendered":"<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thomas-flahaut\/\">Thomas Flahaut<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_12155\" aria-describedby=\"caption-attachment-12155\" style=\"width: 240px\" class=\"wp-caption alignright\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-12155\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Photo-Julie-\u00a9-LE-DUCK-300x250-240x200.jpg\" alt=\"Julie Gilbert (\u00a9 Le Duck)\" width=\"240\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Photo-Julie-\u00a9-LE-DUCK-300x250-240x200.jpg 240w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Photo-Julie-\u00a9-LE-DUCK-300x250-204x170.jpg 204w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Photo-Julie-\u00a9-LE-DUCK-300x250.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 240px) 100vw, 240px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-12155\" class=\"wp-caption-text\">Julie Gilbert (\u00a9 Le Duck)<\/figcaption><\/figure>\n<p>Un entretien autour de la pi\u00e8ce <em>Lettre au dealer de ma rue<\/em> \/ De Julie Gilbert \/ Le 14 d\u00e9cembre 2017 \/\u00a0<a href=\"https:\/\/m.lecourrier.ch\/150399\/julie_gilbert_monologue_pour_un_dealer_de_ma_rue\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<ul>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/ecritures-dramatiques-contemporaines-partenariat-avec-le-courrier-2\/\">Critique sur <em>Lettre au dealer de ma rue<\/em><\/a><\/li>\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/lettre-au-dealer-de-ma-rue\/\">Extrait du texte de la pi\u00e8ce <em>Lettre au dealer de ma rue<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n<p style=\"text-align: left\"><strong><br \/>\n<\/strong>LES MOTS, LE VOLCAN<br \/>\n<em style=\"font-size: 1rem\">Le 14 d\u00e9cembre 2017, dans un bar du quartier des Grottes, \u00e0 Gen\u00e8ve.<\/em><\/p>\n<p><strong>Thomas Flahaut, pour l&rsquo;Atelier critique (TF)<\/strong> : Dans ta <em>Lettre au dealer de ma rue, <\/em>une femme occidentale s\u2019adresse \u00e0 un \u00e9tranger. Le \u00ab\u00a0je\u00a0\u00bb se dessine dans le creux du\u00a0\u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb. Dans cette distance, la mani\u00e8re dont cette femme-l\u00e0 dit, se joue quelque chose de politique. Comment as-tu li\u00e9, dans l\u2019\u00e9criture, ta r\u00e9flexion formelle, par rapport \u00e0 des imp\u00e9ratifs politiques qui, peut-\u00eatre, pr\u00e9c\u00e8dent l\u2019\u00e9criture ? Pourquoi le choix de la lettre, d\u2019une forme aussi adress\u00e9e ?<\/p>\n<p><strong>Julie Gilbert (JG)<\/strong> : Le point de d\u00e9part est r\u00e9el, c\u2019est la cohabitation permanente avec les dealers qui sont en bas de chez moi, avec cet autre qui n\u2019est pas d\u00e9fini puisqu\u2019il ne cesse pas de changer. Ce n\u2019est jamais le m\u00eame dealer. Cet autre est ind\u00e9fini, mais il est noir, et il deale. De plus, il me reconna\u00eet. Il ne me propose jamais de drogue, il sait que je vis ici et prot\u00e8ge mon environnement. Je trouvais \u00e9trange cette esp\u00e8ce de proximit\u00e9 avec quelqu\u2019un que l\u2019on n\u2019identifie pas. J\u2019avais besoin de prendre la parole, mais je ne pouvais pas simplement m\u2019adresser \u00e0 lui. Le lendemain, le surlendemain, j\u2019aurais d\u00fb r\u00e9it\u00e9rer \u00e7a. La dimension \u00e9pistolaire, ce c\u00f4t\u00e9 injonctif vient de l\u00e0 : j\u2019essaie par la parole de savoir qui tu es, de savoir dans quelle situation nous sommes tous les deux. La dimension politique du texte, c\u2019est que cette situation est une m\u00e9taphore de la politique suisse. Une situation <em>a priori<\/em> hallucinante, mais qui ne pose pas de probl\u00e8me ici. La cohabitation des dealers et des enfants dans un m\u00eame espace, la cour d\u2019\u00e9cole et ses environs. Comme Fran\u00e7aise, j\u2019ai d\u2019abord \u00e9t\u00e9 outr\u00e9e, mais j\u2019\u00e9tais la seule. Alors j\u2019ai tent\u00e9 de comprendre. Je m\u2019adresse \u00e0 cet \u00eatre ind\u00e9fini, mais aussi \u00e0 la Suisse. J\u2019essayais de comprendre comment fonctionne la pens\u00e9e suisse par rapport \u00e0 l\u2019espace public.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : La soci\u00e9t\u00e9 a quand m\u00eame quelques suspicions. Tu racontes notamment l\u2019installation de cam\u00e9ras de surveillance. Justement, c\u2019est \u00e0 cette occasion qu\u2019une solidarit\u00e9 nouvelle s\u2019exprime, celle des r\u00e9sidents autour d\u2019un \u00ab\u00a0repr\u00e9sentant des dealers\u00a0\u00bb.<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : Il y a comme des sursauts. Je parle surtout de Gen\u00e8ve, des P\u00e2quis o\u00f9 j\u2019ai toujours v\u00e9cu ici. C\u2019est un quartier qui est double, \u00e0 la fois un terrain de jeu pour la Suisse romande, o\u00f9 on deale beaucoup, et un quartier dans lequel vivent des familles dont les enfants vont \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Dans les grilles de l\u2019\u00e9cole, les dealers cachent de l\u2019ecstasy. Ces gars qui tra\u00eenent pr\u00e8s de l\u2019\u00e9cole ne viennent jamais emmerder les m\u00f4mes. Au contraire, ils surveillent mes enfants. Ce qui se joue, c\u2019est au-del\u00e0 de la morale. Ces dealers arrivent d\u2019endroits o\u00f9 ils ont une famille, une structure de vie. Ils ne peuvent pas faire autre chose. Pour moi, ce texte est aussi une r\u00e9ponse \u00e0 toutes les violences \u00e0 l\u2019encontre des \u00e9trangers, en Suisse et en Europe. Rappeler que derri\u00e8re les st\u00e9r\u00e9otypes, il se passe des choses beaucoup plus complexes.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : C\u2019est ce que tu fais en amenant le personnage du repr\u00e9sentant des dealers. J\u2019observe avec lui une forme de retournement de la figure n\u00e9gative du migrant v\u00e9hicul\u00e9e par des m\u00e9dias sensationnalistes. Le migrant, dans ce discours dominant, fait peur. L\u2019opinion lui donne un pouvoir politique, celui de nuire. Ce repr\u00e9sentant des dealers, tu lui donnes une capacit\u00e9 politique positive, celle de penser avec les autres r\u00e9sidents le devenir de son quartier.<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : Il y a quelque chose d\u2019utopique ici.\u00a0 Je ne sais pas comment \u00e7a s\u2019est pass\u00e9. Les dealers se r\u00e9unissent et d\u00e9signent un repr\u00e9sentant pour l\u2019assembl\u00e9e de quartier, pour dire qu\u2019ils sont contre l\u2019installation de cam\u00e9ras de vid\u00e9osurveillance. Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est la capacit\u00e9 de repenser un espace commun sur des bases pragmatiques et non morales. La dimension utopique, c\u2019est d\u2019imaginer comment on peut imaginer de nouvelles mani\u00e8res de cohabiter.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : Le r\u00f4le du texte litt\u00e9raire est donc d\u2019abord de r\u00e9v\u00e9ler une hypocrisie, de dire que les gens n\u00e9gocient d\u00e9j\u00e0 dans cet espace commun qu\u2019est le quartier, malgr\u00e9 la morale dominante. Cela peut-\u00eatre aussi d\u2019appeler \u00e0 aller plus loin dans ces utopies qui sont d\u00e9j\u00e0 en germe ?<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : Souvent dans mon \u00e9criture, j\u2019ai un double mouvement contradictoire. D\u2019un c\u00f4t\u00e9, je suis horrifi\u00e9e qu\u2019il y ait de la dope dans les pr\u00e9aux. Et de l\u2019autre, je sais tr\u00e8s bien que ce ne sont pas les dealers qui sont responsables de cette situation, qu\u2019ils tentent au contraire de faire au mieux. Mon adresse, elle est \u00e0 la soci\u00e9t\u00e9. Je tente de poser cette question : comment donner la possibilit\u00e9 \u00e0 des gens comme eux de faire autre chose que vendre de la drogue ? En Suisse, \u00e7a semble in\u00e9luctable : tu es un clandestin, noir, alors tu vends de la drogue. Pour moi, c\u2019\u00e9tait primordial que ce texte ne puisse pas \u00eatre r\u00e9cup\u00e9r\u00e9 par des anti-\u00e9trangers. Lorsqu\u2019il y a quelques ann\u00e9es, les r\u00e9fugi\u00e9s ont commenc\u00e9 \u00e0 affluer, j\u2019ai cru que c\u2019\u00e9tait une chance pour notre soci\u00e9t\u00e9. Que cela nous pousserait \u00e0 changer. Aujourd\u2019hui, devant la violence avec laquelle on traite ces gens, je suis tr\u00e8s pessimiste.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : Dans ton texte, ce que tu nommais \u00ab\u00a0utopie\u00a0\u00bb l\u2019emporte sur ce pessimisme. La soci\u00e9t\u00e9 permet \u00e0 ces hommes d\u2019\u00eatre des hommes qui choisissent, participent \u00e0 la vie de la communaut\u00e9. Dans ton texte, le \u00ab\u00a0Je\u00a0\u00bb occidental tente de ne jamais \u00e9craser le \u00ab\u00a0tu\u00a0\u00bb de l\u2019\u00e9tranger. Mais pourquoi, sp\u00e9cifiquement, avoir choisi l\u2019\u00e9criture th\u00e9\u00e2trale, pas la prose ou une autre forme, pour tenter \u00e7a ?<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : Je dis mes textes. L\u2019id\u00e9e que la parole puisse \u00eatre prise en charge par par une com\u00e9dienne ou un com\u00e9dien ne se pose pas. Il y a ma col\u00e8re d\u2019abord, c\u2019est de l\u00e0 que \u00e7a part. Le fait de pouvoir dire un texte, c\u2019est comme une prise de position politique. Je d\u00e9finis mon geste plut\u00f4t comme une prise de parole devant la cit\u00e9, que comme th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : Comme ces gens qui prennent la parole sur des bancs publics dans un coin de Hyde Park ?<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : Il y a quelque chose de cette dimension-l\u00e0. Ces derni\u00e8res ann\u00e9es, j\u2019ai \u00e9crit plusieurs monologues de ce genre. C\u2019est une mani\u00e8re de dialoguer avec des choses qui me r\u00e9voltent. Je ne vois pas d\u2019autre forme pour faire cela. Je tente toujours partir de moi pour aller vers l\u2019autre. C\u2019est ce chemin que je fais dans l\u2019\u00e9criture. C\u2019est pour moi l\u2019endroit le plus juste pour raconter ce que j\u2019ai \u00e0 raconter.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : Quels autres textes ?<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> :<em> J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 avoir un flingue, <\/em>sur une lanceuse d\u2019alerte, que j\u2019ai lu aux <em>Intr\u00e9pides, <\/em>ce printemps \u00e0 Avignon. Dans <em>Outrage ordinaire, <\/em>un texte que j\u2019ai \u00e9crit sur la migration, il y avait d\u00e9j\u00e0 ce principe d\u2019adresse. Mais il \u00e9tait plus po\u00e9tique. Je partais toujours de moi, l\u2019Occidentale, pour aller explorer l\u2019autre, l\u2019\u00e9tranger. Mais cet autre \u00e9tait ind\u00e9fini. <em>La lettre au dealer de ma rue <\/em>et <em>J\u2019aurais pr\u00e9f\u00e9r\u00e9 avoir un flingue <\/em>d\u00e9crivent des personnes et des situations r\u00e9elles. Ce qui m\u2019int\u00e9resse c\u2019est aussi la dimension documentaire. Je pars de la r\u00e9alit\u00e9. <em>Lettre au dealer de ma rue <\/em>a \u00e9t\u00e9 \u00e9crit alors que j\u2019\u00e9tais \u00e0 Avignon, \u00e0 pr\u00e9parer une r\u00e9sidence en Guin\u00e9e avec Hakim Bah. Hakim voulait que tout le monde \u00e9crive sur la migration. Il nous a montr\u00e9 un film, un<em> Passe-moi les jumelles<\/em> qui \u00e9tait tourn\u00e9 dans ma rue. C\u2019\u00e9tait l\u2019histoire d\u2019un Guin\u00e9en qui acceptait l\u2019aide au retour. On le voit dormir dans le parking derri\u00e8re mon immeuble, tra\u00eener pr\u00e8s du pr\u00e9au. Cet homme avait une identit\u00e9, ce qui m\u2019a permis de m\u2019adresser \u00e0 lui dans mon \u00e9criture. \u00c7a me permettait d\u2019\u00eatre reli\u00e9e \u00e0 une r\u00e9alit\u00e9. Ces textes sont chevill\u00e9s au r\u00e9el. J\u2019essaye de pousser jusqu\u2019au bout les images. Pour voir si \u00e7a grince, si on supporte.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : Une volont\u00e9 de cr\u00e9er un choc ?<\/p>\n<p><strong>JG<\/strong> : De secouer. Un ami dit : \u00ab\u00a0tes textes, c\u2019est comme des volcans. \u00c7a commence tout doux, tout doux et puis d\u2019un coup, on se le prend dans la gueule\u00a0\u00bb. Ce qui m\u2019int\u00e9resse, c\u2019est ce moment o\u00f9 ces choses habituelles, ces images, deviennent d\u00e9rangeantes, provoquent quelque chose.<\/p>\n<p><strong>TF<\/strong> : En lisant, je voyais ton \u00e9criture se chauffer, aller petit \u00e0 petit vers cette extr\u00e9mit\u00e9 dont tu parles. Est-ce que ce moment-l\u00e0 te surprend toi-m\u00eame pendant l\u2019\u00e9criture ? Est-ce que tu le cherches ?<\/p>\n<p><strong>\u00a0JG<\/strong> : C\u2019est vraiment pour \u00e7a que j\u2019\u00e9cris.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Thomas Flahaut . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12155,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[192],"class_list":["post-12193","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-thomas-flahaut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12193","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12193"}],"version-history":[{"count":3,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12193\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22877,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12193\/revisions\/22877"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12155"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12193"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12193"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12193"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}