{"id":12181,"date":"2018-01-12T09:52:09","date_gmt":"2018-01-12T08:52:09","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12181"},"modified":"2025-02-14T10:50:15","modified_gmt":"2025-02-14T09:50:15","slug":"entretien-avec-luisa-campanile","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/entretien-avec-luisa-campanile\/","title":{"rendered":"Entretien avec Luisa Campanile"},"content":{"rendered":"\n<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/lucien-zuchuat\/\">Lucien Zuchuat<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>Un entretien autour de la pi\u00e8ce <em>Le Projet<\/em> \/ De Luisa Campanile \/ Le 8 d\u00e9cembre 2017 \/&nbsp;<a href=\"https:\/\/www.lecourrier.ch\/152769\/luisa_campanile_le_projet\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image wp-image-12274\">\n<figure class=\"alignright\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"159\" height=\"159\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/luisa_campanile.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12274\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">Luisa Campanile<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n\n\n\n<ul class=\"wp-block-list\">\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/chez-ces-gamins-la\/\">Critique sur <em>Le Projet<\/em><\/a><\/li>\n\n\n\n<li><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/le-projet-extrait\/\">Extrait du texte de la pi\u00e8ce <em>Le Projet<\/em><\/a><\/li>\n<\/ul>\n\n\n\n<p><strong><br>Lucien Zuchuat, pour l\u2019Atelier Critique (LZ)&nbsp;<\/strong>: Votre pi\u00e8ce s\u2019ouvre et se termine dans une salle&nbsp;de classe. Pourquoi avoir inscrit l\u2019\u00e9cole au centre de votre r\u00e9flexion ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Luisa Campanile (LC)&nbsp;<\/strong>: Je suis moi-m\u00eame enseignante et je ne peux que constater, et regretter, le lent d\u00e9mant\u00e8lement de l\u2019\u00c9tat, la mont\u00e9e des in\u00e9galit\u00e9s sociales dont l\u2019\u00e9cole se fait la vitrine. Aujourd\u2019hui, j\u2019ai l\u2019impression que l\u2019on forme des citoyens \u00e0 jeter. Et ce sentiment est exacerb\u00e9 chez les adolescents qui, tout en ayant une pulsion de vie fantastique, se retrouvent en proie \u00e0 un monde, celui des adultes, aux codes complexes. Cette p\u00e9riode de la vie est une p\u00e9riode charni\u00e8re d\u00e9licate, faite de paradoxes de plus en plus forts, car la pression \u00e9conomique est aujourd\u2019hui de plus en plus \u00e9norme, omnipr\u00e9sente. Et l\u2019\u00e9cole cristallise ces tensions; \u00e7a me semble donc \u00eatre le lieu id\u00e9al o\u00f9 interroger notre rapport aux autres, la fragilit\u00e9 de nos relations, mais aussi la validit\u00e9 de nos valeurs&nbsp;: si dans ma pi\u00e8ce, de nombreux \u00e9l\u00e8ves n\u2019assistent plus au cours de Marie, c\u2019est que le d\u00e9calage est r\u00e9el entre ce que v\u00e9hicule l\u2019enseignement, les b\u00e9n\u00e9fices \u00e0 en tirer, et les besoins imm\u00e9diats, concrets des \u00e9l\u00e8ves. \u00catre enseignant, c\u2019est porter la responsabilit\u00e9 de la transmission. Dans cette pi\u00e8ce, justement, je pose la question&nbsp;du mod\u00e8le de soci\u00e9t\u00e9 que nous souhaitons laisser aux g\u00e9n\u00e9rations futures.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : En quoi le th\u00e9\u00e2tre peut-il incarner cet espace de transition et de transmission&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC&nbsp;:<\/strong> Pour moi, le th\u00e9\u00e2tre a une vocation sociale. Le th\u00e9\u00e2tre met sur sc\u00e8ne nos repr\u00e9sentations int\u00e9rieures, qu\u2019elles soient politiques, \u00e9conomiques, familiales, intimes, etc. Le th\u00e9\u00e2tre est donc forc\u00e9ment un art \u00ab&nbsp;de liens&nbsp;\u00bb, car dans la foule de ces repr\u00e9sentations, je remarque que nous ne sommes jamais seuls.&nbsp; Adolescente, j\u2019ai \u00e9t\u00e9 fascin\u00e9e par les pi\u00e8ces de Brecht et je garde une vive \u00e9motion d\u2019une captation de <em>M\u00e8re Courage<\/em>, celle donn\u00e9e par le Berliner Ensemble. Aujourd\u2019hui, les r\u00e9f\u00e9rents et enjeux soci\u00e9taux ayant chang\u00e9, il faut \u00e0 mon avis que la dramaturgie interroge diff\u00e9remment la soci\u00e9t\u00e9. Personnellement, je ressens la n\u00e9cessit\u00e9 de mettre en lumi\u00e8re ce qui nous arrive. Dans mon impulsion d\u2019\u00e9criture, je pars du quotidien, car j\u2019ai besoin de comprendre ou du moins de mettre en trois dimensions ce qui me semble peu clair, peu \u00e9vident. J\u2019esp\u00e8re ainsi engager une r\u00e9flexion.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : On sent bien, en vous \u00e9coutant, qu\u2019\u00e0 travers un questionnement sur l\u2019\u00e9ducation, votre pi\u00e8ce ambitionne d\u2019interroger notre rapport au monde capitaliste. Vers la fin de votre pi\u00e8ce d\u2019ailleurs, un personnage du nom de Pierre D\u00fcrr d\u00e9barque dans l\u2019\u00e9cole pour y vanter une nouvelle m\u00e9thode d\u2019enseignement qu\u2019il dit plus efficace, plus optimale, usant d\u2019un vocabulaire n\u00e9olib\u00e9ral qui agace Marie. Peut-on dire que votre texte est engag\u00e9&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: Oui. Et d\u2019ailleurs la premi\u00e8re question qui se pose par rapport \u00e0 cette pi\u00e8ce, c\u2019est de savoir \u00e0 quel public elle s\u2019adresse. Puisqu\u2019elle met en sc\u00e8ne des adolescents, on pense tout de suite \u00e0 une pi\u00e8ce pour les jeunes. Mais elle s\u2019adresse \u00e0 un public plus large, car j\u2019interroge justement le lien entre les g\u00e9n\u00e9rations. Parler des adolescents, de l\u2019\u00e9cole, est un pr\u00e9texte pour parler de notre folie furieuse, de notre course vers l\u2019avant. Le personnage de Marie porte cette critique. Dans cette soci\u00e9t\u00e9 de la performance et du Big Brother, Marie n\u2019entre dans aucune case. Tous comme les ados d\u2019ailleurs\u2026 d\u2019o\u00f9 leur difficult\u00e9 \u00e0 s\u2019approprier les codes de ce monde dont la valeur centrale reste le travail. Marie est pleine de bonnes intentions, elle a encore ce qu\u2019on appelle une vocation sociale. Mais elle est d\u00e9pass\u00e9e par ce qui l\u2019entoure&nbsp;: ses m\u00e9thodes d\u2019enseignement ne sont pas orthodoxes, elle ne comprend pas son fils, etc. Ce sentiment d\u2019impuissance est son drame int\u00e9rieur, le moteur tragique de la pi\u00e8ce. Mais c\u2019est aussi ce qui la rend authentique. Je voulais un personnage qui soit humain.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : Le fait que votre h\u00e9ro\u00efne soit une femme rel\u00e8ve-t-il aussi de l\u2019engagement&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: Oui, c\u2019est certain. Mais Marie est une anti-h\u00e9ro\u00efne. Je ne voulais pas une battante, une femme engag\u00e9e dans le sens politique du terme. Marie incarne l\u2019\u00e9nergie f\u00e9minine dans le sens du \u00ab&nbsp;prendre soin&nbsp;\u00bb, qui tient de la joie \u00e0 \u00eatre ensemble, une \u00e9nergie tr\u00e8s vitalisante pour qui l\u2019exprime et aussi pour qui en b\u00e9n\u00e9fice. Notre soci\u00e9t\u00e9, \u00e0 mon avis, brime cette force. C\u2019est une immense perte pour notre humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : Et ces valeurs sont perceptibles dans la relation que Marie entretient avec son fils, MonC\u0153urx2. D\u2019o\u00f9 vient ce nom d\u2019ailleurs&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: Son pr\u00e9nom se lit \u00ab Mon c\u0153ur&nbsp;puissance 2&nbsp;\u00bb. Cela renvoie \u00e0 la bombe atomique, \u00e0 la logique exponentielle de propagation de ses ondes de mort. Sauf que dans ce cas-l\u00e0, il s\u2019agit d\u2019ondes de vie, de l\u2019\u00e9nergie et de l\u2019amour de l\u2019enfance qu\u2019on a tendance \u00e0 perdre en route. MCx2 est un personnage \u00e9trange, d\u00e9cal\u00e9 comme peuvent l\u2019\u00eatre les enfants pr\u00e9coces, et dont le franc-parler met en \u00e9vidence la difficult\u00e9 \u00e0 \u00eatre des adultes. Il appara\u00eet sans qu\u2019on sache trop comment ni pourquoi dans la salle de classe de Marie de sorte qu\u2019en tant que spectateur, on ne sait plus si le r\u00e9cit rel\u00e8ve de la r\u00eaverie, du souvenir ou du r\u00e9el. Il entretient avec Marie un lien qui d\u00e9passe les param\u00e8tres spatio-temporels classiques. Quoiqu\u2019il en soit, tout comme l\u2019\u00e9nergie f\u00e9minine du \u00ab&nbsp;prendre soin&nbsp;\u00bb dont nous parlions tout \u00e0 l\u2019heure, l\u2019\u00e9nergie innocente et libre qu\u2019incarne MCx2 est une charge d\u2019espoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LZ&nbsp;<\/strong>: Les adultes, de leur c\u00f4t\u00e9, semblent avoir succomb\u00e9 \u00e0 ces logiques d\u2019oppression.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: Oui, en partie. Marie est un personnage en creux. Elle ne se sent plus en ad\u00e9quation avec un monde de plus en plus exigeant et individualiste. Certes, elle a un id\u00e9al&nbsp;: elle croit en la vocation de la culture, mais elle sent bien que la culture ne fait pas le poids face aux n\u00e9cessit\u00e9s \u00e9conomiques, aux probl\u00e8mes mat\u00e9riels. Du coup, elle ne se sent plus l\u00e9gitime dans son r\u00f4le d\u2019enseignante. \u00c0 deux doigts du <em>burn-out<\/em>, elle cherche tant bien que mal \u00e0 ne pas se laisser emporter par la d\u00e9pression du monde. Son mari, lui, a d\u00e9j\u00e0 abandonn\u00e9&nbsp;: il s\u2019est retir\u00e9, n\u2019arrivant plus \u00e0 suivre. En \u00e9crivant ma pi\u00e8ce, je ne cherchais pas \u00e0 d\u00e9sesp\u00e9rer le spectateur, ni \u00e0 attirer ses bons sentiments. Oui, mes personnages sont d\u00e9poss\u00e9d\u00e9s de leur \u00e9nergie de vie. Oui, je me situe du c\u00f4t\u00e9 des perdants. Mais je tiens \u00e0 ce qu\u2019ils restent lucides quant \u00e0 leur \u00e9tat et aux enjeux qui les pi\u00e8gent pour qu\u2019ils puissent t\u00e9moigner de ce qui leur arrive.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LZ&nbsp;<\/strong>: Pour autant, cela ne veut pas dire que tout est d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. La fin de la pi\u00e8ce est surprenante \u00e0 cet \u00e9gard&nbsp;: Marie agit violemment en frappant un \u00e9l\u00e8ve, comme si les vannes de la frustration s\u2019ouvraient soudain.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: C\u2019est qu\u2019elle est attaqu\u00e9e en premier lieu. Giuseppe, tout juste vir\u00e9 de son stage, vient la trouver \u00e0 l\u2019\u00e9cole. Et, comme cela arrive souvent chez les adolescents, il d\u00e9verse sa col\u00e8re sur une personne qu\u2019il appr\u00e9cie. Giuseppe brutalise Marie&nbsp;; elle se d\u00e9fend. Mais en m\u00eame temps, elle sait qu\u2019en s\u2019en prenant physiquement \u00e0 son \u00e9l\u00e8ve, elle sera renvoy\u00e9e de l\u2019\u00e9cole et qu\u2019il pourra, lui, profiter de sa position de victime pour r\u00e9cup\u00e9rer un stage. C\u2019est une forme d\u2019ultime sacrifice. Mais y avait-il, sinc\u00e8rement, une autre issue pour Marie&nbsp;? Pour le moment, je n\u2019arrive pas \u00e0 imaginer autre chose. Peut-\u00eatre que je lui ai demand\u00e9 de faire avec la violence de notre temps.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : La po\u00e9sie tient une place \u00e0 part dans votre pi\u00e8ce&nbsp;: les \u00e9l\u00e8ves citent du Walt Whitman, MCx2 r\u00e9dige un court po\u00e8me. Cette forme d\u2019\u00e9criture repr\u00e9sente-t-elle une voie de secours&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: L\u2019h\u00e9g\u00e9monie de la rapidit\u00e9, de la parole d\u2019ostentation a entam\u00e9 notre capacit\u00e9 au recul, \u00e0 la gratuit\u00e9. Il me semble qu\u2019il est important d\u2019ouvrir un espace psychique dans lequel on peut se retirer, se relier \u00e0 soi, des bulles \u00e0 partir desquelles interroger le monde. La po\u00e9sie est ce bercement qui permet aux personnages de se retrouver, de prendre du recul sur ce qui les entoure. Mais j\u2019avoue que je suis encore \u00e0 la recherche de la bonne forme. Je doute beaucoup lorsque j\u2019\u00e9cris et je me r\u00e9jouis de voir si ma pi\u00e8ce passera l\u2019\u00e9preuve de la sc\u00e8ne. Vous savez qu\u2019en tant que personne de la deuxi\u00e8me g\u00e9n\u00e9ration de migrants, je n\u2019ai pas de relation forte \u00e0 la langue d\u2019un territoire. Alors, j\u2019invente et j\u2019occupe la langue de l\u2019entre-deux. Je cr\u00e9e, mais avec des doutes. M\u00eame quand je me parle, j\u2019ai l\u2019impression de faire des fautes (rires). En bref, il n\u2019y a pas d\u2019\u00e9vidence dans la langue, surtout si l\u2019on se trouve en conflit avec le mod\u00e8le de l\u2019\u00e9cole. C\u2019est le cas des adolescents que ma pi\u00e8ce repr\u00e9sente. Dans le choix de leur langue, je voulais m\u2019\u00e9loigner du r\u00e9alisme, des \u00ab&nbsp;chelou&nbsp;\u00bb, et autres \u00ab&nbsp;v\u00e9ner&nbsp;\u00bb. Je tenais \u00e0 \u00e9viter toute stigmatisation par la parole, \u00e0 sortir des ghettos. Il me fallait leur donner une langue \u00e0 eux, une langue \u00e9trange, \u00e0 inventer donc.<\/p>\n\n\n\n<p><b>LZ<\/b> : Derni\u00e8re question&nbsp;: comment avez-vous choisi le titre de votre pi\u00e8ce&nbsp;? \u00ab&nbsp;Le&nbsp;Projet&nbsp;\u00bb pour d\u00e9crire un monde qui en semble priv\u00e9, c\u2019est pour le moins ironique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>LC<\/strong>&nbsp;: Je voulais un truc banal, du genre jargon n\u00e9olib\u00e9ral&nbsp;: \u00ab&nbsp;Quel est ton <em>projet<\/em> de carri\u00e8re&nbsp;? ton <em>projet<\/em> de vacances&nbsp;?&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Votre probl\u00e8me de couple vient du fait que vous n\u2019avez pas le m\u00eame <em>projet<\/em>\u00bb. Aujourd\u2019hui, la langue du management a colonis\u00e9 notre vie int\u00e9rieure. Et puis paradoxalement, ce mot de \u00ab&nbsp;projet&nbsp;\u00bb r\u00e9v\u00e8le une b\u00e9ance&nbsp;: pour la plupart des individus, se projeter est anxiog\u00e8ne. C\u2019est m\u00eame devenu un luxe&nbsp;; seuls quelques chanceux, au sommet de la hi\u00e9rarchie sociale, peuvent regarder l\u2019avenir avec s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 et faire des projets pour les dix prochaines ann\u00e9es. Je voulais un titre qui r\u00e9unisse l\u2019id\u00e9e de pr\u00e9carit\u00e9, avan\u00e7ant masqu\u00e9e, et l\u2019illusion de la toute-puissance qu\u2019offre le mod\u00e8le n\u00e9o-lib\u00e9ral. Enfin, je cherchais \u00e0 distinguer projets et r\u00eaves, ces derniers instaurant une autre temporalit\u00e9, bien \u00e9loign\u00e9e de celles des objectifs \u00e0 atteindre. Je crois que l\u2019impact de l\u2019\u00e9conomie sur le r\u00e9el et le langage nous emmerde profond\u00e9ment. Alors je cherche le r\u00eave. Mon projet.<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par Lucien Zuchuat . <\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12274,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[1],"tags":[197],"class_list":["post-12181","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-entretien","tag-lucien-zuchuat"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12181","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12181"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12181\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":22865,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12181\/revisions\/22865"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12181"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12181"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12181"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}