{"id":12162,"date":"2018-01-11T10:44:32","date_gmt":"2018-01-11T09:44:32","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12162"},"modified":"2025-02-09T17:47:45","modified_gmt":"2025-02-09T16:47:45","slug":"cold-blood","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2018\/01\/cold-blood\/","title":{"rendered":"Cold Blood"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Cold Blood<\/h2>\n\n\n<p><em>Cold Blood<\/em> \/ Cin\u00e9matographie de Jaco Von Dormael \/ Chor\u00e9graphie de Michelle Anne De Mey \/ Texte de Thomas Gunzig \/ du 9 janvier au 3 f\u00e9vrier 2018 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ Critique par Roberta Alberico.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeux de mains<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 janvier 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/roberta-alberico\/\">Roberta Alberico<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"682\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-1024x682.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12160\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-1024x682.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2018\/01\/csm_JulienLambert_29052015-_JL_0504_76a7e6d340.jpg 1400w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Julien Lambert<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Apr\u00e8s&nbsp;<\/em>Kiss and Cry<em>, Michelle Anne De Mey, Jaco Von Dormael et le collectif Kiss and Cry proposent un nouveau spectacle m\u00ealant th\u00e9\u00e2tre, performance, cin\u00e9ma et nano-danse. La proposition peut para\u00eetre saugrenue : sept morts diff\u00e9rentes sont racont\u00e9es avec, pour actrices, une s\u00e9rie de mains film\u00e9es en gros plan et rediffus\u00e9es en direct sur un \u00e9cran surplombant la sc\u00e8ne. C\u2019est avant tout la prouesse technique qui laisse bouche b\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au XVII<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle, l\u2019\u00e9crivain et scientifique Fontenelle fait sienne l\u2019id\u00e9e selon laquelle, sur un plan m\u00e9taphysique, le monde serait comparable \u00e0 un th\u00e9\u00e2tre. Tout comme la machinerie invisible derri\u00e8re la sc\u00e8ne \u00ab&nbsp;fait croire&nbsp;\u00bb aux spectateurs qu\u2019un personnage vole, l\u2019esprit humain s\u2019ing\u00e9nie \u00e0 comprendre les forces qui actionnent le r\u00e9el. Apr\u00e8s avoir longtemps expliqu\u00e9 les \u00e9clairs par la volont\u00e9 des dieux, les hommes ont d\u00e9couvert la cha\u00eene causale presque m\u00e9canique \u00e0 l\u2019origine de ces ph\u00e9nom\u00e8nes \u00e9lectriques. Sommes-nous pour autant d\u00e9senchant\u00e9s&nbsp;? se demandait-il alors, avant de conclure avec optimisme que conna\u00eetre la machinerie de la nature n\u2019enl\u00e8ve rien \u00e0 l\u2019\u00e9merveillement que nous procure le spectacle du monde.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est justement dans l\u2019incroyable machinerie illusionniste que r\u00e9side tout l\u2019int\u00e9r\u00eat du spectacle&nbsp;<em>Cold Blood<\/em>. Car les performeurs de ne cachent rien \u00e0 leur public. Le dispositif est le m\u00eame que pour leur pr\u00e9c\u00e9dente cr\u00e9ation&nbsp;<em>Kiss and Cry&nbsp;<\/em>: sur la sc\u00e8ne s\u2019active une \u00e9quipe compos\u00e9e de r\u00e9alisateurs, cam\u00e9ramens, nano-danseurs (seules leurs mains dansent) et \u00e9clairagistes alors que sur l\u2019\u00e9cran suspendu au-dessus de la sc\u00e8ne appara\u00eet le film, tourn\u00e9 en direct, dont les actrices sont les mains film\u00e9es en gros plan.<br>La performance est donc double&nbsp;: d\u2019une part il y a le long-m\u00e9trage qui fait \u0153uvre \u00e0 lui seul, et d\u2019autre part, il y a l\u2019activit\u00e9 technique et cr\u00e9ative de l\u2019\u00e9quipe de r\u00e9alisation, juste sous l\u2019\u00e9cran, prouesse performative. Ce&nbsp;<em>making of<\/em>&nbsp;est esth\u00e9tis\u00e9&nbsp;: la composition spatiale et les jeux de lumi\u00e8res font de la sc\u00e8ne un tournage-performance. Une cam\u00e9rawoman met en mouvement ses prises de vue avec l\u2019allure d\u2019une danseuse, pendant que les maquettes, les d\u00e9cors miniatures et les autres dispositifs filmiques (maquettes, cam\u00e9ras, rails) sortent d\u2019une brume presque constante qui nous immerge dans le laboratoire d\u2019un prestidigitateur.<\/p>\n\n\n\n<p>Tous les performeurs sont en symbiose&nbsp;: lorsque l\u2019un d\u2019entre eux remue le bras, les mouvements des autres lui r\u00e9pondent comme sous l\u2019effet d\u2019une causalit\u00e9 m\u00e9canique. Au signal, tandis que l\u2019un va remuer l\u2019eau d\u2019un bac (pour figurer des explosions flamboyantes \u00e0 l\u2019\u00e9cran), l\u2019autre commence \u00e0 faire valser sensuellement ses doigts sur un poteau de&nbsp;<em>pole-dance<\/em>. &nbsp;Un langage presque secret s\u2019\u00e9labore dans les gestes.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ing\u00e9niosit\u00e9, qui ne peut qu\u2019\u00e9merveiller, soutient un r\u00e9cit qui en lui-m\u00eame laissera peut-\u00eatre plus indiff\u00e9rent.&nbsp;<em>Cold Blood&nbsp;<\/em>raconte en voix off, \u00e0 la deuxi\u00e8me personne du pluriel, sept r\u00e9cits structurellement identiques. Sept personnages meurent, pour des raisons plus ou moins burlesques, et sept fois aussi nous est montr\u00e9e la derni\u00e8re image qui les hante avant de dispara\u00eetre. Le th\u00e8me de l\u2019ultime vision est astucieux puisqu\u2019il offre \u00e0 l\u2019\u00e9quipe de r\u00e9alisation un terrain d\u2019exp\u00e9rimentation visuelle fertile et qu\u2019il permet d\u2019acc\u00e9der imm\u00e9diatement, sur l\u2019\u00e9cran l\u00e9g\u00e8rement incurv\u00e9, aux images qui hantent les protagonistes. Ce qu\u2019ils voient avant de mourir, nous le voyons directement.<br>Paradoxalement, l\u2019iconographie du film, satur\u00e9e de r\u00e9f\u00e9rences cin\u00e9matographiques am\u00e9ricaines, \u00e0 force de vouloir&nbsp;<em>faire&nbsp;<\/em>cin\u00e9ma, \u00e9chafaude finalement des visuels d\u00e9j\u00e0 vus sans vraiment en proposer de nouveaux. S\u2019agissait-il, en reprenant les codes du cin\u00e9ma dominant, de souligner l\u2019omnipr\u00e9sence de l\u2019illusion dans nos habitudes (t\u00e9l\u00e9)visuelles ? Peut-\u00eatre. Aucune gradation ne semble en tout cas organiser les sept histoires et l\u2019on ne saisit pas bien ce qui motive l\u2019encha\u00eenement des morts ni m\u00eame si la pi\u00e8ce cherche \u00e0 nous dire quelque chose, \u00e0 rebours, de la vie ou de nous-m\u00eames. Par moment, le texte semble davantage constituer un pr\u00e9texte qu\u2019\u00eatre en symbiose v\u00e9ritable avec le cin\u00e9ma et la danse. On regrettera peut-\u00eatre que ce r\u00e9cit adopte cette structure r\u00e9p\u00e9titive, qui ne surprend jamais.<\/p>\n\n\n\n<p>En d\u00e9pit de tout cela, Fontenelle avait raison&nbsp;: nous n\u2019ignorons rien de la machinerie, nous savons pertinemment et voyons clairement que le trucage du r\u00e9el fabrique l\u2019image et pourtant, nous sommes immerg\u00e9s dans le spectacle, nos \u00e9motions sont intactes. Un joli tour de force, technique et esth\u00e9tique.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 janvier 2018<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/roberta-alberico\/\">Roberta Alberico<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/tcag.ch\/saison\/piece\/cold-blood\/notag\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cold Blood \/ Cin\u00e9matographie de Jaco Von Dormael \/ Chor\u00e9graphie de Michelle Anne De Mey \/ Texte de Thomas Gunzig \/ du 9 janvier au 3 f\u00e9vrier 2018 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ Critique par Roberta Alberico.\u00a0<\/p>\n<p>Cold Blood \/ Cin\u00e9matographie de Jaco Von Dormael \/ Chor\u00e9graphie de Michelle Anne De Mey \/ Texte de Thomas Gunzig \/ du 9 janvier au 3 f\u00e9vrier 2018 \/ Th\u00e9\u00e2tre de Carouge \/ Critique par Roberta Alberico.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12160,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,7],"tags":[190],"class_list":["post-12162","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-carouge","tag-roberta-alberico"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12162","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12162"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12162\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20725,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12162\/revisions\/20725"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12160"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12162"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12162"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12162"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}