{"id":12118,"date":"2017-12-13T08:41:18","date_gmt":"2017-12-13T07:41:18","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12118"},"modified":"2025-02-09T17:51:08","modified_gmt":"2025-02-09T16:51:08","slug":"guerrilla","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/12\/guerrilla\/","title":{"rendered":"Guerrilla"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Guerrilla<\/h2>\n\n\n<p>Par la compagnie El Conde de Torrefiel \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 9 d\u00e9cembre 2017 \/ Critiques par Pierre-Paul Bianchi et Thomas Flahaut.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Conflits int\u00e9rieurs<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/pierre-paul-bianchi\/\">Pierre-Paul Bianchi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12116\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Luisa-Guitierrez.jpg 1800w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Luisa Guitierrez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>A Vidy,&nbsp;<\/em>Guerrilla<em>&nbsp;donne \u00e0 voir la guerre int\u00e9rieure, confus\u00e9ment ma\u00eetris\u00e9e, qui caract\u00e9rise les paix apparentes des d\u00e9mocraties europ\u00e9ennes. Prenant la forme d\u2019une politique-fiction, s\u00e9parant le texte de l\u2019image sc\u00e9nique, cette pi\u00e8ce dit les tensions entre l\u2019Histoire et l\u2019individu, entre l\u2019individu et lui-m\u00eame. Une originale et brillante incarnation th\u00e9\u00e2trale de la violence et de ses contradictions.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La gu\u00e9rilla est une guerre diffuse&nbsp;; elle n\u2019a pas de front localis\u00e9, elle est compos\u00e9e de petits groupes \u00e9parpill\u00e9s. Ceux-ci se fondent parfois dans la population, agissent souvent l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on ne s\u2019y attend pas. La gu\u00e9rilla suppose une absence de pics d\u2019extr\u00eame violence&nbsp;: on la dit \u00eatre une guerre de \u00ab faible intensit\u00e9&nbsp;\u00bb&nbsp;; surtout, elle fonctionne sur l\u2019usure, sur une pression latente mais constante. Les groupes oppos\u00e9s ou alli\u00e9s d\u2019une gu\u00e9rilla ont l\u2019animosit\u00e9 et la tension pour partage.<\/p>\n\n\n\n<p>La&nbsp;<em>Guerrilla<\/em>&nbsp;du groupe&nbsp;<em>El Conde de Torrefiel<\/em>, est un spectacle en trois tableaux \u2013 une conf\u00e9rence, une s\u00e9ance de tai-chi, une&nbsp;<em>rave&nbsp;<\/em>\u2013 anim\u00e9s par quatre-vingts figurants de la r\u00e9gion. Leur&nbsp;<em>Guerilla<\/em>&nbsp;est une n\u00e9buleuse en tension dont la dynamique se d\u00e9ploie en interne \u2013 dans les \u00ab&nbsp;esprits&nbsp;\u00bb \u2013 et que l\u2019on ne saurait m\u00eame verbaliser. Les acteurs ne parlent pas sur sc\u00e8ne&nbsp;; au-dessus d\u2019eux, un texte est projet\u00e9, qui dit les pens\u00e9es intimes et les r\u00e9cits de vie de cinq des figurants. Ce texte est issu d\u2019un travail documentaire d\u2019interviews. Il est aussi rythm\u00e9 par l\u2019insertion de discours fictionnels. Ces cinq personnes sont comme sorties de l\u2019anonymat, d\u00e9marqu\u00e9es de la foule. Pourtant, ils n\u2019ont pas de pr\u00e9nom, seulement des initiales. Leur pr\u00e9sence sc\u00e9nique s\u2019inscrit dans une \u00ab&nbsp;zone de confort&nbsp;\u00bb, ils \u00e9voluent dans un cadre sans apparente hostilit\u00e9, prennent soin de leur sant\u00e9 dans un cours de tai-chi&nbsp; qui se d\u00e9roule sereinement, sur fond blanc. Leurs pens\u00e9es sont pourtant br\u00fblantes de malaise civilisationnel. La sc\u00e8ne et le texte sont en tension&nbsp;: ils rejouent la lente \u00e9rosion d\u2019une gu\u00e9rilla. Ils discutent de loin, mais mal, ils pratiquent le \u00ab&nbsp;t\u00e9l\u00e9phone arabe&nbsp;\u00bb&nbsp;: les messages se contredisent, parce que l\u2019humain se contredit.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces r\u00e9cits individuels s\u2019entrecroisent avec l\u2019histoire de certaines violences fratricides du XX<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle \u2013 Rwanda, Espagne, Cambodge -, et se construisent sur une politique-fiction qui projette le spectateur entre le 7 et le 9 d\u00e9cembre 2019 (soit deux ans apr\u00e8s la date de la repr\u00e9sentation \u00e0 laquelle nous assistons, ce 8 d\u00e9cembre 2017, \u00e0 Vidy), et qui, avec pr\u00e9cision, d\u00e9crit l\u2019an 2023. Ce futur est violent, il est comme brod\u00e9 sur le souvenir de 1939 ou de 2017.&nbsp;<em>Guerrilla&nbsp;<\/em>est transhistorique, les temporalit\u00e9s se fondent et se confondent&nbsp;: demain ressemble tant \u00e0 hier qu\u2019il para\u00eet possible de se souvenir du futur ; les dialogues projet\u00e9s sont pleins du pressentiment \u2013 presque assur\u00e9 \u2013 de la catastrophe. \u00ab&nbsp;Qu\u2019est-ce qu\u2019on fait ici&nbsp;?&nbsp;\u00bb, dit l\u2019une.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019angoisse qui se diffuse dans le texte \u2013 par le retour des sujets graves qui y sont exhib\u00e9s et des questions infus\u00e9es de doutes \u2013 appelle \u00e0 percevoir l\u2019usure de l\u2019humain par l\u2019humain et de l\u2019individu par lui-m\u00eame comme la seule constante certaine&nbsp;; comme le seul point n\u00e9vralgique de la pi\u00e8ce, le seul point fixe au sein de cette n\u00e9buleuse incendiaire qui ab\u00eeme la fronti\u00e8re entre la singularit\u00e9 d\u2019une histoire et l\u2019histoire collective. Car \u00e0 l\u2019horreur des r\u00e9cits de guerre se juxtaposent des r\u00e9flexions sur l\u2019arachnophobie, l\u2019\u00e9conomie, la possibilit\u00e9 de l\u2019art ou de l\u2019ennui \u2013 sur le drame quotidien. La gu\u00e9rilla se fait transindividuelle, elle semble \u00eatre tout ce qui viole la s\u00e9r\u00e9nit\u00e9 int\u00e9rieure&nbsp;; il est peut-\u00eatre m\u00eame subversif d\u2019oser r\u00e9fl\u00e9chir \u00e0 la gu\u00e9rilla intime. La musique trahit ce fil rouge, qui part en discrets larsen au sein-m\u00eame du cours de tai-chi. Elle se d\u00e9pressurise finalement en une lourde techno assum\u00e9e. \u00ab&nbsp;La guerre n\u2019a jamais sembl\u00e9 plus pacifique. La paix n\u2019a jamais sembl\u00e9 plus terrifiante.&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019art m\u00eame ne peut plus&nbsp;rien : il y est au mieux \u00ab&nbsp;une \u00e9norme f\u00eate&nbsp;\u00bb. La troisi\u00e8me partie ressemble \u00e0 cela&nbsp;:&nbsp;<em>une extension du domaine de la f\u00eate<\/em>. Ne plus dire, danser. Corporaliser au lieu d\u2019intellectualiser. Crier en soi, avoir mal aux oreilles. Et surtout se taire en transpirant. Et l\u00e0&nbsp;: la foule tourne le dos au public. La foule fait unit\u00e9, danse derri\u00e8re un voile transparent qui aplanit la profondeur, contribue \u00e0 effacer les individualit\u00e9s qui la constituent. Mais les textes inquiets et violents ne savent pas se taire. Quelques stroboscopes aveuglent, avant une fin brutale.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Guerrilla<\/em>&nbsp;incarne un mouvement de l\u2019individu au tout et du tout \u00e0 l\u2019individu. Le spectacle se construit sur une communication approximative mais sensible et juste entre les consciences, magnifi\u00e9e finalement en une dialectique th\u00e9\u00e2trale efficace&nbsp;: du conflit initial entre la sc\u00e8ne et le texte r\u00e9sulte un sentiment cathartique d\u2019avoir pu \u00e9pancher certaines de nos propres angoisses. Le constat lucide et ma\u00eetris\u00e9 d\u2019un besoin commun de d\u00e9border, dans la confusion et la violence sonore, face \u00e0 ces pass\u00e9s et ces futurs politiques, religieux, humains. Face \u00e0 sa propre gu\u00e9rilla int\u00e9rieure&nbsp;: les doutes que chacun partage, la violence d\u2019Eros et de Tanathos, qui, du dehors, restent mal visibles.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/pierre-paul-bianchi\/\">Pierre-Paul Bianchi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">La guerre de 2023 aura-t-elle lieu?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thomas-flahaut\/\">Thomas Flahaut<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"701\" height=\"438\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Guerrilla.png\" alt=\"\" class=\"wp-image-12123\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Guerrilla.png 701w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Guerrilla-250x156.png 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Guerrilla-300x187.png 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/Guerrilla-624x390.png 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 701px) 100vw, 701px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 El Conde de Torrefiel<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En trois tableaux, le groupe El Conde de Torrefiel met en sc\u00e8ne un ch\u0153ur de jeunes gens qui, par de puissants effets de r\u00e9el, devient un miroir de notre monde.&nbsp;<\/em>Guerrila<em>&nbsp;tente d<\/em><em>\u2019imaginer le devenir de nos soci\u00e9t\u00e9s afin, peut-\u00eatre, d\u2019en conjurer le sort tragique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation sc\u00e9nique contemporaine fait un usage tr\u00e8s large de ce que Jean-Pierre Ryngaert nomme \u00ab&nbsp;graphies&nbsp;\u00bb. Dans&nbsp;<em>Guerrilla,&nbsp;<\/em>les surtitres ne sont plus seulement l\u00e0 pour traduire la parole des com\u00e9diens dans une langue comprise par les spectateurs. Ils font partie int\u00e9grante du dispositif sc\u00e9nique : au-dessus d\u2019un groupe de figurants qui ne s\u2019adressent pas au public, ils prennent en charge toute la dimension verbale (paroles et r\u00e9cits). Poursuivant ses recherches au croisement du th\u00e9\u00e2tre, de la chor\u00e9graphie et des arts plastiques, questionnant notre \u00e9poque, le groupe hispano-suisse El Conde de Torrefiel construit un spectacle en trois tableaux qui s\u2019ancrent dans le pr\u00e9sent&nbsp;: une conf\u00e9rence fictive du metteur en sc\u00e8ne Romeo Castellucci dont on ne voit que le public nous faisant face, un cours de tai-chi, une&nbsp;<em>rave party<\/em>.&nbsp;<em>Guerrilla&nbsp;<\/em>est une pi\u00e8ce chorale. Elle l\u2019est de deux mani\u00e8res, empruntant autant au ch\u0153ur du th\u00e9\u00e2tre grec qu\u2019\u00e0 la forme narrative chorale. Le texte projet\u00e9 \u00e9voque un avenir proche qui avance peu \u00e0 peu vers la guerre, une trag\u00e9die dans laquelle sont pris les membres de ce ch\u0153ur que l\u2019on voit exister face \u00e0 nous. Cette communaut\u00e9 assembl\u00e9e sur le plateau ressemble \u00e0 la n\u00f4tre. V\u00eatements, attitudes, sont similaires. Chaque tableau provoque un puissant effet de r\u00e9el qui tend \u00e0 faire de la sc\u00e8ne un miroir de notre monde. L\u2019illusion n\u2019est cependant pas gratuite. La communaut\u00e9 assembl\u00e9e dans la salle en regarde une autre, semblable \u00e0 elle et les questions que le ch\u0153ur se pose en surtitre font \u00e9cho aux pr\u00e9occupations de notre pr\u00e9sent, terrorisme, r\u00e9surgence du fascisme, crise climatique et \u00e9conomique. Elles sont travers\u00e9es par l\u2019id\u00e9ologie guerri\u00e8re d\u2019une \u00e9poque qui ressemble \u00e0 la n\u00f4tre, \u00e0 quelques d\u00e9calages pr\u00e8s.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019ancrage g\u00e9ographique et temporel de&nbsp;<em>Guerrilla&nbsp;<\/em>varie de repr\u00e9sentation en repr\u00e9sentation. Les r\u00e9cits de vie projet\u00e9s en surtitres \u2014 ici celui, entre autres, d\u2019un jeune Rwandais adopt\u00e9 par un couple de Suisses descendant de r\u00e9fugi\u00e9s espagnols, au d\u00e9but de la guerre civile,\u2014 changent au gr\u00e9 des figurants. Mais la fable, elle, ne varie pas. Les tableaux se d\u00e9roulent deux ans apr\u00e8s la repr\u00e9sentation r\u00e9elle \u2014 dans mon cas, la nuit du 8 au 9 d\u00e9cembre 2019. Les paroles et les pens\u00e9es du ch\u0153ur \u00e9voquent au-dessus de leurs corps mouvants les angoisses d\u2019un Occident qui, apr\u00e8s huit d\u00e9cennies d\u2019une paix relative, commence \u00e0 craindre l\u2019av\u00e8nement d\u2019un nouveau conflit arm\u00e9. Entre des fragments de vie, des discours venant du ch\u0153ur, s\u2019immisce une fable d\u2019anticipation. Une troisi\u00e8me guerre mondiale, la guerre de 2023, est fantasm\u00e9e. Cette guerre, un po\u00e8te fictif nous dit, quelques ann\u00e9es apr\u00e8s la fin des combats, qu\u2019elle n\u2019\u00e9tait qu\u2019une suite logique \u00e0 la guerre de tous contre tous organis\u00e9e par le syst\u00e8me \u00e9conomique depuis la fin du vingti\u00e8me si\u00e8cle&nbsp;: \u00ab&nbsp;Lorsque les premi\u00e8res bombes tomb\u00e8rent sur l\u2019Europe, elles \u00e9taient d\u00e9sir\u00e9es depuis longtemps.&nbsp;\u00bb Le r\u00e9alisme des tableaux donne une force particuli\u00e8re \u00e0 cette fable d\u2019anticipation. Nous regardons des gens semblables \u00e0 nous, dansant dans l\u2019ignorance du fait qu\u2019ils se trouvent \u00e0 un point de bascule historique, \u00e0 l\u2019aube d\u2019une nouvelle guerre mondiale. Et lorsque, brusquement, la musique techno de la&nbsp;<em>rave&nbsp;<\/em>s\u2019arr\u00eate et que les lumi\u00e8res \u00e9clairent \u00e0 nouveau la salle, un long silence retarde le d\u00e9but des applaudissements. Le temps d\u2019absorber le choc. Une question se pose alors, l\u00e9gitimement sans doute&nbsp;: cette nouvelle guerre, est-elle in\u00e9luctable??<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>9 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/thomas-flahaut\/\">Thomas Flahaut<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/vidy.ch\/guerrilla\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par la compagnie El Conde de Torrefiel \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 8 au 9 d\u00e9cembre 2017 \/ Critiques par Pierre-Paul Bianchi et Thomas Flahaut.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12116,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[191,192],"class_list":["post-12118","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-pierre-paul-bianchi","tag-thomas-flahaut"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12118","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12118"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12118\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20733,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12118\/revisions\/20733"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12116"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12118"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12118"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12118"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}