{"id":12113,"date":"2017-12-11T11:04:12","date_gmt":"2017-12-11T10:04:12","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12113"},"modified":"2025-02-09T17:51:20","modified_gmt":"2025-02-09T16:51:20","slug":"la-farce-de-maitre-pathelin","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/12\/la-farce-de-maitre-pathelin\/","title":{"rendered":"La Farce de Ma\u00eetre Pathelin"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Farce de Ma\u00eetre Pathelin<\/h2>\n\n\n<p>Texte de Jos\u00e9 Pliya \/ D\u2019apr\u00e8s une farce m\u00e9di\u00e9vale anonyme \/ Cr\u00e9ation-coproduction : Le Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne, L\u2019Ask\u00e9n\u00e9 (Suisse), Cie For (France), L\u2019Atelier Nomade (B\u00e9nin) \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre \/ du 6 au 31 d\u00e9cembre 2017 \/ Critique par Marek Chojecki.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Du Moyen-Age en Afrique<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/marek-chojecki\/\">Marek Chojecki<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12111\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-768x513.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/12\/LaFarcedeMaitrePathelin_PhilippePache30Nov2017_7530_light.jpg 1798w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>L\u2019humour de&nbsp;<\/em>La Farce de Ma\u00eetre Pathelin<em>, \u00e9crite par un auteur anonyme de l\u2019\u00e9poque m\u00e9di\u00e9vale, semble rester immuable \u00e0 travers les si\u00e8cles. Le spectacle pr\u00e9sent\u00e9 en 2017 au Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne fait toujours rire son public. Adapt\u00e9e par Jos\u00e9 Pliya et mise en sc\u00e8ne par Simone Audemars, cette pi\u00e8ce pour cinq acteurs et un musicien est conforme au genre qu\u2019annonce son titre&nbsp;: une farce burlesque et haute en couleur. Mais le cadre de la pi\u00e8ce est situ\u00e9 dans un tout autre contexte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s l\u2019entr\u00e9e dans la salle du Petit Th\u00e9\u00e2tre, le d\u00e9placement culturel qui caract\u00e9risera la mise en sc\u00e8ne s\u2019affiche&nbsp;: les bords de la sc\u00e8ne sont d\u00e9limit\u00e9s par des rideaux \u00e0 motifs rouge et noir de style africain, et sur le plateau, d\u00e9cor\u00e9es de la m\u00eame mani\u00e8re, plusieurs caisses sont dispos\u00e9es un peu partout. Mais c\u2019est le sol, surtout, qui intrigue, et les plus jeunes spectateurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019approcher pour le toucher : un sable rouge\u00e2tre form\u00e9 de gros morceaux de gommes. L\u2019effet visuel est sans \u00e9quivoque&nbsp;: nous sommes en Afrique.<\/p>\n\n\n\n<p>La transposition est soutenue par deux acteurs et un musicien d\u2019origine africaine, avec un accent tr\u00e8s prononc\u00e9. Leurs costumes sont un m\u00e9lange de couleurs chaudes, vives, voire m\u00eame fluo, d\u2019un kitch et d\u2019une exag\u00e9ration clairement assum\u00e9s, au point m\u00eame qu\u2019ils provoquent une certaine r\u00e9ticence visuelle face \u00e0 cette v\u00e9ritable explosion de couleurs. Nous ne quittons pas pour autant totalement l\u2019imaginaire du Moyen-Age europ\u00e9en, car la sc\u00e8ne d\u2019introduction, qui r\u00e9unit, sans texte, tous les personnages, les fait jouer \u00e0 saute-mouton au son d\u2019une clarinette. Nous voici dans la cour d\u2019un ch\u00e2teau fort, \u00e0 la table d\u2019un seigneur puissant o\u00f9 des bouffons font rire la salle&nbsp;: le ton de la farce est donn\u00e9&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire semble simple&nbsp;: un berger est accus\u00e9 d\u2019avoir vol\u00e9 mille moutons \u00e0 un riche propri\u00e9taire et marchand de tissus. Pour se d\u00e9fendre, le berger engage un avocat \u00e0 la r\u00e9putation douteuse, Ma\u00eetre Pathelin. Pathelin entame alors, pouss\u00e9 par sa femme, une s\u00e9rie de fourberies aupr\u00e8s du riche marchand et du juge afin de s\u2019en sortir le mieux possible&nbsp;\u2013 une histoire pas si \u00e9loign\u00e9e que cela des&nbsp;<em>Fourberies de Scapin&nbsp;<\/em>de Moli\u00e8re.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces personnages st\u00e9r\u00e9otyp\u00e9s se retrouvent dans des situations pleines d\u2019humour, sur un rythme soutenu&nbsp;: apr\u00e8s soixante minutes, le spectacle s\u2019ach\u00e8ve sans que l\u2019on n\u2019ait vu le temps passer. La fluidit\u00e9 de l\u2019action tient notamment aux transitions tr\u00e8s bien men\u00e9es. Le musicien a ici le r\u00f4le central, jouant de fr\u00e9quents interm\u00e8des musicaux \u00e0 la clarinette. Plus largement, sans \u00eatre r\u00e9ellement un personnage, ce musicien prend part \u00e0 l\u2019action de la sc\u00e8ne par sa seule pr\u00e9sence. Les autres sont conscients de cette pr\u00e9sence silencieuse, qui intrigue. Les quelques caisses sont ing\u00e9nieusement d\u00e9plac\u00e9es r\u00e9guli\u00e8rement afin de sugg\u00e9rer diff\u00e9rents lieux, ces changements \u00e9tant ex\u00e9cut\u00e9s \u00e0 vue pendant les dialogues. Ainsi la modulation de la sc\u00e8ne accompagne au fur et \u00e0 mesure le d\u00e9veloppement de l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>Celle-ci, malgr\u00e9 tout, pr\u00e9sente une certaine complexit\u00e9 qui n\u2019est pas forc\u00e9ment ais\u00e9e \u00e0 comprendre pour les plus jeunes spectateurs. La dimension juridique de toute l\u2019affaire et surtout le d\u00e9nouement lors d\u2019un proc\u00e8s au cours duquel presque tous les personnages jouent un double jeu rendent la situation emm\u00eal\u00e9e. Est-ce d\u00fb \u00e0 une condensation du temps, paradoxalement li\u00e9e \u00e0 la dur\u00e9e pr\u00e9vue pour un spectacle pour enfants, ou simplement \u00e0 l\u2019histoire elle-m\u00eame ? C\u2019est peut-\u00eatre aussi le fait du message qui est transmis. On peut en effet \u00eatre quelque peu troubl\u00e9 que ce soit le voleur qui gagne, le juge corrompu qui s\u2019en sort enrichi, alors que la victime du marchand est dup\u00e9e et vol\u00e9e. Une morale de l\u2019histoire questionnable, qui, bien que tr\u00e8s dr\u00f4le, peut laisser un petit go\u00fbt amer. La mise en sc\u00e8ne et le choix d\u2019interpr\u00e9tation des com\u00e9diens concourent \u00e0 produire ce sentiment d\u2019injustice, la victime du marchand semblant \u00eatre une bonne \u00e2me honn\u00eate qui n\u2019a fait de tort \u00e0 personne, mais qui n\u2019a plus de prise sur la situation&nbsp;: il se fait duper par tout le monde. Pourtant, \u00e0 part sa b\u00eatise, dont il se rend compte lui-m\u00eame, il semble n\u2019avoir pas de d\u00e9fauts. On en a donc piti\u00e9, un sentiment auquel, jusqu\u2019\u00e0 la fin, on ne trouvera pas de contrepartie. C\u2019est un peu comme si&nbsp;<em>Les Fourberies de Scapin<\/em>&nbsp;s\u2019achevait sur des mariages malheureux et l\u2019emprisonnement de Scapin. Nous n\u2019avons pas (ou plus) l\u2019habitude, dans la com\u00e9die, de voir la m\u00e9chancet\u00e9 impunie.<\/p>\n\n\n\n<p><em>La Farce de Ma\u00eetre Pathelin<\/em>&nbsp;en Afrique, c\u2019est un m\u00e9lange culturel et un m\u00e9lange d\u2019\u00e9nergies qui ne peut que faire rire. Toutefois, les ressorts de la \u00ab&nbsp;morale comique&nbsp;\u00bb ont \u00e9volu\u00e9 depuis le Moyen Age, et ce spectacle fait donc un choix int\u00e9ressant d\u2019aller \u00e0 l\u2019encontre du fonctionnement auquel nous sommes habitu\u00e9s, dans lequel le \u00ab&nbsp;bon&nbsp;\u00bb triomphe. Ici il s\u2019agit de &nbsp;rire du malheur des autres&nbsp;: ce qui prouve &nbsp;qu\u2019il n\u2019est pas besoin d\u2019adh\u00e9rer \u00e0 la morale d\u2019une farce pour en rire.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 d\u00e9cembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/marek-chojecki\/\">Marek Chojecki<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lepetittheatre.ch\/programme\/saison-2017-2018\/spectacle\/la-farce-de-maitre-pathelin\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte de Jos\u00e9 Pliya \/ D\u2019apr\u00e8s une farce m\u00e9di\u00e9vale anonyme \/ Cr\u00e9ation-coproduction : Le Petit Th\u00e9\u00e2tre de Lausanne, L\u2019Ask\u00e9n\u00e9 (Suisse), Cie For (France), L\u2019Atelier Nomade (B\u00e9nin) \/ Le Petit Th\u00e9\u00e2tre \/ du 6 au 31 d\u00e9cembre 2017 \/ Critique par Marek Chojecki.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12111,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[188],"class_list":["post-12113","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-marek-chojecki"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12113","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12113"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12113\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20737,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12113\/revisions\/20737"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12111"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12113"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12113"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12113"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}