{"id":12084,"date":"2017-11-22T14:43:43","date_gmt":"2017-11-22T13:43:43","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12084"},"modified":"2025-02-09T17:52:14","modified_gmt":"2025-02-09T16:52:14","slug":"la-derniere-bande","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/11\/la-derniere-bande\/","title":{"rendered":"La Derni\u00e8re Bande"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">La Derni\u00e8re Bande<\/h2>\n\n\n<p>D&rsquo;apr\u00e8s Samuel Beckett \/ Avec Omar Porras \/ Mise en sc\u00e8ne de Dan Jemmett \/ TKM \/ du 14 novembre au 3 d\u00e9cembre 2017 \/ Critiques par Josefa Terribilini et Coralie Gil.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 l\u2019ombre d\u2019un magn\u00e9tophone<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/josefa-terribilini\/\">Josefa Terribilini<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12079\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC6232-1050x700.jpg 1050w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 MARIO DEL CURTO<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Dans&nbsp;<\/em>La Derni\u00e8re Bande<em>, Omar Porras pr\u00eate son th\u00e9\u00e2tre et son corps \u00e0 Dan Jemmett pour explorer la confrontation d\u2019un un vieil homme avec lui-m\u00eame. Une mise en sc\u00e8ne qui d\u00e9multiplie les jeux d\u2019\u00e9chos et de rythme, jusqu\u2019\u00e0, parfois, nous perdre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les lumi\u00e8res se rallument, les applaudissements retentissent et Krapp nous tourne le dos. Il salue la foule peinte sur le mur du fond, dans l\u2019encadrement des rideaux de velours. L\u2019image est belle, \u00e9vocatrice. Pendant tout le temps qu\u2019ont dur\u00e9 le spectacle et les grommellements du personnage, nous, le public, \u00e9tions en coulisses. Avec lui, dans son intimit\u00e9 d\u2019homme en fin de vie \u00e9coutant des bribes de m\u00e9moire captur\u00e9es sur des bobines, en fin de vie elles aussi. \u00ab&nbsp;Bobine&nbsp;\u00bb. Ce mot lui plaisait. Il le mastiquait et le susurrait, il se le r\u00e9p\u00e9tait comme il les r\u00e9\u00e9coutait. Seul avec son obscurit\u00e9 et son enregistreur, dans la lumi\u00e8re diffuse de son plafonnier, il mangeait des bananes et consignait ses souvenirs, comme chaque ann\u00e9e depuis des lustres\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Rembobinage. Comme chaque ann\u00e9e, Krapp raconte les d\u00e9tails banals de ses derniers mois&nbsp;: \u00ab&nbsp;Fanny est venue une ou deux fois&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;me suis crev\u00e9 les yeux \u00e0 lire&nbsp;<em>Effie<\/em>&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;\u00e9t\u00e9 aux V\u00eapres&nbsp;\u00bb \u2026 Aujourd\u2019hui, il choisit de remonter plus loin encore et d\u2019\u00e9couter les banalit\u00e9s d\u2019un ancien lui-m\u00eame, du Krapp de ses trente-neuf ans. Ce Krapp-l\u00e0 avait la voix plus s\u00fbre, et pourtant si semblable. Mais \u00e0 l\u2019\u00e9poque, Krapp sortait et rencontrait des femmes. Une femme, surtout, avec laquelle il avait d\u00e9riv\u00e9 nu sur une barque, go\u00fbtant aux caresses de ses mains et du soleil. Il n\u2019en a pas profit\u00e9, pas assez&nbsp;; le jeune Krapp broyait du noir. \u00ab&nbsp;Difficile de croire que j\u2019aie jamais \u00e9t\u00e9 aussi con&nbsp;!&nbsp;\u00bb s\u2019exasp\u00e8re le vieux Krapp. En r\u00e9\u00e9coutant ses souvenirs, le vieillard regrette ses trente-neuf ans, ou plut\u00f4t, il regrette de ne pas les avoir v\u00e9cus, toujours d\u00e9j\u00e0 tourn\u00e9 vers la m\u00e9moire qu\u2019il en garderait, \u00e0 l\u2019ombre de son magn\u00e9tophone. Mais n\u2019est-ce pas dans cet \u00e9ternel retour sur son ancien lui-m\u00eame qu\u2019a toujours r\u00e9sid\u00e9 sa seule raison d\u2019exister&nbsp;? La vie, au fond, est-ce autre chose cela&nbsp;? un perp\u00e9tuel rembobinage&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Krapp face \u00e0 lui-m\u00eame, donc c\u2019est le jeu d\u2019\u00e9cho imagin\u00e9 par Beckett. Et, comme pour lui r\u00e9pondre, Jemmett le r\u00e9percute. Partout. Sur la sc\u00e8ne, il y a une sc\u00e8ne. Derri\u00e8re le rideau, il y a un rideau. Face au public, un autre public. Peut-\u00eatre pour nous rappeler une fois encore que le monde est un th\u00e9\u00e2tre et que le jeu ne s\u2019arr\u00eate jamais, pas m\u00eame pour soi-m\u00eame. Alors on est pris, embarqu\u00e9s dans cet univers de la r\u00e9p\u00e9tition o\u00f9 tout est double, triple, quadruple&nbsp;: si la petite figure blanche et courb\u00e9e s\u2019avance de sa d\u00e9marche en saccades pour ouvrir un tiroir et en tirer une banane, elle y retournera, c\u2019est pr\u00e9visible, pour en extraire une seconde. Cette pr\u00e9visibilit\u00e9 fait sourire. Omar Porras sait bien la manier, avec sa parfaite pantomime de clown triste. Et pourtant, le silence n\u2019est pas de plomb. Dans la p\u00e9nombre de la salle, on entend des chuchotements. Il faut dire que le texte de Beckett est exigeant&nbsp;: chaque soupir y est pr\u00e9cis\u00e9, chaque d\u00e9placement consign\u00e9, chaque peau de banane d\u00e9crite. Les didascalies, en somme, composent une partition polyphonique et gestuelle que Porras, sous la direction de Jemmett, suit \u00e0 la lettre. Mais dans cette \u0153uvre intransigeante dont chaque syllabe est pes\u00e9e et soupes\u00e9e, les arythmies se rep\u00e8rent et les dissonances s\u2019entendent. Et ce soir-l\u00e0, peut-\u00eatre que le rythme n\u2019y \u00e9tait pas.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/josefa-terribilini\/\">Josefa Terribilini<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Oh les beaux gestes!<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/coralie-gil\/\">Coralie Gil<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12076\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DSC1601-1050x700.jpg 1050w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 MARIO DEL CURTO<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Omar Porras, mis en sc\u00e8ne par Dan Jemmett, se met au service du texte beckettien&nbsp;<\/em>La Derni\u00e8re Bande&nbsp;<em>jusqu\u2019en d\u00e9cembre au TKM. Une pi\u00e8ce dans laquelle le geste est aussi vital que la parole&nbsp;: on conna\u00eet la pr\u00e9cision des didascalies, indications de gestes presque chor\u00e9graphiques de Beckett. Omar Porras les ex\u00e9cute avec pr\u00e9cision.&nbsp;Mais on sait aussi que Beckett \u00e9tait obs\u00e9d\u00e9 par la mani\u00e8re dont les mots sonnent, au point que m\u00eame ses pi\u00e8ces non-radiophoniques le deviennent par l\u2019attention port\u00e9e aux sons et aux mots. Ces derniers ne sont malheureusement pas toujours intelligibles dans le spectacle de Dan Jemmett.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Un noir initial plonge le public dans le silence, puis la lumi\u00e8re, peu \u00e0 peu, s\u2019allume sur la sc\u00e8ne. On per\u00e7oit une silhouette pench\u00e9e sur une vielle table de bois. Un vieil homme, remarque-t-on ensuite quand les projecteurs intensifient encore leur luminosit\u00e9. \u00ab&nbsp;C\u2019est Porras \u00e7a?&nbsp;\u00bb chuchote un mari-spectateur \u00e0 sa femme. \u00ab&nbsp;Oui oui&nbsp;! Eh oui&nbsp;!&nbsp;\u00bb r\u00e9pond celle-ci avec assurance. Pourtant, Omar Porras n\u2019est pas vraiment reconnaissable sous sa perruque blanche, adoptant les mimiques de la vieillesse. Une seule chose le trahit&nbsp;: sa voix. Au point que le spectacle peut se scinder en ces deux p\u00f4les&nbsp;: le geste et la parole. Le premier est ma\u00eetris\u00e9, chor\u00e9graphi\u00e9 et toujours pr\u00e9cis. La seconde, par moment indistincte, est clam\u00e9e par une voix qui fait penser aux dessins anim\u00e9s, elle est aigu\u00eb, un peu criante. Beckett l\u2019indique d\u2019ailleurs comme devant \u00eatre \u00ab&nbsp;f\u00eal\u00e9e tr\u00e8s particuli\u00e8re&nbsp;\u00bb et quand cette voix n\u2019est qu\u2019un grognement satisfait ou un murmure inaudible elle est dr\u00f4le. En revanche, quand elle doit soutenir un propos, elle perd le spectateur, elle prend le dessus sur la diction.<\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9but de la pi\u00e8ce est une chor\u00e9graphie, elle ex\u00e9cute pr\u00e9cis\u00e9ment tous les gestes ordonn\u00e9s par Beckett dans ses didascalies. Le vieil homme (Krapp) se l\u00e8ve (p\u00e9niblement), sort un jeu de cl\u00e9s de sa poche, ouvre un tiroir, ne trouve pas ce qu\u2019il cherche, remet le jeu de cl\u00e9 dans sa poche, se rassoit (p\u00e9niblement), se rel\u00e8ve (p\u00e9niblement), sort le jeu de cl\u00e9 de sa poche, ouvre un autre tiroir, en sort une banane, la p\u00e8le, la mange, etc\u2026 Un v\u00e9ritable jeu de clown, presque une bande dessin\u00e9e par moments dans laquelle on verrait s\u2019allumer la petite ampoule au dessus de la t\u00eate du personnage au moment o\u00f9 lui vient une id\u00e9e. Et cela, simplement par le fait qu\u2019Omar Porras ma\u00eetrise chacun de ses gestes et r\u00e9ussit \u00e0 les d\u00e9composer de sorte que le mouvement de son personnage apparaisse image par image. La bouche s\u2019ouvre en une grimace, la main droite s\u2019essuie \u00e0 la chemise&nbsp;: des mimiques, des petits tics qui se r\u00e9p\u00e8tent avec exactitude mais ne se font jamais en m\u00eame temps. Le spectateur a le temps de saisir chaque mouvement s\u00e9par\u00e9ment ce qui rend les sc\u00e8nes gestuelles dr\u00f4les, parfois m\u00eame touchantes.<\/p>\n\n\n\n<p>Toutes les obsessions de Beckett sont pr\u00e9sentes dans&nbsp;<em>La Derni\u00e8re Bande<\/em>&nbsp;. La gestuelle d\u2019Omar Porras fait entendre les didascalies tr\u00e8s pr\u00e9cises de Beckett. Parall\u00e8lement la trame de la pi\u00e8ce fait \u00e9cho \u00e0 l\u2019int\u00e9r\u00eat du dramaturge irlandais pour les pi\u00e8ces radiophoniques (il voulait d\u2019ailleurs, au d\u00e9but, que&nbsp;<em>La Derni\u00e8re Bande&nbsp;<\/em>en soit une). Le protagoniste, en effet, \u00e9coute des enregistrements de lui-m\u00eame quand il \u00e9tait jeune. Un dialogue entre le vieil homme, devant nous sur sc\u00e8ne et le jeune homme qu\u2019il \u00e9tait. Plus qu\u2019une voix.<\/p>\n\n\n\n<p>Et cette voix enregistr\u00e9e (toujours celle de Porras \u00e9videmment), le spectateur y est attentif. Il se penche pour \u00e9couter tout comme le personnage. Ce dernier rembobine, r\u00e9\u00e9coute ses passages pr\u00e9f\u00e9r\u00e9s et parfois interrompt la bande sonore pour soupirer ou y r\u00e9pondre. Et ses r\u00e9ponses ne sont pas toujours audibles pour le spectateur, l\u2019exclamation parfois dite trop vite emp\u00eache de saisir tous les mots\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>La forme comme le fond rappellent les obsessions de Beckett&nbsp;: La solitude apr\u00e8s avoir connu l\u2019amour. La vieillesse ne survit plus que par les souvenirs d\u2019une vie pass\u00e9e, en attendant la fin. A l\u2019image, pour ne citer qu\u2019un exemple, de Croak dans&nbsp;<em>Paroles et Musique<\/em>, qui veut qu\u2019on lui raconte successivement en parole et en musique, l\u2019amour, la vieillesse et ce visage oubli\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu comprends tout toi&nbsp;?&nbsp;\u00bb souffle la femme-spectatrice \u00e0 son mari. \u00ab&nbsp;Non\u2026&nbsp;\u00bb r\u00e9pond-il penaud. Il faut dire que le spectacle est difficile \u00e0 suivre quand chaque silence est ponctu\u00e9 par les toux hivernales de certains spectateurs. Ils se r\u00e9pondent, quinte apr\u00e8s quinte et l\u2019id\u00e9e de sortir se calmer n\u2019est pas au programme. Mieux vaut su\u00e7oter le b\u00e9n\u00e9fique Ricola en toute discr\u00e9tion\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>Pour ces diverses raisons sonores, le spectacle ne laisse pas un souvenir combl\u00e9. On le sait, les didascalies de Beckett laissent tr\u00e8s peu de place \u00e0 la libert\u00e9 dans la mise en sc\u00e8ne. Elles sont globalement respect\u00e9es dans ce spectacle. Mais, dans ce cadre, l\u2019int\u00e9r\u00eat r\u00e9side dans le fait de trouver le minuscule espace de libert\u00e9 et de l\u2019explorer. Ainsi, dans la mise en sc\u00e8ne de Jemmett, le d\u00e9cor est similaire \u00e0 celui que donne Beckett&nbsp;: une table \u00e0 l\u2019avant-sc\u00e8ne sur laquelle sont pos\u00e9s un magn\u00e9tophone et des bobines. Le metteur en sc\u00e8ne explore l\u2019espace de libert\u00e9 en d\u00e9terminant l\u2019espace sc\u00e9nique comme une petite estrade pos\u00e9e sur la sc\u00e8ne ordinaire du TKM. L\u2019estrade tourne au d\u00e9but et \u00e0 la fin du spectacle, elle est entrecoup\u00e9e d\u2019un rideau. Krapp est donc en coulisse, le public imaginaire est de l\u2019autre c\u00f4t\u00e9 de ce rideau, \u00e0 l\u2019oppos\u00e9 du vrai public, c\u2019est vers cet oppos\u00e9 qu\u2019il salue \u00e0 la fin du spectacle. Certains projecteurs sont visibles sur la \u00ab&nbsp;vraie&nbsp;\u00bb sc\u00e8ne (pour mettre en valeur leur importance), ils \u00e9clairent l\u2019estrade.<\/p>\n\n\n\n<p>Les pi\u00e8ces de Beckett ont souvent un double-sens&nbsp;: le propos interroge le sens de la vie comme il interroge le sens du spectacle. Par cette estrade, ce th\u00e9\u00e2tre dans le th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est ce que Dan Jemmett veut mettre en place. Krapp repr\u00e9sente peut-\u00eatre Beckett lui-m\u00eame en coulisse, il se r\u00e9\u00e9coute, met en doute, enregistre, avec cette question permanente&nbsp;: que raconter maintenant&nbsp;? D\u2019o\u00f9 l\u2019importance de comprendre exactement tout ce qu\u2019il dit et comment il le dit. Le joli petit d\u00e9cor tournant, le respect des didascalies et la gestuelle travaill\u00e9e d\u2019Omar Porras ne suffisent donc pas.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>22 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/coralie-gil\/\">Coralie Gil<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tkm.ch\/representation\/la-derniere-bande\/\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D&rsquo;apr\u00e8s Samuel Beckett \/ Avec Omar Porras \/ Mise en sc\u00e8ne de Dan Jemmett \/ TKM \/ du 14 novembre au 3 d\u00e9cembre 2017 \/ Critiques par Josefa Terribilini et Coralie Gil.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12076,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,170],"tags":[193,158],"class_list":["post-12084","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tkm-theatre-kleber-meleau","tag-coralie-gil","tag-josefa-terribilini"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12084","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12084"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12084\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20750,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12084\/revisions\/20750"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12076"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12084"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12084"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12084"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}