{"id":12062,"date":"2017-11-13T15:03:03","date_gmt":"2017-11-13T14:03:03","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12062"},"modified":"2025-02-09T17:52:45","modified_gmt":"2025-02-09T16:52:45","slug":"where-do-you-wanna-go-today","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/11\/where-do-you-wanna-go-today\/","title":{"rendered":"Where Do You Wanna Go Today\u00a0?"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\"><p>Where Do You Wanna Go Today\u00a0?<\/p><\/h2>\n\n\n<p>De et avec PRICE (Mathias Ringgenberg) \/ L\u2019Arsenic \/ du 7 au 12 novembre 2017 \/\u00a0 Critiques par Julia Cela et Laure Salath\u00e9.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Hot mess<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"522\" height=\"393\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/696102_3\u00a9-DR.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12058\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/696102_3\u00a9-DR.jpg 522w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/696102_3\u00a9-DR-226x170.jpg 226w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/696102_3\u00a9-DR-266x200.jpg 266w\" sizes=\"auto, (max-width: 522px) 100vw, 522px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Senta Simond, Jenna Carlderari<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>PRICE, le personnage invent\u00e9 par Mathias Ringgenberg, est le parfait androgyne. Dans la troisi\u00e8me variation du projet&nbsp;<\/em>Where Do You Wanna Go Today&nbsp;?&nbsp;<em>on le voit explorer par la voix et le mouvement des identit\u00e9s, qui renvoient toutes \u00e0 l\u2019arch\u00e9type de l\u2019ic\u00f4ne pop.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>De longs doigts effil\u00e9s surgissent du carr\u00e9 d\u2019\u00e9toffe rose. La silhouette, jusqu\u2019alors allong\u00e9e, se redresse brusquement et lance un regard au public tout autour, yeux mi-clos, une petite moue sur les l\u00e8vres. Dans cette pose, on reconna\u00eet la diva. Tout la clame, de la posture au vernis discret qui recouvre les ongles soign\u00e9s. Dans l\u2019attitude, on reconna\u00eet quelque chose comme de la fatigue, ou une petite gueule de bois. L\u2019impression se confirme lorsqu\u2019on voit le curieux personnage d\u00e9ambuler dans l\u2019espace d\u00e9structur\u00e9 de la salle sans si\u00e8ge, nonchalant, presque alangui.<\/p>\n\n\n\n<p>Les v\u00eatements, \u00e9parpill\u00e9s, suspendus ou accroch\u00e9s dans la pi\u00e8ce clament l\u2019intimit\u00e9. Ils c\u00f4toient des cadres en bois qui \u00e9voquent la structure d\u2019une toile peinte. Le lieu intime, la chambre \u00e0 coucher d\u00e9sign\u00e9e par les v\u00eatements, se superpose ainsi au lieu public, le mus\u00e9e, signifi\u00e9 par les structures de bois et par les textes, puisque le personnage, \u00e0 plusieurs reprises, \u00e9voque sa pratique des arts plastiques. L\u2019absence de si\u00e8ges pour asseoir le public appuie cette dualit\u00e9. On est debout sans \u00eatre s\u00fbrs de savoir pourquoi. Il pourrait autant s\u2019agir de suivre la c\u00e9l\u00e9brit\u00e9 dans son salon, en voyeur, au lendemain d\u2019une soir\u00e9e bien arros\u00e9e, que de suivre l\u2019\u0153uvre d\u2019art vivante ou le guide \u00e9voluer dans le mus\u00e9e, parmi les oeuvres.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vocalises<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019exp\u00e9rience est \u00e0 l\u2019image de l\u2019espace&nbsp;: \u00e9clat\u00e9e et d\u00e9sordonn\u00e9e, sans coh\u00e9rence narrative. Un \u00e9l\u00e9ment, cependant, nous permet de suivre le parcours de PRICE&nbsp;: le chant. La performance est, en effet, travers\u00e9e et dirig\u00e9e par des temps musicaux, o\u00f9 le personnage chante&nbsp;<em>a cappella<\/em>. &nbsp;Une impressionnante performance vocale, en laquelle on reconna\u00eet l\u2019essence de la musique pop. On identifie des caract\u00e9ristiques que l\u2019on retrouverait dans presque n\u2019importe quel Top 50 depuis les ann\u00e9es 2000. La gestuelle et les vocalises rappellent les concerts des stars contemporaines, v\u00e9ritable d\u00e9monstration de f\u00e9minit\u00e9 outr\u00e9e, gla\u00e7ante et charmante \u00e0 la fois, port\u00e9e ici par un corps masculin.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans&nbsp;<em>Where Do You Wanna Go Today&nbsp;?<\/em>&nbsp;tout est trouble. L\u2019espace pourrait \u00eatre aussi bien une chambre \u00e0 coucher qu\u2019une galerie. PRICE pourrait \u00eatre une femme. Il pourrait aussi \u00eatre un homme. Les textes posent la question de la mort&nbsp;; les chants, celle de l\u2019amour. Il y a des robes, des chaussures \u00e0 talons, des chemises, des sweatshirts. Culture d\u2019\u00e9lite, culture pop&nbsp;: quelque part entre l\u2019\u00e9litaire et le populaire vit la diva qui sait porter les deux discours \u00e0 la fois.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/julia-cela\/\">Julia Cela<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Where do<em>\u00a0I<\/em>\u00a0wanna go ?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-salathe\/\">\u00a0Laure Salath\u00e9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"572\" height=\"356\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DBFoGXOWsAAi6SD.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12055\" style=\"width:300px;height:auto\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DBFoGXOWsAAi6SD.jpg 572w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DBFoGXOWsAAi6SD-250x156.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/DBFoGXOWsAAi6SD-300x187.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 572px) 100vw, 572px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Senta Simond, Jenna Carlderari<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Adapt\u00e9 \u00e0 chacun des lieux dans lequel il est jou\u00e9,&nbsp;<\/em>Where do you wanna go today<em>&nbsp;se donne au Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Arsenic, \u00e0 Lausanne, dans sa troisi\u00e8me variation. Mathias Ringgenberg y rend sensible l\u2019\u00e9volution d\u2019un personnage au sein de lui-m\u00eame, la recherche de son identit\u00e9 et de ses \u00e9motions. Un spectacle qui exploite la posture de l\u2019authenticit\u00e9, avec beaucoup d\u2019humour.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans l\u2019intimit\u00e9 d\u2019un personnage que sont plong\u00e9s les spectateurs tout au long de cette performance th\u00e9\u00e2trale et musicale. PRICE (c\u2019est son nom) se comporte comme s\u2019il \u00e9tait seul, vivant sous nos yeux une exp\u00e9rience visiblement tr\u00e8s personnelle, quelque chose de pur et de brutal \u00e0 la fois. Le public observe, et ressent presque une certaine g\u00eane \u00e0 p\u00e9n\u00e9trer ainsi dans l\u2019espace d\u2019un individu dont on oublie vite qu\u2019il est construit. L\u2019exp\u00e9rience provoque beaucoup d\u2019\u00e9motions, mais ce qu\u2019elle cherche \u00e0 v\u00e9hiculer reste difficile \u00e0 d\u00e9chiffrer.<\/p>\n\n\n\n<p>La sensation de voyeurisme surgit d\u00e8s le d\u00e9but, lorsque PRICE s\u2019extirpe d\u2019un sommeil visiblement brumeux, et vaque \u00e0 ses occupations, comme un enfant seul chez lui qui cherche \u00e0 combler l\u2019ennui. Il parle, chante, se d\u00e9place&nbsp;; on l\u2019observe, comme \u00e0 travers une fen\u00eatre \u2013 et, parfois, bel et bien \u00e0 travers sa fen\u00eatre. L\u2019intimit\u00e9 se donne d\u2019abord avec le corps surpris en mouvement, qui est aussi le sujet du monologue. Le personnage se d\u00e9place \u00e0 sa mani\u00e8re, exp\u00e9rimente la marche avec ses membres. Son jeu corporel est presque animal. L\u2019intimit\u00e9 de PRICE, c\u2019est aussi l\u2019amour, qui appara\u00eet surtout dans les moments chant\u00e9s. Sans rien conna\u00eetre du personnage, nous recevons ses confidences tr\u00e8s personnelles sur les d\u00e9boires de sa vie amoureuse. Le spectacle se pr\u00e9sente, d\u2019une fa\u00e7on g\u00e9n\u00e9rale, sur le mode de la confidence, d\u2019un secret auquel nous avons acc\u00e8s, et qui montre aussi les confins du corps et de l\u2019esprit humains.<\/p>\n\n\n\n<p>Il montre aussi l\u2019exp\u00e9rience intense de quelqu\u2019un qui se cherche. L\u2019\u00e9volution dans l\u2019espace est li\u00e9e \u00e0 une \u00e9volution corporelle et mentale. PRICE essaye diff\u00e9rents v\u00eatements, et montre \u00e0 chaque fois une facette diff\u00e9rente de lui-m\u00eame. Rev\u00eatu d\u2019un pantalon rose, il est peintre incompris&nbsp;; enfilant ce qui ressemble \u00e0 un rideau de th\u00e9\u00e2tre, il se montre dramatique, il en rajoute\u2026 Il fait passer les \u00e9motions \u00e0 travers son corps aussi bien qu\u2019\u00e0 travers ses discours et ses chansons&nbsp;: l\u2019une d\u2019entre elles a donn\u00e9 son nom au spectacle. L\u2019adresse \u00e9galement \u00e9volue, au fur et \u00e0 mesure que le personnage semble se rendre compte d\u2019une pr\u00e9sence voyeuriste. Il interroge, accuse, partage. Le public se sent progressivement accept\u00e9, accueilli dans cette intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Art abstrait&nbsp;: la notion est th\u00e9matis\u00e9e lors d\u2019un monologue. Elle pourrait d\u00e9crire le spectacle en lui-m\u00eame. Entre les mouvements du com\u00e9dien, les prises de parole \u00e9nigmatiques et les sons, la repr\u00e9sentation laisse incontestablement place \u00e0 l\u2019interpr\u00e9tation du spectateur. Peut-\u00eatre m\u00eame un peu trop&nbsp;: si les sentiments de PRICE sont clairement exprim\u00e9s, les causes de ces sentiments ainsi que les sujets de ses monologues demeurent ambigus, ce qui laisse une impression de flottement, de manque d\u2019informations. Reste un m\u00e9lange de douceur et de brutalit\u00e9 qui frappe, des formules po\u00e9tiques suivies de coups sonores inattendus, une ambiance qui fait r\u00e9fl\u00e9chir.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-salathe\/\">&nbsp;Laure Salath\u00e9<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/arsenic.ch\/spectacle\/price\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De et avec PRICE (Mathias Ringgenberg) \/ L\u2019Arsenic \/ du 7 au 12 novembre 2017 \/\u00a0 Critiques par Julia Cela et Laure Salath\u00e9.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12055,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[155,195],"class_list":["post-12062","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-julia-cela","tag-laure-salathe"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12062","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12062"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12062\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20758,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12062\/revisions\/20758"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12055"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12062"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12062"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12062"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}