{"id":12024,"date":"2017-11-07T14:23:48","date_gmt":"2017-11-07T13:23:48","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=12024"},"modified":"2025-02-09T17:53:28","modified_gmt":"2025-02-09T16:53:28","slug":"centaures-quand-nous-etions-enfants","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/11\/centaures-quand-nous-etions-enfants\/","title":{"rendered":"Centaures, quand nous \u00e9tions enfants"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Centaures, quand nous \u00e9tions enfants<\/h2>\n\n\n<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Fabrice Melquiot \/ Chor\u00e9graphie \u00e9questre de Camille &amp; Manolo \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \/ du 3 au 5 novembre 2017 \/ Critique par Basile Seppey.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00c0 cheval?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"300\" height=\"200\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/Centaures_Selection_Web-98-300x200.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-12022\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/Centaures_Selection_Web-98-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/11\/Centaures_Selection_Web-98-300x200-250x167.jpg 250w\" sizes=\"auto, (max-width: 300px) 100vw, 300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Martin Dutasta<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>\u00ab&nbsp;Dans cette histoire on ne parle pas de la Cor\u00e9e du Nord, des ouragans ou des gens qui ont des taches de rousseurs, m\u00eame si ce sont des sujets int\u00e9ressants.&nbsp;\u00bb Non, l\u2019histoire sera celle de Manolo et de Camille, couple fondateur du Th\u00e9\u00e2tre du Centaure, une compagnie de th\u00e9\u00e2tre \u00e9questre \u00e0 Marseille&nbsp;: un portrait sc\u00e9nique par Fabrice Melquiot.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Au d\u00e9but, seul un cheval de bois occupe la sc\u00e8ne. Il se d\u00e9place, comme par magie, et fait place \u00e0 Manolo et Camille. Ils ne parlent pas tout de suite. Des images courent sur un immense \u00e9cran au fond de la sc\u00e8ne. Elles ont du grain, ce sont les vid\u00e9os d\u2019enfance et de vacances des deux com\u00e9diens. Ils prennent la parole, se pr\u00e9sentent l\u2019un l\u2019autre. Puis deux voix d\u2019enfants se font entendre, elles racontent leur premi\u00e8re rencontre. Ils \u00e9taient jeunes, ils avaient des choses \u00e0 vivre, il se sont donn\u00e9s rendez-vous, dans une vingtaine d\u2019ann\u00e9es, \u00e0 la Mosqu\u00e9e de Paris. Leur histoire est une histoire d\u2019amour.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors les com\u00e9diens nous pr\u00e9sentent leurs complices, deux chevaux absolument magnifiques&nbsp;: Camille nous pr\u00e9sente Ga\u00efa, un frison hollandais souple et robuste&nbsp;; Manolo introduit Indra, un \u00e9talon pure race espagnole, d\u2019une aristocratique \u00e9l\u00e9gance. Dor\u00e9navant ils seront quatre sur sc\u00e8ne pour raconter et montrer la naissance du Th\u00e9\u00e2tre du Centaure.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce qu\u2019ils se sont retrouv\u00e9s, vingt ans apr\u00e8s, \u00e0 la Mosqu\u00e9e de Paris. Elle est partie vivre en Indon\u00e9sie quelque temps, et lui vit dans un camion Iveco, avec un cheval. Ils d\u00e9cident de s\u2019aimer. Commencent ainsi leurs aventures communes. Les d\u00e9buts, comme souvent, sont difficiles&nbsp;: il fait froid, ils n\u2019ont pas grand chose. Mais puisqu\u2019ils s\u2019aiment, ils parviennent \u00e0 surmonter les \u00e9preuves et \u00e0 constuire leur utopie, un lieu o\u00f9 les hommes et les animaux vivent ensemble.<\/p>\n\n\n\n<p>Il s\u2019agit d\u2019un r\u00eave dont ils ont fait leur r\u00e9alit\u00e9, de deux mythes qu\u2019ils ont combin\u00e9s et mat\u00e9rialis\u00e9s&nbsp;: celui du centaure et celui de l\u2019androgyne. Car Camille et Manolo ne se sentent entiers que lorsqu\u2019ils sont pluriels, lorsqu\u2019ils sont centaures. Aussi est-ce sur leurs chevaux, \u00e0 cru, presque sans toucher \u00e0 la bride, que les deux com\u00e9diens retracent leur parcours. Il ne s\u2019agit pas vraiment d\u2019acrobaties, rien de trop de spectaculaire, mais plut\u00f4t de danse, de musique de corps en symbiose. Et l\u2019on y croit parfois, \u00e0 ce corps double qui raconte et qui montre son histoire, en diss\u00e9minant au sein de cette derni\u00e8re diverses pastilles po\u00e9tiques : il y a de la video, du chant, de la danse, une histoire fantastique, celle de Marguerite qui, \u00e0 la nuit tomb\u00e9e, se transformait en biche. Elle fut tu\u00e9e par son chasseur de fr\u00e8re, d\u00e9pouill\u00e9e, d\u00e9pec\u00e9e et d\u00e9gust\u00e9e par toute la famille. Le message est clair&nbsp;: lorsque Manolo d\u00e9noue les tresses de Camille, celle ci d\u00e9noue celles de Ga\u00efa.<\/p>\n\n\n\n<p>Mais, si les com\u00e9diens disent appartenir \u00e0 ces chevaux, comment la pr\u00e9sence m\u00eame d\u2019une bride, et l\u2019utilisation, aussi discr\u00e8te soit-elle, qu\u2019ils en font, ne leur para\u00eet-elle pas obsc\u00e8ne&nbsp;? Comment croire \u00e0 l\u2019\u00e9vidence d\u2019une reconnaissance entre l\u2019homme et l\u2019animal lorsque Manolo relate les circonstances de sa rencontre avec Indra comme s\u2019il parlait de sa liste de commissions :&nbsp;<em>Je cherchais un cheval dans le genre tauromachique&nbsp;<\/em>? Le sentiment d\u2019une sorte de mensonge se d\u00e9gage de la sc\u00e8ne. Alors que le spectacle se donne comme une ode c\u00e9l\u00e9brant les chevaux, leur sup\u00e9riorit\u00e9 sur les hommes, \u00e9videmment toujours vils et v\u00e9naux, les quadrup\u00e8des n\u2019en sont pas moins instrumentalis\u00e9s. Certes les com\u00e9diens guident les deux b\u00eates par leurs crins, tr\u00e8s d\u00e9licatement, tr\u00e8s discr\u00e8tement il faut en convenir, mais plusieurs moments, dans la performance de ces centaures, forcent les chevaux \u00e0 adopter un comportement presque humain. On les fait s\u2019asseoir sur des fauteuils ou se coucher l\u2019un \u00e0 c\u00f4t\u00e9 de l\u2019autre, d\u2019une mani\u00e8re qui se veut amoureuse. Mais les chevaux, ce soir l\u00e0, avaient peur de s\u2019asseoir, de mettre tout leur poids, et celui de leur cavalier sur leurs pattes arri\u00e8res. On sentait l\u2019h\u00e9sitation, la f\u00e9brilit\u00e9, la peur devant l\u2019exercice qui leur \u00e9tait command\u00e9. Et lorsqu\u2019en se couchant ils se font mal l\u2019un \u00e0 l\u2019autre et se rel\u00e8vent, on recommence\u2026 Le go\u00fbt est amer, comme au cirque.<\/p>\n\n\n\n<p><em>Centaures, quand nous \u00e9tions enfants<\/em>&nbsp;se donne \u00e0 la fois comme un portrait et comme une sorte de conte qui nous invite \u00e0 questionner tant la part d\u2019animal tapie en nous que celle d\u2019humanit\u00e9 que nous projetons sur les animaux.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>5 novembre 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.amstramgram.ch\/projects\/centaures-quand-nous-etions-enfants\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne de Fabrice Melquiot \/ Chor\u00e9graphie \u00e9questre de Camille &amp; Manolo \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \/ du 3 au 5 novembre 2017 \/ Critique par Basile Seppey.<\/p>\n","protected":false},"author":1001607,"featured_media":12022,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,143],"tags":[177],"class_list":["post-12024","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-am-stram-gram-geneve","tag-basile-seppey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12024","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1001607"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=12024"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12024\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20771,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/12024\/revisions\/20771"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/12022"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=12024"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=12024"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=12024"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}