{"id":11736,"date":"2017-06-13T22:11:30","date_gmt":"2017-06-13T20:11:30","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11736"},"modified":"2025-02-09T17:55:50","modified_gmt":"2025-02-09T16:55:50","slug":"very-bat-trip","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/06\/very-bat-trip\/","title":{"rendered":"Very bat trip"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Very bat trip<\/h2>\n\n\n<p>Conception : Fabrice Melquiot \/ R\u00e9alisation : Eric Linder, Fabrice Melquiot et Pascal Moeschler \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \u2013 hors les murs dans le Bois de la B\u00e2tie \/ du 8 au 11 juin \/ Critique par Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Jeux de mains<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 juin 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"236\" height=\"300\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/big-bat.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11733\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/big-bat.jpg 236w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/big-bat-134x170.jpg 134w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/big-bat-157x200.jpg 157w\" sizes=\"auto, (max-width: 236px) 100vw, 236px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Am Stram Gram<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Tandis que les joggeurs inv\u00e9t\u00e9r\u00e9s et les promeneurs nocturnes peuplent le Bois de la B\u00e2tie et se d\u00e9font de leurs fureurs, nous sommes emmen\u00e9s au bord du Rh\u00f4ne, le c\u0153ur palpitant de curiosit\u00e9 en qu\u00eate de sensations fortes. Durant ces quelques nuits, on guette, le temps d\u2019un spectacle, les chiropt\u00e8res qui arpentent les arcades sous le Pont Butin, devenues le refuge \u00e9ph\u00e9m\u00e8re d\u2019une c\u00e9r\u00e9monie envo\u00fbtante, comme un&nbsp;<\/em>very bad trip<em>.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Cela pourrait \u00eatre \u00e0 premi\u00e8re vue un dimanche au Jardin Botanique, o\u00f9 l\u2019on \u00e9coute un scientifique passionn\u00e9. Il explique aux enfants, entour\u00e9s d\u2019adultes qui reviennent sur les bancs de l\u2019\u00e9cole, le monde m\u00e9connu des chasseurs nyctalopes aux doigts ail\u00e9s. Un mammif\u00e8re sur trois appartient \u00e0 cette grande famille porteuse de mythes trop souvent mal\u00e9fiques. Dracula le vampire, Batman le justicier de l\u2019ombre ou les envols cr\u00e9pusculaires de chauve-souris nourrissent nos imaginaires.<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du discours, les couleurs d\u2019une nuit indigo sinuent entre les spectateurs au son planant de la batterie des&nbsp;<em>Young Gods<\/em>. Et voici que Fabrice Melquiot surprend en op\u00e9rant l\u2019inversion du mythe&nbsp;: c\u2019est l\u2019histoire d\u2019Alice et son p\u00e8re sauv\u00e9s des eaux \u00e0 l\u2019autre bout du monde par une chauve-souris.<\/p>\n\n\n\n<p>Le scientifique s\u2019\u00e9clipse sur une derni\u00e8re information&nbsp;: il n\u2019y a pas de chauve-souris sans radar. C\u2019est ce dernier qui les guide et leur permet d\u2019\u00e9viter les dangers. Indon\u00e9sie, 2004. Le tsunami provoque la fuite de milliers d\u2019animaux alert\u00e9s par la menace mortelle que leur r\u00e9v\u00e8le leur sens aiguis\u00e9 de la survie. \u00ab&nbsp;Te souviens-tu, Alice&nbsp;\u00bb, demande le p\u00e8re \u00e0 sa fille aux yeux cern\u00e9s de noir, \u00ab&nbsp;du battement d\u2019ailes en plein jour de notre chauve-souris&nbsp;?&nbsp;\u00bb La b\u00eate leur avait donn\u00e9 le signal du d\u00e9part. Dans cette p\u00e9riode d\u2019adolescence qui semble marqu\u00e9e pour Alice par une solitude et une perte de sens, c\u2019est ce souvenir qui la ranime lorsqu\u2019elle veille le soir assise sur le rebord du Pont Butin, les pieds au-dessus du vide, tandis que son p\u00e8re fait mine de l\u2019imaginer \u00e0 ses cours de guitare ou au cin\u00e9ma avec sa m\u00e8re. \u00c0 quoi bon s\u2019alerter de ses fugues&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Ils sont des survivants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le son lancinant de la guitare \u00e9lectrique soutient le dialogue naissant entre Alice et son p\u00e8re. Il tente de saisir l\u2019imaginaire de sa fille et de comprendre comment sa pens\u00e9e s\u2019est fig\u00e9e sur l\u2019instant de survie, alors qu\u2019elle \u00e9chappait miraculeusement aux vagues. Alice est d\u2019abord distante de son p\u00e8re, qui devient petit \u00e0 petit son confident. Patiemment, il lui extirpe les mots transform\u00e9s en images sous nos yeux : deux cordelistes imitent les envol\u00e9es des chauves-souris, se cambrent, s\u2019agitent en crapahutant du bas en haut des cordes sous les soupirs d\u2019admiration du public. Les deux athl\u00e8tes virevoltent une fois pos\u00e9s sur le sol et suivent une chor\u00e9graphie qui imite les bonds agiles et les heurts des b\u00eates dans l\u2019air. Ces entrechocs ne sont-ils pas une m\u00e9taphore des oscillations d\u2019Alice entre inclusion et appartenance ou exclusion et solitude&nbsp;? La performance, qui m\u00eale diff\u00e9rents arts, comme la danse et le cirque, avec une parfaite mesure, est \u00e9poustouflante. Enfin, les danseurs nichent tous deux dans les espaces vides du Pont Butin et nous rappellent les volatiles qui s\u2019en vont \u00e0 tire d\u2019ailes retrouver les grands espaces.<\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes pris au c\u0153ur des ombres et des fictions qui habitent l\u2019esprit d\u2019Alice. Bient\u00f4t, la voix paternelle se fait rassurante et les danseurs cessent leurs sauts fr\u00e9n\u00e9tiques. Ils ram\u00e8nent leurs corps sur eux-m\u00eames, signifiant, par ce geste, le retour du grand calme apr\u00e8s la temp\u00eate. C\u2019est alors que, propuls\u00e9 sur son fil a\u00e9rien, surgit Batman, non plus comme le justicier mais comme une figure protectrice. Tous conf\u00e8rent au&nbsp;<em>bat trip&nbsp;<\/em>d\u2019Alice des allures lyriques, comme si la jeune fille, elle-m\u00eame jusqu\u2019ici cr\u00e9ature mal\u00e9fique de la nuit, parvenait \u00e0 rendre ses peurs po\u00e9tiques jusqu\u2019\u00e0 ne plus en \u00eatre hant\u00e9e, comme habit\u00e9e par un espoir nouveau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>11 juin 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.amstramgram.ch\/#very-bat-trip\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Conception : Fabrice Melquiot \/ R\u00e9alisation : Eric Linder, Fabrice Melquiot et Pascal Moeschler \/ Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram \u2013 hors les murs dans le Bois de la B\u00e2tie \/ du 8 au 11 juin \/ Critique par Laure-Elie Hoegen.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11733,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,143],"tags":[189],"class_list":["post-11736","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-am-stram-gram-geneve","tag-laure-elie-hoegen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11736","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11736"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11736\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20818,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11736\/revisions\/20818"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11733"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11736"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11736"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11736"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}