{"id":11688,"date":"2017-06-03T18:26:47","date_gmt":"2017-06-03T16:26:47","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11688"},"modified":"2025-02-10T14:15:01","modified_gmt":"2025-02-10T13:15:01","slug":"you-me","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/06\/you-me\/","title":{"rendered":"You &amp; Me"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">You &amp; Me<\/h2>\n\n\n<p>Par les Mummenschanz avec Floriana Frassetto, Christa Barrett, Kevin Blaser, Sara Hermann, Oliver Pfulg \/ Direction artistique : Eric Sauge \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \/ du 30 mai au 4 juin \/ Critique par Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Apparitions enfantines<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"848\" height=\"374\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11686\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e.jpg 848w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e-250x110.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e-300x132.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e-768x339.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/06\/csm_slider-mummenschanz_e9e982810e-624x275.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 848px) 100vw, 848px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Mummenschanz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le soleil rose d\u00e9clinant sur le champ\u00eatre Th\u00e9\u00e2tre du Jorat est un cadre id\u00e9al pour le retour des Mummenschanz, teint\u00e9 cette fois de romantisme, sur le th\u00e8me de la rencontre et des attirances entre le&nbsp;<\/em>You<em>&nbsp;et le&nbsp;<\/em>Me<em>. Le public, venu en nombre dans l\u2019abyssal espace joratien, frissonne et attend \u2013 bouche en c\u0153ur \u2013 les&nbsp; instants f\u00e9eriques bien connus des tuyaux pliss\u00e9s et autres hommes pieuvres. Mais les Mummenschanz ont-il, apr\u00e8s quarante ans de tourn\u00e9e, conserv\u00e9 leur prestige ?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Mesdames, Messieurs, tendez bien l\u2019oreille ! Qui de nous donnera au plus vite la d\u00e9finition de&nbsp;<em>Mummenschanz&nbsp;<\/em>? Alors ? Le moyen-haut-allemand nous est d\u2019une aide pr\u00e9cieuse et nous indique que&nbsp;<em>schanz&nbsp;<\/em>d\u00e9signe le jeu de d\u00e9s et&nbsp;<em>Mummen&nbsp;<\/em>l\u2019accoutrement, le d\u00e9guisement \u00e9trange. En somme, la rencontre hasardeuse de formes particuli\u00e8res. Nous y voil\u00e0.<\/p>\n\n\n\n<p>Le terme prend le sens, dans nos contr\u00e9es, de&nbsp;<em>mascarade&nbsp;<\/em>: un divertissement, fort de musique, de danse et de po\u00e9sie, construit autour de sc\u00e8nes mythologiques, satiriques ou burlesques aux personnages masqu\u00e9s. Gr\u00e2ce \u00e0 cet amalgame des arts de la sc\u00e8ne, les Mummenschanz d\u00e9crochent d\u2019ailleurs plusieurs fois la palme du public, notamment \u00e0 Broadway d\u00e8s 1977 avec Bernie Sch\u00fcrch, Andres Bossard et Floriana Frassetto aux commandes. Cette culture visuelle a fait fureur et c\u2019est ce dont chacun se souvient \u00e0 l\u2019arriv\u00e9e de deux \u00e9normes mains bleues sur la sc\u00e8ne, caressant la t\u00eate de leur cher public qui piaffe d\u2019impatience. Dans la salle, on s\u2019enorgueillit d\u2019avoir vu les Mummenschanz quarante ans auparavant. Mais est-ce la tradition qui porte ce spectacle, ou y a-t-il une vraie nouveaut\u00e9 ?<\/p>\n\n\n\n<p>Bernie Sch\u00fcrch a l\u00e9gu\u00e9 le flambeau au danseur chor\u00e9graphe Philipp Egli et, parfois, on devine de fr\u00eales d\u00e9buts de chor\u00e9graphies rythmant les all\u00e9es et venues des com\u00e9diens emmitoufl\u00e9s dans de grandes formes anim\u00e9es en mousse et en tissu pliss\u00e9. Le spectacle s\u2019articule autour de l\u2019apparition et de la disparition d\u2019\u00eatres originaux : une feuille d\u2019arbre g\u00e9ante, une girafe \u00e0 la m\u00e2choire d\u00e9sarticul\u00e9e, une m\u00e9duse rose et son compagnon en bleu, un \u00e9norme \u0153uf mena\u00e7ant de rouler dans la salle, des fleurs et des cr\u00e9atures aquatiques\u2026 C\u2019est un saut dans l\u2019enfance et le jeune public dans la salle, tout comme les grands-parents, laissent \u00e9chapper de nombreux soupirs d\u2019admiration. Comme lorsque nous contemplions les ombres chinoises d\u00e9filant sur notre lampe magique, notre regard balance pendant le spectacle de gauche \u00e0 droite. Soit, mais il faut tout de m\u00eame relever qu\u2019un tuyau qui se remue sur sc\u00e8ne avec une boule rose \u00e0 son sommet nous fait d\u00e9river sur un autre terrain.<\/p>\n\n\n\n<p>Les allusions douteuses \u00e0 une sexualit\u00e9 qui s\u2019\u00e9panouirait entre le&nbsp;<em>You&nbsp;<\/em>et le&nbsp;<em>Me&nbsp;<\/em>reviennent sans rel\u00e2che. Certes, c\u2019est dr\u00f4le mais la joie cesse rapidement lorsque l\u2019on remarque, \u00e0 plusieurs reprises au cours du spectacle, que le r\u00f4le des couleurs du rose f\u00e9minin au bleu masculin n\u2019a pas \u00e9volu\u00e9 depuis les ann\u00e9es 80 et que l\u2019on offre des chocolats&nbsp;<em>Femina&nbsp;<\/em>aux danseuses en fin de partie sous les applaudissements du public. Ces rappels du f\u00e9minin-masculin sont particuli\u00e8rement redondants lorsque les fleurs s\u2019ouvrent \u00e0 tout va d\u00e8s qu\u2019un manche en carton-p\u00e2te qui gigote les approche.<\/p>\n\n\n\n<p>Les \u00eatres aquatiques qui surviennent nous rappellent les profondeurs d\u2019un lac helv\u00e9tique aux silures d\u00e9mesur\u00e9s, tout comme l\u2019accompagnement sonore (une nouveaut\u00e9 pour cette troupe!) mi-africain mi-hip-hop fait surgir tout un monde d\u2019adolescents et de danseurs en effervescence: c\u2019est un d\u00e9lice. Toutefois, on aimerait que ces \u00e9vocations-ci soient plus appuy\u00e9es et marqu\u00e9es par une finesse d\u2019esprit \u00e0 la hauteur des images qui peuplent notre esprit. Certes, on appr\u00e9cie les jeux d\u2019\u00e9clairage qui transforment une roue de carton en machine folle aux rouages d\u00e9r\u00e9gl\u00e9s \u00e0 deux doigts de l\u2019explosion mais n\u2019y avait-il rien d\u2019autre que des b\u00e2ches de plastique pour simuler les tentacules d\u2019un calamar g\u00e9ant ? Force est de constater que le spectacle tourne h\u00e9las parfois r\u00e9ellement \u00e0 la&nbsp;<em>mascarade<\/em>&nbsp;et on se d\u00e9tourne rapidement des danseurs d\u00e9guis\u00e9s en petites racailles qui font des&nbsp;<em>selfies&nbsp;<\/em>\u00e0 tout va. Cela fait rire les enfants mais\u2026T\u2019en souvient-il, cher public, nous contemplions les grands battements d\u2019ailes de papillon \u00e0 la belle \u00e9poque\u2026 Je me demande pourquoi, depuis les prouesses de Lo\u00efe Fuller, le monde des mimes et des turbans n\u2019a pas pris son envol.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 juin 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatredujorat.ch\/spectacles\/saison-2017\/mummenschanz.html\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par les Mummenschanz avec Floriana Frassetto, Christa Barrett, Kevin Blaser, Sara Hermann, Oliver Pfulg \/ Direction artistique : Eric Sauge \/ Th\u00e9\u00e2tre du Jorat \/ du 30 mai au 4 juin \/ Critique par Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11686,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,13],"tags":[189],"class_list":["post-11688","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-du-jorat","tag-laure-elie-hoegen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11688","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11688"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11688\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20821,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11688\/revisions\/20821"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11686"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11688"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11688"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11688"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}