{"id":11666,"date":"2017-05-23T18:48:20","date_gmt":"2017-05-23T16:48:20","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11666"},"modified":"2025-02-09T17:56:42","modified_gmt":"2025-02-09T16:56:42","slug":"printemps-des-compagnies","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/05\/printemps-des-compagnies\/","title":{"rendered":"Printemps des compagnies"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Printemps des compagnies<\/h2>\n\n\n<p>Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 19 au 21 mai et du 25 au 27 mai 2017 \/ Critiques par Laure-Elie Hoegen et Artemisia Romano.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un air de renouveau aux Osses<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<p><em>Trois pi\u00e8ces en guise de perce-neige\u2026de mai<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La grande d\u00e9esse rouge\u00a0<\/strong>(<em>Pourquoi as-tu laiss\u00e9 au cheval sa solitude ?\u00a0<\/em>\/ Conception Marie-Gili-Pierre d\u2019apr\u00e8s le recueil de Mahmoud Darwich \/ Mise en sc\u00e8ne Natacha Koutchoumov \/ du 19 au 21 mai 2017 \/\u00a0<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/spectacle\/pourquoi-as-tu-laisse-le-cheval-a-sa-solitude\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Plus d\u2019infos<\/a>)<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"390\" height=\"420\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_046___sylvain_chabloz_29dec7b32b.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11657\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_046___sylvain_chabloz_29dec7b32b.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_046___sylvain_chabloz_29dec7b32b-158x170.jpg 158w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_046___sylvain_chabloz_29dec7b32b-186x200.jpg 186w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Sylvain Chabloz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>L\u2019exil, c\u2019est lorsque l\u2019on part et que l\u2019on ne reviendra pas. C\u2019est la nostalgie des chants, des paysages arides de sa terre, des quatre murs qui r\u00e9sistent malgr\u00e9 notre d\u00e9part et de l\u2019enfant en soi qui restera l\u00e0, sur ses id\u00e9aux bafou\u00e9s. Une fois le pied pos\u00e9 sur l\u2019autre rive, c\u2019est l\u2019ind\u00e9niable n\u00e9cessit\u00e9 de recr\u00e9er son propre espace parmi la foule :\u00a0<\/em>Marie Gili-Pierre<em>, entrant sur sc\u00e8ne au Th\u00e9\u00e2tre des Osses, nous y rend attentifs. Elle aborde ses propres th\u00e9matiques en s\u2019appropriant les vers de Mahmoud Darwich puis leur donne vie par ses gestes qui ressortent rouges sur le fond noir de la sc\u00e8ne. Un instant po\u00e9tique dans toute sa simplicit\u00e9 pour saisir la difficult\u00e9 de vivre, au-del\u00e0 des ruines et des obstacles.\u00a0<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Marie, dans sa robe rouge claquant, para\u00eet pourtant si timide et maladroite. Comme une enfant, elle avance \u00e0 petits pas parmi des assemblages en acier jaune fluo qui forment des cadres protecteurs au-dessus d\u2019elle. Le regard des spectateurs ne sait o\u00f9 se poser parmi ces teintes vives, un peu comme dans une nuit \u00e9toil\u00e9e, lorsqu\u2019on h\u00e9site entre la ville \u00e9clair\u00e9e et le ciel brillant. C\u2019est une entr\u00e9e facile, sans d\u00e9tours ni chichis, dans le monde po\u00e9tique. Marie aborde le public d\u2019un ton familier et confie ses pens\u00e9es inhib\u00e9es, ses impairs en tant que com\u00e9dienne affubl\u00e9e d\u2019une silhouette charpent\u00e9e et si pr\u00e9sente sur sc\u00e8ne. On croit voir une fleur dans des d\u00e9combres. Comment faire face au sentiment d\u2019\u00eatre si massif et imposant dans l\u2019espace vide de la sc\u00e8ne ? Faire meuble, se fondre dans le d\u00e9cor, ou d\u00e9cider d\u2019habiter chaque recoin ? Marie nous montre comment s\u2019approprier l\u2019endroit hostile, l\u00e0 o\u00f9 l\u2019on rencontre le regard des autres. Le spectateur ressent une chaleur qui \u00e9mane de chacun des mots de cette com\u00e9dienne au pass\u00e9 certainement lourd. Elle ouvre les portes de ce corps imposant et nous livre ses coups de c\u0153ur, dont ce titre&nbsp;&nbsp;<em>Pourquoi as-tu laiss\u00e9 au cheval sa solitude ?<\/em>&nbsp;qui lui (et nous) rappelle son parcours entre sa discr\u00e9tion d\u2019antan et sa renaissance en femme \u00e0 l\u2019identit\u00e9 solide.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Ainsi comme les fen\u00eatres, j\u2019ouvre sur ce que je veux \u00bb : on admire la puissance de son \u00e9locution et la mani\u00e8re avec laquelle, forte de ses \u00e9motions, elle d\u00e9clame les vers du po\u00e8te palestinien. Je suis \u00e9tonn\u00e9e de voir sa r\u00e9action pleine de sang-froid face aux nuisances sonores dans la pi\u00e8ce, qui d\u00e9tournent notre attention. Marie, arborant son sourire et des yeux brillants qui balayent la salle, baisse parfois son regard, nous perd, mais nous reconquiert vite. Elle traverse et d\u00e9place les cadres d\u2019acier et puis se pose comme une grande d\u00e9esse de l\u2019agriculture sur la terre de Palestine. Les tableaux qui d\u00e9filent devant nous sont peut-\u00eatre ces lieux o\u00f9 \u2013 appuy\u00e9 contre un mur, \u00e0 genoux sur le sol ou regardant vers le ciel \u2013 le po\u00e8te \u00e9crivait. Marie, comme une fen\u00eatre, nous raconte comment choisir ses souvenirs et se rappeler de ce qui fait du bien, m\u00eame lorsqu\u2019un ennemi, en Palestine, tape \u00e0 la porte et qu\u2019on ne peut plus sortir de chez soi lors du couvre-feu.<\/p>\n\n\n\n<p>Et d\u2019un coup trop brusque, on quitte le monde de l\u2019imaginaire et on entend le po\u00e8te et son oncle dans un reportage en toile de fond, qui livre les d\u00e9b\u00e2cles de la guerre en Palestine. Les cadres d\u2019acier deviennent ces maisons esseul\u00e9es, ils montrent les murs qui s\u2019\u00e9croulent et o\u00f9, m\u00eame dans les grands madaf\u00e9s, le plaisir de palabrer n\u2019est plus. Mais notre espace n\u2019est plus l\u00e0, il est ailleurs maintenant \u2013 l\u00e0 o\u00f9 l\u2019exil nous a men\u00e9s \u2013 et, seul, le cheval continue de se repa\u00eetre dans le champ sec.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>La fleur de l\u2019\u00e2ge dank eines Freundschaftspaktes\u00a0<\/strong>(<em>Welcome to paradise<\/em>\u00a0\/<strong>\u00a0<\/strong>de Nathalie Sabato, Ursula Hildebrand et Anne Jenny \/ mise en sc\u00e8ne Julien Schmutz \/ du 19 au 21 mai 2017 \/\u00a0<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/festival\/welcome-to-paradise\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Plus d\u2019infos<\/a>)<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"390\" height=\"420\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_Welcome2_f0f808c6d3.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11658\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_Welcome2_f0f808c6d3.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_Welcome2_f0f808c6d3-158x170.jpg 158w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_Welcome2_f0f808c6d3-186x200.jpg 186w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Printemps des compagnies<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Parmi les verres \u00e0 demi pleins et les bouteilles de grand vin d\u00e9bouch\u00e9es, deux amies, unies l\u2019une \u00e0 l\u2019autre comme de solides branches d\u2019arbres, s\u2019esclaffent sur leur \u00e2ge m\u00fbr. Les deux actrices partagent un pass\u00e9 commun d\u2019amiti\u00e9 et ont invent\u00e9 une langue aux inspirations germanophones, francophones avec m\u00eame un peu d\u2019italien que l\u2019on retrouve dans cette cr\u00e9ation. D\u2019une pierre deux coups : la pi\u00e8ce revisite sur un mode polyglotte le mythe de l\u2019immortalit\u00e9 d\u2019Eos et Tithon et notre tabou de la vieillesse. Accrochez-vous, c\u2019est d\u00e9jant\u00e9 !<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Deux quinquas, l\u2019esprit en f\u00eate et ivres de bonheur apr\u00e8s un festin de reines, se dessinent&nbsp; dans le halo des bougies. Autour d\u2019elles, des cadavres de bouteilles, des m\u00e9gots, mais aussi des suites de verre en cristal jonchent sur le sol. Le regard s\u2019arr\u00eate sur les ombres port\u00e9es de chaque objet. C\u2019est un moment de gr\u00e2ce, comme un tableau d\u2019une f\u00eate impie. Les deux femmes aux cheveux de belle louve se sont mises sur leur trente-et-un, elles d\u00e9taillent en long et en large les diff\u00e9rents moments de la grande ribouldingue, s\u2019enorgueillissent d\u2019avoir autant la forme alors que Fanny, l\u2019une d\u2019entre elles, vient de souffler ses 51 bougies et elles dansent le tango, juch\u00e9es sur des talons aiguilles, loin de tout tabou social&nbsp;: apr\u00e8s tout qu\u2019est-ce qu\u2019\u00eatre vieille ? Y-a-t-il vraiment un tournant d\u00e9fini ou est-ce plut\u00f4t une affaire de volont\u00e9 ? Ces femmes sont magnifiques dans leurs parures de f\u00eate et n\u2019ont aucune retenue. On fume, on s\u2019\u00e9clate, bref la vie dans la fleur de l\u2019\u00e2ge.<\/p>\n\n\n\n<p>Si vous ne connaissiez pas l\u2019humour outre-sarin, c\u2019est l\u2019occasion r\u00eav\u00e9e. Les chaussettes rouges sur un ensemble vert sombre, pr\u00e9voir un&nbsp;<em>salto mortem<\/em>&nbsp;du haut d\u2019une falaise pour le prochain anniversaire alors qu\u2019on avait d\u00e9clar\u00e9 soi-m\u00eame, oui, soi-m\u00eame, vouloir vivre en colocation avec ses vieilles amies toute sa vie. On saute d\u2019un extr\u00eame \u00e0 l\u2019autre, d\u2019une langue \u00e0 l\u2019autre m\u00eame \u2013 das ist richtig d\u00e4mlich !<\/p>\n\n\n\n<p>Au fil du spectacle, pour changer un peu de l\u2019humour fr\u00f4lant le sol, on aime l\u2019\u00e9vocation des grands mythes comme celui d\u2019Eos et Tithon\u2026 mais n\u2019oublions pas qu\u2019Eos a oubli\u00e9 de demander \u00e0 Zeus la jeunesse \u00e9ternelle pour Tithon \u2013 une erreur de d\u00e9butant, ma foi ! Les deux noctambules revisitent \u00e9galement le mythique pacte faustien\u2026livrer le salut de son \u00e2me au diable pour une jouissance \u00e9ternelle, physique (la clope au bec, l\u2019alcool \u00e0 flots mais aussi l\u2019\u00e9l\u00e9gante souplesse) et morale : l\u2019amiti\u00e9 n\u2019a pas de prix et ces deux femmes, c\u00e9libataires, s\u2019envolent \u00e0 deux \u2026&nbsp;<em>Welcome to paradise<\/em>&nbsp;! Mais pas n\u2019importe comment ! Un shot d\u2019immortalit\u00e9 joue le r\u00f4le de M\u00e9phisto et voil\u00e0 qu\u2019on se retrouve dans la Auerbachs\u2019 Keller.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cet univers festif et l\u00e9ger sur le th\u00e8me de l\u2019immortalit\u00e9, on traite pourtant de l\u2019in\u00e9luctable avanc\u00e9e vers la mort. La mani\u00e8re des deux artistes d\u2019aborder ce th\u00e8me \u00e9pineux calme nos propres peurs.&nbsp; Plusieurs noirs, comme pour symboliser les ruptures entre les diff\u00e9rentes saisons de la vie permettent aux com\u00e9diennes de se changer sur sc\u00e8ne. Du th\u00e9\u00e2tre o\u00f9 l\u2019on voit tout, m\u00eame le temps qui passe&nbsp;: une aubaine!<\/p>\n\n\n\n<p>Le temps marque leurs visages de soie, elles deviennent zombie puis golem et cr\u00e9atures de pierre, \u00e0 la mani\u00e8re de ces m\u00e9l\u00e8zes vieux de plus de mille ans. On s\u2019esclaffe parce qu\u2019elles ne pourront plus mourir, oui, mais on r\u00e9alise aussi la beaut\u00e9 de ce temps sans arr\u00eat, lorsque les deux femmes se figent \u00e0 jamais, entour\u00e9es de sacs plastiques anti-\u00e9cologiques, tels des r\u00e9cifs dans l\u2019eau \u00e9ternelle.<\/p>\n\n\n\n<p><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Celui qui enferme ne peut \u00eatre libre (<\/strong><em>\u00a1Viva la revolucion!<\/em>\u00a0\/ De Zita F\u00e9lixe et C\u00e9line Cesa \/<em>\u00a0d<\/em>u 19 au 21 mai 2017 \/\u00a0<a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/festival\/viva-la-revolucion\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Plus d\u2019infos<\/a>)<\/p>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"390\" height=\"420\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_photo_Ponciano_Flores_P\u00e9rez_1914_f177d743d4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11659\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_photo_Ponciano_Flores_P\u00e9rez_1914_f177d743d4.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_photo_Ponciano_Flores_P\u00e9rez_1914_f177d743d4-158x170.jpg 158w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_photo_Ponciano_Flores_P\u00e9rez_1914_f177d743d4-186x200.jpg 186w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Ponciano Flores P\u00e9rez<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sus \u00e0 la couardise et aux prisons ! Les spectateurs sont confortablement assis au Resto-Bar et d\u00e9gustent les derni\u00e8res gouttes de la soir\u00e9e. Viennent trois chanteuses, C\u00e9line Cesa et le duo des deux s\u0153urs Am\u00e9lie et Mathilde Cochard, comme pour mettre du piment dans ce manoir \u00e9clair\u00e9 aux cand\u00e9labres et riche en mets exquis : tommes \u00e0 l\u2019ail des ours, vins peupl\u00e9s de go\u00fbts m\u00e9lodieux, glace \u00e0 la fleur de lait et au coulis fraise basilic. Le trio, d\u00e9j\u00e0 pr\u00e9sent \u00e0 Bulle et \u00e0 B\u00e2le avec ce spectacle en 2016, rapporte les mots f\u00e2ch\u00e9s, les mots d\u00e9\u00e7us et ceux d\u2019espoir des plus grands r\u00e9volutionnaires. Neruda, Martin Luther King, Jean S\u00e9nac et Eluard\u2026 Les chanteuses&nbsp; murmurent, d\u00e9clament ou racontent entre les lettres au poids lourd de r\u00e9sistance les paroles de \u00a1&nbsp;<em>Viva la revolucion<\/em>! qui nous \u00e9l\u00e8vent par-del\u00e0 l\u2019oppression. Et c\u2019est ainsi que l\u2019on comprend pourquoi la r\u00e9volution est aussi signe d\u2019amour et qu\u2019elle f\u00e9conde des ann\u00e9es meilleures \u00e0 venir.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab Qui osera dire que l\u2019enthousiasme ne nous entra\u00eene pas vers le pr\u00e9cipice et que le printemps est accessible ? \u00bb Elles, justement.<\/p>\n\n\n\n<p>Leurs voix, pures, nous font chavirer. Leurs facult\u00e9s de polyglottes ont de quoi satisfaire les spectateurs de tous horizons ; m\u00eame les passionn\u00e9s de&nbsp;<em>Schlager<\/em>&nbsp;y trouveront leur compte. On applaudit avec entrain mais, au-del\u00e0 des interruptions provoqu\u00e9es par certaines approximations de la technique et le manque de fluidit\u00e9 des encha\u00eenements, un regret&nbsp;: celui que la soir\u00e9e devienne trop vite un quizz musical, o\u00f9 l\u2019on cite de grands noms \u2013 ce qui n\u2019enl\u00e8ve toutefois rien \u00e0 l\u2019exquise beaut\u00e9 des textes choisis.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mes albatros<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/artemisia-romano\/\">Artemisia Romano<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"390\" height=\"420\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_07-on-va-ou-papa-_P6B2121-_c_-nicolas-brodard_a81f6f1b90.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11663\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_07-on-va-ou-papa-_P6B2121-_c_-nicolas-brodard_a81f6f1b90.jpg 390w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_07-on-va-ou-papa-_P6B2121-_c_-nicolas-brodard_a81f6f1b90-158x170.jpg 158w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/csm_07-on-va-ou-papa-_P6B2121-_c_-nicolas-brodard_a81f6f1b90-186x200.jpg 186w\" sizes=\"auto, (max-width: 390px) 100vw, 390px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Nicolas Brodard<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le Printemps des compagnies accueille \u00ab&nbsp;O\u00f9 on va, papa&nbsp;?\u00bb une adaptation du texte tendre et poignant de l\u2019\u00e9crivain Jean-Louis Fournier qui raconte l\u2019histoire de Mathieu et Thomas, deux enfants diff\u00e9rents, \u00ab&nbsp;deux petits oiseaux \u00e9bouriff\u00e9s&nbsp;\u00bb qui roucoulent autrement\u2026<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est dans un d\u00e9cor emprunt\u00e9 \u00e0 la<em>&nbsp;Minute n\u00e9cessaire de Monsieur Cyclop\u00e8de&nbsp;<\/em>que cette histoire est racont\u00e9e: un smoking avec n\u0153ud papillon et fleur rouges, une plante tropicale et un fond bleu. Des poup\u00e9es qui incarnent les enfants, des objets de bric et de broc (lunettes, perruques, ballon, valise, miroir). Le tout accompagn\u00e9 en rythme et musique, \u00e9chos aux \u00e9motions et atmosph\u00e8res qui traversent le texte&nbsp;: la tristesse et la joie, la l\u00e9g\u00e8ret\u00e9 et le poids, les rires et les pleurs. Un piano, une voix chant\u00e9e, un m\u00e9tronome, un violon.<\/p>\n\n\n\n<p>La jeune compagnie&nbsp;<em>Alain Guerry<\/em>&nbsp;(2015) aime travailler autour d\u2019\u00e9crits contemporains qui abordent les questions soci\u00e9tales avec humour et satire. Le texte de Jean-Louis Fournier \u00ab&nbsp;O\u00f9 on va, papa&nbsp;?\u00bb qui traite du handicap avec d\u00e9rision, lui convenait parfaitement. L\u2019\u00e9crivain, humoriste et comp\u00e8re de Desproges nous d\u00e9voile le r\u00e9cit autobiographique d\u2019un p\u00e8re qui n\u2019a pas un mais bien deux enfants handicap\u00e9s \u2013 ou plut\u00f4t \u00ab&nbsp;pas comme les autres&nbsp;\u00bb. Le texte, d\u00e9coup\u00e9 ici sous forme de sketchs, dessine avec sarcasme cette situation si particuli\u00e8re ou plut\u00f4t miraculeuse&nbsp;: \u00ab&nbsp;si un enfant qui na\u00eet, c\u2019est un miracle, un enfant handicap\u00e9, c\u2019est un miracle \u00e0 l\u2019envers.&nbsp;\u00bb Les anecdotes d\u00e9filent, elles racontent la vie de Mathieu et Thomas avec la voix d\u2019un p\u00e8re \u00e9mu, et surtout cynique. \u00ab&nbsp;O\u00f9 on va papa&nbsp;? On va \u00e0 la maison. O\u00f9 on va papa&nbsp;? On va droit dans le mur. On va prendre l\u2019autoroute, \u00e0 contresens. On va aux champignons. On va cueillir des amanites phallo\u00efdes et on fera une bonne omelette. On va \u00e0 la piscine, on va plonger depuis le grand plongeoir, dans le bassin o\u00f9 il n\u2019y a pas d\u2019eau.&nbsp;\u00bb Mais c\u2019est aussi un v\u00e9ritable hommage empli de tendresse que nous livre ce p\u00e8re, sans complaisance. Il se moque avec amour de ses enfants, pour rire avec eux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le com\u00e9dien Alain Guerry nous conte avec justesse et humilit\u00e9 ces \u00e9pisodes comiques et tragiques. Il fait sienne cette aventure et de sa voix nous embarque dans ce monde diff\u00e9rent que l\u2019on peut toucher et approcher du bout des doigts. L\u2019ouverture dans cet univers inconnu nous pousse \u00e0 nous interroger sur l\u2019anormalit\u00e9 et plus encore sur la normalit\u00e9. Car cette enfance \u00ab&nbsp;pas comme les autres&nbsp;\u00bb \u00e9claire avec force la feuille de route parentale commune \u00e0 tous. Les m\u00eames pr\u00e9occupations, les m\u00eames espoirs. \u00ab&nbsp;O\u00f9 on va, papa&nbsp;?&nbsp;\u00bb nous fait virer de bord et voguer vers l\u2019inattendu, merveilleusement loin des train-trains familiaux. \u00ab&nbsp;Si vous \u00e9tiez comme les autres, j\u2019aurais eu des petits-enfants. Si vous \u00e9tiez comme les autres, j\u2019aurais peut-\u00eatre eu moins peur de l\u2019avenir. Mais si vous aviez \u00e9t\u00e9 comme les autres, vous auriez \u00e9t\u00e9 comme tout le monde.&nbsp;\u00bb Le texte de Jean-Louis Fournier et son adaptation par la Cie Alain Guerry font fleurir ces petits bourgeons avec amour, po\u00e9sie et humour.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/artemisia-romano\/\">Artemisia Romano<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/festival\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Th\u00e9\u00e2tre des Osses \/ du 19 au 21 mai et du 25 au 27 mai 2017 \/ Critiques par Laure-Elie Hoegen et Artemisia Romano.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11668,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,11,38],"tags":[187,189],"class_list":["post-11666","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-des-osses","category-spectacle","tag-artemisia-romano","tag-laure-elie-hoegen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11666","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11666"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11666\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20832,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11666\/revisions\/20832"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11668"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11666"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11666"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11666"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}