{"id":11577,"date":"2017-05-15T11:34:58","date_gmt":"2017-05-15T09:34:58","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11577"},"modified":"2025-02-09T17:57:56","modified_gmt":"2025-02-09T16:57:56","slug":"antoine-et-cleopatre","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/05\/antoine-et-cleopatre\/","title":{"rendered":"Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre<\/h2>\n\n\n<p>De Tiago Rodrigues d\u2019apr\u00e8s Wiliam Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne Tiago Rodrigues \/ TPR \u00a0La Chaux-de-Fonds \/ les 12 et 13 mai 2017 \/ Critique par Basile Seppey.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Apparitions enfantines<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1140\" height=\"855\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11575\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low.jpg 1140w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low-267x200.jpg 267w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low-768x576.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/AntonioCleopatra_ensaio1De-z201402\u00a9Magda-BizarroREC_low-624x468.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1140px) 100vw, 1140px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Magda Bizarro<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>On pourrait croire que l\u2019histoire d\u2019Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre ne peut donner lieu qu\u2019\u00e0 du sensationnel. Une de ces histoires d\u2019amour agr\u00e9ment\u00e9es de complots, de trahisons et de suicides. Une histoire avec des Romains en jupettes rouges, sandales et rantanplan&nbsp;: force batailles navales et grands sentiments. Tiago Rodrigues, l\u2019actuel directeur artistique du Th\u00e9\u00e2tre National Dona Maria II \u00e0 Lisbonne pose tout au contraire une \u0153uvre dense et mesur\u00e9e, qui tout en rejouant la trag\u00e9die de Shakespeare questionne avec audace les fondements m\u00eames du th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Les surtitres au th\u00e9\u00e2tre, c\u2019est toujours un peu compliqu\u00e9. Faut-il lire les \u00e9motions sur les visages des acteurs ou voir le texte sur un \u00e9cran ? Il semblerait que la meilleure solution soit celle \u00e0 laquelle le metteur en sc\u00e8ne nous invite ici, \u00e0 savoir&nbsp;: faire un peu des deux, mais pas n\u2019importe quand&nbsp;! \u00c0 vrai dire, le choix ne nous est laiss\u00e9 qu\u2019\u00e0 moiti\u00e9&nbsp;: les surtitres apparaissent en haut \u00e0 cour sur un tissu pendu qui \u00e9voque un ciel d\u2019Egypte, alors que les personnages \u00e9voluent, bien plus bas, sur ce m\u00eame tissu qui tra\u00eene ses plis sablonneux sur toute la sc\u00e8ne. En bas \u00e0 jardin un mobile, deux couleurs pour les quatre faces qui en tournant feront courir les reflets des amants. En bas \u00e0 droite, un petit banc, une carafe avec deux verres et une platine vinyle qui r\u00e9gurgite par intermittence la musique ampoul\u00e9e du p\u00e9plum de Charlton Heston. Quand on s\u2019installe, cette musique et ce sobre d\u00e9cor semblent pr\u00e9sager un spectacle digne de celui des gladiateurs. \u00d4 joie.<\/p>\n\n\n\n<p>Alors le couple arrive et commence \u00e0 raconter l\u2019histoire d\u2019Antoine et de Cl\u00e9op\u00e2tre. Ils s\u2019expriment par des esp\u00e8ces de didascalies \u00e9crites par Tiago Rodrigues (\u00ab&nbsp;Antoine marche&nbsp;\u00bb, \u00ab&nbsp;Cl\u00e9op\u00e2tre sent l\u2019odeur d\u2019Antoine&nbsp;\u00bb), auxquelles se m\u00ealent des discours rapport\u00e9s (\u00ab&nbsp;Antoine dit&nbsp;:&nbsp;\u2026&nbsp;\u00bb). La femme raconte l\u2019histoire d\u2019Antoine, l\u2019homme celle de Cl\u00e9op\u00e2tre. L\u2019argument shakespearien a \u00e9t\u00e9 sensiblement travaill\u00e9, augment\u00e9 et ramass\u00e9, pour ne laisser \u00e9merger que des phrases choisies, celles qui brossent le portrait des deux amants.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est une pi\u00e8ce au sein de laquelle s\u2019allient profondeur et l\u00e9g\u00e8ret\u00e9. Si sa fable est \u00e9vid\u00e9e pour que son n\u0153ud \u00e9close mieux, elle n\u2019en est pas moins espi\u00e8gle. Ainsi, \u00e0 plusieurs reprises, les com\u00e9diens font une pause, boivent un peu et se disent quelques mots inaudibles apr\u00e8s avoir rallum\u00e9 la musique. Ou lorsque le texte tr\u00e9buche, dissone, les com\u00e9diens vous adressent un regard entendu. C\u2019est une pi\u00e8ce o\u00f9 r\u00e8gne \u00e9galement une certaine pudeur, un certain \u00e9rotisme. Il s\u2019agit de doser, de savoir ce que l\u2019on montre ou ce que l\u2019on raconte. Les surtitres participent \u00e9galement de cette dynamique qui filtre le texte pour mieux l\u2019affiner, qui nous incite \u00e0 \u00eatre actifs, \u00e0 reconstruire l\u2019histoire, \u00e0 faire marcher notre imagination.&nbsp;<em>Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre<\/em>&nbsp;se donne en d\u00e9finitive comme un conte.<\/p>\n\n\n\n<p>Les com\u00e9diens ne se contentent pas de nous raconter cette nouvelle version d\u2019<em>Antoine et Cl\u00e9op\u00e2tre&nbsp;<\/em>: ils la jouent aussi, soit en campant de leurs gestes une marionnette invisible, soit en incarnant par des mimiques furtives leur personnage. Un jeu plaisant et virtuose r\u00e9pond ainsi \u00e0 l\u2019\u00e9pure, \u00e0 la blancheur du texte de Tiago Rodrigues. En effet ce texte surprend d\u2019abord par sa s\u00e9cheresse, par sa concision. Les phrases, courtes et syst\u00e9matiques, mart\u00e8lent au long de la pi\u00e8ce un rythme que l\u2019auteur a su rendre changeant et surprenant&nbsp;: on passe de la diction isol\u00e9e et droite d\u2019un fait \u00e0 une suite de mots effr\u00e9n\u00e9s au sein de laquelle se bouscule, se d\u00e9lite le langage. Le texte et le jeu se donnent ainsi la r\u00e9plique au cours d\u2019un savant \u00e9change, millim\u00e9tr\u00e9, minut\u00e9, un ballet qui atteindra son paroxysme lors de l\u2019intervention d\u2019autres personnages aux c\u00f4t\u00e9s des deux principaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Le metteur en sc\u00e8ne lisbo\u00e8te signe ici une r\u00e9\u00e9criture audacieuse de la trag\u00e9die shakespearienne sans pour autant la d\u00e9naturer. S\u2019il la d\u00e9barrasse de son fard et de son clinquant, c\u2019est pour mieux lui faire l\u2019amour, pour m\u00ealer \u00e0 ses mots courts et francs les belles phrases fouill\u00e9es du dramaturge \u00e9lisab\u00e9thain. Tiago Rodrigues affectionne cette approche d\u00e9complex\u00e9e. En 2016, il s\u2019\u00e9tait appuy\u00e9 sur le texte de&nbsp;<em>Madame Bovary<\/em>&nbsp;pour explorer diff\u00e9rents types d\u2019\u00e9criture. Il s\u2019agit ici encore, au travers de la trag\u00e9die shakespearienne et en faisant dialoguer texte et jeu, de questionner les modalit\u00e9s de restitution d\u2019un mythe au th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/spectacle2016-2017\/antoine-et-cleopatre\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Tiago Rodrigues d\u2019apr\u00e8s Wiliam Shakespeare \/ Mise en sc\u00e8ne Tiago Rodrigues \/ TPR \u00a0La Chaux-de-Fonds \/ les 12 et 13 mai 2017 \/ Critique par Basile Seppey.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11575,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[177],"class_list":["post-11577","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-basile-seppey"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11577","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11577"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11577\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20851,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11577\/revisions\/20851"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11575"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11577"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11577"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11577"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}