{"id":11507,"date":"2017-05-08T16:51:02","date_gmt":"2017-05-08T14:51:02","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11507"},"modified":"2025-02-09T17:58:34","modified_gmt":"2025-02-09T16:58:34","slug":"ca-ira-1-fin-de-louis","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/05\/ca-ira-1-fin-de-louis\/","title":{"rendered":"\u00c7a ira (1) Fin de Louis"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">\u00c7a ira (1) Fin de Louis<\/h2>\n\n\n<p>De et mise en sc\u00e8ne Jo\u00ebl Pommerat \/ Com\u00e9die de Gen\u00e8ve (B\u00e2timent des Forces Motrices) \/ 02 au 03 mai 2017\/ Critique par Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Dans cinq ou dix ans, la r\u00e9forme<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1000\" height=\"667\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11505\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio.jpg 1000w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/149181-09-06re368_elisabeth-carecchio-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1000px) 100vw, 1000px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Elisabeth Carecchio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Quels sont ces canons qui retentissent par ces fra\u00eeches nuits de mai au c\u0153ur du B\u00e2timent des Forces Motrices ? La R\u00e9volution frappe aux portes et d\u00e9stabilise le public genevois : l<\/em>\u2018<em>auteur-metteur en sc\u00e8ne Jo\u00ebl Pommerat et sa troupe pr\u00e9sentent&nbsp;<\/em>\u00c7a ira (1) Fin de Louis&nbsp;<em>et nous replongent dans les bas-fonds d<\/em>\u2018<em>une R\u00e9volution que l<\/em>\u2018<em>on pensait, \u00e0 tort, exsangue. Cette pi\u00e8ce d<\/em>\u2018<em>exception, mont\u00e9e au Th\u00e9\u00e2tre de Nanterre-Amandiers pour la premi\u00e8re fois en 2015, a re\u00e7u un an plus tard le Moli\u00e8re du Th\u00e9\u00e2tre Public \u2013 et notre reconnaissance de spectateurs envo\u00fbt\u00e9s cette ann\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Le frisson et l\u2019aveu de faiblesse<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Il y a les canons et la fum\u00e9e, les immenses fa\u00e7ades noires au bord de l\u2019affaissement, alors bien s\u00fbr, on bouillonne et on sursaute sur nos si\u00e8ges. Les r\u00e9pliques fusent de l\u2019avant-sc\u00e8ne, des c\u00f4t\u00e9s et en fond de salle, comme si les com\u00e9diens souhaitaient harponner leur public \u00e0 coups d\u2019arguments. Versailles&nbsp;: le ministre des finances Muller, un homme \u00e0 l\u2019air distingu\u00e9 dans son costard gris, coudes sur la table, annonce \u00e0 la Noblesse une r\u00e9forme pour redresser les finances. On tambourine, on applaudit \u00e0 tout va\u2026 cette r\u00e9forme sera effective sous peu, d\u2019ici cinq \u00e0 dix ans, comme \u00e0 chaque fois. C\u2019est le d\u00e9but d\u2019un dialogue politique envenim\u00e9 et il nous faudra parfois nous r\u00e9fugier dans le creux de nos \u00e9paules pour \u00e9chapper aux clameurs assourdissantes. Le peuple est \u00e0 bout, partag\u00e9 entre l\u2019amour qu\u2019il ressent pour son roi, la crise financi\u00e8re et la famine qui s\u2019installe. Est-on vraiment en 1789 ?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Hier, demain et aujourd\u2019hui le dialogue<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les murs pivotent et forment le prochain tableau. Le conseil des privil\u00e9gi\u00e9s se retire pour laisser place \u00e0 une journaliste madril\u00e8ne, pr\u00eate \u00e0 affronter la foule. Elle commente, \u00e0 une vitesse vertigineuse, le rassemblement qui s\u2019est form\u00e9 autour du nouveau ministre. Les tirades sont violentes, le tiers \u00e9tat hue et incrimine le gouvernement de Louis XVI pour toutes les difficult\u00e9s qu\u2019il subit. Les commentaires saccad\u00e9s de l\u2019Espagnole ajoutent du piment aux propos. On appr\u00e9cie ce type de variations m\u00e9lodiques tout au long de la pi\u00e8ce&nbsp;: que la langue soit teint\u00e9e d\u2019un accent slave ou belge, le but est surtout de faire revivre le dialogue cacophonique des foules lorsqu\u2019il y a conflit politique, quel que soit le temps et l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces allers-retours historiques sont notamment encourag\u00e9s par le d\u00e9cor d\u2019une salle parlementaire actuelle qui r\u00e9pond m\u00eame au nom d\u2019Assembl\u00e9e nationale, comme l\u2019indique un panneau d\u2019affichage en fond de sc\u00e8ne. Bien qu\u2019il s\u2019agisse de l\u2019intrigue historique de 1789, des \u00e9l\u00e9ments trahissent sa transposition dans un univers contemporain : en smoking ou tailleur, on proclame des milliards de d\u00e9ficit, au lieu de centaines de mille. Ce lien fort construit entre pass\u00e9 et pr\u00e9sent autour de l\u2019id\u00e9e d\u2019un dialogue politique op\u00e9rant par boucles r\u00e9p\u00e9titives conf\u00e8re \u00e0 la pi\u00e8ce de Pommerat une ind\u00e9niable port\u00e9e philosophique.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Savoir n\u00e9gocier contre l\u2019ex\u00e9cutif<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le fil rouge \u2013 et bient\u00f4t ensanglant\u00e9 \u2013 se d\u00e9ploie entre chaque acte : Paris est une v\u00e9ritable fourmili\u00e8re, dans laquelle s\u2019agitent les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des soixante districts. Deux figures de proue se d\u00e9gagent de ce tas humain grouillant sur sc\u00e8ne : Mme Lefranc, membre de l\u2019extr\u00eame gauche et M. Gigart qui ne cesse de retourner sa chemise. Leur r\u00f4le grandit \u00e0 mesure que l\u2019id\u00e9e d\u2019une Assembl\u00e9e Nationale, destin\u00e9e \u00e0 r\u00e9unir les d\u00e9l\u00e9gu\u00e9s des trois corps de la soci\u00e9t\u00e9 fran\u00e7aise d\u2019Ancien R\u00e9gime (Noblesse, Clerg\u00e9 et Tiers \u00c9tat) s\u2019affirme. \u00c0 l\u2019ext\u00e9rieur des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux, les assembl\u00e9es de quartier d\u00e9plorent la fin du n\u00e9goce, les commer\u00e7ants ont ferm\u00e9 boutique et le peuple assiste, infatigable, \u00e0 la crise des \u00c9tats g\u00e9n\u00e9raux tandis que les ventres des citoyens gargouillent. Le roi Louis XVI, au cr\u00e2ne poli par les ann\u00e9es, ne sait d\u2019abord pas o\u00f9 se placer face \u00e0 l\u2019\u00e9mergence d\u2019une voix populaire qui pourrait s\u2019\u00e9lever contre le pouvoir ex\u00e9cutif qu\u2019il est cens\u00e9 repr\u00e9senter. Est-il fusionnel avec son peuple, comme l\u2019illustre cette sc\u00e8ne o\u00f9 l\u2019on voit trois femmes s\u2019agripper \u00e0 son cou, ou tente-t-il d\u2019\u00e9craser les Parisiens en perdant petit \u00e0 petit le contr\u00f4le de son arm\u00e9e?<\/p>\n\n\n\n<p>Il se pr\u00e9tend d\u00e9tenteur du pouvoir supr\u00eame et c\u2019est en le voyant ainsi affubl\u00e9 d\u2019un costume trois pi\u00e8ces aux c\u00f4t\u00e9s de sa blonde platine \u2013 la reine \u2013, que l\u2019on revient dans notre sph\u00e8re parlementaire o\u00f9 le recours au 49.3, la gouvernance par d\u00e9cret, fait toujours fureur.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>\u00c7a finit toujours par aller\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Quel pied de nez \u00e0 la mis\u00e8re, lorsque la conseill\u00e8re de la reine et cette derni\u00e8re se pr\u00e9lassent contre le billard alors que le chaos r\u00e8gne au dehors. Elles se fatiguent d\u2019elles-m\u00eames en faisant rouler les billes pour \u00e9craser leur ennui. Et pourtant, ce sont bien les vieux rouages de ce syst\u00e8me politique en faillite qui auraient besoin de leur huile de coude. Le port altier et la d\u00e9marche \u00e9nergique du roi ne sont plus que les fant\u00f4mes d\u2019un monde r\u00e9volu. Il semble, lui aussi, contamin\u00e9 par l\u2019indiff\u00e9rence de sa compagne \u00e0 l\u2019\u00e9gard de la situation et il d\u00e9clame ce mantra, devenu obsol\u00e8te face \u00e0 la r\u00e9volte : malgr\u00e9 tout, \u00ab&nbsp;\u00e7a ira&nbsp;\u00bb \u2013 un clin d\u2019\u0153il au refrain des sans-culottes en 1792&nbsp;:\u00ab&nbsp; Ah \u00e7a ira, \u00e7a ira, \u00e7a ira, les aristocrates on les pendra&nbsp;!&nbsp;\u00bb<\/p>\n\n\n\n<p>Face \u00e0 ce tableau de personnalit\u00e9s apathiques, on se dit d\u2019abord que la \u00ab&nbsp;Fin de Louis&nbsp;\u00bb, qu\u2019annonce le titre, sera b\u00e9n\u00e9fique pour les Fran\u00e7ais. Mais en regard des t\u00eate-\u00e0-t\u00eate muscl\u00e9s entre les divers repr\u00e9sentants des assembl\u00e9es, on peut se demander si le peuple est vraiment pr\u00eat pour la libert\u00e9. La suite au prochain \u00e9pisode.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 mai 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.comedie.ch\/programme\/ca-ira-1-fin-de-louis\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De et mise en sc\u00e8ne Jo\u00ebl Pommerat \/ Com\u00e9die de Gen\u00e8ve (B\u00e2timent des Forces Motrices) \/ 02 au 03 mai 2017\/ Critique par Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11508,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,10,38],"tags":[189],"class_list":["post-11507","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-comedie","category-spectacle","tag-laure-elie-hoegen"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11507","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11507"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11507\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20863,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11507\/revisions\/20863"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11508"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11507"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11507"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11507"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}