{"id":11445,"date":"2017-05-01T12:56:48","date_gmt":"2017-05-01T10:56:48","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11445"},"modified":"2017-05-01T13:00:39","modified_gmt":"2017-05-01T11:00:39","slug":"si-javais-su","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/05\/si-javais-su\/","title":{"rendered":"Si j\u2019avais su \u2026"},"content":{"rendered":"<p>Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/celine-conus\/\">C\u00e9line Conus<\/a><\/p>\n<p><em>2h14<\/em> \/ \u00a0De David Paquet \/ Mise en sc\u00e8ne par Fran\u00e7ois Marin \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses, Fribourg \/ du 27 avril au 7 mai 2017 \/ <a href=\"https:\/\/www.theatreosses.ch\/saison-16-17\/2h14\">Plus d&rsquo;infos<\/a><\/p>\n<figure id=\"attachment_11446\" aria-describedby=\"caption-attachment-11446\" style=\"width: 292px\" class=\"wp-caption alignleft\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"size-medium wp-image-11446\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-292x200.jpg\" alt=\"\" width=\"292\" height=\"200\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-292x200.jpg 292w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-248x170.jpg 248w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-768x527.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-1024x703.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204-624x428.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/05\/MER3204.jpg 1166w\" sizes=\"auto, (max-width: 292px) 100vw, 292px\" \/><figcaption id=\"caption-attachment-11446\" class=\"wp-caption-text\">\u00a9Mercedes Reidy<\/figcaption><\/figure>\n<p><em>Une farandole de personnages danse devant nos yeux, arrivant et quittant la sc\u00e8ne sur des musiques qui leur ressemblent, ou ressemblent \u00e0 la situation qui est la leur. Il y a la m\u00e8re, accabl\u00e9e par une tristesse qui la rend presque folle, le professeur de lyc\u00e9e au bord du <\/em>burnout<em>, qui a perdu et le go\u00fbt de vivre et le go\u00fbt tout court, ainsi que quatre adolescents, traversant tous cet \u00e2ge d\u00e9licat \u00e0 leur fa\u00e7on. C\u2019est le petit monde de 2h14, de l\u2019auteur canadien David Paquet. La pi\u00e8ce parle d\u2019aujourd\u2019hui sans \u00e9viter toujours les clich\u00e9s, mais sa fin \u2013 qu\u2019annonce le titre \u00e9nigmatique \u2013 lui conf\u00e8re une certaine port\u00e9e. <\/em><\/p>\n<p>Il est tr\u00e8s difficile d\u2019\u00e9voquer la pi\u00e8ce sans en r\u00e9v\u00e9ler la fin. Tr\u00e8s vite, on entre dans les mondes de ceux qui surgissent l\u00e0, on entre dans leur vie, dans leur douleur. Tour \u00e0 tour, par bribes, avec quelques phrases, on pourrait dire par micro-\u00e9pisodes, les divers personnages prennent possession de l\u2019espace pour laisser libre cours \u00e0 leur pens\u00e9e. Adroitement, ces all\u00e9es et venues installent un rythme dans lequel on entre tr\u00e8s vite. La trame se tisse alors imperceptiblement. Qu\u2019on ne s\u2019y trompe pas, il ne s\u2019agit pas d\u2019une pi\u00e8ce noire de bout en bout. Comme dans la vie, on rit, m\u00eame tristes. On rit de bon c\u0153ur, m\u00eame de soi, de sa propre situation. On rit de l\u2019absurde de nos probl\u00e8mes ou de l\u2019absurde des solutions qu\u2019on trouve pour y rem\u00e9dier.<\/p>\n<p>La sc\u00e8ne est vide, parfois meubl\u00e9e de quelques chaises, apport\u00e9es par les personnages. Exigu\u00eb, elle semble se refermer sur eux au fil de la pi\u00e8ce et est rendue difficilement praticable par un plafond de plus en plus en bas, tel le destin \u00e9crasant, si bien qu\u2019,on ne voit plus les visages des acteurs se tenant debout au fond de la sc\u00e8ne. Dans ce trop petit espace, tout se concentre, mena\u00e7ant d\u2019imploser. On entre dans la pi\u00e8ce par la musique, du punk au jazz d\u2019ambiance, et par les lumi\u00e8res allant du blanc froid au rouge col\u00e8re qui vont se braquer successivement sur chacun des personnages. Ceux-ci semblent d\u2019abord n\u2019avoir aucun lien entre eux, mais il en est tout autrement, comme on le d\u00e9couvre au fil des dialogues et des situations.<\/p>\n<p>Le th\u00e9\u00e2tre est-il un espace d\u2019identification\u00a0? A l\u2019issue d\u2019une heure de repr\u00e9sentation, il reste un l\u00e9ger arri\u00e8re-go\u00fbt de clich\u00e9. Les personnages sont rendus un peu trop simples et trop nets, leurs contours sont trop marqu\u00e9s comme pour forcer\u00a0 un peu cette identification. Il n\u2019en reste pas moins que la salle \u00e9tait pleine d\u2019adolescents ce soir l\u00e0 et leur silence trahissait la concentration, directement concern\u00e9s, interpell\u00e9s qu\u2019ils \u00e9taient par ce qui se passait sur la sc\u00e8ne. Dans la salle, il y avait des professeurs dont beaucoup ont tristement ri des situations auxquelles doit faire face ce prof de fran\u00e7ais d\u00e9pit\u00e9 par le manque de motivation de ces jeunes qu\u2019il faut amener \u00e0 apprendre \u00a0alors qu\u2019ils sont aussi en train de <em>s\u2019apprendre<\/em>. Combien de ces professeurs se sont reconnus\u00a0? Beaucoup hochaient de la t\u00eate. D\u2019autres, ni adolescents ni professeurs, se sont peut-\u00eatre retrouv\u00e9s dans certains personnages, se rappelant leur mal-\u00eatre d\u2019antan ou un copain de classe un peu oubli\u00e9\u00a0: la grosse qui maigrit pour la rentr\u00e9e, le premier de classe qui cherche d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9ment une premi\u00e8re copine, la rebelle qui frappe et qui crie et le gar\u00e7on perdu qui fume des joints.<\/p>\n<p>Il faut attendre la fin de la pi\u00e8ce pour en comprendre la port\u00e9e et le sens, une fin qui vient jeter une lumi\u00e8re diff\u00e9rente sur tout ce que l\u2019on a vu jusque-l\u00e0. Une fin qui s\u2019acc\u00e9l\u00e8re, les minutes \u00e9gren\u00e9es par les personnages. On se rapproche de l\u2019instant T, le public est f\u00e9brile, cet instant, 2h14, le titre \u00e9nigmatique de la pi\u00e8ce\u2026 C\u2019est \u00e0 2h14 pr\u00e9cis\u00e9ment que vont se sceller ensemble toutes ces vies. C\u2019est \u00e0 2h14 que nous sommes amen\u00e9s \u00e0 penser le temps diff\u00e9remment, ce temps qui s\u2019\u00e9coule doucement, silencieusement, sournoisement parfois, se faisant oublier et contre lequel on ne peut rien. \u00a0Je\u00a0 sors les yeux mouill\u00e9s, il me faut l\u2019avouer. \u00a0J\u2019aurais souhait\u00e9 conna\u00eetre l\u2019issue avant le d\u00e9but de la pi\u00e8ce. En retournant \u00e0 ma voiture, j\u2019ai repens\u00e9 \u00e0 cette fameuse machine \u00e0 remonter le temps que personne n\u2019a encore su inventer. Qui ne s\u2019est jamais entendu dire\u00a0\u00ab\u00a0ah, si j\u2019avais su\u00a0\u00bb\u00a0?<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Par C\u00e9line Conus 2h14 \/ \u00a0De David Paquet \/ Mise en sc\u00e8ne par Fran\u00e7ois Marin \/ Th\u00e9\u00e2tre des Osses, Fribourg \/ du 27 avril au 7 mai 2017 \/ Plus &hellip; <\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":0,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32],"tags":[184],"class_list":["post-11445","post","type-post","status-publish","format-standard","category-critique","tag-celine-conus"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11445","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11445"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11445\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11445"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11445"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11445"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}