{"id":11425,"date":"2017-04-28T16:02:40","date_gmt":"2017-04-28T14:02:40","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11425"},"modified":"2025-02-09T18:01:10","modified_gmt":"2025-02-09T17:01:10","slug":"tilt-can-we-start-again","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/04\/tilt-can-we-start-again\/","title":{"rendered":"Tilt, can we start again ?"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Tilt, can we start again ?<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Cr\u00e9ation Cie Klangbox, concept Pascal Viglino \/ Le Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 20 au 30 avril 2017 \/ Critiques par Valmir Rexhepi et Basile Seppey. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Les pots cass\u00e9s<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11419\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-05.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Ribordy\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Tilt<em>&nbsp;est un spectacle-exp\u00e9rience qui\u2026 recommen\u00e7ons. Dans le noir, sous des lumi\u00e8res cr\u00e9pusculaires, se d\u00e9tachent les choses et les chairs&nbsp;; comme une ambiance de Caravage,&nbsp;<\/em>Tilt<em>&nbsp;va\u2026 reprenons. Des tintements, des \u00e9clats de son et de lumi\u00e8re, des mots en spirale pour un spectacle pluriel,&nbsp;<\/em>Tilt<em>&nbsp;nous invite\u2026 attendez, il nous faut reprendre. Encore. Pourquoi&nbsp;?<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est d\u2019abord un air fredonn\u00e9 par les deux personnages sur sc\u00e8ne et puis, soudain, la demande qu\u2019ils nous font de nous lever et de changer de place. Si la requ\u00eate n\u2019a pas de quoi \u00e9tonner \u2013 combien de mises en sc\u00e8ne ne prennent pas le parti, \u00e0 un moment ou \u00e0 un autre, de d\u00e9ranger le spectateur, sans pour autant laisser aux spectateurs la possibilit\u00e9 de d\u00e9ranger la mise en sc\u00e8ne \u2013 elle a au moins le m\u00e9rite de nous d\u00e9tendre quelque peu, d\u2019abandonner un temps notre posture s\u00e9rieuse de consommateur de spectacle. Et puis \u00e7a recommence.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c7a recommence plusieurs fois. Il y a l\u00e0, devant nous, trois structures, comme des penderies au profil de maison, qui accueilleront \u2013 \u00e0 mesure que le spectacle se d\u00e9roule \u2013 diverses cymbales, cloches, n\u00e9ons et autres \u00e9lastiques.&nbsp; Peut-\u00eatre ne faudrait-il pas parler d\u2019un mais de plusieurs spectacles. Nous voici assis en d\u2019autres si\u00e8ges, le petit air de musique, et puis, encore, la rupture&nbsp;: quatre spectateurs&nbsp; \u00e9changent leur place suite \u00e0 la demande qui leur est faite \u00e0 nouveau des personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>De quoi en retourne-t-il&nbsp;? De l\u2019exp\u00e9rience de l\u2019identit\u00e9, peut-\u00eatre, du \u00ab&nbsp;m\u00eame&nbsp;\u00bb et du \u00ab&nbsp;diff\u00e9rent&nbsp;\u00bb. Ce qui se donne devant nous varie inlassablement au risque, qui sait, de parfois nous lasser. Il est question de l\u2019exp\u00e9rience du temps, de son d\u00e9roulement, de sa dur\u00e9e, de ses r\u00e9it\u00e9rations si elles sont possibles&nbsp;: voici que se joue la c\u00e9r\u00e9monie des Nobel, Anja F\u00fcsti campe le r\u00f4le de Patty Smith, son discours, sa voix, ses mimiques. Ce n\u2019est pas Patty Smith, mais un peu quand m\u00eame, et nous ne sommes pas au Nobel, mais tout de m\u00eame, on s\u2019y croirait. Mais croire et \u00eatre n\u2019entretiennent que peu de lien. C\u2019est peut-\u00eatre l\u00e0 que le spectacle veut nous mener, je m\u2019interroge sans gu\u00e8re en avoir le temps&nbsp;: \u00e7a recommence, avec le m\u00eame c\u00e9r\u00e9monial. Il y a ce moment \u00e9trange o\u00f9 la premi\u00e8re page d\u2019<em>Esp\u00e8ce d\u2019espaces<\/em>&nbsp;de Perec est donn\u00e9e en boucle \u00e0 grand renfort d\u2019\u00e9clairage de n\u00e9on, un moment qui m\u2019\u00e9chappe. Et puis \u00e7a\u2026<\/p>\n\n\n\n<p>\u2026recommence encore. \u00ab&nbsp;Can we start again&nbsp;? \u00bb, mention qui accompagne le titre du spectacle. On aurait envie de r\u00e9pondre&nbsp;:&nbsp;<em>bien s\u00fbr<\/em>\u2026 mais&nbsp;<em>pourquoi<\/em>&nbsp;? Il semblerait que depuis plus de 2000 ans on sache \u00e0 peu pr\u00e8s qu\u2019on ne se baigne jamais deux fois dans le m\u00eame fleuve.&nbsp;<em>Panta rhei<\/em>, disait H\u00e9raclite. Est-ce que la r\u00e9p\u00e9tition produit de l\u2019identique&nbsp;? Encore une fois, tout s\u2019\u00e9coule, et de ce pot cass\u00e9 dont on recolle minutieusement chacune des parties, il y aura toujours, subtilement saillantes, les cicatrices.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Tilt ou la mayonnaise<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"698\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-1024x698.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11423\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-1024x698.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-250x170.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-294x200.jpg 294w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-768x523.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08-624x425.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/tilt-ribordy-08.jpg 1174w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Ribordy<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Je connais un petit tour bien utile si, au sortir d\u2019un th\u00e9\u00e2tre, l\u2019on vous assi\u00e8ge, cherchant, avides d\u2019avis, \u00e0 vous extirper une quelconque sentence sur ce que vous venez de voir : il suffit, suivant l\u2019humeur, de r\u00e9pondre simplement&nbsp;: \u00ab&nbsp;\u00e7a m\u2019a (pas, assez, beaucoup) parl\u00e9&nbsp;\u00bb. Vous faites ainsi comprendre \u00e0 l\u2019assaillant qu\u2019il y a de toute fa\u00e7on toujours une part d\u2019inexplicable ou d\u2019intime \u00e0 respecter chez un spectateur. C\u2019est pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui nous porte intimement vers tel ou tel spectacle que les cr\u00e9ateurs de&nbsp;<\/em>Tilt,&nbsp;can we start again&nbsp;? semblent avoir choisi d\u2019explorer<em>. Un th\u00e9\u00e2tre musical qui cherche, au travers de mots, de sons et de couleurs, \u00e0 \u00ab&nbsp;prendre&nbsp;\u00bb, \u00e0 faire tilter le spectateur. Le geste est os\u00e9, son efficacit\u00e9 toute relative.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation serait inspir\u00e9e d\u2019un trou, d\u2019un vide qui advint lors de la performance de Patti Smith durant la c\u00e9r\u00e9monie de remise du Prix Nobel en 2016. Au c\u0153ur de la chanson&nbsp;<em>A Hard Rain\u2019s A-Gonna Fall<\/em>, la chanteuse perd soudainement ses mots, s\u2019excuse, est applaudie et recommence son interpr\u00e9tation. On retrouve cette id\u00e9e de d\u00e9calage, de heurt dans la machinerie habituelle, d\u00e8s le d\u00e9but de&nbsp;<em>Tilt, can we start again&nbsp;?<\/em>&nbsp;\u00c0 peine install\u00e9s, Pascal Vigliono et Anja F\u00fcsti nous invitent \u00e0 entonner une petite chanson puis, visiblement insatisfaits, \u00e0 nous lever, \u00e0 \u00e9changer nos places et \u00e0 chanter \u00e0 nouveau. En figures orphiques bienveillantes, les deux com\u00e9diens tenteront \u00e0 plusieurs reprises au cours de la repr\u00e9sentation d\u2019embrayer un nouveau chant, un nouveau spectacle, d\u2019\u00e9tablir des correspondances entre les s\u00e9quences pr\u00e9sent\u00e9es et la configuration du public.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle consiste en une s\u00e9rie d\u2019\u00e9pisodes, visuels et sonores, jou\u00e9s, chant\u00e9s ou dits, associant gaiement les cloches de vaches et la th\u00e9orie de la relativit\u00e9, Dieu et une grand-m\u00e8re. Pascal Vigliono et Anja F\u00fcsti, percussionistes accomplis, font ici preuve d\u2019une v\u00e9ritable inventivit\u00e9, jouant de tous les \u00e9l\u00e9ments d\u2019un d\u00e9cor complexe et mouvant. Sur sc\u00e8ne sont install\u00e9es trois structures m\u00e9talliques et mobiles, qui rappellent la forme de maisons \u00e9vid\u00e9es. Au sein de ces armatures seront tendus, selon diff\u00e9rents arrangements, des liens \u00e9lastiques qui pourront jouer le r\u00f4le d\u2019obstacles ou vibrer comme les cordes d\u2019un instrument. On remarque aussi la pr\u00e9sence d\u2019un xylophone et d\u2019un gong.<\/p>\n\n\n\n<p>Il semble qu\u2019il s\u2019agit ici de proposer une succession de sensations brutes, instantan\u00e9es qui \u00e9cloront peut-\u00eatre si elles font&nbsp;<em>tilter<\/em>, intimement ou culturellement, le spectateur. Ce tilt pourrait \u00eatre appr\u00e9hend\u00e9 comme le&nbsp;<em>punctum<\/em>&nbsp;de Barthes, comme un \u00e9l\u00e9ment pr\u00e9cis, ou une conjuguaison d\u2019\u00e9l\u00e9ments, qui tout \u00e0 coup \u00ab&nbsp;advient&nbsp;\u00bb \u00e0 travers le regard et, ici, l\u2019ou\u00efe du t\u00e9moin. C\u2019est l\u2019instant o\u00f9 le spectacle prend, un peu \u00e0 la mani\u00e8re des&nbsp;<em>Piano Phases<\/em>&nbsp;de Steve Reich, o\u00f9 dans notre esprit les choses cliquettent, s\u2019embo\u00eetent et fonctionnent. Ainsi le&nbsp;<em>tilt<\/em>&nbsp;assimile le mouvement de notre esprit \u00e0 celui d\u2019une machine, d\u2019un outil m\u00e9canique qui, suivant l\u2019ajustement du r\u00e9el, se met en branle. Les diff\u00e9rentes s\u00e9ances de percussions et d\u2019\u00e9clairage qui jalonnent la pi\u00e8ce pourraient alors en \u00eatre une esp\u00e8ce de m\u00e9taphore. Le tilt deviendrait la matrice du son et de la lumi\u00e8re dans le temps et l\u2019espace.<\/p>\n\n\n\n<p>Par ailleurs, certaines s\u00e9quences tendent \u00e0 explorer d\u2019une mani\u00e8re d\u00e9vi\u00e9e des \u00e9l\u00e9ments sonores ou visuels.&nbsp; On chante l\u2019URL d\u2019une vid\u00e9o youtube, ou l\u2019on \u00e9claire, gr\u00e2ce \u00e0 un arrangement variable de n\u00e9ons, une liste d\u2019espaces de George P\u00e9rec. On devine aussi un travail sur le d\u00e9cor autour des notions d\u2019instabilit\u00e9, de transparence, de changement et de limites. Les structures sont modulables et modul\u00e9es. Par exemple, on per\u00e7oit d\u2019abord en deux dimensions ce qui en poss\u00e8de r\u00e9ellement trois. Tout en stimulant continuellement notre ou\u00efe et notre regard, la pi\u00e8ce ne cesse de les interroger dans leurs apories, dans les d\u00e9tours et raccourcis qu\u2019ils empruntent.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce travail sur la porosit\u00e9 et l\u2019\u00e9lasticit\u00e9 des structures s\u2019\u00e9tend \u00e0 celui du sens.&nbsp;<em>Tilt<\/em>&nbsp;appartient au th\u00e9\u00e2tre musical, un th\u00e9\u00e2tre motiv\u00e9 et structur\u00e9 par la musique. Or le sens produit par la musique para\u00eet incroyablement plus flottant et diffus que ne l\u2019est celui que v\u00e9hicule le langage. En r\u00e9sulte une esp\u00e8ce d\u2019objet prot\u00e9iforme, illimit\u00e9 parce que non d\u00e9fini mais qui peut produire une certaine impression de disparate, de juxtapos\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Il y a une certaine prise de risque \u00e0 travailler de la sorte, car le&nbsp;<em>tilt<\/em>&nbsp;peut tout \u00e0 fait ne pas advenir, ne pas&nbsp;<em>prendre<\/em>&nbsp;chez le spectateur. Et il est d\u2019ailleurs curieux qu\u2019un spectacle aussi travaill\u00e9, aussi p\u00e9tri de citations, de renvois et de r\u00e9f\u00e9rences puisse parfois se teinter d\u2019une impression de gratuit\u00e9. Il y a comme une zone \u00e9trange et flottante au sein de laquelle nous peinons \u00e0 trancher. Les \u00e9l\u00e9ments peuvent aussi bien se pr\u00eater \u00e0 appropriation heureuse, go\u00fbter la fra\u00eecheur d\u2019un mouvement original que susciter l\u2019indiff\u00e9rence. Mais ce flottement, cet inconfort, s\u2019av\u00e8re fertile dans la mesure o\u00f9 il parvient \u00e0 rafra\u00eechir, \u00e0 rendre aux citations leur imm\u00e9diatet\u00e9. En revanche, si le&nbsp;<em>tilt<\/em>&nbsp;n\u2019advient pas, le spectacle peut tr\u00e8s bien se transformer en longue travers\u00e9e du d\u00e9sert.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette cr\u00e9ation, en d\u00e9finitive, se donne, pour ceux qui en ont le go\u00fbt, comme une esp\u00e8ce de surprise \u00e0 d\u00e9baller et \u00e0 mastiquer longtemps apr\u00e8s. Car si elle ne prend pas, si elle ne&nbsp;<em>tilte<\/em>&nbsp;pas chez tout le monde pendant la repr\u00e9sentation, elle peut tr\u00e8s bien le faire par la suite, en discutant avec les com\u00e9diens, ou en observant le mur sur lequel est retrac\u00e9e la gen\u00e8se du projet. C\u2019est une invitation \u00e0&nbsp;<em>chercher<\/em>&nbsp;le&nbsp;<em>tilt<\/em>&nbsp;au del\u00e0 du th\u00e9\u00e2tre. En effet cette id\u00e9e d\u2019\u00e9ternel retour distille une dynamique cyclique, &nbsp;elle sugg\u00e8re un mouvement qui ne commence ni ne finit jamais. C\u2019est d\u2019ailleurs un ruban de M\u00f6bius qui sert de billet d\u2019entr\u00e9e.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>20 avril 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/basile-seppey\/\">Basile Seppey<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.petitheatre.ch\/spectacle\/11-tilt\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n\n\n\n<p>&nbsp;<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Cr\u00e9ation Cie Klangbox, concept Pascal Viglino \/ Le Petith\u00e9\u00e2tre de Sion \/ du 20 au 30 avril 2017 \/ Critiques par Valmir Rexhepi et Basile Seppey.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11427,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,122,38],"tags":[177,166],"class_list":["post-11425","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-petitheatre-sion","category-spectacle","tag-basile-seppey","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11425","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11425"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11425\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20881,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11425\/revisions\/20881"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11427"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11425"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11425"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11425"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}