{"id":11330,"date":"2017-04-03T08:58:41","date_gmt":"2017-04-03T06:58:41","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11330"},"modified":"2025-02-09T18:02:32","modified_gmt":"2025-02-09T17:02:32","slug":"etudes-heretiques-1-7","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/04\/etudes-heretiques-1-7\/","title":{"rendered":"Etudes h\u00e9r\u00e9tiques 1-7"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Etudes h\u00e9r\u00e9tiques 1-7<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Concept Antonija Livingstone et Nadia Lauro \/ Arsenic \/ du 31 mars au 1er avril 2017 \/ Critiques par Margot Prod&rsquo;hom et Laure-Elie Hoegen. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/margot-prodhom-2\/\">Margot Prod&rsquo;hom<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Abus de langage<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"498\" height=\"373\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11328\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373.jpg 498w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373-267x200.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Benny Nemerofsky Ramsay<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>La cr\u00e9ation d\u2019Antonija Livingstone et de Nadia Lauro pour le Th\u00e9\u00e2tre Garonne actuellement pr\u00e9sent\u00e9e \u00e0 l\u2019Arsenic pourrait se d\u00e9finir plus ais\u00e9ment par ce qu\u2019elle n\u2019est pas&nbsp;: ce n\u2019est ni une danse, ni une pi\u00e8ce de th\u00e9\u00e2tre \u00e0 personnages, \u00e0 intrigue, et \u00e0 texte, ni une composition esth\u00e9tique. C\u2019est une performance, dit-on. Une performance de quoi&nbsp;? Difficile de r\u00e9pondre \u00e0 cette question. Une chose est s\u00fbre&nbsp;: ce sont les spectateurs qui r\u00e9alisent une performance s\u2019ils parviennent \u00e0 rester dans la salle jusqu\u2019\u00e0&nbsp;la fin de ce non-spectacle.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes accueillis par Antonija Livingstone qui, du haut des escaliers montant vers la salle, nous demande d\u2019enlever nos chaussures. Nous sommes ensuite accompagn\u00e9s par petits groupes dans une pi\u00e8ce inond\u00e9e d\u2019eau&nbsp;: le sol est recouvert d\u2019un feutre turquoise kitsch, les six personnes sur sc\u00e8nes sont toutes de jeans v\u00eatues, quelques coquillages sont dispers\u00e9s par terre, des films en plastique sont entass\u00e9s sur deux vagues m\u00e9talliques, on entend une bande-son d\u2019orage, un groupe mixte de sir\u00e8nes&nbsp;<em>topless<\/em>&nbsp;aux perruques d\u00e9lav\u00e9es est assis dans le public et un homme \u00e0 l\u2019arri\u00e8re-sc\u00e8ne tresse un panier tout au long de cette seule et unique sc\u00e8ne. Il y a aussi une s\u00e9rie de cloches sur le sol. Quel est le lien entre l\u2019atmosph\u00e8re maritime et les cloches&nbsp;? Pas \u00e9vident&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<p>Pendant environ cinquante minutes, les androgynes, hermaphrodites et bisexu\u00e9s, tous en chaussures contrairement au public, d\u00e9ambulent avec une lenteur harassante dans la salle, tenant \u00e0 bout de bras des pellicules plastiques dont on ne sait pas si elles devraient \u00eatre transparentes ou r\u00e9fl\u00e9chissantes. Il y a bien un reflet lorsqu\u2019ils passent devant nous, mais il est presque imperceptible en raison des plis des pellicules et des nombreuses marques de doigts dont elles sont recouvertes. Ces films \u00e9chappent \u00e0 toute cat\u00e9gorisation&nbsp;: ils ne sont ni, ni. Les six \u00ab&nbsp;performers&nbsp;\u00bb marchent en se dandinant, s\u2019accroupissent au sol, se cambrent dans des positions presque \u00e9rotiques, se tra\u00eenent par terre. On ne peut \u00eatre certains ni que les trajectoires sont pr\u00e9vues \u00e0 l\u2019avance ni qu\u2019elles sont simplement improvis\u00e9es. On peut m\u00eame se demander ce qui est travaill\u00e9 pendant les r\u00e9p\u00e9titions. Les mouvements sont eux aussi difficilement qualifiables&nbsp;: ils n\u2019ont pas la gr\u00e2ce ni la pr\u00e9cision de la danse, mais ne donnent pas non plus une impression de spontan\u00e9it\u00e9, de corpor\u00e9it\u00e9 lib\u00e9r\u00e9e. Que veut-on nous montrer&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Dans le public, on \u00e9change des regards. Certains s\u2019endorment, d\u2019autres sortent un livre, les plus hardis rient tant la situation est aberrante. En France, les gens sortent de la salle. Les Suisses, en revanche, sont un bon public pour ce genre de production&nbsp;: on reste discrets, on n\u2019ose pas r\u00e9agir ni sortir, si on \u00e9clate de rire on est regard\u00e9 de travers. Lorsque l\u2019un des androgynes prend un spectateur par la main pour le faire sortir de la salle, il ne faut pas longtemps pour que tout le monde se l\u00e8ve et sorte. En bas des escaliers, les sir\u00e8nes qui ont enlev\u00e9 leurs perruques chantent en ch\u0153ur et invitent le public \u00e0 se joindre \u00e0 elles. Pendant les vingt minutes de chant, petit-\u00e0-petit, les spectateurs s\u2019en vont, fuyant presque.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s la fin, on en vient v\u00e9ritablement \u00e0 se demander quelle peut bien \u00eatre l\u2019intention artistique qui a pr\u00e9sid\u00e9 \u00e0 cette cr\u00e9ation. Le but est-il d\u2019outrer le public&nbsp;en lui faisant vivre un moment dont la longueur est dilat\u00e9e par la lenteur, la monotonie et l\u2019absence explicite de contenu signifiant ? Ou l\u2019objectif est-il justement de vider la sc\u00e8ne de son contenu en transf\u00e9rant ainsi le sens du c\u00f4t\u00e9 du public&nbsp;? Peut-\u00eatre que le contenu, c\u2019est nous finalement. En tout cas, si l\u2019on doit reconna\u00eetre une qualit\u00e9 \u00e0 cette cr\u00e9ation, c\u2019est que son absurdit\u00e9 a fait \u00e9merger l\u2019\u00e9change de quelques regards complices entre les spectateurs et quelques fous rires. Face au non-sens, au nihilisme, une certaine coh\u00e9sion peut se cr\u00e9er.<\/p>\n\n\n\n<p>La notion de performance d\u00e9voile son ambigu\u00eft\u00e9 \u00e0 travers ce spectacle&nbsp;qui refl\u00e8te pr\u00e9cis\u00e9ment ce qui fait le flou de cette cat\u00e9gorisation&nbsp;: c\u2019est un fourre-tout qui, dans sa version d\u00e9voy\u00e9e, permet de l\u00e9gitimer la dimension artistique de n\u2019importe quoi, d\u2019affirmer que ce geste que je fais, alors m\u00eame que j\u2019aurais pu le faire aussi dans la rue, parce qu\u2019il est fait sur sc\u00e8ne, est un geste artistique.&nbsp;<em>Etudes h\u00e9r\u00e9tiques 1-7<\/em>&nbsp;est une sorte de prestation qui se veut non conformiste. Mais \u00e0 quel prix&nbsp;? Est-ce que pour \u00eatre h\u00e9r\u00e9siarque il faut \u00eatre fastidieux, &nbsp;nihiliste&nbsp;? On parle souvent d\u2019 \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb lorsqu\u2019on ne parvient pas \u00e0 d\u00e9crire ce qui s\u2019est pass\u00e9 dans une situation que l\u2019on a v\u00e9cue. Le lieu et le dispositif du th\u00e9\u00e2tre ne suffisent pas, hors de toute autre proposition, \u00e0 faire de ce non-spectacle une \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb au sens constructif du terme, hormis celle de l\u2019emploi abusif des termes \u00ab&nbsp;performance&nbsp;\u00bb et \u00ab&nbsp;exp\u00e9rience&nbsp;\u00bb.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/margot-prodhom-2\/\">Margot Prod&rsquo;hom<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-group\"><div class=\"wp-block-group__inner-container is-layout-constrained wp-block-group-is-layout-constrained\">\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Salle d&rsquo;attente<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"498\" height=\"373\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11328\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373.jpg 498w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/photosite28-498x373-267x200.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Benny Nemerofsky Ramsay<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Sus \u00e0 la paresse! Les deux soir\u00e9es d\u00e9di\u00e9es \u00e0 la pi\u00e8ce&nbsp;<\/em>\u00c9tudes h\u00e9r\u00e9tiques 1-7, d<em>u 31 mars au 1er avril 2017, transforment la grande salle de l\u2019Arsenic \u2013 Centre d\u2019Art sc\u00e9nique contemporain \u2013 en un espace auto-cr\u00e9\u00e9 et actif o\u00f9 le spectateur est amen\u00e9 \u00e0 produire lui-m\u00eame son spectacle. L\u2019attente d\u2018un d\u00e9but ou d\u2019une histoire n\u2019est ici d\u2019aucun secours. Comme dans tous les projets qu\u2019Antonija Livingstone et Nadia Lauro m\u00e8nent depuis leur rencontre en 2001 dans le projet Not to Know initi\u00e9 par Beno\u00eet Lachambre, ce spectacle comporte une grande part d\u2019improvisation.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Prospection<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>On se met nu-pieds pour une meilleure rencontre avec le sol et l\u2019espace d\u00e9nud\u00e9 qui s\u2019\u00e9tale devant le spectacteur d\u00e8s l\u2019entr\u00e9e en salle. On rechigne, s\u2019\u00e9tonne, se pose nonchalamment dans un coin de la salle avec pour horizon une salle baign\u00e9e dans le turquoise, dans laquelle la seule activit\u00e9 humaine est celle d\u2019un vieil homme isol\u00e9, en fond de salle. Il tresse sans rel\u00e2che un panier d\u2019osier jamais abouti et rappelle, par ses cheveux blancs et son visage burin\u00e9, les \u00e9tendues sableuses de la Gr\u00e8ce antique. Par terre, des structures d\u2019acier imitent les vagues et se refl\u00e8tent dans les vitres de l\u2018Arsenic.<\/p>\n\n\n\n<p>Les joues des spectateurs, coll\u00e9s les uns aux autres, s\u2019empourprent du rouge de l\u2018exigu\u00eft\u00e9 et de l\u2018effort d\u2019interpr\u00e9tation face \u00e0 ces grands personnages qui, suivant un trac\u00e9 en carr\u00e9 r\u00e9gulier, se meuvent en silence, accompagn\u00e9s du bruit du tressage.<\/p>\n\n\n\n<p>La pi\u00e8ce-a-t-elle d\u00e9j\u00e0 commenc\u00e9 ? se demande-t-on. Ni noir jet\u00e9 sur la sc\u00e8ne, ni lever de rideau, il s\u2019agit, comme dans une salle d\u2019\u00e9tude, d\u2019examiner des objets. Sauf qu\u2019 ici, ils se d\u00e9placent.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Toi, l\u2018h\u00e9r\u00e9tique<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Le bas du dos masculin et f\u00e9minin ne se cache plus. La fente du pantalon dessine une ligne sur les mollets qui d\u00e9filent. Ils offrent \u00e0 nos regards des chevilles impudiques. Ces grandes figures, juch\u00e9es sur leurs talons-aiguilles, sont affubl\u00e9es de jeans trou\u00e9s pass\u00e9s sur de grandes guiboles, et de gilets ouverts sur une poitrine moite. Elles se veulent d\u00e9rangeantes et sont une provocation digne d\u2019un film d\u2019Almodovar. Habituellement noctambules, l\u2019opprobre sociale condamnant leur extravagance, elles ne craignent pas ici la lumi\u00e8re cireuse de la sc\u00e8ne ; elles agitent m\u00eame des miroirs sans tain sous les yeux des spectateurs, qui y d\u00e9couvrent leur \u00e9tonnement.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019h\u00e9r\u00e9sie, dans l\u2019affichage ostensible d\u2019une opinion contraire aux id\u00e9es re\u00e7ues, semble ici r\u00e9clamer son d\u00fb de mani\u00e8re franche et sans d\u00e9tours. Ces personnalit\u00e9s&nbsp;<em>queer<\/em>, h\u00e9sitant entre l\u2019homme et la femme, entre l\u2019eau et la terre, le temps pr\u00e9sent et celui de la grande Histoire, suivent une chor\u00e9graphie construite autour de l\u2019inclusion et de l\u2019union. Elles se d\u00e9tachent \u00e0 nouveau par des gestes individuels : sentir le mouvement des vagues d\u2018acier, faire sonner des cloches, se pr\u00e9lasser et sommer un ou deux spectateurs de les rejoindre sur sc\u00e8ne pour \u00e9couter le son des coquillages, la t\u00eate pos\u00e9e sur leurs genoux. Nous montrerons-nous r\u00e9ticents face \u00e0 ces mouvements r\u00e9p\u00e9titifs ou pr\u00e9f\u00e9rerons-nous repenser nos concepts cat\u00e9goriques d\u2019identit\u00e9, d\u2019union et de d\u00e9sunion ? \u00catre h\u00e9r\u00e9tique, n\u2018est-ce pas aussi former une entit\u00e9?<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Heurts et caresses<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019espace de la sc\u00e8ne est pour Nadia Lauro un potentiel, un partenaire de danse. Le spectateur est \u00e0 la fois immerg\u00e9 et participant actif. Il regarde et peut \u00eatre regard\u00e9. Ce ph\u00e9nom\u00e8ne d\u2019aller-retour entre les regards est tr\u00e8s marquant et r\u00e9ussi. Notre place est l\u00e0, parmi les figures marines en bord de salle. Ces figures \u00e0 la perruque verte, \u00e0 moiti\u00e9 nues et manifestement en qu\u00eate d\u2019un objet non identifiable, m\u00eame \u00e0 l\u2019aide de leur lampe, frontale, suscitent toutefois des h\u00e9sitations quant \u00e0 leur r\u00f4le pr\u00e9cis. Les aurait-on oubli\u00e9es ou sont-elles simplement assises l\u00e0, avec pour seule mission celle de r\u00e9p\u00e9ter un refrain flou en anglais pendant que l\u2018eau coule en fond sonore ?<\/p>\n\n\n\n<p>Les mouvements des longs personnages suivent les va-et-vient des flots et \u00e9veillent en nous un doux sentiment de vill\u00e9giature, comme une caresse. Mais ces caresses, d\u2019abord br\u00e8ves et fugitives, durent trop longtemps et agitent le spectateur fatigu\u00e9 de ne pas voir poindre le d\u00e9but d\u2019une quelconque action. La salle d\u2019\u00e9tude se mue alors en salle d\u2019attente, o\u00f9 manquent les effets de rupture pour sortir d\u2019une monotonie qui s\u2019enracine peu \u00e0 peu. On entend, \u00e0 l\u2019ext\u00e9rieur de la salle, un chant m\u00e9lodieux qui commence en dehors de cette mer \u00e9trange, aux habitants si difficilement d\u00e9masquables. Cependant, finalement lass\u00e9s, peu de ces touristes culturels, peut-\u00eatre uniquement habit\u00e9s par l\u2019aspiration d\u2018\u00eatre divertis, restent pour chanter en choeur. On se demande toutefois, avec de moins en moins de patience, si notre l\u00e2cher-prise, pourtant si agr\u00e9able, pourra braver longtemps ces grands pantins entrant et quittant les vagues d\u2019acier sans grande \u00e9motion. Et brusquement, dans un flop d\u00e9sillusionn\u00e9, l\u2019invitation \u00e0 accueillir le&nbsp;<em>queer&nbsp;<\/em>tombe \u00e0 l\u2018eau.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>31 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/laure-elie-hoegen\/\">Laure-Elie Hoegen<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n<\/div><\/div>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/etudes-heretiques-1-7\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Concept Antonija Livingstone et Nadia Lauro \/  Arsenic \/ du  31 mars au  1er avril 2017 \/ Critiques par Margot Prod&rsquo;hom et Laure-Elie Hoegen.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11328,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[189,186],"class_list":["post-11330","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-laure-elie-hoegen","tag-margot-prodhom"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11330","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11330"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11330\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20894,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11330\/revisions\/20894"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11328"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11330"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11330"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11330"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}