{"id":11323,"date":"2017-04-03T08:48:40","date_gmt":"2017-04-03T06:48:40","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11323"},"modified":"2025-02-09T18:02:46","modified_gmt":"2025-02-09T17:02:46","slug":"ombres-sur-moliere","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/04\/ombres-sur-moliere\/","title":{"rendered":"Ombres sur Moli\u00e8re"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Ombres sur Moli\u00e8re<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Texte et mise en sc\u00e8ne Dominique Ziegler \/ La Compagnie Les Associ\u00e9s de l\u2019Ombre \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 23 au 26 mars 2017 \/ Critique par Joanne Vaudroz. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/joanne-vaudroz\/\">Joanne Vaudroz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Moli\u00e8re pris en otage par Tartuffe<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"683\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-1024x683.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11320\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-1024x683.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz-624x416.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/04\/2_Ombres_David_Deppierraz.jpg 1200w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\"> \u00a9David Deppierraz<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Moli\u00e8re chatouille les hommes d\u2019Eglise en \u00e9crivant&nbsp;<\/em>Tartuffe<em>. Le faux d\u00e9vot questionne dans son essence m\u00eame l\u2019int\u00e9grit\u00e9 religieuse et d\u00e9range le milieu eccl\u00e9siastique.<\/em>&nbsp;<em>Si cet imposteur nous est aussi bien connu aujourd\u2019hui que son auteur ainsi que l\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;affaire&nbsp;\u00bb qui tourne autour de la cr\u00e9ation de cette pi\u00e8ce, c\u2019est qu\u2019il nous est peut-\u00eatre impossible de dissocier le personnage des retentissements qu\u2019il eut sur son cr\u00e9ateur. C\u2019est pourquoi l\u2019\u00e9crivain, dramaturge et metteur en sc\u00e8ne genevois Dominique Ziegler et la compagnie \u00ab&nbsp;Les Associ\u00e9s de l\u2019Ombre&nbsp;\u00bb questionnent sur sc\u00e8ne l\u2019impact de Tartuffe sur son p\u00e8re, Moli\u00e8re.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><strong>Une histoire<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019hypocrite est partout, m\u00eame et surtout sous la plume de Poquelin&nbsp;: le dramaturge ne l\u2019\u00e9pargne pas. Conform\u00e9ment \u00e0 un lieu commun de la critique apparu d\u00e8s le XVII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, &nbsp;D. Ziegler pr\u00e9sente Moli\u00e8re en habile observateur, saisissant les comportements de ses contemporains afin de les repr\u00e9senter sur sc\u00e8ne sous l\u2019angle du risible. Apprenant la mort de l\u2019un de ses amis com\u00e9diens, Moli\u00e8re attrist\u00e9 s\u2019indigne lorsqu\u2019on lui annonce que ce dernier a \u00e9t\u00e9 jet\u00e9 dans la fosse commune, se voyant refuser les derniers sacrements d\u2019un pr\u00eatre. Il prend alors une d\u00e9cision&nbsp;: son hypocrite touchera \u00e0 cette cat\u00e9gorie de la soci\u00e9t\u00e9 dans laquelle, cette fois, le ridicule ne fait pas rire&nbsp;: Tartuffe sera la caricature de l\u2019eccl\u00e9siastique impie. Bien que \u00ab&nbsp;le th\u00e9\u00e2tre doive faire les yeux doux au clerg\u00e9&nbsp;\u00bb selon ce que d\u00e9clare le personnage de Madeleine, Moli\u00e8re ne s\u2019incline pas sous la pression sociale et continue \u00e0 repr\u00e9senter sa pi\u00e8ce.<\/p>\n\n\n\n<p>Sur la base de l\u2019&nbsp;\u00ab&nbsp;affaire&nbsp;<em>Tartuffe<\/em>&nbsp;\u00bb et des r\u00e9percussions qu\u2019elle eut dans la vie de l\u2019\u00e9crivain, Dominique Ziegler et la compagnie \u00ab&nbsp;Les Associ\u00e9s de l\u2019Ombre&nbsp;\u00bb mettent au go\u00fbt du jour la question de la libert\u00e9 d\u2019expression artistique. En effet, cet \u00e9pisode permet au metteur en sc\u00e8ne de confronter Moli\u00e8re \u00e0 son propre statut&nbsp;: un com\u00e9dien surveill\u00e9 par l\u2019Eglise. C\u2019est donc sous forme d\u2019une fiction historique que Dominique Ziegler ravive les questions li\u00e9es \u00e0 la censure et surtout au rapport de l\u2019artiste du roi au pouvoir.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Vous avez dit Moli\u00e8re&nbsp;? Nous voulons rire alors\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Ce soir nous sommes donc transport\u00e9s \u00e0 Versailles en 1664 en la compagnie de Monsieur Poquelin qui se tient juste l\u00e0, devant nous, et qui nous confie les secrets de la cr\u00e9ation de son&nbsp;<em>Tartuffe<\/em>. La pi\u00e8ce s\u2019ouvre sur un d\u00e9cor rouge chatoyant, couleur qui marque l\u2019imaginaire sc\u00e9nique du th\u00e9\u00e2tre classique et qui est d\u00e9pr\u00e9ci\u00e9e dans les milieux eccl\u00e9siastiques. On aper\u00e7oit alors notre vieil ami Moli\u00e8re courant apr\u00e8s Madeleine joyeusement. La vie au ch\u00e2teau semble agr\u00e9able pour la troupe de Moli\u00e8re, l\u2019Illustre Th\u00e9\u00e2tre, prot\u00e9g\u00e9e par le roi Louis XIV. Au d\u00e9but, le ton est l\u00e9ger et le comique y va bon train, au point que le fou rire nous saisit imm\u00e9diatement. L\u2019entr\u00e9e en sc\u00e8ne du Basque arborant une tenue si extravagante qu\u2019on la soup\u00e7onnerait inspir\u00e9e directement d\u2019un film de Tim Burton attise l\u2019hilarit\u00e9 g\u00e9n\u00e9rale. Les personnages jonglent entre les situations cocasses, jouent avec l\u2019\u00e9quivoque et les r\u00e9p\u00e9titions. Ces divers proc\u00e9d\u00e9s comiques installent un trouble&nbsp;: avec la mise en place de ce rire \u00ab&nbsp;moli\u00e9resque&nbsp;\u00bb, l\u2019auteur de cette pi\u00e8ce reprend la mani\u00e8re du dramaturge du XVII<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle. En alexandrin, Dominique Ziegler et sa troupe r\u00e9ussissent avec brio \u00e0 recr\u00e9er sur sc\u00e8ne une atmosph\u00e8re \u00ab&nbsp;\u00e0 la Moli\u00e8re&nbsp;\u00bb dont le rire est l\u2019ingr\u00e9dient incontournable. Les applaudissements ne peuvent attendre la fin de la pi\u00e8ce et s\u2019ex\u00e9cutent entre chaque acte.<\/p>\n\n\n\n<p><strong>Quand le rire s\u2019\u00e9touffe, Tartuffe devient spectral\u2026<\/strong><\/p>\n\n\n\n<p>Les lumi\u00e8res s\u2019assombrissent, Moli\u00e8re a fait repr\u00e9senter&nbsp;<em>Tartuffe<\/em>&nbsp;et la querelle commence. Le ton change, le rire dispara\u00eet, l\u2019homme d\u2019Eglise surgit. Nous assistons au d\u00e9but du scandale. L\u2019homme nous fait fr\u00e9mir par son discours terrifiant teint\u00e9 d\u2019une voix \u00e2pre. Moli\u00e8re face \u00e0 lui devient p\u00e2le. Les m\u00e9canismes de l\u2019hypocrisie pratiqu\u00e9s par Tartuffe sur sc\u00e8ne engendrent la punition de son auteur \u00e0 la cour. Nous ressentons l\u2019effroi cr\u00e9\u00e9e par le poids de l\u2019Eglise. Un effroi qui semble nous envelopper dans une atmosph\u00e8re pernicieuse, perfide, finalement \u00ab&nbsp;tartuffienne&nbsp;\u00bb. L\u2019ombre de Tartuffe semble planer sur ce plateau comme s\u2019il s\u2019accaparait de son cr\u00e9ateur\u2026 Poquelin, dress\u00e9 face \u00e0 nous, sombre alors dans les tourments d\u2019une vie, celle d\u2019acteur, d\u2019\u00e9crivain, d\u2019amant. Le spectacle se r\u00e9v\u00e8le finalement comme un hommage.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>23 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/joanne-vaudroz\/\">Joanne Vaudroz<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/grangededorigny\/ombres-sur-moliere\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a>\u00a0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Texte et mise en sc\u00e8ne Dominique Ziegler \/ La Compagnie Les Associ\u00e9s de l\u2019Ombre \/ Th\u00e9\u00e2tre La Grange de Dorigny \/ du 23 au 26 mars 2017 \/ Critique par Joanne Vaudroz.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11324,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,5,38],"tags":[178],"class_list":["post-11323","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-la-grange","category-spectacle","tag-joanne-vaudroz"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11323","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11323"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11323\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20896,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11323\/revisions\/20896"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11324"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11323"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11323"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11323"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}