{"id":11176,"date":"2017-03-08T19:57:01","date_gmt":"2017-03-08T18:57:01","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11176"},"modified":"2025-02-09T18:05:07","modified_gmt":"2025-02-09T17:05:07","slug":"sekunden-spater","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/03\/sekunden-spater\/","title":{"rendered":"Sekunden sp\u00e4ter"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Sekunden sp\u00e4ter<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Nicole Seiler \/ Chor\u00e9graphie Nicole Seiler \/ Cie Nicole Seiler \/ L\u2019Arsenic \/ du 7 au 12 mars 2017 \/ Critique par Ivan Garcia. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">L\u2019ombre et son contraire<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"498\" height=\"373\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/photosite15.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11174\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/photosite15.jpg 498w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/photosite15-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/photosite15-267x200.jpg 267w\" sizes=\"auto, (max-width: 498px) 100vw, 498px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Simon Broggi<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Sekunden sp\u00e4ter<em>, ou&nbsp;<\/em>Quelques secondes plus tard<em>, si l\u2019on traduisait, met en place une fantasmagorie de paroles, musiques et mouvements qui emm\u00e8nent le spectateur au pays des ombres et de l\u2019\u00e9ph\u00e9m\u00e8re. Par ce spectacle sensible au premier sens du mot, Nicole Seiler fait appel au pouvoir de l\u2019\u00e9vocation pour donner vie \u00e0 l\u2019imaginaire des spectateurs.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est sur un sol en forme de trap\u00e8ze blanc sur lequel tombent deux longs rideaux gris que commence la repr\u00e9sentation. Premi\u00e8re surprise, une voix off d\u00e9crit pr\u00e9cis\u00e9ment la sc\u00e8ne en d\u00e9taillant sa disposition spatiale, ses mesures, la longueur des rideaux, leur couleur\u2026 Puis, deux personnages&nbsp;sortent de derri\u00e8re les rideaux; un homme et une femme (probablement un couple) s\u2019immobilisent, chacun dans un coin du grand trap\u00e8ze blanc. La voix off les d\u00e9crit de la t\u00eate aux pieds non sans apporter un certain humour \u00e0 cette description factuelle. Le spectateur constate n\u00e9anmoins une chose importante&nbsp;: la voix a toujours&nbsp;<em>quelques secondes de retard<\/em>&nbsp;par rapport aux mouvements des corps. Ce d\u00e9tail peut para\u00eetre insignifiant, mais il prend toute son ampleur lorsque l\u2019audiodescription laisse place \u00e0 une danse spontan\u00e9e. Ce d\u00e9calage entre le son et les pas rapides ex\u00e9cut\u00e9s par les danseurs provoque un effet de surprise qui contraint le spectateur \u00e0 cr\u00e9er des liens entre la voix et la danse. Celle-ci est \u00e9nergique et effr\u00e9n\u00e9e tandis que la voix off est remplac\u00e9e par diverses bandes sonores, allant de la musique classique \u00e0 des arrangements plus exp\u00e9rimentaux.<\/p>\n\n\n\n<p>Des mouvements&nbsp;sont associ\u00e9s, \u00e0 premi\u00e8re vue, \u00e0 des versions de danse rap ou rock n\u2019roll. Toutefois, il semblerait que ces pas de danses plus \u00ab&nbsp;modernes&nbsp;\u00bb soient \u00e9galement combin\u00e9s \u00e0 des mouvements de ballet classique inspir\u00e9s par les techniques de Marius Petipa.&nbsp; La danse est dynamique mais comme automatis\u00e9e par la pr\u00e9sence descriptive de la voix off qui semble retirer toute vitalit\u00e9 aux corps mobiles. L\u2019un des moments forts de cette repr\u00e9sentation \u00ab&nbsp;d\u2019obscure clart\u00e9&nbsp;\u00bb est la s\u00e9quence o\u00f9 l\u2019on entend une musique de th\u00e9\u00e2tre de marionnettes. Les ombres ne semblent plus des ombres humaines mais celles de pantins articul\u00e9s qu\u2019un ventriloque ou un marionnettiste s\u2019amuserait \u00e0 d\u00e9placer avec des mouvements parfois peu fluides mais \u00e9l\u00e9gants.<\/p>\n\n\n\n<p>Le sous-titre de la repr\u00e9sentatio<em>n, zog sich die Gestalt in die Schatten zur\u00fcck&nbsp;<\/em>signifie litt\u00e9ralement \u00ab&nbsp;te montra le retour de la forme dans les ombres&nbsp;\u00bb. Le spectacle porte en effet un int\u00e9r\u00eat tout particulier aux jeux de lumi\u00e8re et d\u2019ombre. En ce sens, Nicole Seiler inscrit&nbsp;<em>Sekunden sp\u00e4ter<\/em>&nbsp;dans la continuit\u00e9 de&nbsp;<em>Willis<\/em>, une pi\u00e8ce cr\u00e9\u00e9e en 2014 en France pour le Festival des fabriques. La chor\u00e9graphe explore les effets produits par la mobilisation des ombres. Peut-\u00eatre est-il possible de d\u00e9celer dans cet int\u00e9r\u00eat pour la noirceur une possible influence de l\u2019\u00e9cole romantique&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Je regarde le spectacle et j\u2019entends l\u2019\u00e9cho d\u2019une lecture faite en classe d\u2019allemand&nbsp;:&nbsp;<em>Peters Schlemihl\u2019s wundersame Geschichte&nbsp;<\/em>(L\u2019\u00e9trange histoire de Peter Schlemihl) dans laquelle, sous des airs faustiens, le protagoniste Peter Schlemihl fait un pacte avec le diable et \u00e9change son ombre contre la bourse de Fortunatus qui lui octroie la richesse infinie. Le h\u00e9ros d\u00e9couvre, \u00e0 ses d\u00e9pens, que ne plus avoir d\u2019ombre l\u2019exclut de la soci\u00e9t\u00e9 des hommes. Nicole Seiler verrait-elle dans le mouvement de l\u2019ombre une sorte de vecteur d\u2019humanit\u00e9 ou d\u2019expression de la nature humaine&nbsp;? Et m\u00eame,&nbsp; le vecteur d\u2019un proc\u00e9d\u00e9 de d\u00e9multiplication de l\u2019\u00eatre sous toutes ses formes&nbsp;? Lorsque les com\u00e9diens sont immobiles et que leurs ombres sont projet\u00e9es sur les rideaux, le spectateur voit plusieurs ombres en m\u00eame temps. Cette coexistence entre l\u2019absence de mouvement des com\u00e9diens couch\u00e9s par terre et le mouvement des ombres permet de d\u00e9celer une sorte de dualit\u00e9 voire de compl\u00e9mentarit\u00e9 entre le corps vivant et la forme d\u00e9sincorpor\u00e9e de l\u2019ombre. Ainsi quand le vivant bouge, l\u2019ombre se fixe notamment gr\u00e2ce aux jeux de lumi\u00e8re. \u00c0 l\u2019inverse, lorsque le vivant s\u2019immobilise, le mouvement de l\u2019ombre poursuit et r\u00e9p\u00e8te l\u2019action. Parfois, le mouvement spectral est lui-m\u00eame immobilis\u00e9 par l\u2019obscurit\u00e9 inh\u00e9rente \u00e0 la sc\u00e8ne. Une sorte de cyclicit\u00e9 de la repr\u00e9sentation est appuy\u00e9e par la voix off et les com\u00e9diens qui rejouent certaines sc\u00e8nes et tiennent quasiment les m\u00eames propos avec quelques subtiles variations. L\u2019ombre peut devenir pr\u00e9datrice comme le montre la derni\u00e8re sc\u00e8ne de la repr\u00e9sentation o\u00f9 les deux protagonistes \u00e9tendus par terre sont comme d\u00e9vor\u00e9s par une multitude d\u2019ombres de pas qui convergent pour devenir une sorte d\u2019entit\u00e9 obscure incarnant les t\u00e9n\u00e8bres. On peut lire, dans le bruit des vagues qui dissipe et les \u00eatres et les ombres, une possible conclusion&nbsp;: sans mouvement, l\u2019ombre finit par engloutir le vivant.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>7 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/ivan-garcia\/\">Ivan Garcia<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.arsenic.ch\/programme\/creation-2017\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Nicole Seiler \/ Chor\u00e9graphie Nicole Seiler \/ Cie Nicole Seiler \/ L\u2019Arsenic \/ du 7 au 12 mars 2017 \/ Critique par Ivan Garcia.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11174,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,3,38],"tags":[176],"class_list":["post-11176","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-theatre-de-larsenic","category-spectacle","tag-ivan-garcia"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11176","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11176"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11176\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20912,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11176\/revisions\/20912"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11174"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11176"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11176"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11176"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}