{"id":11129,"date":"2017-03-07T15:26:13","date_gmt":"2017-03-07T14:26:13","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11129"},"modified":"2025-02-09T18:05:52","modified_gmt":"2025-02-09T17:05:52","slug":"38-sequences","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/03\/38-sequences\/","title":{"rendered":"38 s\u00e9quences"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">38 s\u00e9quences<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">De Marie Fourquet \/ Mise en sc\u00e8ne Marie Fourquet \/ Cie Ad-apte \/ Le Reflet Th\u00e9\u00e2tre de Vevey \/ du 3 au 5 mars 2017 \/ Critique par Nadia Hachemi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Petit exercice de bovarysme<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"534\" height=\"800\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/38S_1880_HD-\u252c\u00ae-Delphine-Schacher.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11126\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/38S_1880_HD-\u252c\u00ae-Delphine-Schacher.jpg 534w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/38S_1880_HD-\u252c\u00ae-Delphine-Schacher-113x170.jpg 113w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/03\/38S_1880_HD-\u252c\u00ae-Delphine-Schacher-134x200.jpg 134w\" sizes=\"auto, (max-width: 534px) 100vw, 534px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00ae Delphine Schacher<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>En ce moment au Reflet, Maria Bernasconi, figure de \u00ab&nbsp;la m\u00e9nag\u00e8re fribourgeoise de 52 ans&nbsp;\u00bb, est au centre des pr\u00e9occupations des six sc\u00e9naristes sur la sc\u00e8ne. Les auteurs de la rts la prennent pour cible d\u2019une s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e en train de s\u2019\u00e9crire sous nos yeux et ne l\u00e9sinent sur aucun moyen pour la faire pleurer. L\u2019objectif&nbsp;? L\u2019amener \u00e0 \u00ab&nbsp;bovaryser devant sa t\u00e9l\u00e9\u00bb nous expliquent-ils. Un spectacle l\u00e9ger et \u00e9gayant duquel se d\u00e9gage en filigrane une critique badine de notre soci\u00e9t\u00e9 connect\u00e9e.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p><em>Il \u00e9tait une fois&nbsp;<\/em>six sc\u00e9naristes travaillant \u00e0 la cr\u00e9ation d\u2019une s\u00e9rie command\u00e9e par la rts.&nbsp;<em>Tous les jours<\/em>&nbsp;les id\u00e9es fusent et se succ\u00e8dent.&nbsp;<em>C\u2019est ainsi que<\/em>&nbsp;le huis clos d\u2019un \u00ab&nbsp;flic convalescent&nbsp;\u00bb emmur\u00e9 dans sa chambre depuis laquelle il r\u00e9sout des meurtres \u2013 \u00ab&nbsp;un par semaine&nbsp;\u00bb, pr\u00e9cise un personnage \u2013 finit par \u00eatre abandonn\u00e9.&nbsp;<em>Jusqu\u2019au jour o\u00f9<\/em>&nbsp;Emma Bovary traverse l\u2019esprit de l\u2019un d\u2019eux, et \u00e0 sa suite, le souvenir d\u2019une des exigences de la cha\u00eene&nbsp;: mettre en sc\u00e8ne \u00ab&nbsp;des personnages surprenants et attachants&nbsp;\u00bb. Le r\u00e9cit s\u2019impose de lui-m\u00eame&nbsp;: Charles Bovary, par un coup de force imaginatif, se voit propuls\u00e9 au d\u00e9but du XXI<sup>\u00e8me<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle et transform\u00e9 en expatri\u00e9 anglais \u00e0 Gen\u00e8ve qui, sur fond de d\u00e9cor suisse, cherche \u00e0 reconstruire une vie de famille.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle explore avec beaucoup d\u2019humour les coulisses de tout travail de cr\u00e9ation et les trucs et astuces qu\u2019il cache. Les spectateurs se voient ainsi initi\u00e9s \u00e0 l\u2019art du<em>&nbsp;pitch<\/em>, cette synth\u00e9tisation d\u2019une fiction en quelques phrases. En l\u2019appliquant aux histoires de Nemo et d\u2019Emma Bovary, un personnage d\u00e9voile comment tout r\u00e9cit peut se r\u00e9duire aux quelques \u00e9l\u00e9ments d\u2019une structure de base. Un sch\u00e9ma qui, \u00e0 partir du classique \u00ab&nbsp;il \u00e9tait une fois&nbsp;\u00bb et au profit d\u2019une foule de rebondissements \u2013 rythm\u00e9s par les \u00ab&nbsp;Tous les jours&nbsp;\u00bb et les \u00ab&nbsp;C\u2019est ainsi que&nbsp;\u00bb \u2013 m\u00e8ne le r\u00e9cit au \u00ab&nbsp;Jusqu\u2019au jour o\u00f9&nbsp;\u00bb qui r\u00e9sout l\u2019histoire.<\/p>\n\n\n\n<p>En surimpression de cette dramatisation de l\u2019acte cr\u00e9ateur, le spectacle d\u00e9roule aussi le fil de la \u00ab&nbsp;love story du cocu&nbsp;\u00bb inspir\u00e9e par Charles Bovary et dont les moments forts sont jou\u00e9s sur sc\u00e8ne. Interpr\u00e9tant tour \u00e0 tour les sc\u00e9naristes et les personnages qu\u2019ils ont cr\u00e9\u00e9s, les acteurs changent de r\u00f4le constamment, sans nulle identit\u00e9 fixe. Jolie mani\u00e8re d\u2019explorer et de broder sur la fronti\u00e8re qui s\u00e9pare la r\u00e9alit\u00e9 de la fiction dans un tourbillon d\u00e9sorientant. Un enjeu que souligne l\u2019affichage des mots \u00ab&nbsp;Fiction ends here\u00bb et \u00ab&nbsp;Reality there&nbsp;\u00bb en grandes lettres lumineuses sur le fond de la sc\u00e8ne.<\/p>\n\n\n\n<p>Un troisi\u00e8me fil di\u00e9g\u00e9tique propose le r\u00e9cit de la panne d\u2019\u00e9criture d\u2019une des auteures, incarn\u00e9e successivement par chacun des acteurs. Son probl\u00e8me&nbsp;? On est en f\u00e9vrier et la premi\u00e8re de sa pi\u00e8ce est pour mars. Mais elle n\u2019est pas encore \u00e9crite. Et les acteurs attendent. Et pourtant les spectateurs y assistent puisque cette gen\u00e8se est bien celle de la pi\u00e8ce interpr\u00e9t\u00e9e sous nos yeux. La narration suit le \u00ab&nbsp;fil du d\u00e9sir&nbsp;\u00bb de l\u2019auteure-personnage et les obstacles qui l\u2019entrecoupent \u2013 selon le sch\u00e9ma propre \u00e0 la fiction\u2013&nbsp;<em>jusqu\u2019au jour&nbsp;<\/em>fatidique o\u00f9 le texte se retrouve entre les mains des acteurs.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 ces mises en abyme s\u2019ajoutent des digressions qui prennent la forme de monologues autonomes adress\u00e9s parfois directement au public. Les personnages ironisent sur divers aspects de notre modernit\u00e9 marqu\u00e9e par les nouvelles technologies&nbsp;: la t\u00e9l\u00e9r\u00e9alit\u00e9 et les r\u00e9seaux sociaux comptent parmi les objets de ces satires. La plus m\u00e9morable reste sans doute la r\u00e9flexion sur l\u2019absurdit\u00e9 de la cible&nbsp;de cette future s\u00e9rie t\u00e9l\u00e9vis\u00e9e, l\u2019absente Maria Bernasconi, personnification de \u00ab&nbsp;la m\u00e9nag\u00e8re fribourgeoise de 52 ans&nbsp;\u00bb qui ne correspond \u00e0 aucune femme r\u00e9elle, insistent les personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>Ces diff\u00e9rents plans di\u00e9g\u00e9tiques, alli\u00e9s \u00e0 ces digressions peuvent par moment donner l\u2019impression d\u2019un \u00e9parpillement th\u00e9matique. Simple manque d\u2019organisation narrative et sc\u00e9nique&nbsp;? Une telle diss\u00e9mination polyphonique t\u00e9moigne au contraire avec subtilit\u00e9 du caract\u00e8re anarchique du processus intellectuel de cr\u00e9ation. Ces ironies indulgentes et ces critiques tout en douceur donnent une profondeur \u00e0 un spectacle avant tout amusant et divertissant.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>3 mars 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par <a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/nadia-hachemi\/\">Nadia Hachemi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lereflet.ch\/spectacle\/38-sequences\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Marie Fourquet \/ Mise en sc\u00e8ne Marie Fourquet \/ Cie Ad-apte \/ Le Reflet Th\u00e9\u00e2tre de Vevey \/ du 3 au 5 mars 2017 \/ Critique par Nadia Hachemi.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11130,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,145,38],"tags":[162],"class_list":["post-11129","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-reflet","category-spectacle","tag-nadia-hachemi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11129","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11129"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11129\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20923,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11129\/revisions\/20923"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11130"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11129"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11129"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11129"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}