{"id":11075,"date":"2017-02-17T12:24:49","date_gmt":"2017-02-17T11:24:49","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=11075"},"modified":"2025-02-09T18:06:18","modified_gmt":"2025-02-09T17:06:18","slug":"la-petite-casserole-danatole","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2017\/02\/la-petite-casserole-danatole\/","title":{"rendered":"La petite casserole d\u2019Anatole"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">La petite casserole d\u2019Anatole<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">D\u2019apr\u00e8s l\u2019album d\u2019Isabelle Carrier, adaptation et mise en sc\u00e8ne par Cyrille Louge, conception des marionnettes par Francesca Testi \/ Le Reflet, th\u00e9\u00e2tre de Vevey \/ 12 f\u00e9vrier 2017 \/ Critique par Kendra Simons. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 f\u00e9vrier 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/kendra-simons\/\">Kendra Simons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Et toi, ta casserole ?<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-large is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1024\" height=\"768\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-1024x768.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-11073\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-1024x768.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-227x170.jpg 227w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-267x200.jpg 267w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-768x576.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge-624x468.jpg 624w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2017\/02\/ANATOLE_6792\u252c\u00aeCyrille-Louge.jpg 1067w\" sizes=\"auto, (max-width: 1024px) 100vw, 1024px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00aeCyrille Louge<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Avec ses marionnettes, dans un langage imag\u00e9, ce spectacle raconte l\u2019histoire d\u2019un petit gar\u00e7on bien emb\u00eat\u00e9 par sa casserole. A travers le parcours d\u2019Anatole, c\u2019est aussi une question qui est pos\u00e9e au jeune public : et toi, qu\u2019est-ce que tu as dans ta casserole&nbsp;? A la fois dr\u00f4le et f\u00e9\u00e9rique.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il faut d\u2019abord passer derri\u00e8re le grand rideau rouge. Tout se tient dans cet espace resserr\u00e9, sur la sc\u00e8ne du grand th\u00e9\u00e2tre. Une foule d\u2019enfants, \u00e0 l\u2019avant de gradins improvis\u00e9s, sur des coussins roses et bleus. Quelques rang\u00e9es d\u2019adultes, derri\u00e8re eux. Et, tout au fond de la sc\u00e8ne, en vis-\u00e0-vis des gradins, une petite sc\u00e8ne \u00e0 marionnettes, avec trois plateaux de hauteurs diff\u00e9rentes. J\u2019h\u00e9site avant de m\u2019asseoir&nbsp;: l\u2019ambiance pr\u00e8s des coussins roses et bleus est sympathique. Mais c\u2019est une \u00e9poque r\u00e9volue pour moi et je vais m\u2019asseoir juste derri\u00e8re les joyeux petits \u00eatres.<\/p>\n\n\n\n<p>Enfin le spectacle commence. Et j\u2019oublie tout de mon \u00e2ge. Il y a le personnage d\u2019Anatole, farfelu et attachant, les rebondissements de son histoire, la musique envo\u00fbtante, qui donne envie de danser&nbsp;; et surtout, la magie des marionnettes.<\/p>\n\n\n\n<p>Sous les mains des marionnettistes, les petites choses de chiffon s\u2019animent&nbsp;: elles d\u00e9ambulent, se rencontrent, s\u2019\u00e9vitent, boudent. Elles disposent de tout le panel \u00e9motionnel des humains, sans pour autant \u00eatre soumises aux m\u00eames lois physiques qu\u2019eux. Parfois, elles flottent dans les airs, et alors tous les enfants suspendent leur souffle. Loin de se contenter de formes humaines, les marionnettes prennent toutes sortes d\u2019apparences fascinantes&nbsp;: des nuages aux contours vari\u00e9s qui racontent l\u2019histoire \u00e0 leur mani\u00e8re, des notes de musique qui grossissent au fur et \u00e0 mesure qu\u2019Anatole s\u2019approche de la maison musicale, un arbre sur lequel poussent des fleurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Les marionnettes ont \u00e9t\u00e9 confectionn\u00e9es par Francesca Testi, comme pour tous les spectacles de la Compagnie Marizibill, fond\u00e9e en 2006 par Cyrille Louge. C\u2019est elle aussi qui leur donne vie, ici aux c\u00f4t\u00e9s d\u2019Anthony Diaz. La complicit\u00e9 des deux marionnettistes, derri\u00e8re et au-dessus de leurs petits personnages, est belle \u00e0 voir. Anim\u00e9s de tristesse ou d\u2019espi\u00e8glerie, leurs visages, seule partie visible, sont un spectacle en soi. Leur jeu \u00e0 quatre mains fait na\u00eetre une petite symphonie de la vie.<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019histoire d\u2019Anatole, ce petit gar\u00e7on qui tra\u00eene derri\u00e8re lui une casserole, a \u00e9t\u00e9 invent\u00e9e par Isabelle Carrier. Anatole s\u2019emm\u00eale avec sa casserole, qui l\u2019emp\u00eache de marcher normalement et l\u2019\u00e9loigne des autres. Mais il apprend peu \u00e0 peu \u00e0 vivre avec et \u00e0 en d\u00e9couvrir la beaut\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons-le, il s\u2019agit ici de fiction&nbsp;: Anatole est l\u2019<em>imitation<\/em>&nbsp;d\u2019un petit enfant. Mais cette poup\u00e9e humano\u00efde traverse, sous les yeux du jeune public, ce que peut traverser un enfant d\u2019aujourd\u2019hui lorsqu\u2019il est diff\u00e9rent. Mais cette imitation a lieu dans un monde simplifi\u00e9, \u00e9pur\u00e9, o\u00f9 les actions se d\u00e9roulent les unes apr\u00e8s les autres. Lorsque j\u2019entends de fortes r\u00e9actions de moqueries ou d\u2019empathie \u2013 \u00ab&nbsp;Grand-maman, pourquoi il pleure, Anatole&nbsp;? Pourquoi il pleure&nbsp;?&nbsp;\u00bb \u2013, je me rends compte que cette simplification permet aux enfants de (re)vivre, avec une certaine distance, des \u00e9motions complexes de peur, de rejet ou d\u2019amiti\u00e9&nbsp;; et ainsi, peut-\u00eatre, de les exorciser, gr\u00e2ce au filtre de la fiction.<\/p>\n\n\n\n<p>Que peut bien repr\u00e9senter cette petite casserole, qu\u2019Anatole est oblig\u00e9 de tra\u00eener partout&nbsp;? A l\u2019origine de l\u2019album d\u2019Isabelle Carrier, il y a sa premi\u00e8re fille, atteinte de trisomie. Mais l\u2019histoire prend une tournure plus universelle et la casserole est surtout \u00ab&nbsp;une autre fa\u00e7on d\u2019\u00eatre au monde, de le voir et de le regarder, une autre fa\u00e7on, dr\u00f4le, bizarre et po\u00e9tique, de le traverser&nbsp;\u00bb, comme le dit Cyrille Louge. Finalement, elle repr\u00e9sente aussi bien tout ce qui emb\u00eate chacun de nous&nbsp;: nos diff\u00e9rences, nos d\u00e9fauts, nos \u00e9carts par rapport \u00e0 la norme. Gr\u00e2ce au monde symbolique des marionnettes, les enfants peuvent laisser mijoter leur propre histoire dans la petite casserole. Il y a la casserole qui fait mal, celle qui se coince dans les lampadaires ou emp\u00eache de monter aux \u00e9chelles pour rejoindre les copains. Mais il y a aussi la casserole qui rend la vie plus belle, celle sous laquelle s\u2019abriter quand il pleut et dans laquelle on peut faire pousser des fleurs. Et si on est tr\u00e8s calme, comme Anatole, et qu\u2019on \u00e9coute sa propre petite casserole, on peut m\u00eame y entendre le bruit de la mer.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 f\u00e9vrier 2017<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/kendra-simons\/\">Kendra Simons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lereflet.ch\/spectacle\/la-petite-casserole-danatole\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s l\u2019album d\u2019Isabelle Carrier, adaptation et mise en sc\u00e8ne par Cyrille Louge, conception des marionnettes par Francesca Testi \/ Le Reflet, th\u00e9\u00e2tre de Vevey \/ 12 f\u00e9vrier 2017 \/ Critique par Kendra Simons.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":11076,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,145,38],"tags":[180],"class_list":["post-11075","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-reflet","category-spectacle","tag-kendra-simons"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11075","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=11075"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11075\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20933,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/11075\/revisions\/20933"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/11076"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=11075"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=11075"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=11075"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}