{"id":10708,"date":"2016-11-28T09:12:01","date_gmt":"2016-11-28T08:12:01","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10708"},"modified":"2025-02-09T18:11:21","modified_gmt":"2025-02-09T17:11:21","slug":"dom-juan","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/11\/dom-juan\/","title":{"rendered":"Dom Juan"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Dom Juan<\/h2>\n\n\n<p>De<em>\u00a0<\/em>Moli\u00e8re \/ mise en sc\u00e8ne de Jean-Fran\u00e7ois Sivadier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 23 novembre au 3 d\u00e9cembre 2016 \/ Critique par Alicia Cuche.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">\u00d4 le beau raisonnement !<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>\u00a028 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alicia-cuche\/\">Alicia Cuche<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"681\" height=\"448\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/dom_juan_c_brigitte_enguerand_i4.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10705\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/dom_juan_c_brigitte_enguerand_i4.jpg 681w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/dom_juan_c_brigitte_enguerand_i4-250x164.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/dom_juan_c_brigitte_enguerand_i4-300x197.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/dom_juan_c_brigitte_enguerand_i4-624x411.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 681px) 100vw, 681px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00aeBrigitte Enguerand<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Gr\u00e2ce \u00e0 une sc\u00e9nographie originale et os\u00e9e, ainsi qu\u2019\u00e0 un jeu d\u2019acteurs clownesque, la troupe de Jean-Fran\u00e7ois Sivadier donne de l\u2019ampleur &nbsp;au texte de Moli\u00e8re, bien que le choix d\u2019une diction rapide et essouffl\u00e9e en complique l\u2019appropriation. Pr\u00e9parez-vous \u00e0 vous \u00e0 franchir les fronti\u00e8res entre salle, sc\u00e8ne et coulisses&nbsp;!<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous faisons face \u00e0 un dr\u00f4le de cosmos&nbsp;: des sph\u00e8res de toutes circonf\u00e9rences, de toutes mati\u00e8res et de diff\u00e9rents degr\u00e9s d\u2019opacit\u00e9s, suspendues par des c\u00e2bles \u00e0 diverses hauteurs, pars\u00e8ment l\u2019espace du premier tableau. Un d\u00e9cor pour sugg\u00e9rer une dimension universelle de la pi\u00e8ce de Moli\u00e8re&nbsp;? Peut-\u00eatre. Le parti pris par Jean-Fran\u00e7ois Sivadier est clairement d\u2019impliquer le public dans la pi\u00e8ce et dans l\u2019intrigue de diverses mani\u00e8res. Don Juan et Sganarelle s\u2019adressent r\u00e9guli\u00e8rement au public, les prennent \u00e0 parti&nbsp;: \u00ab&nbsp;Sarah de Lausanne&nbsp;! Oh, mais c\u2019est joli Sarah de Lausanne, \u00e7a sonne bien. Et est-ce qu\u2019il y a des Marie dans la salle&nbsp;? Non&nbsp;? Et des Fatima&nbsp;?&nbsp;\u00bb. De la sorte, les intrigues et les s\u00e9ductions de Don Juan ne concernent pas seulement Done Elvire ou Charlotte et Mathurine, mais les spectatrices \u00e9galement. Les lumi\u00e8res de la salle ne sont d\u2019ailleurs presque jamais \u00e9teintes, le public est aussi visible des acteurs que ceux-ci le sont de nous.<\/p>\n\n\n\n<p>D\u00e8s la fin du premier acte, l\u2019espace sc\u00e9nique, d\u00e9limit\u00e9 de fa\u00e7on traditionnelle par un fond, se transforme. Il neige. La temp\u00eate fait naufrager Sganarelle et Don Juan et le vent emporte le grand \u00e9cran sombre. Les coulisses n\u2019existent presque plus, ou seulement sur les c\u00f4t\u00e9s. Au fond, les acteurs passifs et les techniciens sont autant de spectateurs suppl\u00e9mentaires \u00e0 l\u2019action jou\u00e9e \u00e0 l\u2019avant de la sc\u00e8ne. Puis, sans mot dire, un acteur qui se trouvait \u00e0 l\u2019arri\u00e8re du plateau, s\u2019avance jusqu\u2019au bord de la sc\u00e8ne, accroche notre regard, passe devant Sganarelle et Don Juan qui le ne remarquent pas, puis s\u2019en retourne en fond de sc\u00e8ne, l\u00e0 o\u00f9 une bataille va commencer. A nouveau, la mise en sc\u00e8ne privil\u00e9gie un rapport actif entre les acteurs et le public, les premiers viennent \u00ab&nbsp;chercher&nbsp;\u00bb le second pour l\u2019amener au prochain lieu de l\u2019action.<\/p>\n\n\n\n<p>Les techniciens ne sont pas en reste. Alors que les acteurs parlent, ils construisent et modifient le d\u00e9cor. Parfois m\u00eame, ils participent au jeu, comme spectateurs visibles, ou aident un acteur \u00e0 se d\u00e9placer d\u2019une tour jusqu\u2019au sol. Lors d\u2019un changement de d\u00e9cor qui n\u00e9cessite la pr\u00e9sence des techniciens au milieu du plateau, Don Juan nous livre un interm\u00e8de et chante&nbsp;<em>Sexual Healing&nbsp;<\/em>de Marvin Gaye. L\u2019entracte, surprenant, est pourtant bienvenu. A ce moment-l\u00e0, toutes les pr\u00e9c\u00e9dentes adresses au public nous apparaissent r\u00e9troactivement comme autant d\u2019entractes et de suspensions de l\u2019action destin\u00e9es \u00e0 impliquer le public diff\u00e9remment, \u00e0 jouer avec lui.<\/p>\n\n\n\n<p>Cependant, malgr\u00e9 la r\u00e9ussite de cette mise en sc\u00e8ne cr\u00e9ative et os\u00e9e, le jeu des acteurs repose sur un parti pris particulier et bien tranch\u00e9 qui peut d\u00e9ranger, celui du grotesque. Physiquement, les personnages sont tr\u00e8s typ\u00e9s dans leur d\u00e9marche et leur maintien&nbsp;: Don Juan marche d\u2019un air affect\u00e9, les genoux souvent serr\u00e9s, le dos un peu vo\u00fbt\u00e9&nbsp;; Charlotte fait un peu pantin, tendant la t\u00eate quand elle parle. La diction des acteurs rend le texte de Moli\u00e8re peu compr\u00e9hensible et lui fait perdre son dynamisme. Essouffl\u00e9s, ignorant toute ponctuation, ils courent \u00e0 travers le texte qu\u2019ils \u00e9noncent avec des accents r\u00e9p\u00e9titifs, avec une r\u00e9gularit\u00e9 robotique. La r\u00e9plique de Sganarelle \u00e0 son ma\u00eetre fait \u00e9cho \u00e0 ce choix de diction rapide et savamment peu naturel&nbsp;: \u00ab&nbsp;Vertu de ma vie, comme vous d\u00e9bitez&nbsp;! Il semble que vous ayez appris cela par c\u0153ur, et vous parlez tout comme un livre&nbsp;\u00bb. Ainsi, dans la sc\u00e8ne en patois entre Charlotte et Pierrot, ce dernier tra\u00eene les voyelles et d\u00e9bite ses r\u00e9pliques sans pause. Le clownesque de la sc\u00e8ne atteint \u00e9ventuellement son but, celui de faire rire le public, une fois que le spectateur a abandonn\u00e9 tout espoir de comprendre la conversation. \u00c9trangement, l\u2019acteur maintient, \u00e0 peu de choses pr\u00e8s, cette diction particuli\u00e8re avec tous les personnages qu\u2019il incarne. Il n\u2019est pas le seul&nbsp;: tous les acteurs modifient leur maintien et leur jeu physique de personnage en personnage, mais tr\u00e8s peu leur mani\u00e8re de parler.<\/p>\n\n\n\n<p>Sivadier a explor\u00e9 au cours de sa carri\u00e8re de metteur en sc\u00e8ne un r\u00e9pertoire assez vari\u00e9: Moli\u00e8re (avec par exemple&nbsp;<em>Le Misanthrope<\/em>&nbsp;en 2013), Beaumarchais, Shakespeare, Brecht, Puccini, ou Rossini. Avec&nbsp;<em>Dom Juan<\/em>, il nous propose une sc\u00e9nographie interactive et qui bouscule, parfois de mani\u00e8re trop appuy\u00e9e, les codes traditionnels du th\u00e9\u00e2tre&nbsp;: reste un beau raisonnement sur l\u2019art th\u00e9\u00e2tral. Apr\u00e8s Bordeaux, Montpellier ou Paris,&nbsp;<em>Dom Juan<\/em>&nbsp;est \u00e0 d\u00e9couvrir jusqu\u2019au 3 d\u00e9cembre 2016 au th\u00e9\u00e2tre de Vidy.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>&nbsp;28 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alicia-cuche\/\">Alicia Cuche<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.vidy.ch\/dom-juan\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De\u00a0Moli\u00e8re \/ mise en sc\u00e8ne de Jean-Fran\u00e7ois Sivadier \/ Th\u00e9\u00e2tre de Vidy \/ du 23 novembre au 3 d\u00e9cembre 2016 \/ Critique par Alicia Cuche.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10710,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,2],"tags":[179],"class_list":["post-10708","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-vidy","tag-alicia-cuche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10708","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10708"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10708\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20970,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10708\/revisions\/20970"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10710"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10708"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10708"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10708"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}