{"id":10576,"date":"2016-11-15T16:20:50","date_gmt":"2016-11-15T15:20:50","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10576"},"modified":"2025-02-09T18:12:57","modified_gmt":"2025-02-09T17:12:57","slug":"what-if-they-went-to-moscow","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/11\/what-if-they-went-to-moscow\/","title":{"rendered":"What if They Went to Moscow"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">What if They Went to Moscow<\/h2>\n\n\n<p>D\u2019apr\u00e8s <em>Les trois s\u0153urs<\/em> de Tchekhov \/ mise en sc\u00e8ne de Christiane Jatahy \/ Th\u00e9\u00e2tre Populaire Romand \/ du 12 au 13 novembre 2016 \/ Critique par Valmir Rexhepi.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Identit\u00e9<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"1139\" height=\"755\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10572\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low.jpg 1139w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low-768x509.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low-1024x679.jpg 1024w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/whatiftheywenttomoscow_low-624x414.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 1139px) 100vw, 1139px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9TPR<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Les trois s\u0153urs voudraient partir \u00e0 Moscou afin de changer, sortir de leur torpeur. La question de la possibilit\u00e9 m\u00eame de devenir quelqu\u2019un d\u2019autre est concr\u00e8tement prise en charge par un dispositif sc\u00e9nique qui exploite les \u00e9chapp\u00e9es possibles des personnages de th\u00e9\u00e2tre par le cin\u00e9ma.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est un exercice qui semble plaire \u00e0 Christiane Jatahy&nbsp;: s\u2019approprier un texte dramatique puis, par un dispositif sc\u00e9nique original, le transformer sans pour autant en perdre l\u2019essence. C\u2019\u00e9tait le cas notamment en 2011 avec le spectacle&nbsp;<em>Julia<\/em>&nbsp;(d\u2019apr\u00e8s&nbsp;<em>Mademoiselle Julie<\/em>&nbsp;de Strindberg), o\u00f9 l\u2019histoire \u00e9tait actualis\u00e9e dans le Br\u00e9sil d\u2019aujourd\u2019hui et dans lequel le dispositif sc\u00e9nique faisait appel \u00e0 la vid\u00e9o en direct.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans la continuit\u00e9, avec&nbsp;&nbsp;<em>What if They Went<\/em>&nbsp;to Moscow, la metteuse en sc\u00e8ne fait sien le texte de Tchekhov&nbsp;<em>Les Trois S\u0153urs<\/em>. L\u2019histoire d\u2019Olga, Maria et Irina est contemporaine du temps des spectateurs&nbsp;: les r\u00e9f\u00e9rences contextuelles ne manquent pas, smartphones, Pussy Riots et autres chansons d\u2019actualit\u00e9.&nbsp; Le lieu o\u00f9 se joue le drame est, comme chez Tchekhov, la maison du p\u00e8re d\u00e9funt, mais la langue \u2013 le portugais \u2013 situe l\u2019espace quelque part au Portugal ou peut-\u00eatre au Br\u00e9sil&nbsp;; dans tous les cas loin des datchas et des samovars de l\u2019auteur russe. Quant aux hommes, ils sont pour la plupart \u00e9vacu\u00e9s, \u00e9voqu\u00e9s parfois. Seuls sont maintenus, bri\u00e8vement, le mari et l\u2019amant de Maria.<\/p>\n\n\n\n<p>La mise en sc\u00e8ne int\u00e8gre par ailleurs un dispositif qui renforce encore l\u2019id\u00e9e d\u2019une appropriation, d\u2019une reformulation par Christiane Jatahy&nbsp;: la pr\u00e9sence de cam\u00e9ras sur sc\u00e8ne, la division des spectateurs en deux groupes r\u00e9partis entre une salle de cin\u00e9ma et une salle de th\u00e9\u00e2tre participe de ce m\u00eame geste de cr\u00e9ation de la metteuse en sc\u00e8ne. Par-l\u00e0, les spectateurs semblent invit\u00e9s \u00e0 ne pas seulement recevoir&nbsp; le spectacle en terme de comparaison avec son origine, \u00e0 identifier \u00e7\u00e0 et l\u00e0 ce qui est maintenu et ce qui est amput\u00e9, mais bien \u00e0 faire l\u2019exp\u00e9rience d\u2019un th\u00e9\u00e2tre qui va \u00e0 la conqu\u00eate de lui-m\u00eame. Ainsi, la question des trois s\u0153urs \u2013 est-il possible de changer&nbsp;? \u2013 semble s\u2019\u00e9tendre au-del\u00e0 du spectacle pour toucher aux principes m\u00eame du th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p>Dans cette perspective, l\u2019usage des cam\u00e9ras semble augmenter l\u2019espace \u00e0 disposition en cr\u00e9ant, sur l\u2019\u00e9cran, des espaces autres&nbsp;: l\u2019espace du visage, du regard, de la discussion intime. Ce qu\u2019on pourrait consid\u00e9rer comme l\u2019infiniment petit, sur sc\u00e8ne, devient, sur l\u2019\u00e9cran, le centre de l\u2019attention. L\u2019histoire centrale, celle qui est d\u00e9clam\u00e9e, audible, est alors augment\u00e9e de ces petits riens, comme ces deux personnages qui semblent se parler mais qu\u2019on n\u2019entend pas. Alors, la cam\u00e9ra prend une place de choix dans la dramaturgie de la pi\u00e8ce&nbsp;: elle devient un st\u00e9thoscope, ou un microscope qui nous invite \u00e0 sonder ce qui se passe au plus pr\u00e8s des personnages.<\/p>\n\n\n\n<p>Cela commence pour moi et d\u2019autres spectateurs dans la salle de cin\u00e9ma. Il y a d\u2019abord des syllabes chaudes qui filent dans l\u2019air tandis qu\u2019on est encore dans le noir&nbsp;: quelqu\u2019un, une voix de femme, nous indique \u00e0 travers les microphones le jour, le lieu et l\u2019heure. Puis l\u2019image appara\u00eet sur l\u2019\u00e9cran, deux t\u00eates de dos. En face d\u2019elles, des spectateurs. Voici que les deux t\u00eates se retournent et semblent nous regarder par l\u2019\u00e9cran. Le jeu s\u2019allume. Les diverses cam\u00e9ras obligent notre regard&nbsp;et nous invitent dans la proximit\u00e9 des personnages. On entend les chuchotements, on voit les yeux briller, \u00e0 la commissure des l\u00e8vres un l\u00e9ger sourire se dessiner&nbsp;; ou une douleur fugitive. On est l\u00e0, dans leur intimit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Entracte. Puis, pour nous, salle de th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<p>Le spectacle recommence, on se dit qu\u2019on va revoir tout ce qu\u2019on a d\u00e9j\u00e0 vu, on anticipe, devine, pr\u00e9voit. Niet. Le th\u00e9\u00e2tre nous pr\u00e9sente les personnages dans leur co-pr\u00e9sence. Du r\u00f4le de confident, d\u2019intime, que nous autorisait la captation rapproch\u00e9e, nous voil\u00e0 observateurs \u00e0 distance. Ce qui \u00e9tait chuchotement intime dans la salle de cin\u00e9ma devient un murmure inaudible. Les cam\u00e9ras sont maintenant des objets qui occupent l\u2019espace, qui parfois semblent ralentir le jeu. Pourtant, malgr\u00e9 tout, la question demeure&nbsp;: aussi bien dans l\u2019intimit\u00e9 de l\u2019\u00e9cran que dans la distance de la sc\u00e8ne, les trois s\u0153urs se heurtent \u00e0 la difficult\u00e9, voire l\u2019incapacit\u00e9 de changer. Le voyage pour Moscou conditionn\u00e9 par la tournure hypoth\u00e9tique dans le titre m\u00eame du spectacle signale encore cette impossibilit\u00e9 d\u2019\u00e9chapper.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est l\u00e0 que Jahaty retrouve Tchekhov, ou que celui-ci parle avec celle-l\u00e0. Ces trois s\u0153urs qui se filment et nous livrent par les cam\u00e9ras une image d\u2019elles-m\u00eames semblent tenter par-l\u00e0 de se \u2013 et de nous \u2013 mener ailleurs. De m\u00eame, l\u2019ailleurs du th\u00e9\u00e2tre devient l\u2019\u00e9cran. Pourtant, de l\u2019un \u00e0 l\u2019autre, ce n\u2019est qu\u2019une question de distance, de point de vue, d\u2019acc\u00e8s&nbsp;: la porosit\u00e9 entre les deux souligne alors ce qui semble \u00eatre comme une identit\u00e9&nbsp;: Irina, Maria et Olga, malgr\u00e9 les cam\u00e9ras, restent Irina, Maria et Olga. Ainsi en va-t-il de ce th\u00e9\u00e2tre.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>13 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.tpr.ch\/spectacle2016-2017\/what-if-they-went-to-moscow%E2%80%89\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>D\u2019apr\u00e8s Les trois s\u0153urs de Tchekhov \/ mise en sc\u00e8ne de Christiane Jatahy \/ Th\u00e9\u00e2tre Populaire Romand \/ du 12 au 13 novembre 2016 \/ Critique par Valmir Rexhepi.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10572,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,169],"tags":[166],"class_list":["post-10576","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-tpr-la-chaux-de-fonds","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10576","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10576"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10576\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20996,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10576\/revisions\/20996"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10572"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10576"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10576"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10576"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}