{"id":10540,"date":"2016-11-06T23:18:15","date_gmt":"2016-11-06T22:18:15","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10540"},"modified":"2025-02-09T18:13:10","modified_gmt":"2025-02-09T17:13:10","slug":"landru","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/11\/landru\/","title":{"rendered":"Landru"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Landru<\/h2>\n\n\n<p>Mise en sc\u00e8ne de Yoann Pencol\u00e9 \u2013 Cie Zusvex \/ Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve \/ du 4 au 13 novembre 2016 \/ Critiques par Jehanne Denogent et Valmir Rexhepi.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Mais o\u00f9 sont pass\u00e9s les corps ?<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jehanne-denogent\/\">Jehanne Denogent<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"225\" height=\"150\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/07_Landru._Photo_du_spectacle_ldd__-_Diana_Gandra.mini_-1.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10532\" style=\"width:300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Diana Gandra<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>O\u00f9 sont pass\u00e9s les corps des victimes de Landru&nbsp;? Enterr\u00e9s dans le jardin&nbsp;? R\u00e9duits en farine pour en faire des g\u00e2teaux&nbsp;? Envoy\u00e9s dans l\u2019espace \u00e0 l\u2019aide de la r\u00e9pulsion terrestre&nbsp;? En 1921, l\u2019affaire Landru enflamma Paris et attisa les hypoth\u00e8ses les plus folles<\/em>.&nbsp;<em>Aujourd\u2019hui, la compagnie Zusvex recourt aux marionnettes pour exploiter l\u2019imaginaire d\u00e9brid\u00e9 que suscite un fait divers \u00e0 l\u2019allure de conte.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Rappelons les faits&nbsp;: Henri D\u00e9sir\u00e9 Landru, n\u00e9 en 1869 \u00e0 Paris, est accus\u00e9 le 7 novembre 1921 d\u2019avoir escroqu\u00e9 et tu\u00e9 onze femmes, ses \u00e9pouses. Charg\u00e9 d\u2019enqu\u00eater sur l\u2019affaire, Jules Belin r\u00e9ussit \u00e0 d\u00e9masquer les fausses identit\u00e9s sous lesquelles se cachait Landru et \u00e0 l\u2019inculper des onze meurtres. Toutefois, un blanc subsiste dans le dossier&nbsp;: les corps des victimes n\u2019ont pas \u00e9t\u00e9 retrouv\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la t\u00eate de Landru qui sera exig\u00e9e lors du proc\u00e8s, mis en sc\u00e8ne ici par Yoann Pencol\u00e9. Sur le plateau, une grosse t\u00eate, barbue, anim\u00e9e par la main d\u2019un com\u00e9dien plac\u00e9 derri\u00e8re elle. Elle tr\u00f4ne sur un pi\u00e9destal, comme la sculpture d\u2019un h\u00e9ros sanguinaire dont la r\u00e9putation \u00e9gale la barbarie. La marionnette de Landru, les yeux r\u00e9vuls\u00e9s au repos, prend vie avec l\u2019aide de son double humain. Bien pr\u00e9sents, eux, les corps des com\u00e9diens ne s\u2019effacent pas derri\u00e8re les t\u00eates-marionnettes. Les portant \u00e0 la main, ils jouent avec elles. Le dispositif produit de jolies trouvailles&nbsp;et images : comme l\u2019\u00e9treinte de r\u00e9confort entre un homme et une marionnette. Cela permet de livrer un regard pluriel sur cette affaire et de donner corps aux diff\u00e9rentes identit\u00e9s de Landru, manifest\u00e9es aussi par la diversit\u00e9 des proc\u00e9d\u00e9s de leur repr\u00e9sentation : th\u00e9\u00e2tre de papier, jeux d\u2019ombres, marionnettes\u2026&nbsp;Provocateur, Landru lan\u00e7ait&nbsp;\u00e0 la Cour : \u00ab&nbsp;Vous parlez toujours de ma t\u00eate, Monsieur l\u2019avocat g\u00e9n\u00e9ral. Je regrette de n\u2019en avoir pas plusieurs \u00e0 vous offrir&nbsp;!&nbsp;\u00bb. Nous offrir plusieurs t\u00eates, c\u2019est le d\u00e9fi que rel\u00e8ve la compagnie Zusvex !<\/p>\n\n\n\n<p>En 1921, Paris a vu en Henri D\u00e9sir\u00e9 Landru un homme sombre, schizophr\u00e8ne, fou. La pi\u00e8ce ne manque pas de d\u00e9peindre cette part d\u2019ombre. Mais \u00e0 cette folie marginale s\u2019ajoute celle d\u2019une \u00e9poque qui a vu tant de t\u00eates tomber. Sur le mur du fond, en ombres chinoises, se d\u00e9coupe la fresque d\u2019une bataille de la Premi\u00e8re Guerre mondiale. O\u00f9 sont les corps des soldats morts au combat&nbsp;? Ils ne font pas l\u2019objet d\u2019un proc\u00e8s. La pi\u00e8ce ajoute des t\u00eates au banc des victimes et des accus\u00e9s. Elle ouvre des pistes, sans toutefois \u00eatre prescriptive. La mise en sc\u00e8ne ne tranche pas et maintient une part de myst\u00e8re. Autant qu\u2019aux faits, la compagnie Zusvex s\u2019int\u00e9resse en effet \u00e0 l\u2019imaginaire et \u00e0 la fascination que suscite ce genre d\u2019affaires. Sous les traits des marionnettes, la fiction s\u2019immisce entre les faits historiques. Prenant&nbsp;!<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jehanne-denogent\/\">Jehanne Denogent<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Aller-retour<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"225\" height=\"150\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/09_Landru._Photo_du_spectacle_ldd__-_Diana_Gandra.mini_.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10557\" style=\"width:300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Diana Gandra<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>D\u2019une cour de justice au d\u00e9but du XX<sup>e&nbsp;<\/sup>si\u00e8cle aux planches du Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve&nbsp;<\/em><em>aujourd\u2019hui, le proc\u00e8s de&nbsp;<\/em><em>Henri D\u00e9sir\u00e9 Landru conserve ses aspects spectaculaires et myst\u00e9rieux.&nbsp; Mesdames et messieurs les jur\u00e9s, voici les faits&nbsp;:<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Il a une t\u00eate immense, Landru, qui attire les regards, les pi\u00e8ge. Et puis c\u2019est tout, Landru est une t\u00eate, juste une t\u00eate sculpt\u00e9e. Historiquement, c\u2019est un criminel fran\u00e7ais c\u00e9l\u00e8bre accus\u00e9 des meurtres de plusieurs femmes et dont le proc\u00e8s, au sortir de la Premi\u00e8re Guerre mondiale, eut un \u00e9cho retentissant dans la presse de l\u2019\u00e9poque. Il est l\u00e0, face \u00e0 nous, sur son socle, une main de marionnettiste dans le cr\u00e2ne, \u00e0 l\u2019arri\u00e8re, qui lui ouvre les paupi\u00e8res, une autre qui lui active la m\u00e2choire. Une voix, la sienne, qu\u2019un autre lui pr\u00eate, caverneuse. Devant nous va se jouer son proc\u00e8s, entrecoup\u00e9 de retours sur l\u2019enqu\u00eate qui permit son arrestation.<\/p>\n\n\n\n<p>La cr\u00e9ation de la Compagnie Zusvex, gr\u00e2ce \u00e0 un dispositif sc\u00e9nique simple et ma\u00eetris\u00e9, parvient \u00e0 nous faire revivre l\u2019ambiance spectaculaire de ce proc\u00e8s, o\u00f9 chaque partie cherche l\u2019assentiment du public. Un voile noir translucide, presque diaphane, divise l\u2019espace sc\u00e9nique en deux dans sa largeur, servant \u00e0 la fois de support de projection, de cloison qui laisse apparaitre l\u2019int\u00e9rieur d\u2019une chambre, ou encore de mur d\u2019un tribunal&nbsp;; une vieille radio qui \u00e9met les voix de la foule venue assister au proc\u00e8s&nbsp;; un \u00e9clairage tout en subtilit\u00e9, tamis\u00e9, donne \u00e0 l\u2019ensemble la tonalit\u00e9 de ces tableaux clair-obscur &nbsp;du XIV<sup>e&nbsp;<\/sup>et XV<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle&nbsp;: les traits sont soulign\u00e9s sans pour autant atteindre l\u2019\u00e9vidence, la certitude. Un procureur sans t\u00eate expose les \u00e9l\u00e9ments de l\u2019accusation&nbsp;: tout indique que Landru est coupable, mais il manque les corps des victimes, preuves ultimes.<\/p>\n\n\n\n<p>Doucement, de la fum\u00e9e sort d\u2019un po\u00eale. Blanche, sans consistance, elle s\u2019\u00e9l\u00e8ve&nbsp;: une de ses victimes&nbsp;? C\u2019est l\u2019heure des hypoth\u00e8ses du commissaire. Ce dernier s\u2019exprime au bout du bras d\u2019un com\u00e9dien, comme d\u2019ailleurs les diff\u00e9rents ali\u00e9nistes et autres psychologues charg\u00e9s d\u2019\u00e9tudier le cas de Landru ou encore la ma\u00eetresse de Landru. Les personnages de l\u2019histoire, construits par m\u00e9tonymie, sont comme Landru, des t\u00eates sculpt\u00e9es. Les marionnettistes les meuvent et parfois commentent les faits&nbsp;: c\u2019est alors un aller-retour entre l\u2019histoire qui se joue gr\u00e2ce aux marionnettes et l\u2019histoire qui se raconte gr\u00e2ce aux com\u00e9diens narrateurs.<\/p>\n\n\n\n<p>Le proc\u00e8s s\u2019ach\u00e8ve&nbsp;: qu\u2019on lui coupe la t\u00eate&nbsp;! Une projection d\u2019ombres chinoises sur le voile noir pr\u00e9sente une foule aux visages de rats qui cerne un visage carr\u00e9, la bouche ronde et la m\u00e8che de biais. Guillotine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>6 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.marionnettes.ch\/spectacle.php?action=details&amp;id=192\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Mise en sc\u00e8ne de Yoann Pencol\u00e9 \u2013 Cie Zusvex \/ Th\u00e9\u00e2tre des Marionnettes de Gen\u00e8ve \/ du 4 au 13 novembre 2016 \/ Critiques par Jehanne Denogent et Valmir Rexhepi.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10541,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,182],"tags":[22,166],"class_list":["post-10540","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-des-marionnettes","tag-jehanne-denogent","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10540","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10540"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10540\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":20999,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10540\/revisions\/20999"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10541"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10540"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10540"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10540"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}