{"id":10485,"date":"2016-11-04T10:39:29","date_gmt":"2016-11-04T09:39:29","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10485"},"modified":"2025-02-09T18:14:22","modified_gmt":"2025-02-09T17:14:22","slug":"19852045","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/11\/19852045\/","title":{"rendered":"1985\u20262045"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">1985\u20262045<\/h2>\n\n\n<p>De Katy Hernan et Barbara Schlitter \/ par la Compagnie Kajibi Express \/ du 2 au 20 novembre 2016 \/ au Petit Th\u00e9\u00e2tre \/ Critiques par J\u00e9r\u00e9my Berthoud et Kendra Simons.<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Un vent de changement<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jeremy-berthoud\/\">J\u00e9r\u00e9my Berthoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"194\" height=\"133\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985-2045-2-light.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10482\" style=\"width:300px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pache<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Entre 1985 et aujourd\u2019hui, entre l\u2019enfance des parents et celle de leurs enfants, il y a quand m\u00eame un monde. Et que dire des 30 ans \u00e0 venir&nbsp;? En 2045, vivrons-nous sur Mars avec les ours polaires&nbsp;? Le temps passe vite au Petit Th\u00e9\u00e2tre.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Nous sommes en 1985. Pour les 10 ans de Katy, la fillette a organis\u00e9 une boum et ses parents lui ont offert un walkman. Soudain, une citation de&nbsp;<em>Retour vers le futur<\/em>&nbsp;se fait entendre et Katy a aujourd\u2019hui 40 ans. Il faut dire que les voyages dans le temps sont rapides sur sc\u00e8ne\u2026 En une seule minute chrono, gr\u00e2ce \u00e0 trois com\u00e9diens tr\u00e8s motiv\u00e9s et tr\u00e8s dr\u00f4les et \u00e0 un ing\u00e9nieux d\u00e9cor modulable en plaques de mousse, le salon des ann\u00e9es 80 devient un espace d\u00e9sordonn\u00e9 tout \u00e0 fait contemporain. Encore quelques instants et une v\u00e9ritable banquise des ann\u00e9es 45 (2045, entendons-nous) se retrouve sur le plateau, agr\u00e9ment\u00e9e de deux ours polaires. Les transitions, multiples, sont toujours g\u00e9r\u00e9es avec brio, que ce soit en chor\u00e9graphies fr\u00e9tillantes ou en courses contre la montre\u2026 La ma\u00eetrise du temps et de l\u2019espace est totale.<\/p>\n\n\n\n<p>Non contents de nous faire voyager, les com\u00e9diens de ce spectacle mettent notre cervelle \u00e0 l\u2019\u00e9preuve en proposant r\u00e9guli\u00e8rement de petites discussions destin\u00e9es aux enfants, public principal du spectacle. Ils nous parlent du temps qui passe de gauche \u00e0 droite ou de droite \u00e0 gauche selon le sens de la lecture, ils cassent les fameux pr\u00e9jug\u00e9s sur les \u00ab&nbsp;vieux&nbsp;\u00bb du si\u00e8cle pass\u00e9, ils abordent les bienfaits de la technologie\u2026 sans jamais tomber dans les extr\u00eames. Chaque \u00e9poque a ses avantages et ses inconv\u00e9nients, nous disent-ils. Et les enfants dans la salle n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 intervenir, donnant \u00e7\u00e0 et l\u00e0 leurs id\u00e9es sur les questions abord\u00e9es. Loin de les ignorer, les com\u00e9diens interagissent avec eux bri\u00e8vement avant de reprendre le fil de leur histoire. Apr\u00e8s tout, ils ont con\u00e7u leur spectacle \u00e0 partir de t\u00e9moignages de diff\u00e9rents enfants, enregistr\u00e9s et diffus\u00e9s pendant la repr\u00e9sentation, alors pourquoi ne pas utiliser ceux qui leur tombent entre les mains le jour-m\u00eame&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>Les plus \u00e2g\u00e9s ne sont pas en reste&nbsp;: les com\u00e9diens ont ins\u00e9r\u00e9 pour eux diff\u00e9rentes r\u00e9f\u00e9rences musicales des ann\u00e9es 80. Ils ont aussi pos\u00e9 avec l\u00e9g\u00e8ret\u00e9, presque subrepticement, une ou deux \u00e9vocations de la mort et de l\u2019abandon destin\u00e9es \u00e0 toucher chaque \u00eatre de la salle.<\/p>\n\n\n\n<p>Plut\u00f4t que de mettre en avant le clivage traditionnel entre enfants et adultes, le spectacle les rassemble au moyen d\u2019un parall\u00e8le \u00e0 la fois fin et d\u00e9sarmant&nbsp;: \u00ab&nbsp;les adultes ont peur du futur comme les enfants ont peur de l\u2019obscurit\u00e9. Tous ont peur de l\u2019inconnu&nbsp;\u00bb. C\u2019est sur cet inconnu appel\u00e9 \u00e0 \u00eatre construit par les id\u00e9es folles des enfants (aid\u00e9s de leurs parents) que s\u2019\u00e9teignent les lumi\u00e8res.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/jeremy-berthoud\/\">J\u00e9r\u00e9my Berthoud<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Exp\u00e9rimenter le temps qui passe\u2026<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/kendra-simons\/\">Kendra Simons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"900\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10502\" style=\"width:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light.jpg 900w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light-250x167.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light-300x200.jpg 300w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light-768x512.jpg 768w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/11\/1985_2045_PhPache2016__6609-light-624x416.jpg 624w\" sizes=\"auto, (max-width: 900px) 100vw, 900px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9 Philippe Pache\n<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Combinant dialogue avec le public et exp\u00e9rimentation sc\u00e9nique, Katy, Barbara et Valerio font r\u00e9fl\u00e9chir les enfants et leurs parents \u00e0 tout ce qui peut changer en trente ans. Entre 1985 et 2045, on se trouve pris dans une machine \u00e0 jouer avec le temps, \u00e0 travers une mise en sc\u00e8ne qui fait rire tout le public.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>\u00c0 la sortie, on se surprend \u00e0 observer les gens dans la rue. Cette dame-l\u00e0, elle \u00e9tait jeune en quelle ann\u00e9e&nbsp;? Et ce petit gar\u00e7on, il ressemblera \u00e0 quoi dans quarante ans&nbsp;? C\u2019est l\u2019effet post\u2013<em>1985\u2026 2045<\/em>. Katy Hernan et Barbara Schittler nous poussent \u00e0 reconstruire \u2013 ou \u00e0 s\u2019imaginer \u2013 le d\u00e9cor des trois \u00e9poques propos\u00e9es&nbsp;: 1985, quand les parents de la salle \u00e9taient des enfants&nbsp;; 2016 ; et 2045, quand les enfants de&nbsp; la salle seront parents \u00e0 leur tour.<\/p>\n\n\n\n<p>Les metteurs en sc\u00e8ne ont men\u00e9 une v\u00e9ritable recherche documentaire, en r\u00e9coltant des impressions d\u2019enfants pendant plusieurs mois, lors d\u2019ateliers au Th\u00e9\u00e2tre Am Stram Gram : \u00ab&nbsp;1985, pour moi, c\u2019est l\u2019\u00e9poque o\u00f9 il y avait des cal\u00e8ches, des 2CV d\u00e9capotables et des hommes en chapeau melon&nbsp;\u00bb (interview d\u2019Aur\u00e9lien, 11 ans). On retrouve ces propos d\u2019enfants dans le spectacle, que leurs paroles soient remani\u00e9es dans la bouche des acteurs ou rediffus\u00e9es directement. Pour impliquer les spectateurs, les acteurs n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 s\u2019adresser directement au public. Comme ils le pr\u00e9cisent eux-m\u00eames, c\u2019est un \u00ab&nbsp;laboratoire d\u2019exp\u00e9rimentation&nbsp;\u00bb o\u00f9 chacun peut participer, qu\u2019il s\u2019agit ici de cr\u00e9er. Et on peut dire que cela fonctionne&nbsp;! En tout cas du c\u00f4t\u00e9 des enfants dans le public, qui n\u2019h\u00e9sitent pas \u00e0 interagir avec les com\u00e9diens.<\/p>\n\n\n\n<p>On sent qu\u2019on est l\u00e0, quel que soit notre \u00e2ge, \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir ensemble. Et le temps qui passe, on peut le sentir&nbsp;? demande Valerio. C\u2019est le pari que veut remporter ce projet. Avec les diff\u00e9rents objets de 1985, cassettes, vieux t\u00e9l\u00e9phones, machine \u00e0 \u00e9crire, walkman, on ressent le temps qui a pass\u00e9. Et devant la peur du futur qui envahit par instant tout l\u2019espace sc\u00e9nique, sous la forme d\u2019un vieillard masqu\u00e9, d\u2019ours polaires \u00e0 la d\u00e9rive ou encore de l\u2019obscurit\u00e9 la plus totale, on r\u00e9fl\u00e9chit peut-\u00eatre un peu \u00e0 son propre futur, ou \u00e0 celui de l\u2019humanit\u00e9.<\/p>\n\n\n\n<p>Parce que la compagnie KAJIBI EXPRESS n\u2019en reste pas au dialogue avec le public. Apr\u00e8s des moments de questionnements, elle \u00ab&nbsp;exp\u00e9rimente&nbsp;\u00bb le temps sc\u00e9niquement, avec par exemple la reconstitution d\u2019une sc\u00e8ne des ann\u00e9es huitante, quand Katy \u00e9tait ado et avait la tignasse des stars de l\u2019\u00e9poque.<\/p>\n\n\n\n<p>Ce d\u00e9fi lanc\u00e9 au temps est aussi un d\u00e9fi lanc\u00e9 \u00e0 l\u2019espace, que la mise en sc\u00e8ne rel\u00e8ve brillamment&nbsp;: aucune partie du d\u00e9cor n\u2019est laiss\u00e9e pour compte. Les blocs de sagex sont d\u2019abord une construction abstraite, puis des meubles en 1985 et enfin des morceaux d\u2019iceberg flottants sur la grande surface bleue de la plateforme. Ces exp\u00e9rimentations spatio-temporelles sont soutenues par des bandes sonores, entre musiques hallucinatoires qui \u00e9voquent le futur et melting-pot de chansons et de bribes d\u2019informations tir\u00e9es d\u2019enregistrements radiophoniques pass\u00e9s.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>4 novembre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/kendra-simons\/\">Kendra Simons<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.lepetittheatre.ch\/programme\/saison-2016-2017\/spectacle\/1985-2045\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>De Katy Hernan et Barbara Schlitter \/ par la Compagnie Kajibi Express \/ du 2 au 20 novembre 2016 \/ au Petit Th\u00e9\u00e2tre \/ Critiques par J\u00e9r\u00e9my Berthoud et Kendra Simons.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10486,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,4,38],"tags":[175,180],"class_list":["post-10485","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-le-petit-theatre","category-spectacle","tag-jeremy-berthoud","tag-kendra-simons"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10485","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10485"}],"version-history":[{"count":2,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10485\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21009,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10485\/revisions\/21009"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10486"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10485"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10485"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10485"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}