{"id":10334,"date":"2016-10-20T13:23:28","date_gmt":"2016-10-20T11:23:28","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10334"},"modified":"2025-02-09T18:16:17","modified_gmt":"2025-02-09T17:16:17","slug":"nouveau-monde","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/10\/nouveau-monde\/","title":{"rendered":"Nouveau monde"},"content":{"rendered":"\n<h2 class=\"wp-block-heading\">Nouveau monde<\/h2>\n\n\n<p>de Cie Post Tenebras Lux \/ Dramaturgie : Claire Deutsch, Rapha\u00ebl Heyer \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine, Gen\u00e8ve \/ du 13 au 19 octobre 2016 \/ Critique par Alicia Cuche.\u00a0<\/p>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Le chaos de Luanda : quand l\u2019absurdit\u00e9 du monde veut sa place sur sc\u00e8ne.<\/h3>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>19 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alicia-cuche\/\">Alicia Cuche<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"356\" height=\"237\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/NouveauMonde-5080-356x237.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10327\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/NouveauMonde-5080-356x237.jpg 356w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/NouveauMonde-5080-356x237-250x166.jpg 250w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/NouveauMonde-5080-356x237-300x200.jpg 300w\" sizes=\"auto, (max-width: 356px) 100vw, 356px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9Elisabeth Carecchio<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p>Nouveau Monde&nbsp;<em>se veut une r\u00e9flexion sur le chaos africain qui voit une ville riche devenir la capitale<br>des pauvres. C\u2019est \u00e9galement un regard critique sur les investisseurs \u00e9trangers et l\u2019utopisme europ\u00e9en d\u2019un Angola \u00e9conomiquement et socialement fleurissant.<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Le d\u00e9cor sobre est fait d\u2019un grand rouleau de protection film\u00e9e blanche, d\u2019un relief de colline cach\u00e9 par des coussins et un duvet blanc, de trois caissettes, d\u2019un bol de punch, de grands cadres emball\u00e9s dans une protection blanch\u00e2tre et d\u2019un \u00e9cran en fond de sc\u00e8ne. L\u2019espace se fait tant\u00f4t appartement, tant\u00f4t maquette de la colline de Luanda. Quatre personnages d\u00e9battent de leurs visions de la capitale angolaise, Luanda.<\/p>\n\n\n\n<p>Cette derni\u00e8re est la cible de tous les fantasmes des trois amis touristes r\u00eavant de s\u2019y rendre. L\u2019apologie extatique qu\u2019ils en font d\u00e9peint la ville comme un lieu d\u2019affaires, d\u2019opportunit\u00e9s et un havre pour l\u2019art contemporain. Mais la vision sonne faux, sp\u00e9cialement quand les trois amis sourient fixement tout au long des mises en garde de plus en plus sinistres du Minist\u00e8re Fran\u00e7ais des Affaires \u00c9trang\u00e8res quant au taux de criminalit\u00e9 et aux mauvaises conditions sanitaires. Puis l\u2019histoire se fait macabre avec l\u2019\u00e9vocation de r\u00e9cits de guerres civiles et de totalitarisme relat\u00e9s par les trois amis qui malgr\u00e9 tout portent r\u00e9guli\u00e8rement des toasts \u00e0 la cit\u00e9 angolaise en direction du public, comme si nous devions les rejoindre dans leur optimisme excessif. Une ironie grin\u00e7ante se fait de plus en plus sentir de par l\u2019incoh\u00e9rence entre la situation inqui\u00e9tante de Luanda et la joie de vivre inconditionnelle des touristes. La pi\u00e8ce enti\u00e8re, d\u2019ailleurs, fonctionne sur ce mode de la contradiction et d\u2019\u00e9l\u00e9ments juxtapos\u00e9s d\u2019une mani\u00e8re qui semble presque al\u00e9atoire.<\/p>\n\n\n\n<p>\u00ab&nbsp;Tu sais ce qu\u2019il y a sous la ville&nbsp;? Du sable et des ordures&nbsp;!&nbsp;\u00bb Les remarques d\u2019\u00e9merveillement na\u00eff, les questions impromptues et les discours de sourds des trois touristes font sourire mais ajoutent encore au fractionnement d\u2019un argument \u00e9miett\u00e9. Leur conversation prend r\u00e9guli\u00e8rement des tournures surprenantes comme quand l\u2019un des personnages demande \u00e0 l\u2019autre de raconter son altercation avec des douaniers allemands, alors que la conversation g\u00e9n\u00e9rale ne pr\u00e9sentait aucun lien avec ce r\u00e9cit. Au fond de la pi\u00e8ce, un \u00e9cran nous offre des sc\u00e8nes tout aussi d\u00e9cousues, bien que toutes centr\u00e9es sur Luanda&nbsp;: une gravure du XVIII<sup>e<\/sup>&nbsp;si\u00e8cle, des fessiers et des entre-jambes en gros plan se balan\u00e7ant au ralenti dans une bo\u00eete de nuit, un appartement vide, une sc\u00e8ne de torture, le visage d\u00e9fait d\u2019une femme, un sch\u00e9ma anim\u00e9 d\u2019extraction p\u00e9troli\u00e8re, une vid\u00e9o de vacances en mode&nbsp;<em>selfie<\/em>. Tout dans cette pi\u00e8ce semble se suivre, se croiser, s\u2019emm\u00ealer mais sans jamais vraiment se connecter.<\/p>\n\n\n\n<p>Apr\u00e8s les d\u00e9comptes des dangers de Luanda, un acteur androgyne, qui ne prend presque pas part \u00e0 la discussion des trois autres personnages, se tourne vers nous. Soudainement incarnation de la ville de Luanda, sa voix suave pr\u00e9enregistr\u00e9e envahit la salle et nous conte \u00e0 la premi\u00e8re personne la fondation de la ville par les Portugais. L\u2019id\u00e9e d\u2019une voix&nbsp;<em>off<\/em>&nbsp;qui dissocie le r\u00f4le du&nbsp;<em>jet setter<\/em>, que tient aussi ce personnage, de celui de Luanda, qu\u2019il rev\u00eat alors, est audacieuse, cependant l\u2019effet est parasit\u00e9 par le fait que l\u2019acteur, &nbsp;de mani\u00e8re r\u00e9p\u00e9t\u00e9e, ne suit pas le texte de son play-back. Le jet-setter \u00e0 collier de turquoises continuera \u00e0 nous interpeller sur l\u2019historique de la ville et \u00e0 nous fournir des r\u00e9sum\u00e9s de l\u2019argumentation d\u00e9velopp\u00e9e par soubresauts par les trois touristes. Mi-dada\u00efstes, mi-baudelairiennes, ses interventions po\u00e9tiques sont encore ce qui donne le plus \u00e0 r\u00e9fl\u00e9chir&nbsp;: une ville pourrissante dans ses bulles p\u00e9troli\u00e8res et sur ses \u00ab&nbsp;moussec&nbsp;\u00bb, les bidons-villes.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>19 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par&nbsp;<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/alicia-cuche\/\">Alicia Cuche<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatredelusine.ch\/spectacle\/nouveau-monde\/\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Cie Post Tenebras Lux \/ Dramaturgie : Claire Deutsch, Rapha\u00ebl Heyer \/ Th\u00e9\u00e2tre de l\u2019Usine, Gen\u00e8ve \/ du 13 au 19 octobre 2016 \/ Critique par Alicia Cuche.\u00a0<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10331,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,159],"tags":[179],"class_list":["post-10334","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-de-lusine-geneve","tag-alicia-cuche"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10334","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10334"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10334\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21026,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10334\/revisions\/21026"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10331"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10334"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10334"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10334"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}