{"id":10286,"date":"2016-10-18T12:02:14","date_gmt":"2016-10-18T10:02:14","guid":{"rendered":"http:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/?p=10286"},"modified":"2025-02-09T18:16:44","modified_gmt":"2025-02-09T17:16:44","slug":"les-petites-filles-aux-allumettes","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/2016\/10\/les-petites-filles-aux-allumettes\/","title":{"rendered":"Les petites filles aux allumettes"},"content":{"rendered":"<h2 class=\"wp-block-post-title\">Les petites filles aux allumettes<\/h2>\n\n<div class=\"wp-block-post-excerpt\"><p class=\"wp-block-post-excerpt__excerpt\">Textes et mises en sc\u00e8ne de Antoine Jaccoud, Jo\u00ebl Maillard et Philippe Vuilleumier \/ Par la Compagnie L\u00e9on \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 12 au 15\u00a0octobre\u00a02016 \/ Critique par Vlamir Rexhepi. <\/p><\/div>\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<h3 class=\"wp-block-heading\">Hors-champ<\/h3>\n\n\n<div class=\"wp-block-image\">\n<figure class=\"alignleft size-full is-resized\"><img alt=\"\" loading=\"lazy\" decoding=\"async\" width=\"423\" height=\"600\" src=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/les-petites-filles-aux-allumettes.jpg\" alt=\"\" class=\"wp-image-10274\" style=\"width:auto;height:300px\" srcset=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/les-petites-filles-aux-allumettes.jpg 423w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/les-petites-filles-aux-allumettes-120x170.jpg 120w, https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/files\/2016\/10\/les-petites-filles-aux-allumettes-141x200.jpg 141w\" sizes=\"auto, (max-width: 423px) 100vw, 423px\" \/><figcaption class=\"wp-element-caption\">\u00a9la Cie L\u00e9on<\/figcaption><\/figure>\n<\/div>\n\n\n<p><em>Le conte danois&nbsp;<\/em>La petite fille aux allumettes<em>&nbsp;paru au milieu du XIXe si\u00e8cle est repris par la&nbsp;<\/em><em>Compagnie L\u00e9on pour une&nbsp; triple r\u00e9\u00e9criture sc\u00e9nique. Ne pas jouer le texte, mais ce qu\u2019il y a autour, dans le hors-champ des mots, de la narration.&nbsp;<\/em><\/p>\n\n\n\n<p>Une machine \u00e0 \u00e9crire s\u2019allume, \u00e0 doux coups de doigts&nbsp;qui sur une page d\u00e9posent des mots. La lumi\u00e8re, faible, chaude, semble sortir d\u2019eux&nbsp;; un homme, vieux, \u00e9crit et se parle, ou parle \u00e0 son socratique d\u00e9mon, on entre doucement dans la pi\u00e8ce.&nbsp; Puis l\u2019homme part. L\u2019espace qu\u2019il quitte, sans transition, devient l\u2019espace de la fiction qu\u2019il \u00e9crivait, ou peut-\u00eatre est-ce toujours le m\u00eame espace, je ne sais pas. Alors une femme, vieille, une grand-m\u00e8re, la grand-m\u00e8re du conte s\u2019avance jusqu\u2019\u00e0 la machine \u00e0 \u00e9crire, et, pour parler, \u00e9crit.<\/p>\n\n\n\n<p>C\u2019est la crise&nbsp;: elle ne veut pas \u00eatre ce que l\u2019auteur lui ordonne. La petite fille aux allumettes ne veut plus \u00eatre la petite fille aux allumettes&nbsp;: petit \u00e0 petit l\u2019espace de la fiction devient le lieu d\u2019un militantisme parfois gauche, du moins trop insistant. \u00c0 peine essay\u00e9-je de saisir, de me fabriquer du sens, que\u2026 noir. C\u2019est un second tableau qui se construit, une esp\u00e8ce d\u2019espace post-mortem o\u00f9 trois corps fixes comme des cariatides nous m\u00e9dusent durant une \u00e9ternit\u00e9&nbsp;; o\u00f9 r\u00e9sonnent des voix qui disent sans cesse les toujours&nbsp;de l\u2019au-del\u00e0. Les gr\u00e9sillements du magn\u00e9tophone, les mart\u00e8lements arythmiques d\u2019un piano synth\u00e9tiseur, ou encore la fadeur de la lumi\u00e8re contribue \u00e0 donner de l\u2019au-del\u00e0 une appr\u00e9hension d\u00e9lib\u00e9r\u00e9ment et violement lourde et p\u00e9nible. &nbsp;Et puis \u00e7a s\u2019\u00e9teint. Je cherche \u00e0 faire le lien avec le premier tableau, peut-\u00eatre une sorte d\u2019ode en creux, un chant dissonant \u00e0 la vie, un \u00ab&nbsp;vivez maintenant&nbsp;; apr\u00e8s c\u2019est l\u2019ennui&nbsp;\u00bb. Un mouvement qui rejoindrait les tonalit\u00e9s engag\u00e9es de la premi\u00e8re sc\u00e8ne, ou peut-\u00eatre\u2026 Mais quelque chose se trame \u00e0 nouveau sur sc\u00e8ne&nbsp;: encore un tableau&nbsp;?<\/p>\n\n\n\n<p>L\u2019id\u00e9e est originale&nbsp;: laisser aux personnages la possibilit\u00e9 de ne plus dire ce que le prompteur du r\u00e9cit leur ordonne, investir des lieux que le r\u00e9cit appelle mais ne montre pas, actualiser un passage du conte dans la piti\u00e9 cynique et idiote d\u2019un couple \u00e2g\u00e9. La plong\u00e9e dans le hors-champ s\u00e9duit d\u2019abord, \u00e9gare ensuite. En trois tableaux r\u00e9alis\u00e9s par trois metteurs en sc\u00e8ne diff\u00e9rents, la pi\u00e8ce joue avec le conte, ou contre lui. Dans les deux cas, on peine \u00e0 cerner une coh\u00e9rence, \u00e0 s\u2019accrocher \u00e0 une histoire&nbsp;: le format adopt\u00e9, conjugu\u00e9 aux discours militants, ontologiques, cyniques nous maintient dans l\u2019inconfort de la perplexit\u00e9. On ne sait pas vraiment o\u00f9 \u00e7a veut aller. Nulle part&nbsp;? On ne sait pas non plus. Tout comme on ne saisit parfois pas qui est qui&nbsp;: il y a quatre com\u00e9diens, il y a quatre personnages ou alors douze&nbsp;? Le but \u00e9tait-il de nous maintenir dans le flottement&nbsp;? Peut-\u00eatre, mais le doute l\u2019emporte. Le sentiment persiste que la pi\u00e8ce veut dire, faire r\u00e9fl\u00e9chir&nbsp;; probablement trop. Il semble y avoir trop de petites filles pour trop peu d\u2019allumettes&nbsp;: des lumi\u00e8res s\u2019allument partout mais on y voit \u00e0 peine.<\/p>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-columns is-layout-flex wp-container-core-columns-is-layout-9d6595d7 wp-block-columns-is-layout-flex\">\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p>12 octobre 2016<\/p>\n<\/div>\n\n\n\n<div class=\"wp-block-column is-layout-flow wp-block-column-is-layout-flow\">\n<p class=\"has-text-align-right\">Par\u00a0<a href=\"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/lequipe\/valmir-rexhepi\/\">Valmir Rexhepi<\/a><\/p>\n<\/div>\n<\/div>\n\n\n\n<hr class=\"wp-block-separator has-alpha-channel-opacity is-style-wide\" \/>\n\n\n\n<p><a href=\"https:\/\/www.theatre221.ch\/spectacles\/191\/les-petites-filles-aux-allumettes-en-trois-volets-de-philippe-vuilleumier-joel-maillard-antoine-jaccoud\" target=\"_blank\" rel=\"noreferrer noopener\">Voir la page du spectacle<\/a><\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>Textes et mises en sc\u00e8ne de Antoine Jaccoud, Jo\u00ebl Maillard et Philippe Vuilleumier \/ Par la Compagnie L\u00e9on \/ Th\u00e9\u00e2tre 2.21 \/ du 12 au 15\u00a0octobre\u00a02016 \/ Critique par Vlamir Rexhepi.<\/p>\n","protected":false},"author":784,"featured_media":10274,"comment_status":"closed","ping_status":"closed","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"_seopress_robots_primary_cat":"","_seopress_titles_title":"","_seopress_titles_desc":"","_seopress_robots_index":"","footnotes":""},"categories":[32,34,38,120],"tags":[166],"class_list":["post-10286","post","type-post","status-publish","format-standard","has-post-thumbnail","category-critique","category-expired","category-spectacle","category-theatre-2-21-lausanne","tag-valmir-rexhepi"],"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10286","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/users\/784"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=10286"}],"version-history":[{"count":1,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10286\/revisions"}],"predecessor-version":[{"id":21052,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/10286\/revisions\/21052"}],"wp:featuredmedia":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media\/10274"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=10286"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=10286"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/wp.unil.ch\/ateliercritique\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=10286"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}